21 juillet 1944 Monaco s’enrichit soudain en accueillant les avoirs nazis

jeudi 8 novembre 2018.
 

Depuis 1419, Monaco était une grosse ferme, dont le fermier s’appelait Grimaldi. En 1939, Monaco était au RMI. Miracle : en 1945, la ferme était opulente. Un mystère ? Non, les nazis avaient fait un gros bisou sur la bouche du sbire Grimaldi de l’époque, et cette principauté de mes deux vit encore des dividendes.

Comme tous les dictateurs, les nazis étaient des voleurs : l’idéologie pour donner une dimension à l’appât du gain. Je n’ai jamais vu un dictateur pauvre : ils ne savent rien faire, alors ils volent les biens des autres.

Le prince pourade du moment a craint que Mussolini le croque, et il a fait des mamours au traitre Pétain, embauchant son aide de camp, et appliquant le droit pétainiste, dont le statut des juifs. A partir de 1942, les Allemands sont là-bas chez eux. L’argent afflue avec l’installation du siège des sociétés nazies, et la Grimaldi connexion crée Radio-Monte-Carlo pour vanter les mérites du nazisme européen, avec comme vedette Maurice Chevalier, cet enfoiré mondain.

Les nazis volaient tout ce qu’ils pouvaient. Pour la France, par exemple, c’était un racket, légitimé par Pétain : entretien de l’armée d’occupation à prix d’or, contrôle des secteurs vitaux de l’économie, détournement de tout ce qui arrangerait les nazis. Le fric affluait. Plein de fric, mais comment le recycler alors que les banques avaient conservé leur personnel, qui savait toujours établir une comptabilité en deux colonnes.

La première machine à laver l’argent a été la Suisse, c’est bien connu, et la seconde a été la Principauté de mes deux, c’est moins connu.

Le 5 mai 1944, quand le nazisme reculait devant les glorieuses armées soviétiques, Monaco est devenu un ami de Berlin : rayé de la liste des ennemis du Reich. Le 21 juillet 1944, soit plus d’un mois après le débarquement du 6 juin en Normandie, le « prince » Grimaldi régnant, Louis II, a autorisé le banquier nazi Karl-Anton Schaeffer à créer la banque Charles, du nom de Johannes Charles, un financier suisse mandaté par le Reich. C’était la panique, car il fallait récupérer tous les avoirs nazis possibles, planquer ce qui pouvait l’être via l’immobilier et les casinos, et en évacuer une part vers la bienveillante Espagne de Franco.

Personne n’a autant profité des crimes nazis que Monaco. Lors de la Libération, on a séquestré sur Monaco autant d’argent nazi que sur l’ensemble du territoire français. Trafics d’armes, marché noir, spoliation des juifs, pillage des entreprises : les banques de Monaco étaient un nirvana criminel. Une course, pour récupérer l’argent et le filer chez Franco.

Et malgré tous les efforts des traites pro-nazis de Monaco pour vider les comptes des derniers jours, il restait dans les banques de Monaco autant d’argent volé que pour toute la France. Surtout, le fermier Grimaldi avait pris sa part. Aujourd’hui, il vit encore des dividendes de l’argent nazi. Répugnant.

Depuis, c’est l’émerveillement devant la course des abrutis – le grand prix auto – les soirées de charité et la chronique de la famille du fermier.

Pour la nationalité, Monaco pratique le droit du sang, matinée de la culture de l’apartheid : le Prince de mes deux, par décision souveraine – merci de ne pas rire – peut vous accorder la naturalisation, si vous êtes assez riche. Avec à la clé un joli régime en noir et blanc : la principauté pourade compte environ 32 000 habitants, mais les citoyens Monégasques ne sont qu’environ 7 000. Ils sont les seuls à disposer du droit de vote et sont dispensés d’impôts directs.

Il y a longtemps que cette farce grotesque aurait du prendre fin.

par Gilles Devers, avocat


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