Quelques voeux pour 2017

vendredi 6 janvier 2017.
 

- A) Pierre Laurent

- B) Déclaration de Philippe Poutou. Leurs vœux... et les nôtres : résister et se mobiliser en 2017

- C) L’année 2017 qu’ils nous préparent et celle qu’il nous faudrait (Lutte Ouvrière)

A) Pierre Laurent

"Cela semble toujours impossible jusqu’à ce qu’on y arrive"

2017 est l’année des défis à relever, des montagnes à soulever ; je fais donc mienne, en ce tout début d’année, la phrase de Nelson Mandela.

Fraternellement, Pierre Laurent

B) Déclaration de Philippe Poutou. Leurs vœux... et les nôtres : résister et se mobiliser en 2017

Cette année encore, Hollande, pour ses derniers vœux, utilise une nouvelle fois le prétexte de la lutte contre le terrorisme pour justifier une véritable fuite en avant. Ici elle est sécuritaire, avec en particulier un état d’urgence sans cesse prolongé. Là-bas, elle est militaire et guerrière. Mais ici comme là-bas, derrière le blabla du rôle de « la France » et les grandes leçons de morale qui n’engage à rien, cette fuite en avant fait bien partie du problème et pas de la solution...

Visiblement fier de son bilan, le président a énuméré ses « succès » menant à un prétendu « progrès social ». Méthode Coué, mais la réalité vécue par des millions de gens est pourtant toute autre... Jouant sur les peurs d’un « repli », d’un « extrémisme » à qui il a pourtant bien ouvert la voie, Hollande baratine, mais sans faire la moindre proposition pour sa fin de mandat. De la compassion et des mots pour ceux d’en bas, mais pour eux, aucun acte... si ce n’est toujours plus de flicage et de répression. Une petite dizaine de minutes qui résume donc bien ce qu’aura été ce quinquennat.

Ces prochains mois vont être marqués par une campagne présidentielle dans laquelle, on le sait, les idées les plus réactionnaires, incarnées en particulier par Fillon et Le Pen, vont être largement déversées. Elles annoncent une nouvelle étape dans l’offensive réactionnaire des classes dirigeantes après la présidentielle. Au delà des urnes, c’est bien à cette épreuve de force qu’il faut se préparer. C’est tout ce que nous nous souhaitons, collectivement, pour cette nouvelle année.

Bordeaux le 31 décembre 2016

C) L’année 2017 qu’ils nous préparent et celle qu’il nous faudrait (Lutte Ouvrière)

Même les adeptes de la méthode Coué auront du mal à qualifier 2016 de « bonne année » pour l’humanité, qui paye un lourd tribut à l’organisation capitaliste de la société.

Le bilan de l’année passée, c’est d’abord la guerre. Le monde est ravagé par les conflits, de la Syrie au Yémen, de la Libye à l’Irak, de l’Afghanistan à la Birmanie, jusqu’à l’Ukraine et à la Turquie si proches. Oh, ce n’est pas perdu pour tout le monde : en 2016, les ventes d’armes ont battu des records. Pour les marchands de canons français, les guerres sont des aubaines : vente de Rafale à l’Inde, de sous-marins à l’Australie, d’hélicoptères à Singapour et au Koweït, de véhicules blindés, etc.

Presque tous les pays ont augmenté leur budget militaire, à commencer par les pays occidentaux, en particulier les États-Unis, qui dépensent à eux seuls la moitié du budget militaire mondial. En France même, malgré les jérémiades des hauts gradés, l’armée française est à la noce : elle aura bientôt de nouveaux fusils, des sous-marins et des avions. En 2017, la hausse des ventes de ces engins de mort devrait se poursuivre. Trump ne coupera pas dans le budget de l’armée, et Fillon, Le Pen ou Valls non plus.

Quand ils dépensent plus d’argent pour les armées, nos dirigeants en dépensent moins pour les écoles, les hôpitaux, les services utiles à la population. De plus, ils alimentent aussi les guerres et leurs répercussions, les attentats terroristes.

Des centaines de milliers de migrants fuient ces guerres terribles ou des dictatures féroces, la misère et la faim, au péril de leur vie. Partout en Europe, l’extrême droite, suivie par bien des partis de gouvernement, les a désignés comme les responsables des maux qui accablent les travailleurs. Mais le chômage, les bas salaires, la précarité n’ont pas commencé avec les migrants et n’ont rien à voir avec eux !

Dans ses vœux, Hollande s’est encore vanté de la baisse du chômage. Mais il y a en France un million de chômeurs de plus qu’en 2012 ! Les chiffres officiels traduisent surtout l’augmentation de la précarité. Et chaque famille populaire voit se poursuivre la dégradation que nous connaissons depuis des années.

En réalité, ceux que la crise épargne, ce sont les plus riches. Dans les bilans de l’année, la bonne santé des milliardaires a été soulignée. Ainsi, le patron de LVMH Bernard Arnault a vu sa fortune augmenter de 7 milliards d’euros (+ 22 %). Le patrimoine de ce monsieur permettrait de payer 1,5 million de salariés au smic, cotisations comprises, pendant une année. Ou encore de construire 50 hôpitaux et des centaines d’écoles. Non seulement nos gouvernements ne limitent pas cet enrichissement, mais ils l’alimentent par les cadeaux fiscaux aux entreprises.

La fortune des plus riches se construit avec l’exploitation des travailleurs : les ouvrières du textile au Bangladesh, récemment licenciées par centaines pour avoir fait grève pour une augmentation de leur salaire, fixé à 63 dollars mensuels ; les mineurs du Congo qui, dès l’enfance et au péril de leur vie, vont extraire les métaux rares dont les multinationales de l’électronique ont besoin. Avec aussi l’exploitation des travailleurs ici, comme cette caissière d’un Auchan City de Tourcoing licenciée pour un écart de caisse de 0,85 euro, ou comme cette autre caissière du même supermarché, enceinte, qu’on a obligée à rester à son poste de travail jusqu’à en faire une fausse couche. Ce n’est pas seulement la férocité d’un chef qui est en cause. C’est surtout que derrière, il y a des actionnaires, la famille Mulliez, dont l’enrichissement repose sur l’exploitation sans limite de leurs salariés.

Alors, si on peut faire un vœu pour 2017, c’est que les travailleurs se servent de leur force, de leur rôle indispensable dans l’économie, où ils produisent toutes les richesses. Qu’ils s’en servent pour défendre leurs intérêts, pour mener la lutte de classe. Pour contester l’ordre social capitaliste qui met en péril toute l’humanité.

Et puis, au printemps, nous serons appelés à voter pour l’élection présidentielle. Cela ne changera pas les choses, car quel que soit l’élu, il gouvernera pour les riches. Mais les travailleurs peuvent se servir du bulletin de vote pour se faire entendre. Ils peuvent se servir du bulletin de vote pour dire leur rejet de ce système capitaliste aussi injuste que barbare. Ce sera le sens de la candidature communiste de Nathalie Arthaud.


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