L’anticapitalisme (Anticapitalisme et anti libéralisme, partie 2)

mardi 18 avril 2017.
 

Cette partie fait suite à la précédente : Anticapitalisme et anti libéralisme, partie 1 : le capitalisme. http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

2 - L’anticapitalisme.

2.1 - S’attaquer aux causes, pas aux effets.

Etre anticapitaliste, c’est donc refuser, remettre en cause ce le système capitaliste essentiellement fondé sur la propriété privée des moyens de production et l’exploitation de la force de travail manuelle et intellectuelle. Cela suppose donc avoir une conscience de classe claire.

Cette remise en cause est non seulement fondée sur l’idée ou le constat que le fonctionnement du capitalisme se nourrit de l’exploitation, de guerres, de précarité, de calamités sociales, de gaspillages, de dégâts et de pillage de l’environnement mais que la finalité du capital n’est pas dans ce système la satisfaction des besoins humains mais le profit, adoptant ainsi l’analyse de Marx à l’occasion de l’étude de la surproduction :

"La fin du capital étant la production de profit et non la satisfaction des besoins, le capital n’atteignant ce but que par des méthodes qui adaptent la masse de sa production à l’échelle de production et non inversement, il doit nécessairement y avoir sans cesse discordance entre les dimensions restreintes de la consommation sur la base capitaliste et une production qui sans cesse tend à franchir cette barrière qui lui est immanente." (Le Capital, Tome3, p250 Ed. sociales)

Certes, chaque marchandise possède une "valeur d’usage" satisfaisant certains besoins, a une utilité, mais celle-ci ne constitue pas la finalité du système. C’est la "valeur d’échange" qui est primordiale et qui la domine. Il ne s’agit donc pas seulement de remettre en question les conséquences désastreuses de son fonctionnement mais de s’attaquer aux causes, donc aux fondements du système lui-même. Cela implique donc que les moyens de production et d’échange, notamment les sols et sous-sols générateurs de production ou de rentes foncières, que le Capital deviennent propriété publique collective et que la force de travail ne soit plus objet d’exploitation.

Nous sommes donc à des années-lumière d’une désignation infantile du type : "c’est de sa faute !" en dénonçant l’attitude de tel ou tel patron immoral dit "voyou", de tel ou tel trader, de telle ou telle mauvaise régulation technique de la finance qui ne sont rien d’autres que des agents de fonctionnement d’un système économique mis en place sciemment par les hommes politiques opérant pour les intérêts de la classe dominante. On perçoit immédiatement ici l’intrication entre le politique et l’économique.

Être anticapitaliste ne serait donc se réduire à un positionnement purement économique mais implique nécessairement une remise en cause de la formation politique et notamment du contexte institutionnel qui rend possible son fonctionnement.

2.2 – Quelles formes de socialisation des moyens de production et d’échange ?

A) Cela implique alors les séries de questions suivantes : ^

 1 - Quelle doit être la forme de cette propriété publique : étatique ? régionale ? communale ? mutualiste ? Coopérative ? Associative ou toutes ces formes, distribuées selon les secteurs ?

 2 - Quelle doit être l’ampleur de cette appropriation collective ? Tous les moyens de production ? Les plus importants pour le contrôle de l’économie, les plus vitaux : dans ce cas, lesquels ? Cette question ne se réduit d’ailleurs pas aux moyens de production mais concerne aussi celui des ressources naturelles, pas forcément moyens de production : faut-il socialiser toutes les rivières, lacs, étangs, côtes, forêts, et tous les sols ?

 3 - Cette socialisation (appelée aussi "appropriation sociale") doit se faire massivement et brutalement ou graduellement ?

4 – Quels sont les acteurs politiques qui doivent conduire cette transformation ? Une conduite "par le haut" par des représentants du peuple ou une conduite "par le bas" par des organisations locales ? Ou par les deux à la fois ?

 5 - Selon quelle procédure politique doit s’effectuer cette socialisation ? C’est le fameux problème de la "transition", mais transition vers quoi ?

B) La manière de répondre à ces questions dépend du positionnement adopté par rapport au groupe dominant. Dans quel groupe nous situons-nous d’un point de vue politique : G1, G2, G3, G4 vus précédemment ?

Les représentants de G ne sont pas généralement pour une socialisation mais pour une privatisation des moyens production. Néanmoins, il existe des circonstances exceptionnelles (suite à une guerre, à une crise économique majeure) où des représentants de ce groupe peuvent être favorables à une nationalisation partielle. Ce fut par exemple le cas du général De Gaulle après la deuxième guerre mondiale, la nationalisation de certaines banques en faillite aux USA récemment. Certains acceptent aussi l’idée que l’éducation, la santé relèvent essentiellement du secteur public.

Les représentants du groupe G2, toujours sur un plan politique, sont des sociaux-démocrates ou des sociaux libéraux qui peuvent être favorable, dans certains contextes politiques, à une socialisation partielle mais et parfois relativement importante des moyens de production touchant les secteurs vitaux de l’économie mais sans que cette socialisation remette en cause l’équilibre entre secteur public et secteur privé, entre le droit des travailleurs et le droit du patronat , entre le droit public et de droit privé. Leur position sur cette question peut varier quelque peu : elle dépend du contexte historique et du niveau d’allégeance à la classe dominante comme on l’a vu précédemment mais aussi de rapports de force politique existant avec le groupe G1 et le groupe G4. Généralement, les représentants politiques du groupe G2 considèrent qu’il n’y a pas d’antagonisme fondamental entre les intérêts du patronat et ceux du salariat et que leur conciliation est toujours possible.

Les représentants du groupe G3, s’ils se réclament du marxisme, sont pour une collectivisation quasi totale et la plus rapide possible des moyens de production, du moins en principe, mais cela est rarement affirmé publiquement en période électorale. Selon les traditions historiques, ils peuvent adopter une position centraliste étatique ou une position autogestionnaire. Mais par exemple, sur cette question, les anarchistes peuvent avoir des positions différentes (voir plus loin). Ils ne disposent pas d’un programme politique élaboré, considérant que c’est le prolétariat en mouvement qui décidera lui-même du programme du gouvernement a adopter.

Les représentants du groupe G4 sont partisans d’une une socialisation non pas totale mais suffisamment importante pour que l’équilibre public-privé soit rompu et que le secteur public devienne dominant, que le droit des travailleurs supplante le droit du patronat. Le périmètre de socialisation est donc plus large que pour le groupe G2 mais peut être moins important que pour certains représentants du groupe G3.

Cette division traverse tous les continents et a un caractère universel du fait que la propriété et le contrôle des moyens de production constituent l’enjeu central de pouvoir dans toute société. N’oublions pas que l’enjeu de la conservation et l’appropriation des moyens de production est en dernière analyse la cause profonde des deux guerres mondiales du XXe siècle et aurait pu provoquer une guerre thermonucléaire en 1962.

D’une manière simplifiée on a coutume de rendre compte de la critique du système capitaliste par la terminologie standard : réformistes/révolutionnaires. Notre typologie est plus précise.

Pour illustrer plus concrètement les conséquences politiques des différences de positionnement par rapport aux groupe dominant, examinons deux exemples.

