La fable du nationalisme de Mélenchon

lundi 27 mars 2017.
 

Quand Mélenchon désigne la lune, les médias regardent le doigt.

Mélenchon serait-il nationaliste ?

Introduction : Mélenchon doit faire face a plusieurs lignes de tirs.

Jean-Luc Mélenchon a fait l’objet depuis 2013 de nombreuses attaques provenant essentiellement de "l’extrême gauche" l’accusant de nationalisme ou de chauvinisme.

On est frappé par le peu de précision des termes utilisés mélangeant nationalisme, patriotisme, indépendantisme, souverainisme sans même compter qu’il existe plusieurs formes de nationalisme.

Vouloir faire croire que la conception de la nation de Mélenchon est proche de celle de l’extrême droite relève d’une méconnaissance totale de ses positions et des fondements philosophico– politiques mis en jeu ou relève tout simplement du dénigrement typique d’un certain clanisme..

Nous allons compléter l’article fort intéressant d’Alexis Corbière "NPA : Le retour d’une calomnie indigne contre Jean-Luc Mélenchon" Reproduit sur ce site ici

Jean-Luc Mélenchon a fait une mise au point concernant son intervention au Parlement européen début juillet sur les travailleurs détachés en Europe. Voir ici

En réalité, depuis 2013, Mélenchon est l’objet d’attaques récurrentes l’accusant de nationalisme, l’accusant de défendre une république bourgeoise voire même d’une défense nationale impérialiste.

Ces attaques émanent pour l’essentiel d’organisations classées à l’extrême gauche dont au premier plan le NPA. Mais les médias bourgeois sont aussi actifs dans cette opération de dénigrement.

Je ne ferai pas l’analyse détaillée de chacun de ces articles, ce qui serait inutile et une perte de temps, mais dans un article ultérieur je traiterai l’ensemble des procédés utilisés en les intégrant dans une modélisation plus vaste sur les techniques cognitives conscientes et inconscientes mises en œuvre par des organisations claniques et (ou) sectaires. Cela ne signifie évidemment pas que tous les membres de ces clans soient des imbéciles et ne puissent pas produire ponctuellement un travail intéressant.

Je place en premier les dates des articles par ordre chronologique.

Le lecteur peut être étonné de la longueur de la liste mais celle-ci n’est pas exhaustive ! La multiplicité des groupuscules d’extrême gauche multiplie aussi le nombre de ces attaques.

Le petit front de tir de groupes aux prétentions révolutionnaires sur la thématique "nationalisme" complète ainsi le grand front de tirs médiatique de la grande bourgeoisie qui utilise une panoplie plus vaste, plus variée et plus redoutable.

Comme souvent, les attaques de l’extrême gauche contre Mélenchon sont reprises ou popularisées par les médias grands –bourgeois. Et inversement, les attaques des grands médias peuvent être reprises par les petits médias de l’extrême gauche contre Mélenchon et le PG. Ce sont deux lignes de tirs complémentaires pour neutraliser la progression de la seule force politique sérieuse menaçant les intérêts du Grand Capital.

Ainsi, Mélenchon doit affronter plusieurs lignes de tirs :

- celle des médias, bras armé de la grande bourgeoisie, véhiculant entre autres les salves du PS, de EELV et de la droite et évidemment de tous les "experts" libéraux du Medef et autres ;

- celle de certains apparatchiks du PCF ; celle de la mouvance "révolutionnaire".

Il reste un créneau, une fenêtre de tirs non occupée : celle des socialistes déçus du PS, affligés et autres : c’est Mediapart qui occupe ce créneau, soigneusement masqué.

Autant dire qu’à part le Peuple, on voit mal sur quel support Mélenchon peut s’appuyer. Certes le PG constitue un appui mais celui-ci est fort modeste compte-tenu de la faiblesse du nombre d’adhérents et de ses difficultés à s’organiser efficacement sur tout le territoire. Heureusement il bénéficie aussi de l’appui :

- de dizaines de milliers de sympathisants soutenant son action, non enchaînés par des structures partidaires,

- de nombreux syndicalistes, membres d’associations, intellectuels et mouvements citoyens.

- Les groupes d’appui ont pour rôle de donner une cohérence globale et de coordonner les actions.

La thématique du nationalisme n’est pas très exploitée sur le grand front des médias car faire passer Mélenchon pour un nationaliste risque de lui faire gagner un nombre important de voix dans différentes couches sociales et notamment dans les classes populaires. En effet, un grand nombre de nos concitoyens rejette les institutions européennes et financières internationales imposant un carcan économique et social régressif à notre pays. Il rejette aussi une politique économique de délocalisations industrielles et de mise en concurrence acharnée des travailleurs de tous les pays entre eux et provoquant un dumping fiscal et social permanent.

Mélenchon est évidemment parfaitement conscient de ce contexte économique et politique qui se reflète dans ses discours politiques et interventions médiatiques.

Nous n’aborderons pas dans cet article la notion de république qui peut avoir une déclinaison bourgeoise, sociale ou socialiste. Nous l’aborderons ultérieurement en relation avec celle de la sixième république envisagée par M6R.

Il peut être utile de rappeler que l’usage d’un mot dépend du contexte dans lequel il est utilisé et son interprétation subjective dépend de l’état d’esprit du récepteur.

Prenons un exemple : on pouvait lire dans le journal Le Parisien du 6 mai 2013

"Mélenchon sur Ayrault et l’austérité : la nation "se vide de son sang" (cliquez ici pour accéder à l’article ). http://www.leparisien.fr/flash-actu...

Peut-on déduire d’une telle phrase que Mélenchon est nationaliste ? Qu’il est partisan du droit du sang et non du sol ! ? Évidemment non. Il s’agit ici d’une image mais des esprits tortueux voire délirants n’hésiteront pas à faire une telle "déduction".

Chacun connaît ce proverbe chinois : " quand le sage montre la lune, le sot regarde le doigt". Ce proverbe s’applique lorsque l’on ne retient que la forme et que l’on oublie le contenu.

