Le Front antinational et l’évasion fiscale

dimanche 7 mai 2017.
 

- A) FN et Panama Papers Les masques tombent ! (PG)

- B) « Panama papers » : sur la piste du trésor de Jean-Marie Le Pen

- C) « Panama papers » : comment des proches de Marine Le Pen ont sorti de l’argent de France

A) FN et Panama Papers Les masques tombent ! (PG)

L’animateur du programme économique du FN est mis en cause dans les affaires révélées de "Panama Papers" et avec lui, le double jeu du FN visant à détourner l’argent à l’étranger dans les paradis fiscaux.

Après l’affaire en justice du micro parti Jeanne révélant un système de détournement de fonds publics dans le cadre des campagnes électorales du FN, les masques tombent : eux qui se disent “anti-système” sont en réalité des professionnels de la fraude, impliqués dans toutes les magouilles et collusions d’intérêt entre pouvoir politique et financier, gardiens du petit monde de l’oligarchie, dont ils partagent les pratiques.

Avec toujours la même défense des pourris : "nos comptes offshore sont légaux !". Comme les multinationales, ils contournent les lois fiscales et privent ainsi l’État et la sécurité sociale de ressources.

Les ennemis de la patrie républicaine sont pris la main dans le sac ! Leur enfumage électoral et politique à grande échelle ne va plus pouvoir tenir.

Source : https://www.lepartidegauche.fr/comm...

B) « Panama papers » : sur la piste du trésor de Jean-Marie Le Pen

Une société cachée aux îles Vierges britanniques, un compte secret à Guernesey et, à la clé, 2,2 millions d’euros en billets de banque, lingots et pièces d’or sonnantes et trébuchantes. Depuis juin 2015, la justice s’est lancée sur la piste d’un trésor susceptible de conduire à Jean-Marie Le Pen et à sa femme, Jany Le Pen, et a ouvert une enquête pour « blanchiment de fraude fiscale ».

Le parquet national financier soupçonne l’ancien président du Front national de s’être servi de son ancien majordome et homme de confiance, Gérald Gérin, ayant droit officiel de la société offshore Balerton Marketing Limited, pour y dissimuler une partie de sa fortune. Créée dans le secret des Caraïbes en 2000, Balerton Marketing Ltd apparaît bel et bien sur les fichiers de la firme panaméenne de domiciliation de sociétés offshore Mossack Fonseca, et les données auxquelles Le Monde a eu accès révèlent ainsi une opacité parfaitement organisée. Les registres de la firme livrent quelques documents clés : l’acte de naissance de Balerton (le 15 novembre 2000, sur l’île de Tortola, sous le numéro d’immatriculation 416881), le nom de son représentant légal (l’avocat suisse Marc Bonnant) et la mention d’un compte en banque à Guernesey.

Un magot en billets, titres, lingots et pièces d’or

Dans ces fichiers figurent aussi plusieurs documents confidentiels, signés de la main de Me Bonnant. Ils montrent que ce célèbre avocat pénaliste délègue le règlement des factures dues par Balerton à une société suisse spécialisée dans l’offshore, Figest Conseil SA. En 2013, Figest est chargée d’organiser le transfert de Balerton de Mossack Fonseca vers un groupe concurrent, Icaza Gonzalez - Ruiz & Aleman… Un domiciliateur d’entreprises qui est actuellement dans le viseur de la cellule antiblanchiment Tracfin.

Le magot de Balerton se divise en billets (97 000 euros), en titres (pour l’équivalent de 854 000 euros), en lingots (26) et autres pièces d’or. Si le mystère demeure sur le véritable bénéficiaire de ces fonds, les magistrats ont aujourd’hui entre les mains de multiples éléments qui permettent d’établir un lien entre les époux Le Pen et les avoirs détenus par Balerton Marketing Ltd, dont l’existence avait été révélée par Mediapart. Ceux-ci ont été mis au jour par la cellule anti-blanchiment française, Tracfin, qui les a versés au dossier en avril 2015 afin d’éclairer la justice et dont Le Monde a eu connaissance.

