Venez voir les plaies saignantes de ce Christ qu’on nomme le peuple ! (Victor Hugo, Les caves de Lille)

jeudi 11 juin 2015.
 

A l’automne 1848, la rédaction de la Constitution pose le problème de « l’assistance ». La question du logement ouvrier est au coeur des débats. Une loi sera votée en 1850, elle prévoit d’exproprier les propriétaires de logements insalubres.

A la demande de l’économiste Adolphe Blanqui, les députés sont invités à visiter les caves de Lille, où les ouvriers du textile vivent dans des conditions miséreuses. Victor Hugo s’y rendra en (février ?) 1851, et en gardera un souvenir indigné.

Cette expérience lui inspirera un discours destiné à l’Assemblée, qu’il ne prononcera pas pour cause de coup d’état, et deux ans plus tard, le poème « Joyeuse vie », sur le même sujet, qui paraîtra dans Les Châtiments.

Victor Hugo, Discours sur les caves de Lille (mars 1851 ?)

Messieurs, quand nous sommes allés à Lille, mes honorables compagnons de voyage et moi, la loi des logements insalubres y avait passé ; voici ce qu’elle avait laissé derrière elle, voici ce que nous avons trouvé.

La première cave où nous nous sommes présentés est située Cour à l’eau, n° 2. Je vous dis l’endroit. Bien que la porte fût toute grande ouverte au soleil depuis le matin, car c’était une belle journée de février, il sortait de cette cave une odeur tellement infecte, l’air y était tellement vicié que, sur sept visiteurs que nous étions, nous ne fûmes que trois qui pûmes y descendre. Un quatrième qui s’y hasarda ne put dépasser le milieu de l’escalier, et de même que cela était arrivé en 1848 au préfet de Lille accompagnant M. Blanqui, il s’arrêta comme asphyxié au seuil de la cave et fut obligé de remonter précipitamment. Nous trouvâmes dans cette cave au pied de l’escalier une vieille femme et un tout jeune enfant. Cette cave était si basse qu’il n’y avait qu’un seul endroit où l’on pût s’y tenir debout, le milieu de la voûte. Des cordes sur lesquelles étaient étalés de vieux linges mouillés interceptaient l’air dans tous les sens. Au fond il y avait deux lits, c’est-à-dire deux coffres en bois vermoulu contenant des paillasses dont la toile, jamais lavée, avait fini par prendre la couleur de la terre. Pas de draps, pas de couvertures. Je m’approchai d’un de ces lits, et j’y distinguai dans l’obscurité un être vivant. C’était une petite fille d’environ six ans qui gisait là, malade de la rougeole, toute tremblante de fièvre, presque nue, à peine couverte d’un vieux haillon de laine ; par les trous de la paillasse sur laquelle elle était couchée, la paille sortait. Un médecin qui nous accompagnait me fit toucher cette paille. Elle était pourrie. La vieille femme, qui était la grand’mère, nous dit qu’elle demeurait là avec sa fille qui est veuve et deux autres enfants qui reviennent à la nuit ; qu’elle et sa fille étaient dentellières ; qu’elles payaient dix-huit sous de loyer par semaine, qu’elles recevaient de la ville tous les cinq jours un pain, et qu’à elles deux elles gagnaient dix sous par jour. À côté du lit, près de l’enfant malade, il y avait un grand tas de cendre qui exhalait une odeur repoussante.

C’est de la cendre de tourbe que ces malheureuses familles ramassent et vendent pour vivre. Au besoin cette cendre leur sert de lit. Telle était cette cave.

Messieurs, six créatures humaines, deux femmes et quatre enfants, vivent là ! Plus loin... -je veux ménager les instants de l’Assemblée, je ne citerai que quelques faits. D’après ceux-là, vous jugerez du reste. Remarquez-le d’ailleurs, messieurs, ces faits ne sont pas des faits choisis exprès, ce sont les premiers faits venus, ceux que le hasard nous a donnés dans une visite qui n’a duré que quelques heures. Ces faits ont au plus haut degré tout le caractère d’une moyenne. Ils sont horribles ; il y en a de plus horribles pourtant, et que je connais ; mais je n’en parlerai pas, car je ne veux citer que ceux que j’ai vus.