I – La liste des attaques sur la thématique du soi-disant nationalisme de Mélenchon. (et quelques articles connexes).

Nous avons signalé néanmoins deux articles intéressants du NPA sur la thématique voisine de république , notre démarche n’étant évidemment pas dogmatique .

1) Le 23/03/2013 : le démarrage

Est-il possible que TF1 ait pu parler de la tenue d’un congrès du Parti de gauche ? Cela semble impensable.. Pourtant cela est arrivé le 23 mars 2013. "Moscovici, un des "17 salopards de l’Europe" pour un dirigeant du Parti de gauche" http://lci.tf1.fr/politique/moscovi...

2) Le 25/03/2013 : C’est parti pour le nationalisme

Mélenchon ou le tournant nationaliste Ce week-end, le Parti de gauche, présidé par Jean-Luc Mélenchon, a tenu son congrès à Bordeaux. Cela découle des propos de Delapierre concernant les 17 salopards Source : RTL http://www.rtl.fr/actu/politique/ap...

3) Lundi 10 juin 2013 : Le NPA lance une série de trois articles sur la république.

République et luttes des classes (Article intéressant) Par François Sabado Nous le reproduirons ultérieurement.avec le suivant. https://npa2009.org/node/37603

4) Le 12/06/2013

Jaurès, la république et le socialisme (Article intéressant) Par Yann Cézard Source : site du NPA https://npa2009.org/node/37657

5) Le 18/06/2013  : Article clanique contre Mélenchon et le PG.

La République de Mélenchon Extrait : "…Et Mélenchon est bien cela. Son parcours particulier, du lambertisme1 au Parti socialiste en passant par la franc-maçonnerie, l’a conduit à reconstruire et à incarner une vision particulière dans le mouvement ouvrier  : reprenant à son compte ce que Pierre Bourdieu appelait «  l’impérialisme de l’universel  » pour désigner la tentation d’imposer une vision particulière comme universelle, il invente un intérêt et un destin communs à la Nation pour mieux y dissoudre les classes sociales et glorifier la France. Cette vision issue de l’idéologie républicaine, qui a contribué à la dimension colonialiste de la gauche française …"

Source : site du NPA https://npa2009.org/node/37751

On passe en 2014  :

6) Le 13/05/2014 ,

"Lutte Ouvrière se paye le Parti de Gauche : "petit parti bourgeois", "xénophobe et nationaliste" En adoptant un ton nettement anti-allemand, le PG a choisi d’entonner les trompettes nationalistes parce qu’il pense que c’est électoralement porteur. Il se met de fait sur le même terrain que le FN "

Source : Le Lab Europe 1 http://lelab.europe1.fr/Lutte-Ouvri...

7) Le 21/05/2014

"Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) : « Jean-Luc Mélenchon est un nationaliste »"

Source : Français de souche (site d’extrême droite qui a relayé les propos.)

8) Le 24/05/2014

Il a été placé sur Internet, (YouTube) une vidéo intitulée Le nationalisme de Mélenchon.

Le nationalisme consisterait ici à prononcer le mot France et d’expliquer que notre pays n’est pas une puissance économique mineure de seconde zone et n’a pas à être à la remorque de l’OTAN.. En fait ici Mélenchon ne fait que réagir au déclinisme démoralisateur ambiant générateur de soumission à l’ordre établi.

Source : https://www.youtube.com/watch?v=zlo...

9) Le 18/06/2014

"Le nationalisme, même de gauche, est un poison" L’article est agrémenté d’une photo de Mélenchon avec la banderole : "la France, la belle, la rebelle". Amusant.

Source :Le webzine La Horde (se présente comme antifasciste) http://lahorde.samizdat.net/2014/06...

On passe en 2015

10) Le 6 février 2015

"Mélenchon et l’impérialisme français, une véritable histoire d’amour..". Mélenchon présenté comme un suppôt de l’impérialisme. Un record dans le genre. Article rédigé par Robert Paris (trotskiste non lambertste)

Source : Webzine Matière et révolution (associé à la Voix des travailleurs issu de LO) http://www.matierevolution.fr/spip....

11) Le 28/03/2015

"Figure du Front de Gauche, Clémentine Autain appelle à la création d’un "Syriza à la française", seul moyen de combattre le Front national. Et s’explique sur ses divergences avec Mélenchon" "… Concernant l’Allemagne, s’il faut combattre la politique néolibérale d’Angela Merkel, soyons attentifs à ne pas essentialiser les peuples, à ne pas les dresser les uns contre les autres."

Commentaire :

Mélenchon qui essentialiserait les peuples ou la Nation ? J’aimerais disposer d’un texte qui le prouve… Ce genre d’intervention montre :

– l’insuffisance de dialogue entre les membres du FG des problèmes de philosophie politique de fond.

– L’absence de conscience des conséquences anti unitaires et dévastatrices pour la crédibilité du FG à exprimer des divergences internes ( d’autant que celles-ci peuvent reposer sur des malentendus) sur des grands médias contrôlés par des milliardaires.

Source : L’Obs’ du 28 mars 2015 http://tempsreel.nouvelobs.com/poli...

12) Le 9 mai 2015

"Cécile Duflot critique violemment le « nationalisme étroit » de Jean-Luc Mélenchon"

"… L’ancienne ministre va jusqu’à souligner « des accents parfois quasi déroulédiens », référence au nationaliste Paul Déroulède, grand défenseur de la revanche contre l’Allemagne après la guerre de 1870"

Source : Le Monde http://www.lemonde.fr/politique/art...

13) Le 05/07/2015

"De Michéa à Mélenchon : idéologues et militants du social-chauvinisme"

Source : socialisme libertaire http://www.socialisme-libertaire.fr...

14) Le 14/07/2015

"Le hareng de Bismarck, ou le poison du nationalisme"

Source : Site du NPA Yann Cézard https://npa2009.org/idees/le-hareng...

