Les Le Pen défendent la France en planquant leur argent en Suisse (JL Mélenchon, Corbière, Huma)

lundi 4 mai 2015.
 

C) Le magot des Le Pen : têtes basses, mains sales (Jean-Luc Mélenchon)

Les révélations de « Médiapart » sur la fortune cachée de la famille Le Pen donne un résultat remarquable. Elle montre que cette famille est complètement insérée dans la face la plus sale du système. Il ne reste rien du discours « tête haute mains propres » ! Mon ami Corbières dissèque bien l’affaire. C’est donc un formidable point d’appui pour notre travail de démystification, pour notre combat contre l’influence de cette famille et de son parti. Pour ma part, je me félicite d’avoir mérité une assignation à procès en diffamation par monsieur Le Pen parce que je lui avais reproché d’avoir fraudé le fisc dans un post de ce blog. Marine le Pen avait, elle, assigné mon ami François Delapierre parce qu’il avait repris l’information que l’homme qui avait organisé la fraude du ministre PS Cahuzac était un très proche d’elle. L’audience au tribunal sera passionnante à suivre dorénavant !

Mais nous devons nous aussi penser à ce que tout cela nous apprend sans le dire. Comment se fait-il que des mois « d’enquêtes » du journal « le Monde » fouillant pourtant tous les aspects du lepénisme n’ait jamais approché ni de près ni de loin le sujet ? Est-ce que cela à un rapport avec la complaisance remarquée de ce journal pour « la famille » ? La question mérite d’être posée. Car il y a des précédents. On se souvient que dans l’affaire Cahuzac, déjà soulevée par « Médiapart », alors très seul, les mêmes enquêteurs zélés avaient attendu les aveux de Cahuzac pour soudain « révéler » la participation de très proches de Marine le Pen dans l’organisation de la fraude fiscale du ministre PS. Or, à l’évidence, les rédacteurs ne pouvaient l’avoir découvert dans les 48 heures… Et là ?

Ajoutons ceci. Le moment venu, nous développerons considérablement Tracfin et les moyens qui lui sont nécessaires. Mais aujourd’hui, sans nier si peu que ce soit les talents prouvés de Tracfin à fouiller en profondeur, on ne peut ignorer comment ces choses cachées viennent à jour. Le processus doit souvent beaucoup aux informations venues de l’intérieur. C’est-à-dire du réseau le plus proche de ces maniements d’argent, de lingots et ainsi de suite. En tous cas, ceux qui ont donné ces infos à Médiapart ont choisi leur média. Ce choix est instructif. Ce fut Médiapart parce qu’une garantie éthique existait que l’affaire serait sortie et suivie. Les autres supports ne leur ont pas paru fiables. Cela donne à penser, non ? D’autant que de telles informations surgissant juste après le bras de fer entre fille et père peuvent laisser penser que ceci a un rapport avec cela. Ceux qui voulaient plomber Le Pen savaient-ils que ce type d’informations ne passerait pas la barre de l’auto-censure ailleurs, compte tenu des sympathies déjà existantes ? Enfin il reste à examiner dans quelle proportion tout ceci ne va pas aider les uns à blanchir moralement les autres. Autrement dit, démasquer Le Pen père va-t-il être une nouvelle occasion de souligner les qualités de Le Pen fille ? A suivre dans la presse « bienpensante ».

De nombreuses autres questions sont soulevées plus largement par la découverte du magot des Le Pen. Comment tout cela a-t-il pu durer tant d’années sans que nul ne s’en rende compte ni n’en sache rien ? Pourtant, cette famille est au centre de toutes les polémiques depuis tant de temps ? Y a-t-il eu quelque part un intérêt à laisser faire les Le Pen, compte tenu des services politiques rendus par la famille. Le Pen n’est-il pas par essence « le diable de confort » pour capter la colère et fortifier le deuxième tour de scrutin au profit des partis du système ?

En réfléchissant à ce que l’on nous dit de la nature du magot des Le Pen, on devine ce qu’il doit en être de tous les autres et de la participation active des banques à ce système maffieux de vol du bien public par dissimulation fiscale. Selon une étude du « Journal Of Economic Perspectives » rapportée par le quotidien « Les Échos », 8% de la richesse mondiale, soit 7.600 milliards de dollars, sont cachés dans les paradis fiscaux. Les européens sont les premiers voyous. Ils ont placé 2.600 milliards de dollars dans les paradis fiscaux. Après eux viennent les contribuables asiatiques avec 1.300 milliards, juste devant les nord-américains et leur 1.200 milliards dissimulés. Les « particuliers » des pays du Golfe arrivent ensuite avec, à eux seuls, 700 milliards. On estime à «  190 milliards  » par an la perte de recettes fiscales par les États, au profit «  quasi exclusif  » des personnes contribuables les plus fortunés. Cela dure depuis des années. Personne ne peut l’ignorer. Pourquoi cela dure-t-il ? Le système de la dissimulation fiscale n’est-il pas en politique une arme de chantage massif ? Le silence sur les turpitudes des Le Pen en dit long sur le sujet.