Dans une autre cave, cour Ghâ, il y avait quatre enfants seuls. Le père et la mère étaient au travail. L’aînée, une fille de sept ans qui en paraissait cinq, berçait le plus petit qui pleurait. Les deux autres étaient accroupis à côté de la soeur aînée dans une attitude de stupeur. Messieurs, ces quatre enfants dans cette cave, seuls, vêtus de lambeaux, livides, immobiles, silencieux, accablés, une atmosphère fétide, des guenilles séchant sur des cordes, à terre des flaques d’eau produites par le suintement des eaux de la cour le long des murs de la cave, je renonce à vous donner une idée de cette misère ! Ailleurs, rue des Etaques, n° 14, une allée noire où coulait un ruisseau infect nous a conduits dans une cour étroite bordée de masures. Nous sommes entrés au hasard, j’y insiste, dans la première. Il y avait là une femme qui sanglotait.

Cette femme, appelée Eugénie Watteau, a eu deux enfants. L’un est mort à trois mois et demi. L’autre est malade de la maladie de la lymphe dont son frère est mort. Quant à la mère, elle perd la vue. Les conditions spéciales de travail et l’atmosphère malsaine où vivent ces familles malheureuses engendrent des ophtalmies qui produisent des amauroses. Elle est seule au monde avec son enfant. Elle nous a dit en pleurant : si je travaille, je deviendrai aveugle, si je ne travaille pas, nous mourrons de faim.

Tout à côté, dans la masure voisine, au fond d’une chambre sans meubles, un ouvrier filetier, phtisique, homme d’environ trente-cinq ans, était couché sur un grabat. On l’entendait râler du dehors. Vous n’ignorez pas, messieurs, que lorsqu’on ne peut pas prendre les précautions hygiéniques auxquelles l’extrême indigence est forcée de renoncer, certaines industries insalubres, notamment le peignage du lin, développent une certaine espèce de phtisie.

Au-dessus de l’ouvrier malade, au premier étage, car il n’y a pas de solution de continuité, toutes ces douleurs se touchent, pas un anneau ne manque à cette chaîne de misère qui pèse sur ces populations accablées, nous avons trouvé une femme veuve. Cette femme est épileptique. Elle fait de la dentelle et gagne trois sous par jour. Elle a trois petits enfants. L’aîné gagne quinze sous par semaine, le second ne travaille pas encore, l’autre, qui est une fille, est affligée, nous dit la mère, ce qui signifie scrofuleuse. Ils couchent tous les quatre, la mère et les enfants, sur une paillasse qui est là. Ils n’ont ni draps, ni couvertures. Ils ne font jamais de feu. J’ai demandé à cette veuve : De quoi vivez-vous ? Elle m’a répondu : - Quand nous avons du pain, nous mangeons.

Je m’arrête, messieurs, je ne veux pas multiplier, à moins que des contradictions imprudentes ne m’y forcent, ces douloureux détails. Représentez-vous pourtant des rues, des rues entières où l’on rencontre à chaque pas de ces spectacles-là, où palpite partout, sous toutes les formes, la détresse la plus lamentable. Nous ne sommes restés qu’un jour à Lille, mes compagnons de route et moi ; nous avons été devant nous au hasard, je le ré-pète, dans ces quartiers malheureux ; nous sommes entrés dans les premières maisons venues. Eh bien ! nous n’avons pas entr’ouvert une porte sans trouver derrière cette porte une misère, quelquefois une agonie.

