Pouvoir d’achat, inégalités, précarité... les raisons de la colère du 26 mai 2018.

lundi 28 mai 2018.
 

Comme l’a fait justement remarquer Jean-Luc Mélenchon dans sa prestation télévisée convaincante du 17 mai à l’émission politique de France 2, il n’y a pas d’incompatibilité entre vérité et colère : constater que 2/3 des profits du CAC 40 sont distribués en dividendes et que moins de de 1/3 sont réinvestis dans la production peut être source de colère en raison des conséquences désastreuses (chômage,…) résultant d’un tel déséquilibre.

La colère qui s’exprimera massivement dans la rue le 25 mai s’appuie sur des faits et non des fantasmes, des faits consécutifs à la mise en œuvre de la politique économique du gouvernement Macron.

Nous examinons ici avec précision la mise en œuvre de cette politique sur quelques points. Nous rappelons pourquoi le mouvement LF I est celui de l’alternative novatrice et humaniste.

Un an après l’élection d’Emmanuel Macron, bon nombre de Français découvre l’écart entre les promesses de sa campagne électorale et les réalités économiques et sociales résultant pour une bonne part de ses décisions politiques qui ne sont guère réjouissantes aujourd’hui. En outre, rappelons que l’ouverture à la concurrence de la SNCF, source prévisible de conflits, n’avait pas été annoncée. Même omission volontaire concernant la réforme pour l’entrée à l’université. Le mécontentement social dans un nombre croissant de branches professionnelles s’amplifie.

Le pouvoir d’achat.

La hausse de la CSG.

Rappelons que celle-ci se décompose en deux parties : une déductible d’impôt et l’autre non déductible.

Avec la réforme Macron la CSG déductible est augmentée de 1,7 % par rapport au salaire brut ou à la pension brute.

La présentation des médias est imprécise sinon tendancieuse. Précisons les choses.

–Pour les retraités, la CSG globale s’élève à 6,6 % de la pension brute dont 4,2 % déductibles. Avec la réforme Macron, la CSG déductible passe de 4,2 % à 5,9 % soient une augmentation relative de 40 % de la CSG déductible. Quant à la CSG globale, elle passe de 6,6 % à 8,3 %.

Pour un grand nombre de ménages de retraités, la ponction sur, la pension annuelle est comprise entre 500 € et 1500 €. Une telle mesure n’est justifiable ni moralement, ni économiquement.

–Pour les salariés, la CSG globale s’élève à 7,5 % du salaire brut dont 5,1 % pour la déductible. Celle-ci passe de 5,1 % à 6,8 % du brut soit environ 30 % d’augmentation relative.

Quant à la CSG globale, elle passe de 7,5 % à 9,2 % du brut. Pour les salariés, la hausse de 1,7 % de la CSG déductible par rapport au brut serait compensée largement par une « suppression des cotisations sociales » selon les médias au service de la propagande gouvernementale.

En réalité, il ne s’agit que de la suppression de la cotisation d’assurance-maladie (0, 75 % du brut) et de la cotisation chômage (2,40 %) soit une réduction globale de 3,15 % du brut et non pas de l’ensemble des cotisations sociales qui s’élèvent généralement à 22 %–25 % du brut.

Cela ferait donc en principe une hausse de 3,15 % -1,7 % = 1,45 % de hausse du salaire brut.

Sauf que… : cette hausse légère du salaire va s’accompagner d’une hausse des impôts sur le revenu et attention au changement de tranche d’imposition. D’autre part, toute une série de hausses a lieu en 2018 : +10 % pour le carburant diesel ; +4 % pour l’essence ; jusqu’à +5 % pour l’électricité et le gaz ; augmentation du péage des autoroutes ; augmentation importante du prix des timbres–postes ; etc. Nous arrêtons ici, car la liste serait longue.

Les petits coups de pouce ici ou là seront totalement annulés par la hausse des prix.

Or, la stagnation du pouvoir d’achat ne permet pas aux entreprises productives de remplir leur carnet de commandes. Ce qui implique la disparition de petites entreprises et l’augmentation du chômage. Le pouvoir d’achat des familles, contrairement aux annonces de Macron pendant la campagne électorale continuera à stagner sauf pour les catégories sociales les plus riches.