Mis bout à bout, ils aboutissent à ce constat, que devront confirmer les magistrats : l’existence d’une confusion de patrimoines et de gestion entre, d’un côté, Gérald Gérin, et, de l’autre, Jean-Marie et Jeanine Le Pen. Dans une note de 23 pages transmise aux juges, les enquêteurs de Tracfin notent : « Il est possible que l’intéressé assume pleinement son rôle d’homme de confiance, jusqu’à intervenir comme prête-nom. » Un emploi du temps troublant

Pour établir ce diagnostic, Tracfin s’est penché sur l’origine des fonds déposés sur le compte en banque de Balerton, depuis que l’ex-majordome de Jean-Marie Le Pen en est devenu l’ayant droit, en 2008, en lieu et place du frère de Jeanine Le Pen, Georges Paschos, premier bénéficiaire de cette société-écran, mort cette année-là.

Or, ce qu’ont trouvé les enquêteurs financiers les a troublés. A commencer par deux virements d’un montant total de 506 000 euros, effectués en septembre 2004 sur le compte de Balerton par la banque suisse Lombard Odier Darier Hentsch & Cie (LODH). L’établissement, justement, qui avait hébergé les fonds issus de la succession du riche cimentier Hubert Lambert, mort en 1976, et dont Jean-Marie Le Pen a été l’héritier controversé. Des transferts de titres provenant de cette même banque ont suivi. De même que de gros achats d’or par Balerton, en 2009, 2010 et 2011.

L’emploi du temps des époux Le Pen a aussi intéressé Tracfin, d’autant que leur présence en Suisse a été repérée aux dates clés de la vie de Balerton. Ainsi, Jeanine Le Pen s’est rendue à Genève le 7 novembre 2008, soit un mois après le décès de son frère ; et Jean-Marie Le Pen y est allé de son côté les 7 et 8 mars 2014. Soit quelques jours à peine avant que le compte en banque de Balerton soit transféré de Guernesey (HSBC) aux Bahamas (Compagnie bancaire helvétique). Gérald Gérin, lui, bien qu’ayant droit de Balerton, ne semble pas être allé en Suisse. Ses comptes bancaires n’en portent en tout cas pas la trace.

La confusion des finances

Au-delà du cas Balerton, l’examen des comptes bancaires personnels de M. Gérin met en lumière une certaine confusion entre ses finances et celles des époux Le Pen. Les enquêteurs y ont ainsi découvert des mouvements « ne semblant pas le concerner », dont, en particulier, des rentrées d’argent annuelles de 135 000 euros en moyenne entre 2010 et 2013. En 2010, l’un de ses comptes personnels a même été crédité de 30 560 euros pour la vente de deux tableaux. Le virement comportait cette mention explicite : « Avance Mme Le Pen ».

S’intéressant aussi aux dépenses de l’ex-majordome, Tracfin a fait d’autres trouvailles. Comme « le maniement par M. Gérin de sommes importantes, sans rapport avec ses revenus officiels », et « la mise à disposition de moyens de paiement rattachés au FN et aux époux Le Pen ». En tant que trésorier officiel de plusieurs associations de financement liées au FN (Cotelec entre avril 2011 et décembre 2013, puis, à compter de cette date, de Promelec), ce proche de Jean-Marie Le Pen semble en effet autorisé à manier d’importantes sommes relevant du Front national. Un parti dont il serait aussi, selon Tracfin, « dépendant financièrement ». Pour preuve, souligne la cellule antiblanchiment, ces trois cartes American Express en sa possession, rattachées à des comptes bancaires ouverts au nom du FN mais aussi des époux Le Pen. M. Gérin a par exemple réglé 558 000 euros avec la carte du parti entre août 2011 et avril 2014.