B) Argent caché en Suisse et famille Le Pen : mains sales et têtes folles (Alexis Corbière)

Source : http://www.alexis-corbiere.com/

Le Président d’Honneur aurait un compte en Suisse nous dit Médiapart. Merci de l’enquête fouillée que nous attendions tous, mais fondamentalement bonjour le scoop ! En novembre 2013, Jean-Marie Le Pen avait porté plainte contre Jean-Luc Mélenchon après publication d’un billet sur son blog portant pour titre « Le FN ami de la finance ». Manifestement, il n’avait pas apprécié de lire toute une série de vérités à commencer par le fait que, comme l’écrit Jean-Luc :« Loin d’affronter l’oligarchie financière, la famille Le Pen en applique les méthodes. C’est un proche conseiller de Marine Le Pen qui a ouvert le compte en Suisse de Jérôme Cahuzac. Et Jean-Marie Le Pen a été condamné pour fraude fiscale. Ces pratiques sont aussi cohérentes avec les orientations du programme du FN en faveur de la finance. » Furieux, le vieux chef de l’extrême droite avait voulu étouffer qu’on lui rappela ses amours helvétiques pour dissimuler l’argent qu’il doit légitimement à la collectivité. Marine Le Pen s’était montré solidaire de son paternel dans cette attaque pour amener Jean-Luc Mélenchon devant un tribunal.

Pire même, prenant exemple, en février 2014, Marine Le Pen elle même, attaquait en justice mon camarade François Delapierre car, dans un article du Parisien, il avait fait le lien évident entre l’entourage de cette dernière et les proches amis de M. Jérome Cahuzac qui avaient aidé l’ex Ministre du Budget, spécialiste du cheveu (coupé en quatre ou non), pour, lui aussi, planquer son argent chez les helvètes.

Depuis fin 2013 et début 2014, ces deux plaintes courent toujours contre mes camarades. Raquel Garrido, notre avocate, elle même d’ailleurs attaquée en justice par Marine Le Pen (ce qui est, déontologiquement, assez inédit) préparait une défense de façon méticuleuse.

Mais désormais, si procès il y a, on va bien rire.

Au bal des faux culs, les Le Pen ne seront pas à l’orchestre

marine-et-jean-marie-le-pen-2_m.jpgLe journal Médiapart a donc annoncé que le cellule de renseignements financiers Tracfin, a fait un signalement à la justice à propos d’un compte en banque en Suisse détenu par Jean-Marie Le Pen et caché chez HSBC puis à la Compagnie bancaire helvétique (CBH). Depuis l’argent serait partie vers des paradis fiscaux notamment aux Bahamas. Une enquête est donc ouverte. Tant mieux. Il est tout de même regrettable que tout ceci se déclenche après une longue séance électorale durant laquelle il eut été utile que toutes les faces sombres du FN soient connues. Les faits sont graves, s’ils sont avérés le fondateur du FN serait un délinquant financier.

Mais qui cela étonne-il vraiment ?

Au Front National on est officiellement gêné et beaucoup font mine d’être surpris avec une hypocrisie confondante. En coulisse, nul doute que cela n’étonne pas grand monde et cette révélation du Médiapart peut même être une des clefs d’explication de ce pour quoi Marine Le Pen cherche à prendre toutes ses distances, médiatiquement parlant, avec son père. Peut être savait-elle que cette nouvelle affaire allait sortir ? Et peut-être ceci, explique-t-il cela ?

Parlons franc, au FN, seuls des « crétins » , pour reprendre un mot cher à la députée FN Marion Maréchal, peuvent sérieusement s’étonner de ce compte en Suisse (ou ailleurs désormais). Cet argent dissimulé n’est qu’une des conséquences troubles dans lesquelles le fondateur du FN a fait fortune. Résumons l’affaire. Dans les années 70, l’héritier des ciments Lambert, militant d’extrême droite, intellectuellement totalement dégénéré et physiquement très malade a, peu de temps avant sa mort, cédé sa fortune à Jean-Marie Le Pen qui lui avait fait miroiter mille promesses totalement folles. Toutefois, l’argent de l’héritier Lambert devait servir à « la cause ». Jean-Marie Le Pen mélangea cette dernière avec ses intérêts personnels et mis dans sa poche personnelle. Ainsi, il assura le confort de sa famille. Ses trois filles vécurent dans le confort du Château de Montretout avec personnels de maison et majordome pour Monsieur. La prétendue fille du peuple est donc une « gosse de riche » dont le papa a acquis sa fortune dans des conditions opaques.