Taxe d’habitation

Le gouvernement annonce une suppression totale de la taxe d’habitation pour 80 % des ménages d’ici 2020. Et en attendant, un abattement de 30 % en 2018 et de 65 % en 2019. Ceci, sous condition que Le revenu fiscal de référence ne dépasse pas 27 000 € pour un célibataire, 43 000 € pour un couple auxquels on ajoute 6000 € par demi-part fiscale.

Mais, si l’exonération touche tous les ménages à partir de 2021, comment va-t-on compenser les 22 milliards d’euros qui manqueront aux communes pour assurer leurs dépenses ? En augmentant évidemment les impôts perçus par l’État ou en créant une nouvelle fiscalité territoriale. À moins que l’on restreigne encore les dépenses publiques… mais cela n’empêche pas le gouvernement d’octroyer d’énormes crédits d’impôt aux groupes du CAC 40 qui ont perçu à cet effet 26 milliards d’euros en 2017. (Rapport Oxfam mai 2018). Macron est un expert dans la plomberie des vases communicants entre les bourses des classes moyennes et des classes populaires.

Le problème du logement.

Un élément important du pouvoir d’achat est celui du prix à payer pour se loger. En 2017, le prix moyen du mètre carré à Paris s’élevait à 9000 €, record historique. Le prix moyen du mètre carré en France est D’environ 2900 € le mètre carré pour l’achat et 11,50 euros le mètre carré pour la location.

L’endettement des ménages s’étale donc sur une bien plus longue durée qu’il y a 20 ans pour accéder à la propriété. Quant aux locations, elles atteignent fréquemment l’équivalent de la moitié d’un SMIC pour les ménages modestes qui sont obligés de vivre à l’étroit.

Les pleins pouvoirs de Macron, dit Jupiter, arriveront-ils à rendre le logement plus abordable ? On peut en douter vu sa croyance aux bienfaits du marché libre.

Dans les grandes villes, Ces 20 dernières années, les prix du logement ont en moyenne augmenté de 4 % à 12 % par an selon les villes. On compte en France 9 millions de personnes mal logées et 143 000 sans-abri. La fondation Abbé Pierre ne cesse de constater une aggravation de la situation en France.

La précarité de l’emploi.

Elle ne frappe plus seulement les emplois à faible qualification mais aussi ceux des cadres moyens et même ceux des cadres supérieurs. Ces catégories sociales, qui ont voté majoritairement Macron, abusés par une campagne médiatique macronienne d’une intensité et d’une ampleur sans précédent dans l’Histoire, vont se rendre compte que le siège sur lequel ils sont assis est de plus en plus éjectable et que le stress qu’ils subissent au travail sera de plus en plus important. Ils constateront que les ordonnances Macron qui sont censées « libérer le travail » les enchaîneront encore plus.

Les ordonnances Macron ne font et ne feront qu’aggraver cette précarité de l’emploi qui contribue à induire dans l’esprit des citoyens un sentiment d’insécurité et d’anxiété permanent.

La reconnaissance du métier et de la qualification s’estompe de plus en plus pour faire place à une polyvalence précaire faisant disparaître la compétence et la conscience professionnelle.

L’ingénieur qui autrefois dirigeait l’entreprise et avait une certaine liberté d’action en prise directe avec la réalité est désormais vassalisé par les contraintes financières imposées par les actionnaires obsédés par la course au profit maximal.

La croissance des inégalités.

Les 2 % des ménages les plus riches voient leurs revenus et leur patrimoine augmenter sans cesse alors que les classes moyennes stagnent et les classes populaires s’appauvrissent. Notre pays compte 9 millions de pauvres alors que la France compte le plus grand nombre de millionnaires en euros en Europe et est le premier pays distributeur de dividendes en Europe.

Les classes les plus aisées n’avaient donc pas besoin des 4 à 5 milliards de cadeaux fiscaux du gouvernement Macron. Même des experts du FMI et de la Banque de France s’accordent pour dire que ce genre de mesure n’a pas d’impact notable sur la croissance économique et la création d’emplois.

Selon une étude récente (Oxfam 12/05/2018), les groupes du CAC 40 n’ont réinvesti que 27,5 % de leurs profits dans la production, 5 % pour l’intéressement de leurs salariés ; le reste, près de 68 % distribués en dividendes.

Cette insuffisance de l’investissement constitue l’une des causes principales du chômage de masse.

Les PDG de ces groupes gagnent en moyenne 257 fois le SMIC et 119 fois le salaire moyen de leurs employés.