15) Le 09/09/2015

"Nationalisme à gauche" par Francoise Diehl Elle est élue EELV conseillère régionale de France Sur son blog de Mediapart évoque le nationalisme supposé de la gauche radicale

"…Aussi le nationalisme de gauche a-t-il un argument récurrent qui à première vue semble au-dessus de tout reproche, celui de la démocratie. Il y a quelques temps, le politologue Gerrit Voerman analysait comment la démocratisation et non plus la socialisation devenait le principal centre de gravité idéologique de la gauche. Il dit : « la gauche croit que l’Etat démocratiquement légitime doit protéger son pouvoir contre une Union européenne intrusive ». C’est ainsi qu’argumentent également aujourd’hui Wagenknecht, Varoufakis et Mélenchon. A leurs yeux, seul l’Etat-nation peut conserver la légitimation démocratique qui manque prétendument à la politique européenne. Le fait qu’ils se rapprochent aux plans rhétorique et idéologique de l’extrême droite, ne semble pas les troubler. « Pas de diktat de Bruxelles », tel est le slogan qui unit les nationalistes de gauche et de droite.…"

Source : blog de Mediapart https://blogs.mediapart.fr/francois...

16) Le 16/10 2015 : Là-bas si j’y suis  :amicale interview de Mélenchon.

MELENCHON BOMBARDE L’ALLEMAGNE Entretien : Daniel MERMET Voir plus loin. Il s’agit ici non pas de dénigrer mais de comprendre.

17) Le 09/12/2015

Souverainisme de "gauche". Mélenchon « pour un nouvel indépendantisme français »

Article rédigé à l’occasion d’une intervention de Mélenchon à l’hôtel des Invalides sur la Défense nationale Publié le 9 décembre 2015

On peut lire : " Il développe sa vision géostratégique fondée sur une approche nationaliste et impérialiste que ne renierait pas un de Gaulle, voire une Marine Le Pen."

Source : Révolution permanente du NP A 09/12/2015 http://www.revolutionpermanente.fr/...

18) Le 12 décembre 2015

"La mascarade du nationalisme de gauche"

Source socialisme libertaire http://www.socialisme-libertaire.fr...

On passe en 2016

19) Le 24 juin 2016 sur BFMTV

" Mélenchon dénonce les nationalismes et l’opposition des peuples entre
- eux" Cela constitue en partie une réponse aux attaque précédentes.

Cliquez sur le lien suivant pour accéder à la vidéo http://www.bfmtv.com/mediaplayer/vi...

20) Le 8 juillet 2016

"Charge nationaliste et anti-européiste de Mélenchon au Parlement européen

Source Site d’ extrême droite Égalité réconciliation. Avec vidéo de l’intervention de Mélenchon Parlement européen

21) Le 12/07/2016

"Quand Mélenchon affirme que les travailleurs détachés « volent leur pain » aux autres"

« Je crois que l’Europe qui a été construite, c’est une Europe de la violence sociale, comme nous le voyons dans chaque pays chaque fois qu’arrive un travailleur détaché, qui vole son pain aux travailleurs qui se trouvent sur place. »

"Cette rhétorique, proche de celle de l’extrême droite, qui oppose des travailleurs à d’autres travailleurs, les premiers venant de l’extérieur « voler le pain » des seconds est surprenante dans la bouche du député européen qui s’est toujours revendiqué « internationaliste et humaniste »".

La vidéo de l’intervention de Mélenchon est disponible avec l’article

Source : Slate.fr http://www.slate.fr/story/120961/me...

22) Le 13/07/2016

"Travailleurs détachés : les curieux propos de Mélenchon"

Source : LE MONDE | 13.07.2016 Par Raphaëlle Besse Desmoulières

http://www.lemonde.fr/politique/art...

23) Le 13/07/2016

"" Mélenchon : le dérapage de trop ?

"…Déjà sur l’Allemagne Jean-Luc Mélenchon a fait preuve d’une germanophobie insupportable. Sous couvert d’une juste dénonciation du capitalisme allemand, ou du proto-Etat capitaliste qu’est l’UE, il en profite pour distiller une position souverainiste et patriotique. Son slogan, La France Insoumise, annonce d’ailleurs la couleur.…"

Source : site NPA https://npa2009.org/actualite/polit...

24) le 13 juillet 2016

"Jean-Luc Mélenchon accuse les travailleurs détachés de "voler le pain" des travailleurs locaux"

Source : Le Lab Europe http://lelab.europe1.fr/jean-luc-me...

25) Le 14/07/2016

"Le NPA accuse Mélenchon de reprendre "la rhétorique de l’extrême droite"

Source : Le Huffington post.fr http://www.huffingtonpost.fr/2016/0...

II – Deux exemples de comportements claniques

Mais il n’y a pas que les attaques concernant le nationalisme

1) Le NPA

a) Concernant le congrès du PG , aucune analyse politique sur les idées. Que des considérations politiciennes sur un fond d’oraison funèbre. https://npa2009.org/actualite/congr...

b) Le petit jeu clanique des annonces de départs du PG.

Un exemple : "Serge Marquis - Je quitte le Parti de gauche, ouf " Source : site NPA Tendance CLAIR http://tendanceclaire.org/breve.php...

Ou est-il allé ? "J’adhère au Parti de la démondialisation (Pardem) " 17 mai 2016 Le blog de Serge Marquis sur Mediapart

https://blogs.mediapart.fr/serge-ma...

(Ce parti a été créé par Nikonoff Jacques, en février 2016 et officiellement en avril Il est dit que Nikonoff est un ancien responsable national de ATTAC France mais il n’est pas dit qu’il a été fondateur du M’PEP le 24/05/2008 . Il a voté pour Nicolas Dupont-Aignan aux élections législatives de 2012

Remarquons que ce parti a été créé presque au même moment que le parti de gauche qui a été lancé le 12/11/2008 )

Depuis 2012, de nombreux responsables du NPA sont partis et ils ont rejoint Ensemble du FG. Cela a pu provoquer un renforcement du repli identitaire supplémentaire du NPA.