A la lumière des éléments recueillis, les enquêteurs de Tracfin soulignent que l’« on peut s’interroger sur le degré d’autonomie dont dispose M. Gérin pour les multiples opérations financières qu’il réalise ». Ils concluent par cette formule prudente : « Les comptes de M. Gérin font apparaître, outre un certain nombre de flux atypiques, des liens privilégiés avec Jeanine Le Pen et Jean-Marie Le Pen. » « Les affaires de M. Gérin ne concernent que M. Gérin »

Gérald Gérin se dit indigné. Qu’elles soient judiciaires ou journalistiques, les enquêtes qui lui sont consacrées depuis plus d’un an lui donnent, dit-il, le sentiment de vivre « dans une république pire que celle de Ceaucescu ». « Oui », reconnaît-il, il est bien l’ayant droit du trust Balerton Marketing Ltd. « Non », cet argent « n’a rien à voir avec Jean-Marie Le Pen », contrairement à ce que supposent les juges. « Je n’ai jamais servi de prête-nom pour Jean-Marie Le Pen. C’était pour mes vieux jours, je ne m’en souciais pas. C’est Marc Bonnant qui s’en occupait », a-t-il indiqué au Monde. D’ailleurs, il a entamé une procédure de régularisation auprès du fisc le 26 juin 2015, selon son avocat François Wagner. Si M. Gérin dit tout ignorer des mouvements sur le compte de Balerton antérieurs à novembre 2008, il explique que « les parts de la société lui ont été cédées gratuitement par Georges Paschos » sans pour autant détailler les raisons de cette cession.

Sa ligne de défense est identique à celle de M. Le Pen, qui affirme au Monde que « les affaires de M. Gérin ne concernent que M. Gérin ». S’il reconnaît aller en Suisse chaque année depuis longtemps, il assure que c’était pour se rendre au centre d’amincissement tenu par l’un de ses amis, Christian Cambuzat, décédé en 2010. L’avocat Marc Bonnant a, lui, refusé de répondre à « des questions portant sur ses mandats d’avocat, soumis au secret professionnel ». La société Figest a, pour sa part, fait valoir qu’elle s’était « limitée à des services administratifs ». « Nous ignorons totalement dans quelle banque [la société Balerton] avait un compte, [si cette société a été] transférée aux Bahamas, et qui est ou en serait l’ayant droit… », précisent deux de ses dirigeants, Gerhard Auer et Dolorès Coulon.

Simon Piel Journaliste au Monde

Anne Michel Journaliste au Monde

Source : http://www.lemonde.fr/panama-papers...

C) « Panama papers » : comment des proches de Marine Le Pen ont sorti de l’argent de France (Le Monde)

L’enquête conduite par Le Monde en partenariat avec le Consortium international de journalistes d’investigation (ICIJ) a permis de mettre au jour un système de dissimulation d’avoirs financiers, organisé dans des centres offshore d’Asie et des Caraïbes par le premier cercle de fidèles de la présidente du Front national (FN), au premier rang desquels l’homme d’affaires Frédéric Chatillon et l’expert-comptable Nicolas Crochet.

Tous les deux sont aujourd’hui mis en examen dans le cadre de l’enquête sur le micro-parti de Marine Le Pen et le financement des campagnes présidentielle et législatives de 2012.

Chatillon au cœur du dispositif

Un système offshore sophistiqué a été mis en place entre Hongkong, Singapour, les îles Vierges britanniques et le Panama. Il a été utilisé pour sortir de l’argent de France, au moyen de sociétés écrans et de fausses factures avec la volonté d’échapper aux services antiblanchiment français.

Au centre de cette ingénierie financière off shore : Frédéric Chatillon. Ancien dirigeant du Groupe union défense (GUD), groupuscule étudiant d’extrême droite, il a rencontré Marine Le Pen à l’université de droit d’Assas au début des années 1990. Une amitié solide s’est forgée puisque son entreprise, Riwal, est devenue le principal prestataire du FN pour la communication lors des campagnes électorales et, en 2012, son prestataire exclusif.