– Premier exemple : les discussions autour du programme commun de 1972 – 1977

Le programme commun de la gauche de 1972 indiquait "à côté des nationalisations, l’appropriation collective revêtira des formes diverses : sociétés nationales ou d’économie mixte, coopératives, mutuelles, services publics locaux, etc. Dès le début de la législature, un seuil minimum de nationalisation sera franchi…" On constate ici un accord sur la variété des formes possibles de socialisation entre les deux grandes composantes de la gauche. Mais la question des nationalisations a été l’objet d’âpres discussions entre le PCF, le PS et le MRG. L’actualisation du programme de 1972 a conduit à des désaccords persistants et "à un sommet manqué" comme le relate l’hebdomadaire socialiste L’unité du 17 – 22 septembre 1977 http://bases.ourouk.fr/unite/entier... Selon le PS, les propositions du PCF contenues dans le texte de 1972 et en 1977, en termes de nationalisation (nationalisations de 1450 filiales détenues à plus de 50 % par les 9 sociétés mères) conduisaient à une "remise en cause des équilibres économiques et financiers" . Pourtant, à l’époque, le PCF s’était rallié aux propositions de la CDT concernant le nombre de filiales à nationaliser. Quelle était la position de la CGT à l’époque ? "Le 22 septembre, le jour même où la réunion des partis de gauche va se briser sur la question des nationalisations, le Bureau confédéral publie une déclaration rappelant les revendications sociales et précisant la position de la CGT s’agissant des nationalisations, « question primordiale ». Le Bureau confédéral souligne que les nationalisations envisagées dans le Programme commun doivent concerner les « groupes dans leur intégralité, ce qui inclut leurs filiales »…. Le 4 octobre, la Commission exécutive de la CGT approuve la déclaration du Bureau confédéral du 22 septembre." http://www.ihs.cgt.fr/IMG/pdf_21_CG...

Quant à la CFDT, elle était à l’époque pour la nationalisation des 9 groupes et de leurs filiales contrôlées à plus de 66 % par les sociétés mères mais aussi de filiales considérées comme stratégiques même si la participation était beaucoup plus faible. Elle a été aussi d’accord avec la nationalisation totale du secteur bancaire et financier. Source : l’unité du 3 mars 1978 http://bases.ourouk.fr/unite/u-resu... HYPERLINK "http://bases.ourouk.fr/unite/u-resu..."& HYPERLINK "http://bases.ourouk.fr/unite/u-resu..."NumeroJournal=285

– Avant d’aborder le deuxième exemple, ouvrons une parenthèse sur la notion de nationalisation.

En fait le corpus politique et économique de nationalisation a évolué en France depuis les années 1890, avec Guesde, Jaurès. Mais la CGT qui a été l’un des moteurs principaux de l’évolution de sa conception. Le lecteur intéressé pourra se reporter à l’article cité pour s’informer de l’évolution historique de cette notion de nationalisation dans notre pays et que seuls les politiciens peu instruits de l’histoire de leur pays et aveuglés par leur ignorance, assimilent caricaturalement à étatisation. "C’est en fait seulement dans la C.G.T. de l’après-Première Guerre mondiale que l’idée de nationalisation telle que nous la concevons encore aujourd.hui est clairement apparue. Le comité confédéral national du 13 décembre 1918 adopte un programme minimum qui note : « La réorganisation économique ne pourra produire tous ses effets utiles que si la Nation reprend, maintient ou établit son droit social sur la propriété des richesses collectives et des moyens de les produire ou de les échanger et si elle en confie de plus en plus la gestion autonome et contrôlée aux départements, communes, coopératives et surtout à des organismes collectifs dotés de la personnalité civile et administrés par des représentants qualifiés des producteurs et des consommateurs. »" "Relu dans cette perspective, le Programme commun de gouvernement de 1972 apparaît comme l’héritier de toute cette tradition. Sur la plupart des points, il n’est qu’un décalque du plan de la C.G.T. de 1934. Même chose pour le programme de François Mitterrand en 1981. 1934, 1944 (programme du conseil national de la résistance), 1972, 1981 : c’est le déploiement d’une même ligne de force de la culture politique française, à la fois « sociale-étatique » et « sociale-républicaine ». La symbolique des nationalisations y joue un rôle central : c.est en elle que convergent les grands thèmes de l’intérêt général et de la rationalisation.

La réflexion sur le rôle des nationalisations ne saurait donc se limiter à un débat d’ordre économique et financier. Il s’agit également d’élucider le rapport que le gouvernement et la société entretiennent avec cette symbolique, en tant qu’elle est indissociablement expression et recouvrement de la question du changement social." L’idée de nationalisation dans la culture politique française de Pierre Rosanvallon Gallimard | Le Débat 1981/10 - n° 17 . Article disponible en ligne. http://www.google.fr/url?sa=t HYPERLINK "http://www.google.fr/url?sa=t&r... et nationalisation position adoptée par le pcf&source=web&cd=10&sqi=2&ved=0CFcQFjAJ&url=http://www.cairn.info/revue-le-deba...

– Deuxième exemple.

Le mouvement anarchiste, souvent cité comme symbole de la "radicalité" oppositionnelle au système est divisé sur cette question de la propriété collective. "Sur cette question des modèles d’organisation économique, le mouvement anarchiste s’est trouvé divisé. Schématiquement, trois modèles sont possibles : 1. propriété privée des moyens de production et des biens de consommation ; 2. propriété collective des moyens de production et propriété privée des biens de consommation ; 3. propriété collective des moyens de production et des biens de consommation. Chacun de ces modèles a trouvé des adeptes dans le mouvement anarchiste, donnant naissance aux courants de l’individualisme, du collectivisme et du communisme anarchiste..." Pour plus de détails sur ces courants, on peut se reporter à : la revue Réfraction n° 7. (http://www.plusloin.org/refractions... )

C) Démocratie et typologie des organisations pour la transformation sociale.

Mais ce positionnement ne suffit pas à répondre aux questions précédentes.

– Le socialiste et trotskiste américain Hal Draper, dans un texte intitulé : " Les deux âmes du socialisme" indique :

" Tout au long du mouvement et des idées socialistes, la coupure fondamentale s’est faite entre socialisme par en haut et socialisme par en bas. Ce qui unit les différentes espèces de socialisme par en haut est l’idée que le socialisme (ou son imitation raisonnable) doit être octroyé aux masses reconnaissantes, sous une forme ou sous une autre, par une élite dirigeante qui n’est pas réellement soumise à leur contrôle. Le cœur du socialisme par en bas est l’idée que le socialisme ne peut être réalisé que par l’auto-émancipation des masses, dans un mouvement « par en bas », au cours d’une lutte pour se saisir de leur destin en tant qu’acteurs (et non plus comme sujets passifs) sur la scène de l’histoire. « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ». Telle est la première des règles écrites par Marx pour la Première Internationale, et c’est le principe directeur de l’œuvre de sa vie.". Voir texte complet à : http://tintinrevolution.free.fr/fr/...

