Avec Jean-Luc Mélenchon Lettre ouverte aux maires et conseillers municipaux (par René Revol, maire de Grabels)

samedi 6 mai 2017.
 

Source : https://leblogderenerevol.wordpress.com/

Chers collègues,

Je fais partie des 850 parrainages qui ont permis à Jean-Jean Luc Mélenchon d’être candidat à l’Election Présidentielle. Je l’ai fait non seulement par souci démocratique pour permettre son expression politique mais aussi et surtout parce que je partage les solutions qu’il avance pour notre pays. Et tout particulièrement en tant que maire soucieux de l’avenir de nos collectivités.

Je m’adresse franchement à chacun d’entre vous, conscient qu’à une semaine du premier tour, je me dois et je vous invite à le faire, de prendre mes responsabilités devant mes concitoyens.

Quatre candidats sont aujourd’hui susceptibles d’être qualifiés pour le second tour. Tout citoyen attaché à la république et à la paix civile se doit de rejeter la candidature de Madame Le Pen dont le programme se fonde sur la division et la haine des Français entre eux. Quant à Messieurs Fillon et Macron, leurs propositions nous promettent un avenir très sombre pour nos collectivités. Non seulement ils ne remettent pas en cause la réforme territoriale du quinquennat et les profondes atteintes à la libre administration des communes, mais leurs plans de réduction massive pour les cinq ans à venir du nombre de fonctionnaires (150 000 pour Macron, 500 000 pour Fillon) concernent au premier chef selon leurs propres dires les collectivités locales. Cela conduirait à un affaissement des services publics municipaux, à des mesures drastiques, voire à des fermetures ou des privatisations – par exemple pour les crèches municipales ou les services périscolaires. Quel sort serait alors réservé aux polices municipales ou aux centres communaux d’action sociale (dont un rapport officiel soulignait le soi-disant double emploi avec d’autres services sociaux) ? Les moyens de contrainte, clairement annoncés, relèvent de mesures d’asphyxie de nos finances communales. Serait ainsi accentuée la sévère diminution de la dotation globale de fonctionnement mise en oeuvre sous le mandat de Monsieur Sarkozy avec l’aide de Monsieur Fillon puis sous le mandat de Monsieur Hollande avec l’aide de Monsieur Macron. Ce serait pour l’ancien premier ministre une réduction de 7 ½ milliards sur cinq ans, et pour l’ancien ministre de l’économie de 10 milliards.

Confrontées aux difficultés présentes de boucler le budget de l’année 2017, nos municipalités seraient avec de telles réductions proprement asphyxiées. Pour sa part Monsieur Macron ajoute à cela sa proposition de la suppression de la taxe d’habitation pour 80 % des foyers fiscaux en nous annonçant une compensation financière par l’État. Si par expérience nous savons que ces promesses de compensations de l’État se réduisent comme peau de chagrin, nous savons aussi que l’objectif poursuivi dans cette affaire est de nous dessaisir du levier fiscal. Pour un gouvernement courageux ces deux impôts injustes que sont la taxe d’habitation et la taxe foncière appelleraient une profonde réforme pour les indexer sur le revenu et la richesse, mais ne devraient en aucun cas être instrumentalisées contre les collectivités locales.

En tant que Maire, notre responsabilité est aujourd’hui engagée pour barrer la route à la mise en oeuvre de politiques qui mettraient à mal l’intérêt de nos communes.

Vous pouvez, sans avoir à partager tout le programme porté par Jean-Luc Mélenchon dans l’Avenir en Commun, prendre acte des propositions utiles qu’il avance pour nos collectivités.

Dans le cadre de la refondation républicaine, à travers l’élaboration d’une nouvelle constitution, il propose de rétablir pleinement la libre administration des communes qui, depuis la révolution française, est l’un des principes fondateurs de la République. Seraient dans ce cadre remis en cause les funestes réformes territoriales de ces dernières années de concentration dans les métropoles et les grandes régions des moyens et des pouvoirs, de l’éloignement des citoyens des centres de décision. La remise à plat de la réforme territoriale est une urgence et un chantier qui nous incombe au premier chef.

Jean-Luc Mélenchon propose par ailleurs de rétablir les dotations de l’État aux communes au niveau où elles se trouvaient avant les deux derniers quinquennats. Son programme inclut aussi un plan d’investissement massif de 100 milliards d’euros sur cinq ans pour la transition écologique et l’investissement public ; nos communes sont en attente de tels investissements publics. Il propose, outre la suppression de la très mauvaise réforme des rythmes scolaires, que l’État finance les communes pour leur permettre de garantir la gratuité des cantines scolaires. Pour ma propre commune de 7500 habitants, accueillant plus de 700 enfants dans ses écoles maternelles et élémentaires, j’ai fait un calcul de ce que coûterait une telle mesure : cette dépense serait inférieure à la baisse de la dotation qu’on nous a imposé depuis cinq ans, le rétablissement de l’ancien niveau de la DGF le permettrait.

Chers collègues, une élection présidentielle n’est pas un concours de beauté pour choisir le gendre idéal. C’est un choix collectif qui engage l’avenir. En soutenant Jean-Luc Mélenchon faisons ensemble le choix de l’optimisme.

René Revol


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