Hamon encombrant pour le PS, Mélenchon en pleine forme dans certaines enquêtes

mardi 21 mars 2017.
 

- Le PS glisse vers Macron

- Hamon, un candidat officiel devenu encombrant

- Mélenchon en pleine forme dans certaines enquêtes

Le PS glisse vers Macron

Il y a des évidences qui aveuglent les principaux concernés : cette élection n’est pas celle de Benoît Hamon, beaucoup trop contesté dans son propre camp, dont les chances s’amenuisent et dont la présence risque finalement d’entraver la vraie gauche, en la privant d’une possible victoire à la présidentielle. 61% des sympathisants PS approuvent le soutien à Macron et non à Hamon (Sondage Odoxa pour France Info, publié le 10 mars).

C’est de plus en plus une évidence, à laquelle assistent, impuissants, les électeurs socialistes, confrontés à un trop plein de candidatures issues de la Hollandie ! Lequel, entre Macron et Hamon, est de trop ? Apparemment Hamon serait devenu un candidat encombrant. Il semblerait que, sous les prétextes de programme trop à gauche et de vote utile, eu égard aux sondages plaçant Macron en bonne position pour figurer au second tour, la présence de Hamon ne se justifierait plus. En tout cas, aux yeux de personnalités de la gauche sociale libérale et de membres du gouvernement (1), chaque jour plus nombreux à rallier « En Marche ».

Leur argument est par ailleurs renforcé par cette autre évidence : le créneau de la vraie gauche est dominée par Mélenchon et sa France Insoumise, qui confirment avoir les faveurs d’une majorité d’électeurs de gauche, après avoir tangué dans certaines enquêtes d’intentions de vote -volontairement orientées en faveur d’Hamon-, juste après sa victoire à la primaire socialiste. Coincé dans le micmac d’une impossible synthèse, la posture de Benoît Hamon paraît de plus en plus inconfortable.

Hamon est censé représenter l’ensemble du parti socialiste. Sauf que, dans les faits, le parti, divisé, conteste sa légitimité -même si la primaire l’a désigné candidat officiel-, à porter son projet. Avancer avec le soutien plus que réservé de gens qui ne croient pas en vous, qui ne vous reconnaissent pas comme votre chef ou votre porte-parole, tel est l’écueil de Hamon. Même si l’homme est sincère et authentique, le voilà piégé dans une impasse politicardo-politicienne, qui entame chaque jour sa crédibilité à défendre l’idéologie de gauche dont il se réclame.

Hamon, un candidat officiel devenu encombrant

Mais quel projet peut-il porter en réalité ? Celui des socio-libéraux hollandais, majoritaires au PS, acquis au libéralisme imposé par la finance et les privilégiés de ce monde, ou celui des frondeurs, minoritaires, lesquels, pendant cinq ans, n’ont été capables que de quelques escarmouches stériles contre la politique antisociale de Valls ? L’affaire n’est pas simple pour Hamon, tiraillé entre des contraires inconciliables, auquel le Premier ministre enjoint, pour ne pas dire ordonne, de rassembler son camp en passant ses convictions frondeuses par pertes et profits.

Manifestement, les Français de gauche semblent prendre conscience de l’incongruité suicidaire de la présence d’un candidat, contré par son propre camp, qui risque de disperser les voix de la vraie gauche, au détriment de son représentant le plus légitime à cette présidentielle, considération faite d’une démarche solide, ancrée dans le temps et portée par une puissante conviction : Jean-Luc Mélenchon.

Comment ne pas voir en effet, quand on est citoyen lambda, que deux candidats issus de la même matrice –Macron et Hamon-, qui ont été ministres tous les deux sous le mandat de François Hollande, vont se livrer à une concurrence destructrice. Un combat duquel résultera cette autre évidence : la mort -quasi certaine- du parti socialiste et son éclatement en deux ou trois sensibilités. Avec cette perception de plus en plus répandue, au PS, d’un Benoît Hamon décidément bien encombrant.

Mélenchon en pleine forme dans certaines enquêtes

Comment ne pas redouter la neutralisation des deux candidats de la gauche humaniste et progressiste, au profit des candidats des riches et du système que sont Fillon et Macron ou de la candidate des restrictions des libertés, Marine Le Pen ?

Reste que les Insoumis ont des raisons de ne pas s’en laisser conter par le déferlement de chiffres visant à reléguer leur candidat à une cinquième ou sixième place au premier tour. Contrairement aux résultats de la plupart des sondages, assénés, à dessein, quotidiennement, pour accréditer la victoire de Macron, certaines enquêtes sur internet tendent à infirmer les pronostics. Celle de l’hebdomadaire Le Point, qu’on ne peut taxer d’être à gauche, en est une illustration et montre un Mélenchon en pleine forme dans les intentions de vote.

A méditer, même si la réserve reste de mise !

Verdi

(1) Présidentielle : 61% des sympathisants du PS approuvent les cadres socialistes qui soutiennent Macron et non Hamon.


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