Mais le PG, joue-t-il ce petit jeu clanique consistant à compter les déperditions d’adhérents du NPA ? Non ! Et pourtant, il aurait pu ironiser :

D’anciens militants du NPA passés au FN

"Un ex-membre du NPA nouvelle plume du FN parisien" Par Dominique Albertini — 29 janvier 2015 Source : Libération

Rallié en 2013, Aurélien Legrand assure la communication du parti frontiste dans la capitale depuis septembre…

Aurélien Legrand ne serait pourtant pas le premier membre du NPA à faire le grand saut. Ce fut aussi le cas de Fabien Engelmann, actuel maire FN de Hayange, ou encore de Vénussia Myrtil, jeune militante un temps mise en avant par le FN à des fins de communication, avant d’être reléguée au second plan en raison de positions trop libérales sur le mariage homosexuel ou la dépénalisation du cannabis."

Ce que ne dit pas l’article, c’est qu’il s’agissait del’un des membres fondateurs du NPA.

Cela a été dit par le journal l’Opinion est repris par Europe 1 "La plume du FN à Paris était membre fondateur du NPA"

Publié le 29 janvier 2015 ,Le Lab Europe 1 http://lelab.europe1.fr/La-plume-de...

Voilà comment le PG pourrait récupérer les informations de la presse bourgeoise à l’encontre du NPA.

On peut s’interroger sur le niveau de formation politique de certains responsables de ce parti.

2) Le clanisme de EELV

Voici un extrait des propos de David Cormand responsable national de EELV "…Et un soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon ? " (Questions du journaliste suivi la réponse suivante)

"Le candidat de la présidentielle de 2012 a encore verdi son discours. Il est même aujourd’hui pour la sortie du nucléaire. « Il y a beaucoup de divergences entre EELV et Mélenchon », balaie David Cormand, « sur l’international, où il a à plusieurs reprises affiché son soutien à la politique de Poutine ou au régime chinois sur le Tibet », « sur l’Europe » et « l’écologie ». Sa planification écologique, c’est un mélange entre le marxisme et le colbertisme. Pour moi, l’écologie est décentralisée. Il voit la mer comme une économie. Mais l’océan n’est pas un territoire de conquête, c’est avant tout un écosystème ». Cécile Duflot et le leader du Parti de gauche avaient tenté un rapprochement début 2015, avant d’y renoncer."

Nous allons encore retrouver ici plusieurs comportements claniques identitaires. Voir étude ultérieure : cet extrait est un morceau de choix.

Source : Chaîne Public Sénat http://www.publicsenat.fr/lcp/polit...

III – Au – delà de des fantasmes et de la manipulation calomnieuse : les positions réelles de Mélenchon et quelques réponses.

.

1) Mélenchon et la nation

« La France est une nation universaliste » – Jean-Luc Mélenchon répond à Nadine Morano

Source : blog d’Antoine Leaument

https://antoineleaument.fr/2015/10/...

"Dans une publication effectuée sur sa page Facebook, Jean-Luc Mélenchon a répondu aux propos de Nadine Morano qui avait affirmé que la France était « un pays judéo-chrétien de race blanche ». Pour le leader du Front de Gauche, au contraire, la France est « une nation universaliste » puisqu’elle peut partager avec l’humanité toute entière le principe qui la fonde : « Liberté Égalité Fraternité ». Ci-dessous, les mots de Jean-Luc Mélenchon :

« Étrange madame Morano. Pourquoi a-t-elle dit une telle énormité ? Au fond peu importe. Je ne veux pas revenir sur ce que son propos a d’odieux. Tout a été dit. Non. Je veux juste prolonger le raisonnement qui nous conduit à le considérer comme une stupéfiante bêtise. Au cas où de nouvelles fausses évidences de cette nature lui viendraient encore à l’esprit, à elle ou à d’autres. Mon propos n’est ni idéologique ni moral. Je me contente des faits.

Donc commençons par l’actualité : la France n’est pas de race blanche, tout le monde le sait. Pour deux raisons : tous les Français ne sont pas blancs, et les races n’existent pas de toute façon. Ce n’est pas tout. La France n’est pas catholique ni même chrétienne pour la raison qu’il s’y trouve plus d’incroyants que de croyants et que de toutes façons ceux qui croient se répartissent entre plusieurs cultes comme l’islam (deuxième religion dans notre pays), le judaïsme, le bouddhisme et quelques autres. La France n’est pas non plus définie par le fait que ses habitants parlent français. En effet, 19 autres pays ont en commun l’usage du français comme langue officielle. La France n’est pas non plus une nation européenne car ses territoires sont situés dans l’espace maritime des cinq continents. D’ailleurs sa plus longue frontière est en Amérique du sud entre la Guyane et le Brésil.

Qu’est-ce donc que la France alors ? Une Histoire ? C’est en partie vrai. Mais ce n’est pas une Histoire commune pour tous. D’abord parce que les frontières ont changé au fil du temps. La Franche-Comté n’est française que depuis trois siècles, Nice et la Savoie depuis un siècle et demi. Mais l’Algérie, Pondichéry, le Québec et la Louisiane, territoires français pendant chacun au moins plus d’un siècle, n’appartiennent plus à cette Histoire. Ensuite, ce n’est pas une Histoire commune à tous parce que chaque Français a au moins un de ses huit ascendants d’origine étrangère. Pauvre madame Morano ! Le « Français de souche » n’existe pas. Ni par la couleur de peau, ni par la religion, ni par la langue, ni par le territoire, ni par les origines.

Qu’est-ce que la France ? La communauté légale une et indivisible où la loi est la même pour tous parce qu’elle est décidée par tous. Cette communauté est fondée sur le principe suivant : « Liberté Égalité Fraternité ». Un principe qu’elle peut mettre en partage avec n’importe quel être humain. La France est donc une nation universaliste. »"

2) Interview de Mélenchon par Daniel Mermet sur son livre le hareng de Bismarck.

