Un vent d’espoir et de changement souffle en Grèce

vendredi 6 février 2015.
 

SYRIZA, coalition de 19 partis ou associations anti-austérité, accède aux responsabilités de son pays grâce à la volonté du peuple grec usé, affamé et martyrisé par les nombreux plans d’austérité successifs que la troïka lui a fait subir ; peuple affaibli mais pas résigné !

Alexiq Tsipras est conscient de ses responsabilités, il sait que le bras de fer avec la troïka ne fait que commencer. Ecrasé par une dette vertigineuse, son pays a droit à une réduction de peine. Pourquoi ? D’abord et peu de gens le savent, le capital emprunté est déjà remboursé, seuls courent les intérêts de cette dette illégitime. Ensuite, chose inconcevable, la France et l’Allemagne encaissent des intérêts sur ces intérêts, donc sur une dette fabriquée de toute pièce qui pèse comme une chape de plomb sur le peuple grec et dilapide ses avoirs et richesses !

Au-delà de la victoire de la gauche radicale en Grèce, c’est un vent d’espoir pour toute l’Europe. Les peuples européens souffrent, depuis trop longtemps, de cette austérité mortifère qui ne sert que la finance et les organismes bancaires (banques nationales et privées) qui font, contre l’intérêt de leurs propres nations, la pluie et le beau temps. Et elles ne sont pas seules à profiter de ce système inhumain, destructeur de droits et acquis sociaux comme de nos libertés.

L’Allemagne a un besoin crucial d’un euro fort et de dividendes élevés pour rémunérer les retraites constituées par capitalisation. Angela Merkel n’a pas l’intention de desserrer l’étau, bien au contraire ; ce serait suicidaire politiquement car son vieillissant électorat ne le lui pardonnerait pas.

Quoique certains « experts » en disent, A. Tsipras n’a, ni l’intention de sortir de la zone Euro, ni l’intention de rejeter la monnaie unique. Ces principes bousculent les barons de l’establishment européen. Combien cela leur aurait été facile de persifler et d’asséner un coup fatal à ces grecs révolutionnaires désobéissants ! Mais voilà, sa volonté de renégocier la dette est légitime, vu les éléments cités plus haut. Il en a d’autant les moyens que 168 Milliards € « dorment » dans les coffres forts allemands, montant de la dette – bien réelle celle-là – contractée par l’Allemagne nazie quand elle occupait la Grèce durant la seconde guerre mondiale, lui faisant payer cette occupation. Merkel n’aura d’autres choix que de payer ou de discuter !

La cure austéritaire indispensable, tant vantée, prônée par les droites et sociaux-démocrates européens, vient d’encaisser un premier coup dur. Cette brèche va fragiliser l’UE, non pas dans sa représentativité puisque, réunis droite et sociaux-démocrates sont largement majoritaires depuis les dernières élections européennes, mais de par les réorientations économiques qu’elle va induire de fait, même s’ils s’en défendront pour sauver la face.

La bourrasque grecque a des chances de se transformer en tempête avec les élections en Espagne en fin d’année. En effet, PODEMOS, le parti anti-austérité, et ses partenaires d’Izquierda Unida peuvent remporter les législatives. Pablo Manuel Iglesias Turrión, leur chef de file, espère bien faire le même coup dans son pays. Et l’Espagne, ce n’est pas la Grèce ! Son poids au sein de l’UE compte davantage et l’arrivée au pouvoir d’une gauche anti-austérité dans ce pays pourrait faire voler en éclat la politique désastreuse de la troïka.

La réaction des marchés ne s’est pas fait attendre, l’euro a chuté sur les marchés asiatiques. La monnaie unique a atteint son plus bas niveau face au dollar depuis plus de onze ans ! Elle s’est affichée ponctuellement à 1,1098 dollar, plus faible cours depuis septembre 2003. La crainte des spéculateurs de voir leurs objectifs revus à la baisse affole le monde de la finance. La relance du secteur public et des salaires en Grèce, proposition phare du programme de Syriza, est pourtant une nécessité. C’est à ce niveau que l’on peut mieux comprendre l’opposition entre l’intérêt commun et privé.

Les forces politiques anti-austérité françaises se sont, bien évidemment, réjouies de ce résultat. Il en appelle d’autres partout en Europe. Le rouleau compresseur de l’austérité subit les premiers grippages de ses rouages. Et si, pour l’instant, en France un tel score semble prématuré aux élections départementales de mars, rien n’interdit d’espérer aux régionales de 2016 une forte poussée de la gauche radicale.

Elle sera conditionnée à un inévitable travail de terrain, où le peuple sera associé au processus d’élaboration politique, tant dans la rédaction du contenu programmatique que le choix de ses candidat-e-s. Condition sine qua non pour asseoir populairement une alternative politique crédible, écologiste, sociale, et solidaire.

Me Merke, Ms Junker et Draghi en font déjà des cauchemars !


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