Ségolène Royal : 35 heures en établissement pour tous les enseignants !!!

dimanche 17 juin 2018.
 

Après le meeting public de Ségolène Royal à Rodez, Roland Réal, responsable syndical (dans un lycée), avait écrit sur ce site mi-mai 2006 :

"Concernant les enseignants, elle en a profité pour faire une proposition déjà maintes fois avancée : la solution aux problèmes de l’Enseignement passerait par une présence bien plus importante des enseignants dans leur établissement ( 35 heures).

Ainsi énoncée, une telle proposition peut rallier un grand nombre de gens, mais en fait surtout ceux qui ne connaissent rien à ce métier.

D’une part c’est oublier que les enseignants font largement les 35 heures de travail par semaine et c’est laisser penser qu’en dehors de leur classe ils ne font rien ;

D’ autre part, pour ce qui concerne l’enseignement secondaire, c’est même inconcevable, pour plusieurs raisons ; il faudrait déjà au moins doubler le nombre de salles dans les lycées...

Sur un sujet qu’elle est sensée connaître , l’enseignement, Ségolène Royal a ainsi à plusieurs reprises, fait preuve d’une certaine ignorance, et pour quelqu’un qui prétend être à l’écoute des gens , a démontré qu’elle ne s’intéresse pas aux propositions des représentants élus des personnels de l’Education Nationale".

Ségolène Royal : Le sourire suffit-il ? (Roland Réal)

Les trente-cinq heures pour enseignants vues côté cour (de récré, bien sûr !) Brigitte Blang

Un autre responsable syndical avait ajouté en forum au bas de mon article Ségolène Royal en meeting à Rodez : affluence, prestance et divergences, en faisant référence au reproche selon lequel les enseignants du public se rempliraient les poches en donnant des cours privés de soutien : "Les enseignants insultés en public auraient dû quitter la salle. Vu le nombre qui étaient présents ce soir-là, ils auraient pu montrer ainsi à la belle Ségolène de quel réservoir électoral elle allait devoir se passer".

Le 17 mai, un autre syndicaliste présent au meeting de Rodez, non membre du PS, avait mis en ligne : "Quelqu’un a-t-il pensé à demander à Madame Royal si elle envisageait de transformer tous ces lycées, collèges, écoles, qui vont si mal en instituts où les enseignants vivraient à demeure monacalement ?".

Ces petits commentaires eurent pour seul effet que les administrateurs du site "Désirs d’avenir" retirèrent cette partie du texte mis en ligne du discours de Rodez (12 mai).

Aujourd’hui, une video circule montrant Ségolène Royal à Angers, en train d’entonner le même refrain :

"17h de cours et puis on s’en va !"

"Comment se fait-il que des enseignants du secteur public aient le temps d’aller faire du soutien individualisé payant et ils n’ont pas le temps de faire du soutien individualisé gratuit dans les établissements solaires ?" Il faut donc faire "un pas, y compris pourquoi pas avec les nouvelles générations d’enseignants, si les autres nous disent : ben non, droits acquis, 17h de cours et puis on s’en va !"

Ségolène propose " que les enseignants restent 35 heures au collège. Et dans ce paquet global, il y a des cours, mais ils ne quittent pas le collège quand ils ont fini leurs cours".

Car "on est quand même dans un système absurde où aujourd’hui en France, on a maintenant des entreprises cotées en bourse de soutien scolaire" et "ceux qui font cours dans ces entreprises, ce sont les profs du secteur public !", souligne-t-elle.

Les réactions aujourd’hui de Ségolène et de ses proches

Sur France 3, la candidate des grands médias a déploré une "méthode assez malhonnête". Mais, elle a maintenu sa position ("j’assume") et s’apprête à la défendre, une fois passé le vote interne du parti socialiste. Reconnaissons-lui une cohérence puisqu’elle avait déjà fait cette proposition dans la commission nationale chargée de rédiger le projet socialiste.

Lors d’une conférence de presse à Lille, elle a précisé : "Je ne veux pas aborder ces sujets au détour d’une polémique. C’est un sujet de fond, nous l’aborderons au moment de la campagne présidentielle" dans le cadre du "pacte à passer avec tous les Français",

Ses proches ont parlé de "rouerie de fin de campagne". Mais, eux aussi, savent qu’il s’agit d’une position arrêtée.

Il suffit pour s’en convaincre d’écouter la réaction de son porte-parole : Gilles Savary. "La marque de Ségolène Royal, c’est qu’il n’y ait aucun sujet d’action public tabou". "Elle ne brosse pas dans le sens du poil ce qui est considéré comme la clientèle électorale (du PS, NDLR), tout simplement parce qu’elle les respecte", a-t-il affirmé à Associated Press (communiqué AP).

Il suffit de prendre en compte l’explication de texte de son autre porte-parole Arnaud Montebourg : "Le soutien scolaire doit pouvoir avoir lieu non plus dans le privé... aux frais des familles, mais au contraire dans le service public d’éducation, pour tous les enfants qui en ont besoin, et gratuitement".

Qu’en disent les instituts de sondage ? " Le pays et l’électorat de gauche applaudissent en ce moment à toute proposition qui semble remettre à plat le contrat entre gouvernants, gouvernés, et catégories sociales" (Stéphane Rozès).

Conclusion :

Ségolène Royal sait que cette proposition lui apportera un écho médiatique et électoral,

- quitte à casser la dialectique datant de la Révolution française entre la gauche, la laïcité et la grosse majorité des enseignants du public.

- malgré l’injustice de son propos vis à vis des enseignants.

- malgré le mensonge qu’elle profère ; en effet, le statut de la fonction publique interdit ce type de complément pécunier, sauf autorisation particulière.

Pour elle, s’attaquer aux enseignants, c’est plus facile et plus en phase avec les campagnes médiatiques réactionnaires qu’avancer des propositions contre les réels profiteurs de notre société.

Jacques Serieys


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