Bismarck ( VIDÉO 30’54) Réalisation : Jonathan DUONG Image : Lucile LATOUR Jean-Luc MÉLENCHON : LE HARENG DE BISMARCK par Là-bas si j’y suis

Un entretien avec Jean-Luc MÉLENCHON à écouter en intégralité sur : la-bas.org/les-emissions-258/les-emissions/2015-16/melenchon-poison-allemand

http://la-bas.org/la-bas-magazine/e...

On trouve sur le même site une interview de Besancenot par Mermet sur le thème : Apprendre la langue de l’adversaire avec Olivier Besancenot Émission intéressante https://www.youtube.com/watch?v=zuW...

Oui mais Besancenot l’a bien apprise pour la retourner contre Mélenchon.

3) La lutte contre la directive sur les travailleurs détachés et le dumping social.

Ensemble du travail et des interventions de Mélenchon pour défendre les travailleurs contre les agressions du capital

Source : le blog l’ère du peuple. (mardi 22 mars 2016 )

http://melenchon.fr/2016/03/22/lutt...

Les détracteurs de Mélenchon n’ont probablement pas lu 1 % de ce qui figurent sur ce site.

Évidemment, le NPA qui regarde le doigt quand l’on désigne la lune ignore totalement le contenu de la bataille elle menée par Mélenchon.

4) Une culture marxiste superficielle ou fragmentaire au NPA.(à part quelques exceptions)

Des le printemps 2013, le PG se trouvait contraint de réagir sur le thème Marx et la Nation Mardi 2 Avril 2013 par Didier Thévenieau Co-secrétaire départemental de la Drôme

Source le Parti de gauche : https://www.lepartidegauche.fr/vied... http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

"Je n’ai ni le goût, ni le temps de faire des concours de vitesse avec des statues mais en ce jour de Pâques, le son des cloches est trop fort pour ne pas avoir envie de ramener ici, le silence de la pensée nécessaire à toute humanité.

Au-delà des propos haineux d’une partie du NPA à l’égard du PG et de Jean-Luc Mélenchon (peut-être minoritaire mais bruyante), il est un point de philosophie politique qui semble échapper à celles et ceux qui n’ont lu Marx que dans les revues de leurs maîtres, et qui se refusent à penser en écartant toute idée qu’ils pourraient se tromper (fiers des résultats de leur stratégie certainement ?). Ce questionnement c’est celui qui cherche à comprendre les liens entre Marx et la Nation. Et à ne lire que des fragments, on en oublie l’essence même du marxisme.

Souvent est répétée à l’envie cette phrase du Manifeste : "Les prolétaires n’ont pas de patrie". De là les courtes vues ont pris des positions figées et fausses, d’un côté en imposant leur anarchisme ou leur internationalisme contre la nation, et de l’autre en dénonçant les marxistes comme des traîtres à la patrie. Le problème, c’est que cette phrase est instrumentalisée des deux côtés. Si on peut comprendre ce détournement malhonnête du côté des nationalistes et capitalistes patriotiques, on a du mal à l’admettre aujourd’hui chez celles et ceux qui se réclament de la lutte des classes et qui l’affaiblissent en ne luttant que contre eux-mêmes.

Quand Marx et Engels écrivent cette phrase, ils veulent justement dénoncer la classe dominante qui ne permet pas à la classe ouvrière d’avoir une place dans la nation. En aucun cas ils nient l’idée de nation, et jamais ils ne disent que les prolétaires ne doivent pas avoir de patrie ! Au contraire, le prolétariat doit "conquérir la nationalité" et "conquérir la démocratie." La classe ouvrière doit se constituer en nation sans se laisser réduire au nationalisme bourgeois (ce que tente de faire une partie du NPA aujourd’hui), ni se laisser impressionner par l’idée patriotique du capitalisme assassin. Le prolétariat doit refonder la nationalité.

Ce fragments : « les ouvriers n’ont pas de patrie », n’est pas une thèse défendue par Marx mais une dénonciation de la classe dominante qui prive la classe ouvrière de patrie pour la dominer encore. Celles et ceux qui s’en revendiquent vont donc contre Marx qui la condamne.

La phrase exacte du Manifeste communiste est : "On a reproché encore aux communistes de vouloir abolir la patrie, la nationalité. Les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut pas leur ôter ce qu’ils n’ont pas. Sans doute le prolétariat doit tout d’abord conquérir le pouvoir politique, s’ériger en classe nationale souveraine, et se constituer lui-même en nation ; et en ce sens il est encore attaché à une nationalité. Mais il ne l’est plus au sens de la bourgeoisie. »

Dans le même Manifeste, Marx et Engels expliquent que les nations ainsi rendues aux peuples ne pourront que tomber d’accord pour s’entendre. C’est dans cette conscience de « classe nationale souveraine » que les individus se libéreront de l’exploitation : « Une action combinée, au moins des peuples les plus civilisés, est une des conditions de la libération. Dans la mesure où l’exploitation de l’individu par un autre individu sera abolie, l’exploitation d’une nation par une autre le sera également. Avec l’antagonisme des classes à l’intérieur de la nation, disparaîtra l’hostilité réciproque des nations... »

Les insulteurs du NPA essaient de penser l’internationalisme sans la nation et nous reprochent notre incohérence et notre traîtrise... Si Marx entendait ça !"

IV – Le nationalisme et la nation. Quels concepts 

On constate dans ces articles une multitude d’utilisations du mot nationalisme ou nation. Mais encore faut-il savoir de quoi l’on parle. Et en ayant lu ces différents sens de ce mot, on comprendra beaucoup mieux à quelle conception se rattache Mélenchon

1 – Qu’est-ce que le nationalisme ?

a) Définition du nationalisme dans l’encyclopédie du Trésor de la langue française informatisé (TLFI).

