François Béranger - Mamadou m’a dit

mardi 7 mars 2017.
 

A) Mamadou m’a dit interprété par François Béranger (vidéo)

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B) Poèmes et chansons contre le racisme

Cliquer sur le titre B ci-dessus pour retrouver des chansons et poèmes de Pierre Perret, Henri Tachan, Lény Escudéro, Jacques Prévert, Tahar Ben Jelloun, Pierre Vassiliu...

C) Mamadou m’a dit (paroles)

Mamadou m’a dit, Mamadou m’a dit :

"On a pressé le citron, on peut jeter la peau."

Mamadou m’a dit, Mamadou m’a dit :

"On a pressé le citron, on peut jeter la peau."

*

Les citrons, c’est les négros,

Tous les bronzés d’Afrique,

Sénégal, Mauritanie,

Haute-Volta, Togo, Mali,

Côte d’Ivoire et Guinée,

Benin, Maroc, Algérie,

Cameroun et tutti quanti,

Cameroun et tutti quanti.

*

Les colons sont partis

Avec des flonflons,

Des discours solennels,

Des bénédictions.

Chaque peuple, c’est normal,

Dispose de lui-même

Et doit s’épanouir

Dans l’harmonie.

Une fois qu’on l’a saigné

Aux quatre veines,

Qu’on l’a bien ratissé

Et qu’on lui a tout pris.

REFRAIN

Les colons sont partis.

Ils ont mis à leur place

Une nouvelle élite

De noirs bien blanchis.

*

Le monde blanc rigole.

Les nouveaux, c’est bizarre.

Sont pire que les anciens.

C’est sûrement un hasard.

Le monde blanc rigole

Quand un petit sergent

Se fait sacrer Empereur

Avec mille glorioles.

Après tout, c’est pas grave.

Du moment que terres

Produisent pour les blancs

Ce qui est nécessaire.

Le coton, l’arachide,

Le sucre, le cacao

Remplissent les bateaux,

Saturent les entrepôts.

REFRAIN

Après tout, c’est pas grave.

Les colons sont partis.

Que l’Afrique se démerde.

Que les paysans crèvent.

Les colons sont partis

Avec, dans leur bagages,

Quelques bateaux d’esclaves

Pour pas perdre la main

*

Quelques bateaux d’esclaves

Pour balayer les rues.

Ils se ressemblent tous

Avec leur passe-montagnes.

Ils ont froid à la peau

Et encore plus au coeur.

Là-bas, c’est la famine

Et ici, la misère

Et comme il faut parfois

Manger et puis dormir

Dans des foyers taudis,

On vit dans le sordide.

REFRAIN

Et puis un jour, la crise

Nous envahit aussi

Qu’on les renvoie chez eux.

Ils seront plus heureux

Qu’on leur donne un pourboire.

Faut être libéral

Et, quant à ceux qui râlent,

Un bon coup de pied au cul.

*

Vous comprenez, Monsieur,

C’est quand même pas normal.

Ils nous bouffent notre pain.

Ils reluquent nos femmes.

Qu’ils retournent faire les singes,

Les singes dans leur cocotiers,

Tous nos bons nègres à nous

Qu’on a si bien soignés

Et puis, ce qui est certain,

C’est qu’un rien les amuse.

Ils sont toujours à rire.

Ce sont de vrais gamins.


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