Jean Lojkine, dans son livre "La crise des deux socialismes : leçons théoriques ; leçons politiques" (Ed. Le Temps des cerises), au chapitre intitulé : "la double impasse de l’étatisme et du mouvementisme" fait la même analyse que Hal Draper, en mettant en parallèle le socialisme étatique centralisé des ex – pays de l’Est et la gestion par le haut dans les régimes sociaux-démocrates européens. Dans les deux cas , les peuples sont dessaisis de leur capacité d’influence sur le fonctionnement, l’orientation économique et sociale de leur pays.

Et en effet, l’Histoire a déjà, en partie, répondu à ces questions. Il est clair que les voies suivies par les pays dits "communistes" de l’époque contemporaine ne sont pas à suivre et les libéraux voudraient faire croire que toutes les réponses à ces questions ont été données et ont échoué, et, en conséquence, que la question de la propriété des moyens de production est un faux problème. Concernant la dénomination "communiste" pour qualifier le régime de l’ex URSS, nous avons montré dans l’article intitulé : "Responsabilité politique : l’individu et le système" (dans le paragraphe 3, communisme : l’enfer et le paradis), qu’il s’agissait d’une escroquerie intellectuelle conjointement diffusée par la propagande capitaliste et stalinienne. Voir : http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

Comme l’explique Robert Fossaert, le système soviétique était de type socialiste étatique et certainement pas communiste. (Une société communiste est sans état, sans classes selon la définition des auteurs de cette notion)

– Ce qui paraît être maintenant établi, c’est que cette transition doit être de nature démocratique et s’appuyer sur une large majorité du peuple suffisamment informé et convaincu de la validité des mesures économiques et politiques à prendre pour un tel changement de société.

Les dirigisme par le haut et l’auto organisation spontanéiste par le bas ont conduit à des échecs et parfois à des répressions sanglantes. Une dialectique reste à construire entre l’initiative créative locale et la direction – coordination globale.

Les structures organisationnelles à mettre en place doivent donc jouer un rôle décisif dans le processus de construction d’une alternative au capitalisme. C’est la raison pour laquelle nous avons consacré un une longue étude sur cette question de l’organisation, en s’appuyant notamment sur les travaux de Vincent Lemieux. ( le Front de gauche doit améliorer sa puissance organisationnelle http://www.gauchemip.org/spip.php?a...)

La notion de planification écologique proposée par le parti de gauche est tout à fait intéressante mais il faudrait préciser selon quelles modalités démocratiques cette planification sera mise en place.

2.3 – Le contrôle des moyens de production. Les apports de l’expérience historique

La question de la propriété est importante mais celle du contrôle l’est tout autant. L’expérience a montré que non seulement le mode de propriété publique est important à considérer, en ne perdant pas de vue que l’étatisme pouvait conduire au totalitarisme, mais que le mode d’organisation du travail et du contrôle des moyens de production étaient fondamentaux.

Herbert Marcuse écrivait en 1968, dans son ouvrage Le marxisme soviétique (Idées Galllimard) "Nous avons soulignés qu’aussi longtemps que le contrôle des moyens de production n’était pas aux mains des producteurs immédiats, c’est à dire qu’aussi longtemps qu’il n’y a pas de contrôle et d’initiative d’en bas, la nationalisation n’est que l’instrument d’une domination plus efficace..." (p122)

Bertrand de Jouvenel, dans son livre Le Pouvoir, analyse cela comme une simple métamorphose du Pouvoir, qui devient au cours des siècles, à la fois toujours plus concentré et toujours plus étendu. Même si sa conception substantialiste du pouvoir est tout à fait critiquable, son parallélisme formel avec le processus de métamorphose du capital chez Marx ne manque pas d’intérêt.

L’anticapitalisme n’implique aucunement l’adoption d’un modèle de société du type soviétique, chinois, cubain... Une appropriation collective des moyens de production est pensable, sans vouloir adopter ces modèles ou plutôt contre-modèles. Ces systèmes sont nées d’une vision simpliste des systèmes de domination, d’une vision verticale et autoritaire du Politique : Selon cette approche, seul Le Parti Révolutionnaire d’Avant-Garde est porteur des intérêts des opprimés, le seul capable d’organiser les Luttes et de mener à la Victoire et plus tard, seul l’État prolétarien ou censé représenté le peuple, émanation du Parti, définira d’en haut ce qui est bon ou pas bon pour le Peuple, seul l’État et ses commissaires conduiront l’économie pour le bien de tous, moyennant une planification totale de l’économie remplaçant ainsi l’économie de marché de type capitaliste. Quant aux sceptiques, sans être même des opposants, ils peuvent être considérés comme des déviationistes, ennemis du peuple ou social traîtres selon les nouveaux prêtres de la révolution . On sait à quels systèmes a conduit cet autoritarisme politique qui se sont d’ailleurs établis, ne l’oublions pas tout de même, dans des contextes de guerre, d’isolement économique, dans des sociétés de type féodal ou très peu industrialisées et où la très grande majorité de population ne savait ni lire ni écrire. Quoi qu’il en soit le contrôle et la maîtrise des moyens de production et de leur mise en œuvre organisationnelle (planification) a échappé au peuple et se sont concentrés entre les mains d’une nomenklatura.

Les défenseurs du capitalisme veulent à tout prix faire croire que s’opposer à leur système conduirait infailliblement à un collectivisme totalitaire : cela constitue le fond de commerce électoral à la fois des partis de droite et sociaux libéraux en Europe. Mais il est vrai que l’implosion de l’URSS a profondément discrédité tous les mouvements politiques se réclamant de l’anticapitalisme, et est un facteur parmi d’autres, pour expliquer ce que l’on a coutume d’appeler "la droitisation" du corps électoral (comme l’explique Emmanuel Todd dans son livre l "le mystère français" –p. 231 – 32)

On sera toujours étonné de l’extraordinaire puissance et finesse d’analyse de Marx pour penser les phénomènes économiques et en même temps de son simplisme inouï pour analyser les rapports de pouvoir et de domination psychologiques, sociologiques et politiques. Certes, les sciences humaines commençaient alors tout juste à naître, mais il n’en reste pas moins vrai que pour lui, les représentations mentales des hommes n’étaient pas au cœur du matériel mais ne faisaient que planer dans le ciel de la superstructure idéologique. Même si son ouvrage L’idéologie allemande et sa Théorie du fétichisme de la marchandise restent des contributions importantes à l’étude des idéologies, l’approche marxiste classique reste trop économiste et productiviste : "la libération de forces productives" est d’ailleurs considérée, à coup sûr, comme un progrès humain. Les tenants de la Décroissance sont en désaccord avec cette idée productiviste mécanique : l’Histoire leur donne raison.

Donc l’anticapitalisme ne se réduit pas seulement à une remise en cause du système de production - ce qui serait une vision économiste de la société - mais est aussi une remise en cause des formes de domination politiques, idéologiques et culturelles liées à ce système et notamment une remise en cause du libéralisme (abordé plus loin). L’étude des formes et des mécanismes de domination, non seulement politique mais culturelle, devrait donc être fondamentale pour qui se dit anti capitaliste.