NATIONALISME, subst. masc. A – HIST. [Après la Révolution française] Courant de pensée fondé sur la sauvegarde des intérêts nationaux et l’exaltation de certaines valeurs nationales.

Dans son premier sens le nationalisme est (...) très largement marqué dans un sens révolutionnaire et se confond avec la conscience nationale révolutionnaire (encore convient-il de noter que la référence nationale sert de justificatif dans la phase d’expansion territoriale et de conquête, pendant la Révolution elle-même) (R. MARTELLI, La Nation, Paris, Éd. soc., 1979, p.105).

P. ext., mod. Doctrine, mouvement politique fondé sur la prise de conscience par une communauté de former une nation en raison des liens ethniques, sociaux, culturels qui unissent les membres de cette communauté et qui revendiquent le droit de former une nation autonome.

Nationalisme arabe, populaire ; nationalisme des peuples colonisés. Président au Néo-Destour, il [Bourguiba] réside assez peu en Tunisie, s’employant de préférence à rechercher pour le nationalisme tunisien des appuis à l’extérieur (Le Monde, 19 janv. 1952, p.2, col. 3).

B – 1. [À partir du XIXe s.] Courant de pensée qui exalte les caractères propres, les valeurs traditionnelles d’une nation considérée comme supérieure aux autres et qui s’accompagne de xénophobie et/ou de racisme et d’une volonté d’isolement économique et culturel.

Abus, outrance du nationalisme ; nationalisme économique ; nationalisme en art, en littérature ; nationalisme intégral. Tout retour d’un nationalisme étroit a toujours pour conséquence un développement de l’esprit protectionniste, c’est-à-dire une tendance des peuples à s’isoler, économiquement et moralement, les uns des autres (DURKHEIM, Divis. trav., 1893, p.266).

Jean-Jacques est (...) l’annonciateur du pire nationalisme. Le mot « nation » est à toutes les pages. Jean-Jacques l’emploie avec une ferveur et une autorité prophétique et qui fait peur (GUÉHENNO, Jean-Jacques, 1952, p.293) :

1. La presse est à la solde des nationalismes ! Pour masquer leurs convoitises, tous les gouvernements ont besoin d’une presse mensongère qui persuade à leurs peuples qu’en se massacrant les uns les autres, chacun d’eux se sacrifie héroïquement à une cause sainte, à la défense sacrée du sol... MARTIN DU G., Thib., Été 14, 1936, p.495.

2. Doctrine qui fonde son principe d’action sur ce courant de pensée, et qui subordonne tous les problèmes de politique intérieure et extérieure au développement, à la domination hégémonique de la nation.

Nationalisme intégral. Bien souvent elle demande son salut aux conceptions les plus rétrogrades, à la politique la plus détestable et au plus stérile et avilissant nationalisme (JAURÈS, Ét. soc., 1901, p.86).

Acceptation d’un déterminisme, ce nationalisme exalte (...) la volonté de combattre tous ceux qui s’opposent au salut de l’État... Il ne se présente pas comme une opinion, mais comme l’évidence d’une condition que seuls nient les imbéciles et les criminels ; d’où son fanatisme, caractéristique des doctrines qui énoncent une fatalité de l’histoire (Pol. 1969, p.197) :

3. Le nationalisme organisé en partis politiques tend (...) à exprimer des politiques de droite, à justifier la remise en cause des acquis républicains (...) et, plus largement, à justifier idéologiquement la politique d’expansion de l’impérialisme français (le nationalisme s’articule alors aux idéologies élaborées dans le cadre de la politique d’État). R. MARTELLI, La Nation, Paris, Éd. soc., 1979

Lire la suite dans le TLFI pour les sources encyclopédiques de l’article.

b) Définition du nationalisme à partir d’une thèse de doctorat de philosophie.

Source : Université Paris IV-Sorbonne. École doctorale : concepts et langages Laboratoire de recherche : PHILOSOPHIE - SOCIOLOGIE Année 2012 le grade de DOCTEUR DE L’UNIVERSITÉ PARIS-SORBONNE Discipline : PHILOSOPHIE Présentée et soutenue par : Hervé BEAUDIN le 10 décembre 2012 L’IDÉE DE NATION Sous la direction de : M. Claude POLIN, Professeur (

http://www.paris-sorbonne.fr/IMG/pd...

Le nationalisme

Si l’idée de nation remonte au Haut Moyen Âge, le nationalisme est d’invention plus récente (ce qui prouve, d’ailleurs, que, contrairement à la thèse de Gellner, le nationalisme n’a pas créé les nations).

Il convient de distinguer, au cours de l’histoire, quatre formes de nationalisme.

La première est le nationalisme révolutionnaire de la fin du XVIIIème siècle, qui prône la promotion de la nation, c’est-à-dire du Tiers état face à l’aristocratie et à sa prise de pouvoir.

La seconde est le principe des nationalités, qui promeut le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, c’est-à-dire le droit des peuples à se constituer en État.

La troisième concerne les peuples coloniaux aspirant à l’indépendance. Cette forme est différente de la précédente, car elle concerne des peuples qui, igno-rant jusqu’à l’existence de l’idée de nation, n’ont jamais eu conscience de leur identité nationale avant que les puissances colonisatrices la leur inculque.

Enfin, la quatrième forme est celle de l’impérialisme moderne, qui, s’exerçant sur la foi d’un sentiment national exacerbé, prétend néanmoins en priver les autres peuples.

Ces formes se combinent avec des idéologies diverses qui leur donnent un sens variable selon les pays et selon les époques. On ne peut étudier l’idée de nation moderne sans étudier le nationalisme, mais on ne peut comprendre le nationalisme dans l’absolu sans se référer au milieu politique et historique dans lequel il a baigné.

Depuis son apparition à la fin du XVIIIème siècle, le nationalisme a subi trois transformations philosophiques.

