1er mars 1692 : Les sorcières de Salem

dimanche 4 mars 2018.
 

Dans la petite ville puritaine de Salem, Massachusetts, au cours de l’hiver 1691/1692, quelques jeunes filles se mettent à agir bizarrement. Elles parlent une langue inconnue, se cachent, traînent des pieds en marchant. Les médecins consultés ne parviennent pas à identifier le problème aussi l’un d’eux conclut à une possession satanique. Sommées de nommer les personnes qui les ont envoutées elles accusent des femmes marginales du village.

Les trois premières accusées sont Sarah Good, une mendiante, Sarah Osborne une vieille femme accusée par ailleurs d’avoir spolié l’héritage de ses enfants et Tituba une esclave de la Barbade. Elles sont mises en prison, à Boston, au motif de sorcellerie le 1er mars 1692. En attendant le jugement les accusations continuent et 90 personnes, dont une fillette de 5 ans, sont emprisonnées pour sorcellerie. Dix neuf d’entre-elles, majoritairement des femmes, sont finalement pendues au cours de l’été 1692 dans un climat de soupçon. Une psychose se développe parmi les fermiers. Certains ont des visions et toute la communauté se persuade que Satan est à l’oeuvre pour détruire la Nouvelle-Angleterre. Deux chiens sont même exécutés après avoir été accusés, par des enfants, d’avoir « jeté le mauvais oeil ». Les causes de l’affolement général sont mal connues : hallucination due au LSD lié à l’ergot de seigle ou à la malnutrition, rivalité entre les familles Putnam et Porter, peur de la divination exaltée par la religion....

Les procès en sorcellerie s’achèvent en octobre et les accusés sont progressivement mis en liberté jusqu’au printemps suivant. Officiellement, le gouverneur royal du Massachusetts, Sir William Phips, met un terme à la procédure judiciaire en publiant un ouvrage intitulé Cas de conscience regardant les esprits maléfiques dans lequel il écrit : « Il apparaît préférable que dix sorcières suspectées puissent échapper, plutôt qu’une personne innocente soit condamnée ». Et le14 janvier 1693 il amnistie les derniers accusés.

L’affaire a cependant un impact profond sur l’ensemble du territoire de la nouvelle Angleterre en contribuant à réduire l’influence de la foi puritaine. C’est le dernier procès en sorcellerie.

Aigline de Causans


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