C’est peut-être le moment de rappeler ici ce que dit Fernand Braudel dans son livre La dynamique du capitalisme : "Privilège du petit nombre le capitalisme est impensable sans la complicité active de la société. Il est forcément une réalité de l’ordre social, même une réalité de l’ordre politique, même une réalité de civilisation. Car il faut que, d’une certaine manière, la société toute entière en accepte plus ou moins consciemment les valeurs. Mais ce n’est pas toujours le cas" (p. 67 – 68)

2. 4 – Alors quel anticapitalisme aujourd’hui ?

A) Les apports de la diversité des sources socio-politiques progressistes.

L’anticapitalisme ne peut seulement se satisfaire d’une critique radicale du système capitaliste tant dans ses fondements que dans ses modes d’action mais doit proposer un système alternatif démocratique en rupture économique et politique avec ce dernier.

Notre pays a une chance extraordinaire : elle hérite d’une diversité de courants politiques qui ont certes chacun leur limite, leurs points aveugles, leur égo clanisme, mais qui apportent leur pertinence sur des aspects de la vie économique, politique, sociale et culturelle.

Le mouvement libertaire ou anarchiste a été assez loin dans l’étude des systèmes de domination, il nous met en garde contre une toute puissance de l’État, la toute puissance des organisations verticales ; il développe avec juste raison des modes d’organisation en réseaux horizontaux. Il a la grande qualité de s’intéresser aux mouvements marginaux, aux minorités souvent réprimées tant sur le plan social que sur le plan artistique. Défauts possibles : trop d’importance à l"égo, aux passions ; individualisme ; inorganisation ; spontanéisme pouvant être fatal, attitude sectaire. Pour illustrer combien la pensée libertaire est active on peut se reporter à libertaire.free.

Le mouvement marxiste est le seul qui apporte un éclairage structuré, très élaboré du fonctionnement économique du capitalisme et notamment de l’exploitation de la force de travail. La pensée marxiste ne s’arrête pas avec Marx ou Lénine, ou Trotski. Un nombre non négligeable d’universitaires marxistes et marxiens publient des ouvrages qui enrichissent, actualisent, critiquent les insuffisances de la pensée de Marx : Bidet, Duménil, Sève, Godelier, Fossaert, et l’illustre oublié : Henri Lefèvre, en sont des exemples français récents..... Mais ceux-ci, malgré leur travail de réflexion, souvent colossal, sont non seulement ignorés des médias (ce qui est bon signe) mais négligés et probablement non lus par des universitaires plus connus et très intéressants tels que : Généreux, Onfray... Cela éviteraient à ces derniers d’avoir une vision très dépassée de la pensée marxiste qui semble s’arrêter pour eux au 19ème siècle (ce qui ne retire rien à la qualité de leurs analyses dans les domaines qu’ils connaissent bien). Mais c’est aussi le cas de nombreux militants de partis (PCF, NPÀ...) qui ignorent aussi les publications de ces auteurs. On peut se référer au site : Actuel Marx pour se rendre compte que la pensée marxiste est loin d’être morte, moribonde ou figée. On peut se référer aussi au site Espaces Marx : http://www.espaces-marx.net/ Ceci peut paraître évidemment incroyable pour de nombreux journalistes qui confondent le marxisme avec le stalinisme ou le maoïsme du fait que ces systèmes totalitaires ont utilisé certaines idées marxistes (collectivisation notamment).Mais ces derniers ne réduisent pas, avec raison, les principes contenus dans la constitution américaine au génocide des amérindiens, l’oppression raciste des noirs qui ont marqué l’histoire des États Unis, les principes de la constitution de 1946 de la France et les exactions du colonialisme...

Pour ce qui est du mouvement trotskiste, il a toujours averti le mouvement ouvrier puis plus largement salarié de deux difficultés ou dangers : le bureaucratisme étatique et le fait que l’instauration du socialisme dans un seul pays était difficile sinon impossible, d’où son importance accordée aux solidarités internationales.

Défaut possible de la mouvance marxiste : économisme, surestimation de la raison, dérives autoritaires, scientisme, analyse simpliste des mécanismes de domination, clanisme sectaire conduisant à une fragmentation suicidaire ou à un autisme dû à l’emprisonnement de la pensée critique par le mur des "certitudes". La non reconnaissance par le PCF des crimes staliniens révélés par le rapport Kroutchev de 1956, à cette époque, constitue sans doute un record mondial dans le genre : cet hermétisme a sonné le commencement du déclin historique du PCF.

Le mouvement situationniste a le mérite d’intégrer les arts, et plus largement, l’imaginaire dans le champ politique. La société du spectacle est analysée et critiquée (Guy Debord. Le situationnisme développe une conception de la vie démocratique fondée sur des groupes autogérés, des conseils. L’individu doit être penser en situation et non abstraitement.

Le mouvement altermondialiste : il pense les rapports économiques et sociaux au niveau planétaire et intègre, dans ses analyses, d’une manière systémique, différentes approches : financière, écologiques, sociales... Il permet un certain décloisonnement culturel et idéologique en faisant travailler ensemble des gens issus d’organisations diverses. Il contribue à la formation économique et politique des citoyens. Il ne réduit pas l’exploitation au monde de la production mais étend le champ de celle-ci à la société toute entière. Défaut possible : pas de projet politique cohérent et unitaire ; surestimation de l’impact de son action sur les détenteurs de pouvoir ; découragement trop rapide des militants perfectionistes face à quelques difficultés internes. Le site d’Attac France et les sites locaux sont aussi de véritables mines d’informations. Le mouvement le Le mouvement écologiste : il a fait prendre conscience des contraintes environnementales, des interactions complexes Homme-Nature. Défaut majeur : la fragmentation du mouvement possible : technicisation des problèmes au détriment du politique. On peut trouver un petit annuaire des sites écologistes sur éconologie.com :http://www.econologie.com/annuaire/... le site de Europe Ecologie Les Verts https://eelv.fr

Le mouvement pour la décroissance  : il critique légitimement nos modes de consommation et de vie (gaspillages...). Il fait le lien entre choix de production et consommation ; critique de la publicité et du conditionnement des consommateurs ; conscience aigue du caractère fini des ressources utilisables... Défaut possible : pas d’analyse suffisante des responsabilités économiques et politiques par isolement des problèmes sur un plan technique ou sociologique. Décroissance info contient un petit annuaire de sites sur la décroissance : http://www.decroissance.info/ Parti de la décroissance http://www.partipourladecroissance....

La mouvance républicaine de gauche : elle souligne l’importance des rapports juridiques et institutionnels. Elle développe la réflexion sur la démocratie, la république, la nation, la laïcité ; rappelle l’importance du programme du CNR trop méconnu. Défaut possible : analyses économiques trop superficielles. On peut se reporter au site de MARS France républicaine http://www.france-republicaine.fr/a...

