Vote de la conférence nationale du PCF pour un candidat PCF le 05/11/2016 : un résultat prévisible.

jeudi 21 mars 2019.
 

Lors de la conférence nationale du PCF réunie à Paris le samedi 5 novembre 2016, 519 délégués nationaux se sont prononcés sur la candidature pour les élections présidentielles de 2017.

Sur les 519 votants, 274 ont choisi l’option d’une candidature communiste pour la présidentielle (55,69 %). Celle appelant à voter Jean-Luc Mélenchon qui avait la préférence de Pierre Laurent, n’a recueilli que 218 voix (44,31 %), tandis que 27 votants se sont abstenus.

1– Les vraies raisons du non ralliement d’une majorité des délégués à la candidature Mélenchon.

Certains invoquent la personnalité de Mélenchon ou encore le fait qu’il est parti seul, qu’il joue perso. Je ne reviendrai pas ici sur ces fables que nous avons analysées dans d’autres articles. Martine Billard a encore rappelé récemment un certain nombre de faits qui démystifient ce que l’on peut appeler une escroquerie intellectuelle. Il s’agit ici d’un rideau de fumée pour masquer les vraies raisons suivantes :

Ce résultat n’est pas surprenant et peut s’expliquer pour différentes raisons.

1.1 –La convention nationale réunit des parlementaires et élus locaux communistes.

Un bon nombre d’entre eux, doivent leur élection à une alliance avec le PS dès le premier tour.

Or la stratégie proposée par Mélenchon avec le mouvement de la France insoumise conduit à renoncer à la quasi-totalité des alliances avec des représentants du PS.

Ces élus communistes pensent qu’une telle rupture d’alliance les condamne à une perte de sièges importante et menace l’existence même du parti.

1.2 –La seconde raison est une position identitaire  que l’on a déjà rencontrée en 2012. C’est la crainte d’une perte d’identité du PCF représenté par un candidat qui n’appartient pas au parti et qui plus est, anime un mouvement qu’ils perçoivent comme concurrent.

Cette crainte est renforcée par le fait que France insoumise n’étant pas un cartel de partis, contrairement au FG, le PCF pourrait perdre toute influence hégémonique comme cela a lieu au sein du FG en raison de sa dominance numérique par rapport aux autres partis..

1.3 – Une autre raison est une incompréhension par certains élus communistes de ce qu’est "France insoumise" et, à leur décharge, il faut dire que la presse a contribué à la confusion. Celle-ci titrait : "le PCF refuse d’être intégré à la France insoumise". C’est un non-sens (ou pour le moins un abus de langage) car un tel mouvement n’intègre pas des partis, ni même le Parti de Gauche ou quelconque organisation mais des individus qui ont la liberté d’appartenir ou non à une organisation politique, syndicale ou associative. Il ne peut donc y avoir quelconque "danger" pour que le PCF se trouve noyé ou dissous dans un tel mouvement.

D’ailleurs des militants communistes, à titre individuel, contribuent déjà au développement de ce mouvement. Ces militants ont d’ailleurs toute liberté d’intégrer dans le programme "L’avenir en commun" le résultat de l’enquête estivale du PCF sur la thématique : "ce que veut le peuple" si cela n’avait déjà été fait. Il ne s’agit alors pas d’intégration d’organisations mais d’intégration d’idées dans un programme qui se nourrit d’apports multiples . La France insoumise n’est pas un cartel de partis comme a pu l’être le Front de gauche.

2 – La divergence de position entre celle de Pierre Laurent ( et de membres du bureau national ?) et la majorité des délégués..

Dans un article précédent, en faisant référence à une étude sociologique universitaire de l’évolution de la composition du PCF, nous avions indiqué que les élus locaux avaient pris une importance croissante par rapport aux instances nationales en raison de la diminution progressive du nombre d’adhérents entraînant un manque à gagner en cotisations de la base et renforçant l’importance du poids financier de la cotisation des élus.

L’orientation politique du PCF est beaucoup plus tributaire du positionnement des élus locaux notamment lorsqu’il s’agit des alliances avec d’autres organisations qui conditionnent leur élection.

La divergence constatée n’est donc pas très surprenante. Mais il est probable que Pierre-Laurent ait affiché sa position sans avoir le moindre écho des positions prises en différents endroits par les militants. Il me paraît donc assez probable, mais je n’ai pas la puissance de prédiction de Nostradamus, que les militants rejoignent celle de Pierre-Laurent.

Annexe : Deux articles de presse  :

Les Échos http://www.lesechos.fr/politique-so...

Politis http://www.politis.fr/articles/2016...

Hervé Debonrivage


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