Rappelons par ailleurs que les inégalités de patrimoine ne font que s’accroître : le patrimoine moyen des 10 % des ménages les plus riches est 627 fois plus élevé que le patrimoine moyen des 10 % des ménages les plus modestes. Qui sont les extrémistes ? Ceux qui acceptent cette situation et ne font rien pour y remédier ou ceux qui la dénoncent et proposent des solutions pour diminuer ces écarts astronomiques comme La France Insoumise(LFI) ?

Force donc est de constater que ce qui prime pour ce gouvernement, ce sont les intérêts d’une minorité de grandes fortunes constituant une sorte de caste oligarchique.

Mais ce sont eux aussi qui possèdent la quasi-totalité des médias et permettent à ceux qui servent leurs intérêts d’avoir le maximum de temps de parole et de commentaires qui leur soient favorables.

Une partie de l’appareil médiatique est donc devenue une véritable armée d’une guerre idéologique qui est menée contre le mouvement social et contre une force alternative comme La France Insoumise. Tout est fait pour rendre invisible son programme très élaboré, L’Avenir en commun et pour utiliser n’importe quels prétextes, fausses informations dans le but de dénigrer représentants de LFI. Tout est fait aussi pour créer des diversions et pour diviser la population en opposant des catégories professionnelles, ethniques ou religieuses entre elles.

Chacun peut alors choisir son bouc émissaire : l’immigré, le fonctionnaire, le musulman, le retraité, le jeune qui ne veut rien foutre, les assistés sociaux, les gens du voyage, le chômeur fraudeurs, le « premier de cordée » contre le « premier de corvée », etc.

Et pendant ce temps, les véritables responsables du chômage, de la précarité, du blocage des salaires continuent à se remplir les poches et observent avec amusement « La valetaille » en train de s’entre-déchirer sur des thématiques de division promues par les médias qui se gardent bien de faire connaître les véritables alternatives au système en place.

L’Avenir En Commun , programme de LFI, une alternative réaliste et humaniste.

LFI n’est pas un parti mais un mouvement ouvert à tout citoyen préoccupé de justice sociale et d’écologie.

Son programme défend une économie plurielle équilibrée qui écarte tout extrémisme : un secteur public de qualité (État et collectivités territoriales)pour servir l’intérêt général (éducation, recherche, santé, énergie, gestion de l’eau, télécommunications, transports collectifs, pôle public bancaire et de recherche pharmaceutique), un secteur privé plus favorable aux TPE / PME et un droit social plus protecteur pour les salariés, un secteur d’économie sociale et solidaire (coopératives, associations, mutuelles). On est donc loin de l’extrémisme macronien du « tout privé » et de l’extrémisme extrême gauche du « tout État ». L F l est pour la sortie de l’OTAN pour éviter que la France se trouve embarquée dans un conflit armé contre la Russie, l’Iran ou contre tout autre pays qui n’a aucune intention de nous agresser. LFI défend l’idée d’une France pacifiste et non alignée.

Autre caractéristique du mouvement : LFI est résolument pour la sortie du nucléaire et pour l’utilisation massive des énergies renouvelables.

Pour deux raisons : un accident nucléaire majeur en France pourrait tout simplement rendre notre pays invivable pour des milliers d’années ; les énergies carbonées contribuent à la pollution atmosphérique et au réchauffement climatique susceptible d’engendrer des catastrophes climatiques majeures (ouragans, tornades, raz-de-marées, submersion de grandes surfaces habitées,…)Ce genre de considérations ne semble pas alarmer ceux qui nous gouvernent, qui ne voient le monde qu’à travers le trou d’une serrure, … celle d’un coffre-fort.

LFI a une vision globale de la société dans ces différents champs : économique, social, écologique, politique et culturel (dont l’éducation et la recherche) qui sont à la fois articulés et font l’objet de propositions précises censurées par les médias car ces derniers veulent faire croire qu’il n’existe pas de solutions alternatives au système économique dominant.

Alors quels médias alternatifs pour être informé (e) ?

Le Média.tv : https://www.lemediatv.fr/les-programmes/

Le site de La France Insoumise https://lafranceinsoumise.fr/

Presse et webzines : Le Monde diplomatique, Basta Mag, Fakir,

Mediapart, Politis, Les crises, le vent se lève, le Grand soir, Là-bas si j’y suis, Arrêt sur image,…

L’Avenir en commun sur le net : https://laec.fr/

Les livrets de la France Insoumise : https://avenirencommun.fr/livrets-t...

Hervé Debonrivage


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