Figurez-vous ces caves dont rien de ce que je vous ai dit ne peut vous donner l’idée ; figu-rez-vous ces cours qu’ils appellent des courettes, resserrées entre de hautes masures, sombres, humides, glaciales, méphitiques, pleines de miasmes stagnants, encombrées d’immondices, les fosses d’aisance à côté des puits ! Hé mon Dieu ! ce n’est pas le moment de chercher des délicatesses de langage ! Figurez-vous ces maisons, ces masures habitées du haut en bas, jusque sous terre, les eaux croupissantes filtrant à travers les pavés dans ces tanières où il y a des créatures humaines. Quelquefois jusqu’à dix familles dans une masure, jusqu’à dix personnes dans une chambre, jusqu’à cinq ou six dans un lit, les âges et les sexes mêlés, les greniers aussi hideux que les caves, des galetas où il entre assez de froid pour grelotter et pas assez d’air pour respirer !

Je demandais à une femme de la rue du Bois-Saint- Sauveur : pourquoi n’ouvrez-vous pas les fenêtres ? - elle m’a répondu : - parce que les châssis sont pourris et qu’ils nous resteraient dans les mains. - J’ai insisté : - vous ne les ouvrez donc jamais ? - Jamais, monsieur !

Figurez-vous la population maladive et étiolée, des spectres au seuil des portes, la virilité retardée, la décrépitude précoce, des adolescents qu’on prend pour des enfants, de jeunes mères qu’on prend pour de vieilles femmes, les scrofules, le rachis, l’ophtalmie, l’idiotisme, une indigence inouïe, des haillons partout, on m’a montré comme une curiosité une femme qui avait des boucles d’oreilles d’argent !

Et au milieu de tout cela le travail sans relâche, le travail acharné, pas assez d’heures de sommeil, le travail de l’homme, le travail de la femme, le travail de l’âge mûr, le travail de la vieillesse, le travail de l’enfance, le travail de l’infirme, et souvent pas de pain, et souvent pas de feu, et cette femme aveugle, entre ses deux enfants dont l’un est mort et l’autre va mourir, et ce filetier phtisique agonisant, et cette mère épileptique qui a trois enfants et qui gagne trois sous par jour ! Figurez-vous tout cela, et si vous vous récriez, et si vous doutez, et si vous niez... Ah ! vous niez ! Eh bien, dérangez-vous quelques heures, venez avec nous, incrédules ! et nous vous ferons voir de vos yeux, toucher de vos mains les plaies, les plaies saignantes de ce Christ qu’on appelle le peuple !

Ah ! messieurs ! je ne fais injure au coeur de personne, si ceux qui s’irritent à mes paroles en ce moment avaient vu ce que j’ai vu, s’ils avaient vu comme moi de malheureux enfants vêtus de guenilles mouillées qui ne sèchent pas de tout l’hiver, d’autres qui ont toujours envie de dormir parce que, pour gagner leurs trois ou quatre misérables sous par jour, on les arrache de trop bonne heure à leur sommeil, d’autres qui ont toujours faim et qui, s’ils trouvent dans la rue, dans la boue, des feuilles vertes, les essuient et les man-gent, s’ils avaient vu les pères et les mères de ces pauvres petits êtres, qui souffrent bien plus encore, car ils souffrent dans eux-mêmes et dans leurs enfants, s’ils avaient vu cela comme moi, ils auraient le coeur serré comme je l’ai en ce moment, et, j’en suis sûr, et je leur fais cet honneur d’en être sûr, loin de m’interrompre, ils me soutiendraient, et ils me crieraient : courage ! parlez pour les pauvres ! Car, eh mon Dieu ! pourquoi vous méprenez-vous ? parler pour les pauvres, ce n’est pas parler contre les riches ! À quelque opinion qu’on appartienne, est-ce que ce n’est pas votre avis à tous ? on n’a plus de passions politiques en présence de ceux qui souffrent ! et on ne se sent plus au fond de soi qu’un coeur qui souffre avec eux et une âme qui prie pour eux !

