La France Insoumise avec Juan Branco, avocat de WikiLeaks

lundi 22 mai 2017.
 

Conseiller juridique du lanceur d’alerte Julian Assange et avocat de l’organisation WikiLeaks, Juan Branco a décidé de se lancer en politique à 27 ans.

Il se présentera dans la 12e circonscription de Clichy-sous-Bois.

Qui est Juan Branco ?

À seulement 26 ans, Juan Branco conseille les plus grands

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D’Aurélie Filippetti à Julian Assange, ce Français d’adoption né en Espagne travaille depuis ses vingt ans aux côtés de grands noms. Juriste avide de connaissances, il vient de sortir « L’ordre et le monde », un essai où il met à nu la Cour pénale internationale qu’il juge non sans faille.

Passé la porte du troquet parisien dans lequel il nous a donné rendez-vous, Juan Branco retire sa capuche et passe la main dans ses cheveux broussailleux. Un geste qu’il répétera souvent pendant l’entretien. « Je n’aime pas parler de moi, ça me gêne. » Au premier abord, il ressemble à n’importe quel autre jeune de son âge. Pourtant, à seulement 26 ans, le jeune homme a un CV impressionnant - six pages tout de même.

Ex-assistant du procureur de la cour pénale internationale (CPI), ancien conseiller d’Aurélie Filippetti durant la campagne présidentielle de François Hollande, ancien conseiller de Laurent Fabius au Quai d’Orsay, ex-enseignant à la prestigieuse université de Yale aux États-Unis, et désormais conseiller juridique de Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, Juan Branco a un parcours qui frôle le surréalisme pour son âge. « Je suis aussi chercheur au Max Planck, l’équivalent allemand du CNRS », précise-t-il.

Mais comment a-t-il pu faire tout cela, en si peu de temps ? « J’ai dû beaucoup travailler et j’ai eu aussi la chance de faire les bonnes rencontres », répond-il. Diplômé de l’École normale supérieure et de Sciences Po Paris, il a multiplié les masters spécialisés : philosophie et politique, affaires publiques… « Je voulais comprendre le monde qui m’entourait. »

Fils d’un père portugais et d’une mère espagnole, Juan parle du chemin de vie de ses parents avec admiration. « Quand ils sont arrivés en France, ils ont dû tout construire et ils ont réussi tous les deux à se façonner une carrière. » Son père, Paulo Branco, s’est même fait un nom en tant que producteur. Avec près de 300 films produits, il est une des personnalités internationales les plus reconnues du cinéma d’auteur. Une figure imposante voire « un peu écrasante. C’est peut-être pour ça que j’ai fait autant de choses en si peu de temps. Il fallait démontrer que je valais quelque chose moi aussi. J’ai toujours veillé à ne jamais abuser de ce que mes parents m’avaient offert et être à la hauteur de tout ça. » « Ce monde n’est pas si intimidant »

Pendant ses études, le jeune homme milite contre la loi Hadopi, qui entend mettre fin aux téléchargements illégaux sur le web. Il intègre alors La Quadrature du Net, une association qui se bat pour les libertés sur Internet. À 22 ans, Juan publie un premier livre Réponses à Hadopi et se fait remarquer par l’équipe de campagne de François Hollande.

Via la Quadrature du Net, il fait la connaissance de Julian Assange, cet informaticien australien devenu l’ennemi numéro 1 des États-Unis pour avoir révélé des documents confidentiels sur les méthodes opératoires de l’armée américaine en Irak. « J’ai commencé à aider Julian et son équipe il y a trois ans. J’ai une spécialité en droit international qui les intéressait et j’ai une connaissance de la France qui leur est utile. »

Une fois par mois, Juan Branco rend visite à l’informaticien reclus à l’ambassade d’Équateur à Londres. Avec une armée de 80 avocats, le Français se bat pour sortir Julian Assange de cette situation. « C’est un rêve de gosse pour moi de travailler avec lui. Il m’a offert l’opportunité de faire quelque chose dans lequel je me suis pleinement identifié. »

Boulimique de travail, Juan passe son temps à écrire et à lire pour comprendre, toujours, encore et encore. À la cour pénale internationale (CPI) où il a officié en 2011 en tant qu’assistant du procureur, il a très vite côtoyé des chefs d’État. « Le fait de vivre cela très jeune donne une certaine force. On se dit que, finalement, ce monde n’est pas si intimidant que cela et qu’on peut le comprendre. » De cette expérience, le jeune homme a tiré un livre L’ordre et le Monde très critique sur le fonctionnement de la CPI.

Avec un tel parcours, Juan Branco pourrait être de ceux qui se la racontent. Même pas ! Loin de lui l’idée de se considérer comme quelqu’un d’important. « J’ai participé à des projets majeurs et j’ai essayé de me rendre le plus compétent possible. » Et quand on lui parle de modèle, le jeune homme a une vision assez égalitaire du monde qui l’entoure. « Je ne me suis jamais fixé sur des personnes, mais plutôt sur des idées. Puis, les gens, au final, quand on les rencontre, on se rend compte que l’on est tous un peu foireux. »

Clémentine MERCIER.


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