Déjà vous n’êtes plus qu’un mot d’or sur nos places (poème d’Aragon)

jeudi 19 octobre 2017.
 

Titre d’origine : "La guerre et ce qui s’ensuivit"

Ce poème a été chanté par Léo Ferré sous le titre "Tu n’en reviendras pas". Pour l’écouter et visionner : cliquer sur l’adresse URL dailymotion portée en source.

Aragon, un destin français (1897-1982), ouvrage remarquable de Pierre Juquin

24 décembre 1982 Mort du poète communiste Louis Aragon

Tu n’en reviendras pas toi qui courais les filles

Jeune homme dont j’ai vu battre le coeur à nu

Quand j’ai déchiré ta chemise et toi non plus

Tu n’en reviendras pas vieux joueur de manille

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Qu’un obus a coupé par le travers en deux

Pour une fois qu’il avait un jeu du tonnerre

Et toi le tatoué l’ancien Légionnaire

Tu survivras longtemps sans visage sans yeux

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Roule au loin roule train des dernières lueurs

Les soldats assoupis que ta danse secoue

Laissent pencher leur front et fléchissent le cou

Cela sent le tabac la laine et la sueur

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Comment vous regarder sans voir vos destinées

Fiancés de la terre et promis des douleurs

La veilleuse vous faite de la couleur des pleurs

Vous bougez vaguement vos jambes condamnées

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Vous étirez vos bras vous retrouvez le jour

Arrêt brusque et quelqu’un crie Au jus là-dedans

Vous baillez Vous avez une bouche et des dents

Et le caporal chante Au pont de Minaucourt

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Déjà la pierre pense où votre nom s’inscrit

Déjà vous n’êtes plus qu’un mot d’or sur nos places

Déjà le souvenir de vos amours s’efface

Déjà vous n’êtes plus que pour avoir péri.

Poèmes contre la guerre


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