Courant de pensée de la biopolitique et de l’héritage de Michel Foucault : il apporte une réflexion originale sur la nature du libéralisme et sur les mécanismes complexes de domination, la diversité des pouvoirs. Défaut possible : peut perdre de vue l’importance déterminante des pouvoirs politiques centraux et de la puissance économique par une trop grande subjectivation des rapports sociaux. Des textes de Foucault sont accessibles en ligne .http://1libertaire.free.fr/Foucault.html

Mais d’autres courants de pensée alternative existent, comme par exemple : Le courant de l’économie distributive ; voir la Grande Relève http://www.economiedistributive.fr/... fondé par Jacques Duboin en 1930 qui propose une alternative, une double distribution : celles des tâches et des richesses produites qui doit résulter du débat politique, démocratiquement mené, par l’intermédiaire de ce qu’il appelle le contrat civique . Cette double distribution pourra se faire en partant du principe que tout individu a le droit de recevoir, de sa naissance à sa mort, des revenus suffisants pour vivre décemment, pourvu qu’il s’acquitte, pendant une partie de son temps, d’un devoir de participation. l’ensemble étant géré par l’intermédiaire d’une monnaie de consommation, gagée sur les richesses offertes.

Le socialisme méthodologique ou néomoderne de J. Généreux, conciliant "l’être pour soi" et "l’être avec les autres", l’individu étant par nature d’essence sociale, un produit de la société, est aussi un apport intéressant que nous considérons pour notre part, comme le plus riche et le plus moderne du fait qu’il intègre les données les plus récentes des sciences de l’Homme.

Le mouvement féministe apporte sa spécificité en analysant notamment les différentes formes d’aliénation ou de discrimination dont sont victimes les femmes dans les sociétés contemporaines.

Le manifeste pour l’écosocialisme du parti de gauche constitue déjà une synthèse intéressante http://www.lepartidegauche.fr/quiso...

Parmi tous les livres cités dans cette contribution, je place son ouvrage : La dissociété au premier rang par la profondeur de sa critique du libéralisme. Son blog consacré à cet ouvrage me semble bienvenu. Et on pourrait citer bien d’autres choses, plus expérimentales comme l’apport des SEL, les SCOP plus généralement les organisations de l’économie sociale et solidaire,les démocraties locales, les médias libres...

Il nous paraît tout à fait possible de retenir de ces courants de pensée ce qui est positif et de rejeter ce qui a été condamné par l’expérience de l’Histoire. Une synthèse est possible, mais certainement pas dans l’urgence utilitariste d’une bataille électorale ou dans l’optique de vouloir, à terme, torpiller telle ou telle organisation. Une telle démarche nécessite de se débarasser de tout esprit de clan.

Il ne faut évidemment pas uniquement compter sur les directions des organisations constituées pour faire une telle synthèse car chaque organisation considère qu’elle détient à elle seule toutes les solutions des problèmes ou que les masses en mouvement trouveront la Bonne Voie, spontanément (révélation...) ou grâce à la Lumière de l’Avant-garde éclairée.

En outre, leurs préoccupations majeures sont l’élargissement de leurs partis, leur impact électoral, leur capacité à "mobiliser les masses dans l’action" (activisme fondé sur des phrases courtes), de battre machin aux prochaines élections, et certainement pas de réfléchir en profondeur sur les fondements des philosophies politiques qui ont structuré notre société et leur propre mental.

Bon, là j’exagère un peu . Les choses ont un peu évolué depuis 20 ans car le plafonnement de l’autre gauche à 10 % du corps électoral depuis de nombreuses années a contraint à plus d’humilité dans leurs analyses et leurs jugements.

B) L’importance des intellectuels organiques et plus généralement du travail intellectuel

Cette synthèse possible, qui n’a rien à voir avec une synthèse électoraliste de "motions de congrès" avec "vote des militants" , ne peut être que le résultat d’un travail intellectuel collectif de longue haleine, réunissant des universitaires et chercheurs de différentes disciplines, de militants d’associations, syndicats divers, des militants des neuf partis du Front de Gauche, des rapports d’étude parlementaires sérieux dont l’objectif n’est pas de défendre les intérêts de la classe capitaliste.

Rien à voir non plus avec un catalogue-mosaïque de "mesures d’urgence" dont on a pu mesurer les minables succès électoraux. Bourdieu avait parfaitement compris cette nécessité du travail intellectuel interdisciplinaire. D’ailleurs, comme l’indique l’économiste Robert Boyer "Pour analyser l’interaction entre les forces du capitalisme et les institutions politiques, une théorie ne peut être seulement économique, mais doit être pluridisciplinaire." (Alternative économique hors série : 500 ans de capitalisme, 1997).

Gramsci a expliqué, depuis maintenant longtemps, que la classe exploitée n’arrivera jamais seule à se libérer : il est nécessaire que se constitue un mouvement intellectuel organique décryptant les mécanismes de domination, d’asservissement, et ce, sans tomber pour autant dans "l’avant-gardisme", maladie infantile des partis communistes contemporains. Cela demanderait organisation, coordination, financement pour pouvoir permettre ce travail interdisciplinaire, comme l’indiquait Bourdieu. Attac, qui a innové par la mise en place d’une organisation à la fois verticale et horizontale, a ouvert le chemin pour un tel travail.

Bref, un anticapitalisme moderne reste à construire et non pas, comme ne l’avait pas prévu Marx, sur les bases d’une société féodale (Russie des années 1910, Chine des années 1930), mais à partir d’une société capitaliste très développé e en phase de paupérisation généralisée : nous n’y sommes pas encore, mais le mouvement est maintenant amorcé : précarisation croissante, chômage massif, dévalorisation du travail intellectuel et hautement qualifié (plus d’ascenseur social), aggravation de la pauvreté des pays dits sous-développés... et cette conjecture là, Marx l’a économiquement prévue.

Toute tentative de reconstruire un nouveau parti ou mouvement anticapitaliste à partir d’une fraction d’un parti , ou au contraire, à partir de l’élargissement d’un parti existant est voué à l’échec. (On a vu récemment que, même d’accord sur une plate-forme de 125 propositions, en 2007, l’unité a été impossible !)

Une nouvelle gauche anticapitaliste ne pourra se construire sans une réflexion critique sur les fondements de ses différents courants, sans une reconstruction intégrant les apports pertinents des intellectuels des différentes mouvances précédentes, sans la mise en action de ce que j’ai appelé l’intelligence collective populaire. Ce genre de travail ne se fait pas dans l’urgence d’une productivité électoraliste.

Un nouveau projet de société ne se construit pas avec des sièges à l’assemblée nationale ou avec les sièges d’un conseil municipal. Actuellement aucune force de gauche ne propose une nouvelle société alternative, assise sur une nouvelle philosophie politique en accord avec les données scientifiques contemporaines, proposant de nouvelles formes d’organisations sociales et politiques non aliénantes pour le Peuple, et notamment pour les salariés et proposant aussi de nouvelles raisons de vivre autres que la sécurité matérielle et de consommer plus.

Il me semble que la gauche communiste devrait sortir de sa logique gestionnaire élective. Le PCF a géré, pendant plus de 30 ans, la couronne rouge, par exemple, et ce, dans la défense des intérêts des couches populaires (construction de crèches, ensembles sportifs, institutions culturelles d’accès gratuit...). Il a épuisé ses forces dans l’action gestionnaire, dans ses joutes politiques à l’assemblée, au sénat, dans les conseils locaux mais il a oublié une chose : mobiliser ses forces pour penser plus et valoriser, intégrer dans sa vision politique, le travail de ses intellectuels ou plus largement des intellectuels progressistes. La nouvelle gauche alternative devra tenir compte de cette expérience qui a atteint ses limites. On ne construit pas un projet de société en bâtissant des piscines, sous peine de se noyer ou de se faire noyer.

