Honduras : grande agitation autour de l’ambassade du Brésil où s’est réfugié le président Zelaya

mardi 29 septembre 2009.
 

Alors que le président légitime du Honduras M. Zelaya est réfugié dans l’ambassade du Brésil à Tegucigalpa depuis le 21 septembre, date de son retour surprise au Honduras, le 24 le gouvernement de la dictature de Micheletti a déclaré que le gouvernement brésilien s’est rendu coupable "d’une intromission dans les affaires internes du Honduras". Le gouvernement putschiste a également déclaré que la présence de Zelaya au Honduras est "un acte provoqué et consenti par le gouvernement du Brésil". Par là même ce dernier a ajouté que le Brésil est "responsable de la vie et de la sécurité de M. Zelaya et des dommages qui pourraient être causés à l’intégrité physique des personnes et des propriétés se trouvant autour de l’ambassade". De ce fait le gouvernement de facto menace directement le Brésil d’une éventuelle attaque contre son ambassade au Honduras.

Le lendemain, suite au passage d’un huissier ayant tenté de s’introduire dans l’ambassade pour y arrêter M. zelaya, le chancelier brésilien, Celso Amorím, a demandé au Conseil de Sécurité de l’ONU qu’une protection soit offerte au siège diplomatique du Brésil à Tegucigalpa. Il a exigé que M. Micheletti et ses subordonnés respect la convention de Vienne pour l’ambassade brésilienne au Honduras qui doit être considérée comme territoire national brésilien :"le gouvernement de facto ne doit pas violer la sécurité de Zelaya et de l’ambassade, il doit respecter l’inviolabilité et la sécurité de notre ambassade dans Tegucigalpa". Il a aussi souligné que le gouvernement du Brésil exige le retour du président légitime à sa charge et la restitution démocratique dans le pays.

La police et l’armée entrent désormais de force chez les particuliers

Le même jour, le régime de la dictature a encore durcit sa répression contre les sympathisants du président Zelaya, à Tegucigalpa la police et l’armée entrent désormais de force à l’improviste dans les habitations des particuliers afin d’y arrêter des civils et ce sans aucune couverture légale. Il a été également relevé plusieurs cas de coups de feu de la part des forces armées contre les personnes qui se trouvaient dans les domiciles perquisitionnés, et ce sans aucun motif légal, ni aucune sommation. Les hôpitaux recueille de nombreux blessés par balles qui décrivent ce genre d’exactions. Un jeune homme de 18 ans, Elvis Jacobo Euceda Perdomo a été froidement abattu de deux coups de fusil devant chez lui par des policiers de la patrouille 4-10 parce qu’il leur avait crié "putschistes".

Mardi dernier, le 22, la journaliste Agustina Flores López de Radio Liberada a été frappée et arrêtée par la police sans motif légal sur son lieu de travail durant son émission de radio. Tandis que la police l’invectivait et la molestait, la journaliste continuait à émettre. Depuis un appel international a été lancé pour demander sa libération. Ce n’est pas la première journaliste molestée et arrêtée, en août dernier une correspondante de TeleSur (Vénézuela) avait été brièvement interpellée durant un reportage. L’ambassade brésilienne attaquée aux gaz de combat

Vendredi 25, l’armée et la police ont lancé des attaques au gaz de combat autour de l’ambassade. Dans une conférence de presse le médecin présent dans l’ambassade le docteur Marcos Girón a indiqué que les gaz utilisés étaient toxiques "Il s’agit d’un gaz dont on ne sait pas s’il est neurotoxique, c’est pourquoi nous demandons qu’un toxicologue nous soit envoyé pour qu’ils prennent des échantillons dans l’atmosphère, les échantillons sanguins, pour savoir quel type de gaz est et quel antidote nous pouvons utiliser", plusieurs membres du personnel ont souffert de maux de tête, d’évanouissements, de saignements de nez et de toux. Zelaya, réfugié au sein de l’ambassade a déclaré que de son point de vue les forces armées putschistes tentent d’obliger l’évacuation et l’abandon des bâtiments diplomatiques brésiliens, pour cela ils violent la Convention de Vienne, ils utilisent des gaz incapacitants et également des canons à son qui affectent l’audition. Plusieurs photos ont d’ailleurs été prises qui corroborent la déclaration de zelaya (voir les articles d’Indymedia Nantes et de Voselsoberano dans les sources plus bas).

Les putschistes lancent un ultimatum au Brésil

Dans la nuit du 26 au 27 septembre, la dictature de M. Micheletti a lancé un ultimatum de dix jours au Brésil pour que soit réglé le statut de M. Zelaya, réfugié dans son ambassade de Tegucigalpa depuis le 21. Le communiqué des putschistes demande également au Brésil que son ambassade au Honduras ne soit pas utilisée pour appeler à l’insurrection, "Si vous n’agissez pas dans ce sens, nous nous trouverons obligés de prendre des mesures supplémentaires conformément au droit international", sans spécifier à quelles mesures ils se référaient. Quelques heure plus tard le président Luiz Iñacio Lula repousse l’ultimatum en déclarant depuis l’île vénézuélienne de Isla Margarita que "Le Brésil ne tolérera pas d’ultimatum de la part d’un gouvernement conjuré". Il a exigé des excuses du gouvernement putschiste actuellement au pouvoir. Il a également fait remarquer que si les troupes qui clôturent l’ambassade du Brésil tentent d’entrer par la force dans l’enceinte diplomatique "[elles] commettront un crime au regard des normes internationales".

Le régime de facto hondurien a accusé le gouvernement du Brésil de transformer son ambassade en une "plate-forme politique d’insurrection", de par les constants appels de Zelaya vers son peuple pour qu’il "se rebelle" contre l’administration de Micheletti.

Hier soir, Micheletti a affirmé qu’il pourrait suspendre l’ordre de capture contre Zelaya si celui-ci abandonne l’ambassade brésilienne à la condition qu’il "demande l’asile politique [auprès du Brésil]" et qu’il "respecte les instructions en cours", puisqu’il a 18 procès ouverts à son encontre au niveau de la cours de Justice du Honduras.

Cependant, Zelaya a écarté la possibilité qu’il demande un asile politique au Brésil et il a réaffirmé sa décision d’exiger sa restitution au pouvoir, avec l’appui "des mouvements de résistance" et de la communauté internationale.

Après ces déclarations la chancellerie de la dictature hondurienne a refusé que des diplomates représentant l’Organisation des Etats Américains (OEA) et l’Espagne ne se rendent à Tegucigalpa pour une tentative de médiation, elle a également indiquée qu’elle ne permettra pas le retour des ambassadeurs d’Argentine, d’Espagne, du Mexique et du Venezuela, qui avaient été rappelés par leurs gouvernements respectifs après le coup d’état, à moins que ces pays ne reconnaissent la légitimité de la présidence de M. Micheletti.


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