Un montage complexe

En 2012, juste après l’élection présidentielle et moins d’un mois avant les élections législatives, Frédéric Chatillon s’organise, avec le concours de Nicolas Crochet, pour faire sortir 316 000 euros de la société Riwal et du territoire français. Il entend réinvestir une partie de cette somme dans la société dirigée par un de ses amis, Pascal Xatart, basée à Singapour, sans avoir à s’expliquer sur l’origine des fonds.

Pour ce faire, un montage complexe est mis sur pied. Première étape en mai 2012 : le patron de Riwal se porte acquéreur, par l’intermédiaire d’une entreprise liée à Riwal et au FN, Unanime France, d’une société écran, joliment baptisée Time Dragon, basée à Hongkong, dont la maison mère est domiciliée à plus de 15 000 km de là, aux îles Vierges britanniques. Time Dragon est une filiale à 100 % de Harson Asia Limited, domiciliée sur l’île de Tortola aux îles Vierges par la firme panaméenne Mossack Fonseca. C’est elle qui effectuera l’investissement final dans la société de l’ami de Frédéric Chatillon à Singapour. Mais encore faut-il que Time Dragon puisse réceptionner les fonds français. Sans attirer l’attention.

C’est là qu’intervient Nicolas Crochet, c’est la seconde étape. Pour brouiller encore davantage les pistes, l’expert-comptable – qui a été chargé du programme économique de Marine Le Pen en 2012 – propose d’utiliser, comme entité de portage, l’une des sociétés offshore hongkongaises de son frère, Sébastien : Ever Harvest Garments Limited. Une société par ailleurs en délicatesse avec le fisc chinois.

Une fausse facture est émise par Ever Harvest à l’attention d’Unanime France, afin de justifier le transfert des fonds de la France vers l’Asie. Cette facture est censée régler la réalisation des sites Internet du Rassemblement Bleu Marine pour les législatives, des prestations bel et bien effectuées mais par un tout autre prestataire qu’Ever Harvest. Il ne reste plus qu’à effectuer un virement du compte bancaire d’Ever Harvest vers celui de Time Dragon. Ce qui est fait.

« Echapper à la pression médiatique »

La troisième étape peut dès lors s’enclencher : Frédéric Chatillon récupère ses fonds à Hongkong. Il les investit dans Giift, la société de son ami Pascal Xatart, en rachetant la part d’un actionnaire luxembourgeois. L’argent voyage à nouveau, cette fois vers sa destination finale, Singapour. L’opération menée à bien, la société écran des îles Vierges est dissoute, en octobre 2014, et Time Dragon, rebaptisée plus platement Unanime Asia.

La correspondance entre les protagonistes de ce théâtre d’ombres offshore, qui se sont appuyés sur une série d’intermédiaires (avocats, consultants…), a été versée au dossier judiciaire de l’enquête sur le financement des campagnes législatives et présidentielle de 2012. Elle ne laisse aucun doute sur le modus operandi et le soin porté au contournement des règles.

Interrogé par Le Monde, Frédéric Chatillon fait valoir qu’« à l’automne 2012, les associés de la société Unanime et moi-même avons décidé d’investir en Asie parce que l’Asie offrait les perspectives de rentabilité les plus attrayantes. Au surplus, nous avons aussi cherché à échapper à la pression médiatique habituelle en France. » Ajoutant, que cet argent n’a aucun lien avec les prestations réalisées lors des campagnes de 2012.

Devant les juges qui l’avaient interrogé lors de l’enquête, M. Chatillon avait indiqué que cette opération avait pour but de rendre service à une amie, une dirigeante de la société Unanime. Une explication peu convaincante, devant la complexité des chemins financiers empruntés. Si les magistrats ont soupçonné un temps que cet argent avait pu in fine retourner au Front national, l’enquête ne l’a pas établi. Contacté par l’intermédiaire de son avocat, M. Crochet, n’a pas donné suite à nos sollicitations.

Simon Piel Journaliste au Monde S

Anne Michel Journaliste au Monde

Source : http://www.lemonde.fr/panama-papers...


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