Nous ne nous rendrons jamais !

dimanche 3 janvier 2016.
 

Je Nous souhaite en 2016 de ne pas trembler de ne pas désespérer du

bonheur un jour pourtant.

Je Nous souhaite en 2016 de ne pas renoncer

à la révolution, aux grands sentiments,

de rétablir le sens des mots

de renverser l’ordre homicide des choses

de ne jamais accepter l’injustice comme naturelle

de proclamer permanente l’insurrection des consciences

contre le monstre des monstres,

ce capital dégoulinant de sang, de fric, de malheur,

qui pousse la majorité au cannibalisme

*

Je Nous souhaite en 2016 de rester éveillés

de ne pas croire l’aliénation immuable

même si beaucoup s’y résignent par abandon,

et préfèrent lui ressembler au lieu de se rassembler,

se corrompre au lieu de rompre

se taire alors que les bouches ont tant à dire,

renoncer à toute espérance fût-elle désespérée,

abdiquer toute pensée émancipatrice

*

Je Nous souhaite en 2016 de ne pas trembler

de ne pas désespérer du bonheur un jour pourtant

de ne pas s’habituer lâchement au servage

de ne pas imaginer autre chose que le factice

de ne pas vivre que pour l’espace étriqué du soi

de ne pas renoncer à faire monde, à exister avec et pour tous,

à être « autre » en ouvrant cœur et frontières

aux « barbares » qui campent aux portes de nos cités

et qui ne devraient effrayer que les bourgeois

*

Je Nous souhaite en 2016 de revenir aux grandes colères

d’en réinvestir le chant de la lutte des classes

de les mettre au service du « oui » à un monde nouveau

de mépriser ces quelques uns qui carriérisent, qui se servent,

au lieu de servir, avec tendresse et altruisme,

de mettre au diapason le dire et le faire

loin de tout spectacle fétide qui régale le système,

de bannir ceux qui ne sont que baudruches gonflées à la comm.

*

Assez de vivre de miettes, de frustrations, de haines, de peurs,

assez de concurrences fratricides, de compétitions létales,

assez de tout ce qui déshumanise !

*

Entends camarade, même le dos au mur et sous les ruines,

entends ce frémissement, cette pulsation, ce bourgeonnement.

Entends camarade, tant qu’il y aura un/e résistant/e,

le rouge rougeoiera.

Jean Ortiz


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