Messieurs, allez à Rouen, allez à Lyon, à Reims, à Amiens, à Tourcoing, à Roubaix, visitez ici, à Paris, visitez à fond nos faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marceau, vous y constaterez des faits pareils à ceux que je vous ai signalés, des faits pires ! Sortez des villes, explorez les campagnes, là encore, comme vous l’a dit notre honorable collègue M. Arago, d’inexprimables dénuements se dresseront devant vous, et vous ne trouverez qu’une chose à comparer aux détresses industrielles, ce sont les détresses agricoles.

Messieurs, on est venu plus d’une fois jeter le cri d’alarme dans cette Assemblée. On vous a dit, comme je viens de le faire, mais à un point de vue autre que le mien, au point de vue du passé, tandis que je me place, moi, au point de vue de l’avenir, on vous a dit que le mal croissait, que le flot montait, que le danger social grandissait d’instant en instant. On a signalé à vos sévérités les plus implacables de grands conspirateurs, de grands coupables, l’esprit de scepticisme, l’esprit de doute, l’esprit d’examen. Eh bien ! Moi aussi, je viens faire ma dénonciation à cette tribune. Messieurs, je vous dénonce la misère ! Je vous dénonce la misère, qui est le fléau d’une classe et le péril de toutes ! Je vous dénonce la misère qui n’est pas seulement la souffrance de l’individu, qui est la ruine de la société, la misère qui a fait les jacqueries, qui a fait Buzancais, qui a fait juin 1848 ! Je vous dénonce la misère, cette longue agonie du pauvre qui se termine par la mort du riche !

Législateurs, la misère est la plus implacable ennemie des lois ! Poursuivez-la, frappez-la, détruisez-la ! Car, je ne me lasserai jamais de le redire, on peut la détruire ! la misère n’est pas éternelle ! Non ! je le répète en dépit des murmures, non, elle n’est pas éternelle ! il est dans sa loi de décroître et de disparaître. La misère, comme l’ignorance, est une nuit, et à toute nuit doit succéder le jour. La force des choses, qui est le travail d’en haut, tend à détruire la misère. Eh bien ! à la force des choses, ajoutons l’effort des hommes, à l’action providentielle, unissons l’action sociale, et nous triompherons...

Messieurs, la situation presse, hâtez-vous, avisez ! nous vous adjurons au nom des périls publics. Ah ! songez-y, quand les temps sont proches, quand l’heure est venue, quand la mesure est comble, savez-vous ce qu’il y a de plus éloquent, ce qu’il y a de plus irrésistible, ce qu’il y a de plus terrible pour commencer les révolutions, ce n’est pas M. Thiers signant la protestation des journalistes de 1830, ce n’est pas M. Odilon Barrot agitant les banquets de 1847, ce n’est pas Chateaubriand, ce n’est pas Lamartine, ce n’est pas même Mirabeau, ce n’est pas même Danton, c’est un enfant qui crie à sa mère : j’ai faim !

(…) Messieurs, quand nous sommes allés à Lille, mes honorables compagnons de voyage et moi, la loi des logements insalubres y avaient passé (1) ; voici ce qu’elle avait laissé derrière elle, voici ce que nous avons trouvé :

Figurez-vous ces caves dont rien de ce que je vous ai dit ne peut vous donner l’idée ; figurez-vous ces cours qu’ils appellent des courettes, resserrées entre de hautes masures, sombres, humides, glaciales, méphitiques, pleines de miasmes stagnants, encombrées d’immondices, les fosses d’aisance à côté des puits !

Hé mon Dieu ! ce n’est pas le moment de chercher des délicatesses de langage !

Figurez-vous ces maisons, ces masures habitées du haut en bas, jusque sous terre, les eaux croupissantes filtrant à travers les pavés dans ces tanières où il y a des créatures humaines.