La première est ce que j’appelle l’inversion de Barruel. On sait que, pour l’abbé Barruel, l’Ancien Régime était universaliste par la religion et patriote par la soumission au roi alors que, depuis la Révolution française, les Français sont cosmopolites par principe et nationalistes en pratique.

La deuxième transformation est celle de Barrès, qui, à la suite de la défaite de Sedan, a transformé le nationalisme révolutionnaire et nationalitaire français en une doctrine xénophobe qui, reprise symétriquement outre-Rhin, a conduit à l’incompréhension entre les peuples allemand et fran-çais et, par suite, aux deux guerres mondiales du XXème siècle.

La troisième transformation est celle d’Habermas, qui a tenté de rompre avec le nationalisme importé de la Révolution française – que le pangermanisme avait retourné contre son pays d’origine. Son nationalisme est donc fortement teinté de cosmopolitisme et s’inscrit dans le sillage de Kant, inspirateur de la construction européenne.

Ainsi a-t-on abouti, par le truchement de ces trois transformations successives, à la transmission du message de l’abbé Barruel à Habermas. Cette transmission établit une sorte de pont entre l’Ancien Régime, attaché à la Tradition, et la construction européenne, attachée à la Modernité, plaçant le nationalisme au coeur d’une tension paradoxale.

2 – Qu’est-ce que la nation ?

a) Définition de la nation selon le Trésor de la langue française informatisée

NATION, subst. fém.

A – Vx. Groupe d’hommes dont les membres sont unis par une origine réelle ou supposée commune et qui sont organisés primitivement sur un territoire.

Synon. gent1, tribu. Ces derniers [les Bitchys] habitaient plus au sud, mais peut-être à moins de sept à huit lieues : car ces nations, comme celles du Canada, changent de nom et de langage à chaque bourgade (Voy. La Pérouse, t.3, 1797, p.62) :

1. Il est bon de prévenir le lecteur pour qu’il ne se laisse pas éblouir par l’expression imposante de nation [it. ds le texte]. Elle ne signifie rien autre chose que chaque tribu de sauvages, assujettie sous un même chef, dont la langue et quelques usages diffèrent un peu des autres ; en sorte qu’une nation n’est souvent pas composée de deux mille individus, et qu’on rencontre des villages ou des nations beaucoup moins considérables. BAUDRY DES LOZ., Voy. Louisiane, 1802, pp.20-21.

B –.1 a) Groupe humain, généralement assez vaste, dont les membres sont liés par des affinités tenant à un ensemble d’éléments communs ethniques, sociaux (langue, religion, etc.) et subjectifs (traditions historiques, culturelles, etc.) dont la cohérence repose sur une aspiration à former ou à maintenir une communauté.

Esprit, génie, humeur, moeurs d’une nation ; nation barbare, civilisée, cultivée, instruite, policée. Le caractère, les opinions, et surtout les langues, constituent l’unité des nations dans l’ordre moral ; et, dans l’ordre physique même, elles sont dessinées par des caractères éminemment distinctifs (J. DE MAISTRE, Corresp., t.3, 1810, p.482).

L’historien et le philosophe cherchent une définition objective de (...) la nation : la nation est-elle fondée sur la langue commune ou sur les conceptions de la vie ? (MERLEAU-PONTY, Phénoménol. perception, 1945, p.417) :

2. ... l’idée même de nation en général ne se laisse pas capturer aisément (...). Le fait essentiel qui les constitue [les nations], leur principe d’existence, le lien interne qui enchaîne entre eux les individus d’un peuple, et les générations entre elles, n’est pas, dans diverses nations de la même nature. Tantôt la race, tantôt la langue, tantôt le territoire, tantôt les souvenirs, tantôt les intérêts instituent diversement l’unité nationale d’une agglomération humaine organisée. VALÉRY, Regards sur monde act., 1931, p.37. Sagesse* des nations.

Rem. 1. Il convient de distinguer en ce sens nation et état. Nation implique une idée de spontanéité, de communauté d’origine. État implique une idée d’organisation politique et administrative. Une nation peut être partagée, appartenir à plusieurs états, un état peut comprendre plusieurs nations. 2. Nation désigne un groupe humain envisagé sous le rapport de la communauté d’origine, de langue ; peuple désigne un groupe humain envisagé du point de vue du gouvernement et des rapports politiques. Ces familles ainsi réunies en un corps, forment une nation sous le rapport de la communauté d’origine, un peuple sous le rapport de la communauté de territoire, un état sous le rapport de la communauté de lois (BONALD, Législ. primit., t.2, 1802, p.74).

b) En particulier. [Au Moy. Âge] Groupement de maîtres et d’étudiants à l’intérieur des universités, selon un découpage linguistique. La faculté des arts de l’université de Paris comprenait quatre nations : anglaise (incluant les Allemands), française (incluant Italiens et Espagnols), picarde (incluant les Flamands), normande (FÉDOU Moy. Âge 1980). Au plur. [Dans l’Ancien Testament] Peuples idolâtres, ceux qui ne font pas partie du peuple élu. Synon. gentil1. Toute (...) guerre est une guerre sainte dans laquelle Jahvé intervient nécessairement pour porter secours à son peuple et anéantir les nations et leurs divinités (ALLMEN 1956).

Lire la suite sur le TLFI

b) Conclusion de la thèse de doctorat citée précédemment.

En définitive, la nation est un droit de propriété politique sur un territoire historiquement délimité. Ce droit de propriété est soit individuel lorsqu’il est dévolu à un prince (monarchie), soit collectif lorsqu’il est dévolu à l’ensemble des citoyens (république).

C’est pourquoi, en république, nationalité et citoyenneté sont indissociables. C’est pourquoi aussi nation et indépendance nationale sont indissociables. En intégrant le théorème de Connor-Maurras-Gellner à cette définition, on obtient la définition « élargie » suivante : la nation est le plus grand groupe concentrique possible maximisant les intérêts économiques, politiques et symboliques de ses membres dans le cadre d’une unité politique capable de leur garantir la liberté et la propriété politiques nécessaires à l’exercice de la face collective de leur existence.

