COP 21 Paris 2015 : Un COuP de plus pour rien ?

lundi 8 août 2016.
 

Alors que les changements climatiques, liés aux bouleversements dus aux « errements » humains dans son évolution s’intensifient et sont de plus en plus visibles, il est un fait que le devenir même de l’ensemble des espèces vivantes est menacé.

La nécessité d’une réelle transition énergétique n’est plus un voeu pieux mais une réalité incontournable dont les responsables politiques, financiers et économiques devraient, doivent, s’emparer au plus vite.

Explications :

-> La consommation mondiale d’énergie représente 390 tonnes d’équivalent pétrole (tep) chaque seconde, soit 12,274 Millions de tonnes d’équivalent pétrole Mtep) par an (+ 2,5% en 2011). Le pétrole reste la source d’énergie numéro 1, et représente 33,1% de la consommation énergétique mondiale, mais c’est la part la plus petite depuis fort longtemps pour le pétrole tandis que la part du charbon atteint 30,3%, un record depuis 1969. Elle pourrait quintupler d’ici 2060 ! Elle a augmenté de plus de 40% entre 1990 et 2008. Les autres estimations place la consommation mondiale d’énergie à 12,2 milliards de tep.

- > La consommation énergétique mondiale va exploser : on estime que les besoins énergétiques mondiaux vont représenter de 570 à 600 hexajoules par an en 2020.

- > Selon une étude de l’AIE (Agence Internationale de l’Energie) la génération d’électricité provenant des renouvelables représentera 25% du mix électrique total en 2018. La croissance de la production atteindra 4% entre 2012 et 2018 à 685TW/h soit +6% par an. Elle a déjà progressé de 8.5% en 2012.

- > Les énergies renouvelables, l’hydroélectricité en tête de file, représentent 8% du mix électrique (contre 2% à 4% entre 2006 et 2011). L’étude de l’AIE prévoit une augmentation de cette part à 11% en 2018.

- > Les experts ont élaboré 3 prévisions pour estimer la croissance de la consommation énergétique mondiale. Les besoins vont au moins doubler et pourrait même quadrupler. C’est ainsi que la zone Asie-Pacifique absorbe aujourd’hui plus de 30% de la consommation mondiale contre moins de 20% au début des années soixante-dix. Corrélativement, le poids relatif des régions développées diminue (USA de 28 à 20%, Union Européenne de 19 à 15%).

- > Les experts tablent sur une croissance moyenne de l’ordre de 1,7% par an pour les prochaines décennies ce qui conduit à prévoir le doublement de la demande mondiale soit une consommation de 20 milliards de tep dans les années 2040 – 2050.

- > Dans la production mondiale d’énergie primaire, 11,2 milliards de tep/an, le pétrole est la source la plus importante avec 35,2% du total.

- > Le gaz et le charbon ont des poids respectifs de 25% et 21% en 2008 (30,3% en 2001). En 2004, + de 80% de la production mondiale d’énergie est basée sur ces 3 combustibles fossiles. Si l’on ajoute que l’électricité nucléaire n’utilise actuellement que la fission de l’Uranium 235, 87,4% de la production mondiale d’énergie primaire est basée sur des ressources non renouvelables (selon certaines sources : 80,4 % de cette production provenait de la combustion d’énergies fossiles. Le reste de la production d’énergie provient du nucléaire et des énergies renouvelables (bois de chauffage, hydroélectricité, éolien, agrocarburants,...).

- > Les ressources ou réserves énergétiques mondiales - conventionnelles et prouvées - d’énergies non renouvelables (fossiles et uranium) pouvaient être estimées en 2008 à 965 milliards de tonne d’équivalent pétrole (tep), soit 85 ans de production actuelle. Cette durée est très variable selon le type d’énergie : 44 ans pour le pétrole conventionnel, 183 ans pour le charbon.

Il devient vital, face à de telles perspectives dont l’échéance est variable selon l’évolution de la consommation mondiale, de prendre des initiatives fortes dans la recherche de nouvelles énergies, de nouveaux modes de production basés sur la demande et non la surenchère de l’offre destructrice de notre écosystème plus que fragile. Les « grands » de notre monde ont le pouvoir de prendre ces orientations :

 De mobiliser les grands laboratoires de recherche, les secteurs de pointe technologiques, les centres d’expertise et de développement en ce sens.

 D’encourager les synergies de ces pôles de compétences dans le but de permettre à l’Humanité de poursuivre son développement, nécessaire, mais basé sur un triptyque environnement protégé/production durable/arrêt de la surconsommation énergétique.

 De contraindre l’ensemble des acteurs politiques, économiques et financiers à réorienter leurs objectifs, non plus sur un unique principe « capitalistique » mais sur un concept socio-écologique répondant aux besoins de la population mondiale et ceux des autres espèces vivantes.

L’homme ne peut se prévaloir, du fait de sa place en haut de l’échelle de l’intelligence sur Terre, de faire tout et n’importe quoi ! La planète n’appartient pas à lui seul, et même, mais aussi aux autres règnes (animal, végétal et minéral) dont il a un indispensable besoin. Ils lui sont nécessaire à son alimentation, à son bien-être et à son enrichissement global. Par exemple, il est urgent, d’interdire la commercialisation du nouveau pesticide tueur d’abeilles qui vient d’obtenir l’accord de la Commission Européenne en violation du droit européen. Il ne peut encore se permettre de défigurer la surface de notre globe, en fouillant son sous/sol à la recherche de nouveaux gisements de pétrole (sous les calottes glaciaires, dans les zones reculées des 5 continents, …). Cette logique ne rime plus à rien si ce n’est de permettre aux lobbies pétroliers de la péninsule arabe, américains mais pas qu’eux, de maintenir leurs marges de dividendes sur le dos de l’Humanité elle-même ! Le système spéculatif boursier est tributaire des valeurs dépendant du pétrole. On voit bien là leur nécessité de maintenir la valeur financière pétrole au plus haut, bien au-delà de sa valeur énergétique pure, contestée et contestable, tout comme le nucléaire d’ailleurs.

Plus que jamais il est urgent de mettre en place un programme politique novateur, radicalement tourné vers la découverte d’énergies durables, non polluantes, afin de répondre aux enjeux de demain tout en refusant les lois mortifères du business et de la finance internationale. Un nouveau recul de prise de décisions hypothéquerait les chances d’offrir un avenir pérenne aux générations futures.

Les listes régionales présentées par les forces de gauche non socialistes sont porteuses de telles initiatives. Elles recueillent un écho très large, bien au-delà de ces « terres » habituelles, malgré le black-out médiatique exercé contre ses candidat-e-s. Il est fort possible que les scores qu’elles obtiendront soient la surprise des scrutins des 6 et 13 décembre prochains. Ce sera bon pour l’humain, bon pour notre planète et tout ce qui vit dessus. Georges


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