Quelquefois jusqu’à dix familles dans une masure, jusqu’à dix personnes dans une chambre, jusqu’à cinq ou six dans un lit, les âges et les sexes mêlés, les greniers aussi hideux que les caves, des galetas où il entre assez de froid pour grelotter et pas assez d’air pour respirer !

Je demandais à une femme de la rue du Bois-Saint-Sauveur : pourquoi n’ouvrez-vous pas les fenêtres ? - elle m’a répondu : - parce que les châssis sont pourris et qu’ils nous resteraient dans les mains. J’ai insisté : - vous ne les ouvrez-donc jamais ? - Jamais, monsieur !

Figurez-vous la population maladive et étiolée, des spectres au seuil des portes, la virilité retardée, la décrépitude précoce, des adolescents qu’on prend pour des enfants, de jeunes mères qu’on prend pour de vieilles femmes, les scrofules, le rachis, l’ophtalmie, l’idiotisme, une indigence inouïe, des haillons partout, on m’a montré comme une curiosité une femme qui avait des boucles d’oreilles d’argent !

Et au milieu de tout cela le travail sans relâche, le travail acharné, pas assez d’heures de sommeil, le travail de l’homme, le travail de la femme, le travail de l’âge mûr, le travail de la vieillesse, le travail de l’enfance, le travail de l’infirme, et souvent pas de pain et souvent pas de feu, et cette femme aveugle, entre ses deux enfants dont l’un est mort et l’autre va mourir, et ce filetier (2) phtisique (3) agonisant, et cette mère épileptique qui a trois enfants et qui gagne trois sous par jour !

Figurez-vous tout cela et si vous vous récriez, et si vous doutez, et si vous niez… Ah ! vous niez ! Eh bien, dérangez-vous quelques heures, venez avec nous, incrédules et nous vous ferons voir de vos yeux, toucher de vos mains, les plaies, les plaies saignantes de ce Christ qu’on appelle le peuple ! /.../

Car, eh mon Dieu ! pourquoi vous méprenez-vous ? Parler pour les pauvres, ce n’est pas parler contre les riches ! A quelque opinion qu’on appartienne, est-ce que ce n’est pas votre avis à tous ? /.../

Messieurs, on est venu plus d’une fois jeter le cri d’alarme dans cette Assemblée. On vous a dit, comme je viens de le faire, mais à un point de vue autre que le mien, au point de vue du passé, tandis que je me place, moi, au point de vue de l’avenir, on vous a dit que le mal croissait, que le flot montait, que le danger social grandissait d’instant en instant. /.../

Eh bien ! moi aussi, je viens faire ma dénonciation à cette tribune.

Messieurs, je vous dénonce la misère qui n’est pas seulement la souffrance de l’individu, qui est la ruine de la société, la misère qui a fait les jacqueries (4), qui a fait Buzançais (5), qui a fait juin 1848 (6) !

Je vous dénonce la misère, cette longue agonie du pauvre qui se termine par la mort du riche !

Législateurs, la misère est la plus implacable ennemie des lois ! Poursuivez-la, frappez-la, détruisez-la !

(1) La loi de 1850 résulte d’une longue bataille menée par les partisans des mesures sociales que les Républicains s’étaient engagés à prendre en 1848. Cependant, sa portée s’est révélée limitée, la définition de l’insalubrité restant peu précise.

(2) Filetier : ouvrier travaillant dans une manufacture de fil.

(3) Phtisique : tuberculeux.

(4) Jacquerie : émeute paysanne.

(5) Des émeutes de la faim ont eu lieu à Buzançais, dans l’Indre, en 1847. Deux riches propriétaires, connus comme des accapareurs de grains, ont été tués par la foule. En représailles, cinq personnes ont été exécutées.

(6) Juin 1848 : après la fermeture des Ateliers nationaux, des insurrections populaires éclatent à Paris. Le général Cavaignac fait tirer sur la foule.


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