L’idée de nation est ainsi le produit complexe d’une dialectique de construction entre la puissance publique – elle-même issue de la volonté d’une dynastie de régner sur une population résidant sur un territoire dont elle est propriétaire – et un ensemble formé des moeurs, de la culture, de la langue, de coutumes développées de manière autonome par cette même population.

Cette dialectique, généralisée, amène à une partition de l’humanité – dont les religions nous assurent qu’elle a été voulue par Dieu – dans le cadre de relations qui n’impliquent pas nécessairement la guerre, tout comme le patriotisme n’entraîne pas nécessairement l’impérialisme.

L’idée de nation s’inscrit par ailleurs, en Europe, et depuis l’Antiquité tardive, dans une ère de propagation de la religion chrétienne. Elle se dénoue aujourd’hui dans la théorie du contrat.

Ses contradictions, notamment entre la théorie élective et les pesanteurs ethnoculturelles dans des sociétés aux frontières perméables, jointes au discrédit dont la conception allemande souffre depuis la catastrophe du nazisme, risquent, par la poussée des idées fédératives et de séparation entre la nation et son État, d’en accélérer le déclin et d’en précipiter le décès.

Mais l’humanité doit savoir que, si tel était son sort, des communautés de substitution surgiraient inéluctablement dans le cadre d’un État de plus en plus dénationalisé qui remplacerait le rap complexe port, éminemment politique, à une histoire partagée par les rapports, de nature ethnique, entre des communautés fondées en définitive sur le droit du sang. Ce serait signifier, sur les ruines de l’idée de nation, la réactivation, au nom de l’antiracisme et de l’anticolonialisme, des idées ethnique et impériale.

Cette évolution conduirait donc paradoxalement à une réactivation de la conception objective, au détriment de la conception subjective, alors même que la théorie du contrat se trouverait intensifiée par la séparation entre la nation et son État.

c) Définition de nation . La Toupie

http://www.toupie.org/Dictionnaire/...

"L’humanité ou le genre humain ne vivra en paix que lorsqu’il ne formera qu’un seul corps, une Nation." Anacharsis Cloots - 1755-1794 - La Révolution universelle

Etymologie : du latin natio, naissance, extraction, dérivant de natus, né.

À Une nation est une communauté humaine ayant conscience d’être unie par une identité historique, culturelle, linguistique ou religieuse. En tant qu’entité politique, la nation, qui est un concept né de la construction des grands Etats européens, est une communauté caractérisée par un territoire propre, organisée en Etat.

Elle est la personne juridique constituée des personnes régies par une même constitution.

Les critères évoqués ci-dessus ou une partie d’entre eux (identité historique, culturelle, linguistique, religieuse, géographique) ne peuvent à eux seuls caractériser une nation. Il y a aussi un système de valeurs, souvent résumé en une devise et qui repose sur un contrat social implicite entre les membres de la nation. Pour certains sociologues le seul critère déterminant est subjectif : il faut que les membres d’une communauté soient convaincus qu’ils relèvent d’une même appartenance nationale.

En France, depuis la Révolution, la nation est un ensemble de citoyens détenant la puissance politique (souveraineté). Il y a superposition entre la nation, le peuple et l’Etat auquel la nation délègue sa souveraineté. "Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation" (Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen). Toutes les nations ne sont pas constituées en Etat. Exemple : la nation kurde qui géographiquement est répartie entre la Turquie, l’Irak, la Syrie et l’Iran.

Certaines communautés ou sous-ensembles d’une communauté revendiquent l’appartenance à une nation alors qu’elles dépendent d’un Etat géographiquement plus étendu (Ex : les Basques, les Québécois, les Ecossais, les Catalans, Les Flamands, les Corses...). Elles peuvent trouver une relative autonomie au sein d’institutions fédéralisées.

d) Définition de la nation par Henri Pena– Ruiz

"Le mot « nation » vient du latin nascor, qui veut dire « naître ». La nation est d’abord le lieu de naissance (natus). Par dérivation la nascio est étymologiquement un ensemble d’êtres humains marqués par une communauté de naissance et d’origine, délimitée dans l’espace et dans le temps.

Mais cette définition naturaliste est aujourd’hui dépassée par une accep-tion plus libre et plus ouverte, qui met en jeu l’idée d’une construction politique par laquelle les hommes décident de se doter d’une organisation commune du« vivre ensemble »

Ainsi, on naît dans une République et pas seulement en Ile-de-France. La communauté d’origine fait place à la communauté volontaire, résultant d’une décision souveraine du peuple qui se choisit ses lois fondamentales. La référence identitaire à l’ethnie ou à ses particularismes culturels se relativise au profit d’une conception politique où la volonté humaine intervient pour décider de la façon de vivre ensemble. L’origine n’est plus un destin, et les coutumes n’ont plus à fixer la norne. D’autant que les migrations de populations rendent obsolète l’idée d’une communauté d,origine plus ou moins fermée."

Lire la suite dans le texte complet de l’article Nation dans le Dictionnaire amoureux de la lalcité (Pages 653 à 658) de Henri Pena Ruiz (Éd. Plon)

Annexe

Le marxisme et la nation par Maxime Rodinsonsem

Source : L’Homme et la société / Année 1968 / Volume 7 / Numéro 1 / pp. 131-149 Fait partie d’un numéro thématique : numéro spécial 150° anniversaire de la mort de Karl Marx Persée http://www.persee.fr/doc/homso_0018...

Le marxisme et la question nationale par l’union rationaliste sur ce site ! http://www.gauchemip.org/spip.php?a...

Livre : comprendre la nation de Roger Martelli (éditions sociales)

http://www.ebay.fr/itm/COMPRENDRE-L...

Hervé Debonrivage le 30 juillet 2016


Signatures: 0
Répondre à cet article

Forum

Date Nom Message