Socialiste, républicain, anticapitaliste, internationaliste, héritier des mouvements apparus depuis les années 1968 (texte du 14 mars 2006)

samedi 18 mars 2017.
 

Quelle est exactement votre orientation politique ?

Nous avons souvent entendu cette question :

* durant la campagne contre le Traité Constitutionnel Européen en 2005,

* lors des luttes que nous animons pour la défense des services publics

* et nous l’entendons aussi souvent en ce printemps 2006 de la part de manifestants contre le CPE.

Nous apparaissons dans plusieurs secteurs géographiques de l’Aveyron (Rodez, Saint Affrique, Nord-Aveyron, Vallon de Marcillac) en tant que Groupe Pour la république Sociale comme la principale force politique autonome lors des mobilisations sociales. Dans ces conditions, non seulement les questions sur notre orientation sont logiques mais la nécessité d’une réponse est incontournable.

Etes-vous Républicains ? Socialistes ? Anticapitalistes ? Communistes ? Révolutionnaires ?

Je n’ai pas la prétention de répondre dans cet article de façon détaillée à ces questions. De plus, tout en étant membre (fort peu présent aux réunions sur Paris) du Bureau National de PRS, ma réponse présente ici des aspects personnels :

Républicains ? Oui, vraiment !

Qu’est-ce qu’un républicain en France ?

* Un citoyen héritier du combat des Lumières contre le totalitarisme monarchique et clérical, pour promouvoir les droits. Nous en sommes.

* Un citoyen qui défend globalement la Révolution française, y compris la Convention montagnarde. Nous en sommes.

* Un citoyen qui se revendique du combat républicain contre le fascisme clérical, contre les tentatives de restauration monarchique, contre le nazisme, le franquisme, le pétainisme... Nous en sommes.

* Un citoyen attaché à la laïcité, non pour agrémenter un discours électoral mais pour défendre et améliorer sans cesse l’éducation laïque, démocratique, gratuite et nationale. Nous en sommes.

* Un citoyen attaché aux services publics comme contribution à l’égalité des membres de la collectivité nationale, comme moyen de faire valoir l’intérêt public. ? Nous en sommes.

* Un citoyen attaché à la souveraineté populaire et à la réalisation concrète de cette souveraineté par l’éducation de base, par la démocratisation des médias, par des institutions vraiment démocratiques... Nous en sommes.

La déclaration de principes de PRS précise :

" L’intérêt général doit s’imposer par l’intervention d’une société mobilisée et de citoyens motivés. Ce choix de société s’oppose au modèle de la "démocratie" libérale ne reconnaissant que l’arbitrage entre intérêts particuliers. Il s’oppose aussi aux nationalismes et aux communautarismes qui nient l’existence même d’un intérêt général. PRS considère que la défense et la promotion de l’égalité des droits sont indissociables d’un combat résolu pour la laïcité.

" Il faut concrétiser l’initiative démocratique, le contrôle et la mobilisation des citoyens pour la réalisation de ces objectifs... "

Socialistes ? Oui, vraiment !

* Le socialisme naît de la Révolution française par la gauche des robespierristes et la Conjuration des Egaux. Nous en sommes.

* Confrontée à la révolution industrielle et au développement du mode de production capitaliste, le socialisme se crée et se renforce par son organisation, sa réflexion théorique, sa conception du monde. Nous en sommes.

* Le socialisme devient une force politique de masse par le mouvement ouvrier. Nous en sommes pour défendre le droit de chaque salarié et de chaque individu à vivre décemment contre la voracité inhérente à la logique du système capitaliste. Nous en sommes parce que le mouvement ouvrier et syndical représente la seule force sociale ayant intérêt à lutter et ayant les moyens de lutter par la grève face aux capitalistes.

" En continuité avec Jean Jaurés, le projet de la République sociale se fixe un objectif : la réalisation de l’émancipation globale de la personne humaine proclamée par le mouvement républicain depuis la Révolution française de 1789, poursuivie par le mouvement socialiste, ouvrier et syndical."

Notre référence centrale à Jean Jaurès ne signifie pas que notre lien historique au socialisme passe seulement par un lien critique à son action et ses écrits ; par contre, la démarche ci-dessus fonde notre projet. Nous connaissons l’intérêt du courant pré-socialiste français de Babeuf à Blanqui, de Marx et des courants qui se revendiquent de lui, de la gauche de la seconde internationale (Rosa Luxemburg, Rakovski, bolcheviks...), des socialistes et communistes critiques de Trotsky à Guevara en passant par Largo Caballero, Mariategui, Pivert, Sankara, les Vietnamiens... Notre objectif ne consiste pas à donner des bons points mais à oeuvrer à une refondation ouverte du mouvement progressiste et anticapitaliste au niveau européen et mondial.

Anticapitalistes ? Oui, vraiment

Le règne de l’argent roi est en train de détruire le lien social comme la Terre elle-même. Le règne de l’argent roi condamne des millions de gens à la précarité et à la souffrance dans notre propre pays. Le règne de l’argent roi condamne des peuples entiers à servir de larbins aux multinationales.