Ceci étant, la constitution du Front de Gauche constitue un progrès considérable pour établir une synthèse alternative de différents courants politiques qui apportent chacun son éclairage complétant celui des autres.

Nous examinerons dans un paragraphe spécial de la dernière partie sur l’anti libéralisme le soi-disant anticapitalisme de l’extrême droite.

C) L’anticapitalisme et le Front de Gauche.

Nous illustrons ici par quelques extraits les principales mesures anticapitalistes du programment populaire partagé appelé aussi "L’humain d’abord" du Front de Gauche. Attention, ceux-ci ne sont que des extraits des thématiques abordées et l’ordre de celles-ci n’est pas celui de l’ordre de lecture du document. Le texte intégral est en ligne sur ce site à l’adresse : http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

Un nouveau mode de production.

Le mode de production actuel ne vise pas la satisfaction des besoins humains. Il donne la priorité au profit à court terme, laisse de côté des besoins sociaux immenses parce que ceux-ci sont non rentables tout en encourageant les productions inutiles au bénéfice de la surconsommation des plus riches. Il dégrade gravement les conditions de travail et d’emploi. Nous lui opposons un nouveau mode de production dont la finalité sera le développement de toutes les capacités humaines et l’épanouissement de chacun(e) plutôt que l’intérêt du capital. Il sera basé sur une politique industrielle favorisant l’éco-développement, une politique de réduction du temps de travail avec création d’emplois correspondants, ainsi que le développement d’emplois utiles intégrant de nouveaux besoins communs. Cette réorientation passe par un renforcement des droits des salarié(es) pour avancer vers un contrôle collectif des conditions de travail, de son organisation et de son contenu.

Formes diversifiées de propriété publique.

Dans le chapitre : encourager d’autres formes de propriété À l’inverse des idéologues du marché qui font de l’entreprise capitaliste privée le modèle unique, nous encouragerons la diversité des formes de propriété, indispensable à une politique efficace de création d’emplois. La loi reconnaîtra cette diversité et la protégera face à la « concurrence libre et non faussée » qui revient en fait à imposer partout la seule logique du profit privé.

Notre programme prévoit l’extension de la propriété publique par le développement des services publics. Il promeut de nouvelles appropriations sociales par la nationalisation de grands leviers de l’action économique, industrielle et financière. Il propose des formes décentralisées de la propriété sociale. Il veut aussi systématiser le recours à l’économie sociale et solidaire (ESS). Le soutien public à l’économie sociale et solidaire, et notamment aux coopératives, sera fortement augmenté. Une aide financière sera accordée aux salariés qui reprennent ou créent leurs entreprises sous forme de coopérative. Nous favoriserons la création de sociétés coopératives d’intérêt collectif (SCIC) permettant d’associer salariés, usagers et collectivités territoriales dans des projets de développement local. Les commandes de l’État, des collectivités et des services publics s’adresseront prioritairement à ces coopératives grâce à la modification de l’article 53 du Code des marchés publics.

Un soutien sera apporté aux initiatives d’habitat autogéré et coopératif, dans le cadre des programmes de création de logements sociaux, en neuf et en réhabilitation. Enfin, l’ESS sera intégrée au programme des sciences économiques et sociales au lycée. C’est en ce sens qu’une loi-cadre de l’ESS sera nécessaire afin de définir précisément les critères d’attribution des moyens de l’État et des collectivités publiques : les finalités sociales et environnementales des entreprises et des associations bénéficiaires ne pourront être dissociées d’un fonctionnement réellement démocratique.

Primauté du travail sur le capital.

…, nous connaissons le point d’appui à partir duquel reconstruire : l’humain. La richesse d’un pays réside dans le travail humain, dans la capacité de ses femmes et de ses hommes à s’associer librement et à créer, à inventer, à produire. Le titre de notre projet, L’humain d’abord, n’exprime pas simplement une préférence morale, il dit aussi notre stratégie contre la crise. En refusant la domination du capital financier sur le travail, en luttant contre la précarité, en garantissant à chaque personne le droit de se soigner, de s’éduquer, de se loger et de travailler, nous protégeons et accroissons les forces créatrices qui refonderont notre pays et aideront demain à changer le monde.

Un changement constitutionnel et institutionnel permettant de mettre en œuvre les mesures économiques et de nouveaux droits pour les travailleurs et le citoyens.

Dans le chapitre : Une constitution démocratique, des lieux de travail aux institutions Pour s’assurer le contrôle de sa destinée, le peuple doit reprendre le pouvoir. Nous voulons de nouvelles institutions : – pour garantir la souveraineté populaire, – assurer la primauté de l’intérêt général sur les intérêts financiers, – permettre une implication populaire continue dans tous les actes de la vie professionnelle, sociale et politique par l’inscription de nouveaux droits pour les citoyen(ne)s et les salarié(e)s.

La Constitution que nous défendons réaffirmera les droits sociaux : droit à l’emploi et au travail, à la santé, au logement, à l’éducation, à la protection sociale. Elle renforcera les pouvoirs du citoyen là où il travaille, en reconnaissant la citoyenneté d’entreprise : nous instaurerons des droits nouveaux pour les salariés dans l’entreprise, et le statut des grandes entreprises sera redéfini en tenant compte de leur responsabilité sociale. Le pouvoir économique ne sera plus entre les mains des seuls actionnaires, les salariés et leurs représentants seront appelés à participer aux choix d’investissement des entreprises en tenant compte des priorités sociales, écologiques et économiques démocratiquement débattues. L’avis favorable des représentants du personnel ou des comités d’entreprise sera obligatoire pour toutes les décisions stratégiques.

Nous instaurerons un droit de veto suspensif sur les licenciements et l’obligation d’examiner les contre-propositions présentées par les syndicats.

Dans les entreprises publiques, le droit des usagers sera reconnu et exercé. Le droit de grève et de se syndiquer, la liberté d’expression seront confortés.

Les CE se verront reconnaître des droits étendus d’expertise, de contrôle, de proposition et de décision. Les délégués syndicaux interentreprises dans les TPE seront reconnus, et nous agirons pour l’extension des droits des « Comités de groupe » au niveau des groupes européens. La hiérarchie des normes sera rétablie (pas d’accord d’entreprises moins favorables que les accords de branche). Une véritable médecine du travail dotée de moyens de prévention, d’analyse et de décision sera développée. Nous mettrons immédiatement en place une citoyenneté de résidence. Les résidents extra-communautaires bénéficieront du droit de vote aux élections Une loi contre la corruption et les conflits d’intérêt sera adoptée pour sanctionner la « délinquance en col blanc ».

Pôle public de l’ énergie.

Dans le chapitre : Des choix énergétiques sous contrôle citoyen Nous réaffirmons l’exigence de la maîtrise publique, sociale et démocratique du secteur de l’énergie, seule garante de la transparence, de l’indépendance, de l’expertise et de la qualité des installations et des exploitations. Nous créerons un pôle 100 % public de l’énergie comprenant EDF, GDF, Areva et Total renationalisé. Ses salariés seront toutes et tous sous le même statut. Ils et elles seront associés étroitement aux choix de gestion de l’entreprise publique, et leur liberté d’expression sera garantie. Les citoyens seront également associés à la direction de ce pôle.