C’est donc de façon totalement parasitaire que ces gens là ont acquis une petite fortune.

Déjà, dans un ouvrage rédigé en 1988, la première épouse de Le Pen racontait...

Vous voulez davantage de précisions ? Pas de problème. Dans un ouvrage rédigé en 1988 et non publié, mais dont certains chapitres furent publié par le site Backchich, la première femme de Jean-Marie Le Pen raconte les choses ainsi, avec forces détails :

« Il serait inconcevable d’écrire sur Jean-Marie Le Pen sans évoquer l’affaire Lambert. (…) Je l’affirme, et l’affirmerai jusqu’à la fin de mes jours, Jean- Marie n’a strictement rien fait pour hériter des Lambert, mère et fils. J’ajouterais qu’il s’est montré envers eux d’une telle désinvolture qu’à l’heure ultime l’héritage aurait très bien pu passer entre d’autres mains… (…)

[Après la mort d’Hubert Lambert, héritier sans enfants des Ciments Lambert, ami du couple Le Pen] Du jour au lendemain, des amis de la veille se retournèrent contre nous. Il y avait Jean Féraudy, il y avait les frères Sidos, dont il convient de dire qu’ils possédaient des testaments de la main d’Hubert Lambert, mais dépourvus de valeur légale, comme ce fut démontré au cours de nombreux procès, tous gagnés par Jean-Marie.

Évidemment, lorsqu’ils apprirent que Jean-Marie Le Pen héritait, ses coreligionnaires se persuadèrent qu’il s’agissait d’un "héritage politique". Chacun traduisait à sa manière et faisait des comptes intéressés. Ceux du Front National étaient dans le ravissement. Ils se voyaient déjà nantis, certains que le parti allait désormais rouler sur l’or.

Jean-Marie précisa dans les meilleurs délais que ce n’était pas un testament politique, mais un testament en faveur de sa famille. Ce fut un beau tollé. Sa cote de popularité tomba en flèche. Jean-Marie alla jusqu’à déclarer publiquement, ce qui écartait encore mieux le caractère hypothétique d’une donation en faveur du Front National : "Le choix des Lambert s’est arrêté définitivement sur nous grâce à la personnalité de Pierrette. Si les Lambert n’avaient pas reconnu en elle des qualités essentielles, si elle n’était pas ce qu’elle est, nous n’aurions peut-être pas hérité". (…)

Par la suite, avec sa malice habituelle, il "noya le poisson" en démontrant que le fisc lui avait tout pris, ou presque. Il oublie délibérément le plus important. L’autre "source d’eau claire", dont apparemment personne ne cherche à savoir si elle est "potable" ou pas. Je veux parler de la Suisse.

Il faut être un rude casse-cou pour narguer le fisc comme le fait Jean-Marie, reprochant à l’administration de l’avoir dépouillé à outrance sur ce fameux héritage Lambert en France, alors que l’essentiel de cet héritage se trouve en Suisse.

Il y est pour la bonne raison que les Lambert, eux aussi souhaitaient échapper au fisc (ils ne sont pas les seuls) et éviter ainsi, par le jeu des « Fondations », d’être assujetti à l’impôt.

Jean-Marie en bénéficiera totalement, ou presque. Il y avait certes les Philippe Lambert, mais un arrangement fut conclu, très heureux pour les deux parties…

Habile comme toujours, Jean-Marie fit tant et si bien qu’il ne laissa apparaître, aux yeux des jaloux et du fisc crédule, que la partie immergée de l’iceberg Lambert. Quand nous fûmes « envoyés en possession » à Saint-Cloud, nous devions découvrir des documents laissant apparaître qu’un trésor gisait en Suisse.

Encore fallait-il le récupérer. Depuis une vingtaine d’années, Jean-Marie usait et abusait des services gracieux d’un brillant avocat, Maître André Guibert, qui réussit l’étonnante performance de gagner trente-trois procès dans l’année contre Philippe Lambert, qui se jugeait injustement dépouillé par le testament. Maître Guibert l’accompagna, nanti du testament l’instituant légataire universel, pour faire valoir ses droits chez MM. Broccard, père et fils, gestionnaires d’une fiduciaire, Grand-Palace à Fribourg, lesquels leur révélèrent l’existence de la « Fondation Saint-Julien ».

Le principe des « fondations » est qu’il libère les héritiers de tous droits successoraux. Pour ce faire, il est nécessaire d’avoir recours à un notaire.