" Le capitalisme de notre époque contraint l’ensemble de la planète à des bouleversements économiques, sociaux, politiques et écologiques radicaux. Ils sont incompatibles avec l’objectif d’émancipation que vise l’idéal républicain et socialiste.

" L’objectif avoué de ce nouvel âge du capitalisme est la marchandisation généralisée de toutes les dimensions de la vie humaine et la privatisation comme solution à tous les problèmes. Il institutionnalise la compétition dans tous les domaines. Il cherche à anéantir les moyens publics d’intervention économique, de solidarité et de redistribution. Partout, il veut substituer le client au citoyen, le contrat à la loi, la différence des droits aux exigences de l’intérêt général.

" C’est pourquoi PRS agit pour le dépassement du capitalisme et combat résolument l’illusion d’une cause commune républicaine au-dessus des enjeux sociaux et démocratiques qui séparent précisément la droite et la gauche."

" Le projet de la République sociale veut établir la primauté de l’intérêt général. Une telle volonté doit s’appliquer sans concession dans tous les domaines que le capitalisme entend soustraire à la loi et à la délibération collective. PRS défend l’existence d’un service public garantissant une égalité d’accès à tous les citoyens.

" Le projet de la République Sociale pose à nouveau la question de l’appropriation sociale des biens communs dans une économie mixte. PRS défend l’existence d’un ordre public social qui protège et conforte les droits des salariés dans l’organisation, la production et la répartition de la richesse.

" PRS considère en effet que la défense et l’extension des droits sociaux que récusent le nouvel âge du capitalisme sont des conditions indispensables à la mise en œuvre de l’intérêt général dans des sociétés où le salariat constitue l’essentiel de la population active."

Internationalistes. Oui, vraiment !

Je place ici le premier texte voté à l’unanimité par la première assemblée générale de notre groupe départemental PRS 12 :

Appel à un grand mouvement mondial :

- contre le capitalisme financier transnational, contre le libéralisme conservateur, contre l’impérialisme

- pour changer le cap de l’histoire humaine dans un sens plus humaniste, plus social, plus respectueux des droits individuels et collectifs, plus républicain.

Cette année 2006 a bien commencé pour les opprimés, progressistes et altermondialistes du monde entier avec les victoires symboliques de Bolivie et du Chili, avec les débats approfondis du Forum social de Bamako en Afrique, bientôt Karachi en Asie.

Vendredi 27 janvier, en symbiose avec le forum particulièrement réussi de Caracas en Amérique latine, le président Hugo Chavez a appelé de ses vœux « la création d’un grand mouvement articulé, mondial, anti-impérialiste et alternatif » ; « nous ne pouvons pas perdre de temps ; il s’agit d’essayer de sauver la planète, en changeant le cap de l’histoire, en construisant un mouvement authentiquement socialiste sur la planète ».

Nous, 103 adhérents du groupe aveyronnais Pour la République Sociale, à notre tout petit niveau, affirmons et agissons comme partie prenante du mouvement anti-impérialiste et alternatif international :

* Oui, nous refusons Tous ensemble les injustices phénoménales de notre société.

* Oui, nous voulons Tous ensemble que l’avenir de notre planète soit choisi par la souveraineté populaire en fonction des besoins humains et non dicté par quelques multinationales dont Georges Bush est le gendarme.

* Oui, nous voulons un autre avenir pour notre planète que la souffrance au travail, la faim, la précarité, l’effondrement des politiques de santé et d’éducation, la pollution, les hamburgers, les OGM, l’individualisme et le communautarisme haineux.

* Oui, nous voulons défendre Tous ensemble avec nos syndicats le respect des salariés et des petits paysans, des enfants, des malades et des personnes âgées, construire un Ordre public social mondial.

* Oui, nous devons Tous ensemble, sans exclusive, construire un mouvement, un projet, une pratique politique authentiquement socialistes.

Tous ensemble, répondons aux appels de Caracas : "Presente ! Hasta la victoria, siempre ! »

Héritier des mouvements apparus dans la société depuis les années 1968

" PRS s’enrichit aussi de l’expérience des luttes féministes, antiracistes, écologistes et altermondialistes"

Cette phrase courte marque la distance qui sépare PRS d’autres courants républicains

* trop politiciens pour avoir intégré les remises en cause portées par le féminisme en matière de vie quotidienne

* trop nationaux et électoralistes pour avoir contribué réellement aux luttes antiracistes

* trop prisonniers de l’ancienne vision républicaine du monde, positiviste et productiviste pour avoir compris l’importance décisive des apports de l’écologie politique

* trop institutionnels pour avoir participé à ATTAC et aux mobilisations altermondialistes qui ont joué un grand rôle depuis 1998 dans la construction d’un nouveau rapport de force mondial face au capitalisme financier transnational.

Les parties de ce texte placées entre guillemets sont extraites de la Déclaration de principes de l’association Pour la République Sociale.

Jacques Serieys


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