Gestion publique de l’eau.

Dans le chapitre : contre la marchandisation des biens communs, préserver et partager les ressources naturelle Nous défendrons résolument le droit inaliénable à l’eau comme bien commun de l’humanité en engageant un processus d’appropriation sociale de la gestion de l’eau et de l’assainissement. Nous accompagnerons la gestion publique de l’eau par les collectivités territoriales compétentes afin de leur permettre d’en assurer la maîtrise publique et donc le contrôle par les citoyens, les élus et les usagers : un débat public aura lieu sur l’utilisation de ce bien commun. Les collectivités pourront décider par exemple la gratuité des mètres cubes nécessaires à la vie, la facturation progressive des mésusages ou encore des tarifs différenciés entre les ménages et les industriels. Nous visons à constituer un grand service public de l’eau. Il pourra mutualiser les moyens et les investissements. Il reposera sur une organisation décentralisée et contrôlée localement par les collectivités, les usagers et les salariés

Pôle public de l’industrie et de la transition écologique.

Création de pôles publics de l’industrie Plan national de transition écologique de l’agriculture, révision du mandat des Safer et du Code des marchés publics, soutien à l’installation des jeunes agriculteurs et à une agriculture responsable Nous soutiendrons les politiques d’investissements des entreprises vers les innovations industrielles aux productions utiles. Nous favoriserons la relocalisation des activités et les circuits courts de distribution. Nous renforcerons la présence de l’État dans le capital d’entreprises stratégiques pour leur sauvegarde et leur développement. Le soutien de l’État et des pouvoirs publics aux PME-PMI, lesquelles sont aujourd’hui les plus créatrices d’emploi, sera renforcé.

Pôle public des transports.

Dans le chapitre : Nous favoriserons le développement des transports publics de proximité Nous mettrons en place un Pôle national des transports publics favorisant le développement des transports collectifs et leur accès par toutes et tous Nous abrogerons les lois de libéralisation du rail. Nous engagerons le processus de désendettement du système ferroviaire et mettrons fin aux mesures de défiscalisation et exonération favorisant le transport aérien par les entreprises low-cost.

Pôle public financier.

Nous créerons un pôle financier public par la mise en réseau des institutions financières publiques existantes (Caisse des dépôts, Crédit foncier, OSEO, CNP, Banque postale), des banques et des assurances mutualistes dans le respect de leurs statuts et la nationalisation de banques et de compagnies d’assurances. Ce réseau sera chargé d’une nouvelle mission de service public du crédit et de l’épargne, au service de l’emploi, de la formation, de la croissance réelle et de la préservation de l’environnement afin de sortir de la crise et de l’emprise des marchés financiers

Pôle public du logement.

Nous créerons un service public national et décentralisé du logement, de l’habitat et de la ville Ce service public se déclinera en quatre volets : – un pôle public financier, appuyé sur la Caisse des dépôts et consigntions, pour financer le logement social. – un pôle public de la construction pour casser le monopole des majors du BTP et permettre l’abaissement des loyers et des charges. – une agence nationale foncière et décentralisée au niveau des régions, dotée de fonds d’intervention importants, pour lutter contre la spéculation du sol par une maîtrise publique des sols via des baux emphytéotiques et pour inciter à la construction de logements sociaux dans toutes les communes. – des outils publics ou à vocation publique dont la mission serait de mettre en œuvre localement le droit au logement avec une gestion démocratisée, consolidée par une représentation renforcée et majoritaire des élus locaux, des représentants des salariés, des associations et des usagers bénéficiant de nouveaux droits de décision et de contrôle

Service public de la santé et pôle public du médicament.

Nous voulons reconstruire et développer un service public de santé basé sur la proximité et la qualité des soins avec les personnels, les élus et les citoyens. Nous favoriserons la mise en réseau des hôpitaux entre eux et avec la médecine ambulatoire pour développer la prise en charge technique nécessaire sans l’opposer à la proximité, pour réduire les temps d’attente dangereux et onéreux et contribuer à la coopération des professionnels. Nous assurerons la promotion des centres de santé et le respect de leurvocation initiale d’accès aux soins pour tous.

Nous libérerons la recherche pharmaceutique de la soumission aux marchés et aux laboratoires en mettant en place un pôle public du médicament avec au moins une entreprise publique qui interviendra sur la recherche, la production et la distribution des médicaments. Ce pôle public : – produira une partie des médicaments ; – contrôlera le système de sécurité des médicaments, leur mise sur le marché et leur prix ; – sera doté de pouvoirs de sanction à l’égard des laboratoires qui manqueraient à leur devoir de sécurité sanitaire ; – relancera la recherche publique et fera adopter une charte incluant le devoir de recherche sur les médicaments dits « non rentables ».

Nous redonnerons à la santé publique, à la promotion de la santé et à la prévention, les moyens qui leur font défaut, notamment en matière d’étude et de recherche. Nous répondrons à l’exigence de sécurité sanitaire avec un vrai contrôle démocratique et une mobilisation permanente de tous les acteurs.

Service public de l’éducation.

Nous combattrons la mise en concurrence des établissements et reviendrons sur toutes les mesures qui visent sous couvert d’autonomie à instituer un marché de l’éducation. Nous affirmons la nécessité d’une politique nationale de l’éducation dans une logique de service public, pour une véritable gratuité et égalité d’accès aux savoirs sur tout le territoire. Nous agirons concrètement pour que la production de connaissances et la formation soient libérées de la logique du marché et de la rentabilité financière et permettent l’établissement d’une culture scolaire commune pour tous par l’appropriation de savoirs ambitieux.

Quelques remarques sur ces extraits.

La notion de pôle public affirme l’existence d’entreprises de propriété publique pouvant prendre des formes variables (pas exclusivement étatique) et ne précise pas toujours l’étendue du périmètre de chacun d’eux : c’est le cas notamment pôle public industriel.

Il n’est pas affirmé que le secteur bancaire soit totalement nationalisé. Rappelons qu’un économiste comme Frédéric Lordon préconise une telle mesure en raison de l’importance vitale pour un pays de la maîtrise de ses moyens de paiement et de ses moyens de crédit, ce qui n’empêche pas d’imaginer à terme d’autres formes de socialisation comme il l’explique aussi. Voir : http://www.dailymotion.com/video/xl...

La gauche anticapitaliste (GA) membre du FdG, indique, dans sa déclaration de base (10/02/2013) paragraphe 3.2 sur l’appropriation sociale : "Les grands moyens de production et d’échange doivent être socialisés. Cela concerne avant tout les secteurs relevant de biens communs, au premier rang desquels la santé, l’éducation, les transports, l’énergie, l’habitat. La socialisation doit impérativement être distinguée de l’étatisation en ce que le pouvoir de décision doit être effectivement dans les mains des populations. A côté de la propriété d’État (voire d’échelon européen), d’autres niveaux de propriété publique y correspondent aussi : régional ou local. De plus des régimes de propriété autogérée devront être généralisés en lien avec ces secteurs, et enfin une propriété individuelle être reconnue dans le reste des situations. Dans tous les cas, des procédures réglementaires et fiscales devront être élaborées pour garantir que le marché ne prenne jamais le dessus sur la maîtrise sociale globale, planifiée dans ses grands axes" http://www.gauche-anticapitaliste.o...