Jean-Marie choisit le plus averti, le plus célèbre de Genève : Maître Zyclounov, qui le remit entre les mains de Pierre Jaccoud (…), homme affable et sympathique. De surcroît fort efficace, il sut régler toutes les péripéties sans encombre et à notre avantage. Le capital de la « Fondation Saint-Julien » était composé de titres et de valeurs, d’actions, qui furent vendues dans d’excellentes conditions par des spécialistes au niveau de quatre milliards de centimes (1977) [environ 20 millions d’euros, ndlr], et le dépôt fut effectué à l’Union des Banques Suisses (…) »

Collard, l’avocat du diable qui veut être dédiabolisé

Aussi, 25 ans plus tard, l’hypocrisie est totale. Après les révélations de Médiapart, feignant la surprise, Marine Le Pen affirme « attendre des explications ». Florian Philippot évoque une « affaire personnelle », comme si au FN, ce qui touche la famille Le Pen et son argent, ne concernait pas l’ensemble de l’organisation. Gilbert Collard, député FN et expert en « langue de con » qu’il pratique avec assiduité depuis longtemps affirme sur I Télé « Moi, a priori, par ma formation, tant qu’un juge ne m’a pas dit que l’infraction existe, je n’ai pas de raison d’y croire ».

C’est donc là que se noue une des dimensions politiques les plus grotesques du nouveau drame familial qui secoue les Le Pen, père, mère, fille, petite fille, gendre et avocat de la famille... Le film « Festen » passerait presque pour une gentille bluette. Car, chez les Le Pen et compagnie, comme pour la famille « tuyau de poêle », toutes les histoires s’emboitent l’une dans l’autre. Plus ridicule encore, certains acteurs paraissent et réapparaissent parfois à des postes différents lors des différents épisodes qui se suivent. Les trahisons se succèdent, les vestes se retournent, et les adversaires d’hier se rallient avec opportunisme. Car on l’a vu, la première a évoqué l’existence d’un compte en Suisse détenu par Jean-Marie Le Pen est la propre mère de Marine Le Pen, Mme Pierrette Le Pen, à l’occasion en 1987 de son fracassant divorce avec Jean-Marie Le Pen. Plus croustillant, qui avait conseillé à Mme Pierrette Le Pen de faire cette révélation à la presse ? Réponse : Me Gilbert Collard, à l’époque avocat de Mme Le Pen mère contre Le Pen père. Et c’est à cette occasion, selon qu’ils en disent eux mêmes publiquement, que Marine Le Pen et Gilbert Collard se lièrent d’amitié et devinrent complices, ce qui en dit long sur le fait que la fille ne faisait en réalité pas reproche à sa mère (et son avocat) sur les « révélations publiques » de l’existence de ce compte en Suisse

A) Les Le Pen "pris la main dans le compte en Suisse"

Source : http://www.humanite.fr/le-voile-de-...

Le voile de Maya, qui (chez les hindous) est celui de l’illusion, va-t-il enfin se lever sur le clan familial du château de Montretout et ce qu’il voudrait cacher, que confirmerait un document signé par le majordome de Jean-Marie Le Pen sur un compte en Suisse de 2,2 millions d’euros, dont 1,7 million en lingots d’or  ?

Voilà maintenant des années que le FN, formé au départ d’une bande de nostalgiques factieux, d’activistes de l’Algérie française, de révisionnistes avérés, de racistes et d’antisémites pathologiques, s’est couvert des apparences de la défense des intérêts populaires au nom de la priorité nationale. Non sans le même succès qu’un bon numéro de prestidigitateur devant un public bluffé. Que vont nous dire maintenant M. Philippot, Mme Le Pen ou encore Mme Maréchal-la-voilà  ? Que le père et grand-père avait planqué son argent comme l’avare de Molière sa cassette et qu’ils étaient bien en peine de savoir ce qu’il y avait dedans, qu’ils ignoraient tout de ce compte et croyaient même son détenteur dans le besoin (ou presque, n’exagérons pas).

Tout juste s’ils le connaissent, cet homme. Allons donc, tout comme ils prennent les Français pour des gogos à manipuler en faisant mine de découvrir les propos du président d’honneur du FN sur les chambres à gaz ou sur Pétain, ils ne vont tout de même pas, une fois encore, une fois de plus, nous jouer le numéro du reniement de façade. Il est d’ailleurs piquant de noter que le majordome de M. Le Pen est aussi le trésorier des associations de financement du FN, placées sous l’autorité conjointe de Mme Le Pen et de son papa. Voilà donc les apôtres de la priorité nationale, qui n’est autre qu’une politique de ségrégation à l’intérieur d’un État, la main dans le compte en Suisse. Ce n’est pas vraiment une nouveauté. Il y a déjà belle lurette que l’on sait que les Le Pen ne vivent pas dans une HLM et ne connaissent des milieux populaires que ce qu’il en faut pour tenter de les duper. Mais quand le voile se lève, il ne faut pas faire semblant de ne pas voir.


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