Dans le texte intégral du 36e congrès du PCF, on peut lire : http://congres.pcf.fr/sites/default... en introduction :

"L’issue : rompre avec le capitalisme Rompre avec le capitalisme en le dépassant est une urgente nécessité. Labrutalité avec laquelle la crise est en train de précipiter l’humanité vers des abîmes exige la mise en oeuvre de solutions nouvelles qui s’attaquent aux causes réelles. La domination insensée des forces de l’argent doit être renversée pour laisser place à un mode de développement humain durable, au partage des avoirs, des savoirs et des pouvoirs.

A celles et ceux qui parlent de moraliser le capitalisme pour mieux le conserver, nous disons que l’entreprise est vaine et que la manoeuvre ne prend pas. L’argent n’a pas de conscience. Le capitalisme est incapable d’offrir une autre perspective que l’asservissement de l’immense majorité des êtres humains.

A celles et ceux qui en appellent à la mesure et proposent de réguler le capitalisme, nous disons que c’est un objectif illusoire. Sans la volonté de prendre le pouvoir aux marchés fnanciers et aux grands possédants, l’expérience a montré qu’il n’y a aucun résultat signifant. Il y a une contradiction de plus en plus insoutenable entre le capitalisme et le progrès social, entre le capitalisme et la démocratie, entre le capitalisme et le développement culturel, entre le capitalisme et l’écologie, entre le capitalisme et la paix.…"

Dans son ouvrage "L’autre société", Jacques Genéreux se prononce pour une économie plurielle et démocratique rejoignant ici la notion de diversité des formes de propriété publique mentionnée dans L’humain d’abord.

"Une économie plurielle est constituée par une grande variété d’organisations productives : associations d’économie solidaire, coopératives, mutuelles, entreprises individuelles, PME privées, grandes entreprises publiques ou mixtes, sociétés de personnes et de capitaux, etc. Le progrès humain passant notamment par la sociodiversite et le progrès de la coopération, les politiques publiques doivenr favoriser la libre création de formesmultiples d’organisations productives fondées sur Iassociation et la solidarité de leurs membres." (P. 352 – 353) (Indiquons en passant, qu’il existe au sein du Front de Gauche, un groupe particulièrement actif s’occupant des problèmes de l’économie sociale et solidai re coordonné par François Longérinas. Je vous renvoie aussi à mon article : économie sociale et solidaire, l’antichambre de l’éco socialisme. http://www.gauchemip.org/spip.php?a... )

Nous sommes donc loin ici des visions apocalyptiques, totalitaires, d’un collectivisme intégral, d’un étatisme écrasant, d’un socialisme de caserne vert kaki que peuvent avoir certains libéraux de l’anticapitalisme .

D) Les partis politiques anticapitalistes dits de l’Autre gauche.

Front de gauche :

Site "Place au peuple" :http://www.placeaupeuple.fr/

"Fin 2012, sont effectivement membres du Front de gauche les partis et organisations politiques suivantes.

Le Parti communiste français (PCF). Il est la plus ancienne et la plus importante composante de l’alliance, tant en termes d’effectif militants que de nombre d’élus et de moyens financiers ;

Le Parti de gauche (PG) fondé en février 2009 et coprésidé par Jean-Luc Mélenchon. Procédant au départ d’une scission du PS, le PG se conçoit un parti « creuset » se revendiquant du socialisme, de l’écologie et de la République. Il revendique 12 000 adhérents en 2012

La Gauche Unitaire (GU), formée autour de membres de l’ancienne minorité de la Ligue communiste révolutionnaire opposés au projet du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), a rejoint le Front de gauche lors des élections européenne.

République et socialisme, scission de la minorité du MRC favorable à la participation au Front de gauche lors des élections européennes. Son adhésion effective au Front de gauche est validée le 17 juin 2011[6].

La Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), regroupant les « Communistes unitaires » et des personnalités comme Clémentine Autain. Le 11 juin 2011, à la suite de la conférence nationale du PCF des 4 et 5 juin, la FASE annonce dans un communiqué son ralliement national au Front de gauche et son soutien à Jean-Luc Mélenchon pour l’élection présidentielle de 2012[6]. Le 17 juin 2011, son adhésion est officialisée lors d’une réunion avec le PCF, R&S et le PG[7].

Convergences et alternative, ancien courant minoritaire du NPA (issu comme la GU du courant Unir). C&A a décidé lors de son conseil national des 8 et 9 avril 2011 de quitter le NPA pour rejoindre le Front de gauche[6]. Son adhésion est officialisée lors de sa réunion nationale avec les autres composantes du Front les 2 et 3 juillet 2011[8].

Le Parti communiste des ouvriers de France (PCOF) a fait liste commune avec le Front de gauche dans quelques régions lors des élections régionales de 2010. Le 3 octobre 2011, il annonce à son tour son intégration au Front de gauche[4].

La Gauche anticapitaliste (GA), courant unitaire pour l’écosocialisme, ancienne fraction minoritaire et scission la plus importante du NPA. Le 8 juillet 2012, la GA décide d’intégrer le Front de gauche[9],[10] après avoir obtenu 22,25 % des voix des militants pour la Conférence nationale du NPA des 7 et 8 juillet 2012[11].

Les Alternatifs, votent le 18 novembre 2012 en congrès leur participation au Front de gauche et appellent, dans ce cadre, à la construction d’un « pôle de gauche alternative et écologiste »[12],[13]. Cette décision a fait l’objet d’intenses débats internes et provoqué la mise en retrait de plusieurs sections locales, alors que les Alternatifs avaient auparavant quitté la FASE par désaccord avec le choix de celle-ci de rentrer au Front de gauche[14]. Ils ont cependant apporté leur soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle[15].

Plusieurs partis et mouvements ont pu exprimer leur soutien au Front de gauche sans pour autant en faire partie : le Mouvement politique d’éducation populaire, l’Alternative Démocratie Socialisme[16], le Rassemblement des cercles communistes[17], l’Organisation Femmes Égalité[18] et le Mouvement des jeunes communistes de France. " Source : Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Front_...)

Sites Internet

PCF http://www.pcf.fr

PG http://www.lepartidegauche.fr

GU http://www.gauche-unitaire.fr

Alternatifs http://www.alternatifs.org/spip

FASE Fédération pour une alternative sociale et écologique http://lafederation.org

GA http://www.gauche-anticapitaliste.o...

PCOF http://www.pcof.net/fr

République et socialisme http://www.republiqueetsocialisme.fr

Convergence et alternative http://www.convergencesetalternativ...

Autres partis anticapitalistes ayant une action électorale :

NPA http://www.npa2009.org

MPEP http://www.m-pep.org

POI (ex PT) http://www.parti-ouvrier-independant.com

LO http://www.lutte-ouvriere.org

Hervé Debonrivage


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