Criminalité du néolibéralisme en matière de santé publique.

dimanche 12 août 2018.
 

Une politique sanitaire austéritaire qui peut s’avérer meurtrière.

On n’en finirait pas d’énumérer les dégâts sociaux et psychologiques occasionnés par la politique néolibérale qui sévit dans notre pays depuis plusieurs années. Mais il est un secteur particulièrement sinistré, c’est celui de la santé publique.

Nous nous référons ici à une étude britannique sur les dégâts meurtriers résultant de la mise en œuvre d’une politique d’austérité dans le secteur de la santé.

Alors que le gouvernement Macron et la majorité de droite à l’Assemblée nationale ont adopté un budget de la santé publique en baisse de 4,2 milliards d’euros, une étude britannique a déjà montré le caractère délétère pour ne pas dire criminel d’une telle politique sanitaire alors que les personnels de soins dans notre pays sont soumis à des conditions de travail insupportables ou pour le moins extrêmement difficiles.

Comme le gouvernement précédent le gouvernement Macron compte sur les économies réalisées par le « virage ambulatoire ».

Sur le budget, voir par exemple l’article de Libération intitulée : Budget de la sécurité sociale : rigueur à l’hôpital http://www.liberation.fr/france/201...

Voici un article du Figaro concernant cette étude britannique intitulée :

Quand le budget de la santé diminue, la mortalité augmente

Par Journaliste Figaro Cécile Thibert Publié le 09/12/2017

URL source : http://sante.lefigaro.fr/article/qu...

Les coupes de dépenses sociales et de santé réalisées à partir de 2010 en Angleterre auraient entraîné 45.000 décès supplémentaires sur la période 2012-2014.

À première vue, c’est un lien qui semble logique : lorsqu’un État diminue ses dépenses en matière de santé, ses administrés ont moins accès aux soins et le nombre de décès augmente. Il aura toutefois fallu le travail de dix chercheurs britanniques pour mettre en évidence l’existence d’une telle corrélation.

Leur étude, publiée le 15 novembre dans le British Medical Journal, montre que les coupes de dépenses sociales et de santé réalisées à partir de 2010 en Angleterre auraient entraîné 45 000 décès supplémentaires sur la période 2012-2014, par rapport au nombre de décès attendu. Ces décès concernaient en grande majorité des personnes de plus de 60 ans bénéficiant de soins à domicile. Le nombre de décès à l’hôpital, lui, ne semble pas avoir été affecté. Par ailleurs, une baisse de l’espérance de vie a également été observée : environ 4 mois pour les hommes et 5 mois pour les femmes.

Alors que tout au long des années 2000 les dépenses publiques de santé ont augmenté annuellement de 4 % en Angleterre, elles ont été drastiquement réduites à partir de 2010. De même, les dépenses de protection sociale ont diminué de plus de 1 % chaque année entre 2010 et 2014. Or, dans le même temps, « la demande et les coûts des soins ont augmenté », précisent les auteurs, ajoutant que « de nouveaux traitements et technologies ont fait leur apparition ». Quant à la population, elle n’a cessé de croître et de vieillir, suscitant des besoins accrus, en particulier chez les plus de 85 ans, qui seront 1,8 million en 2020, contre 1,6 million en 2015.Si les chercheurs n’ont pas identifié la nature de ces décès en excès (qu’ils ne qualifient d’ailleurs pas d’« évitables »), ils avancent plusieurs hypothèses pour les expliquer : la baisse drastique du nombre d’infirmiers (6 000 de moins entre 2010 et 2012), la tendance visant à renvoyer chez eux ou dans des foyers les patients ayant un mauvais pronostic vital, ou encore le coût élevé des services de soins à domicile, souvent privés. Les auteurs alertent donc sur la nécessité d’augmenter les fonds alloués au système médico-social et de favoriser les embauches de personnel infirmier, sans quoi 150.000 morts en excès pourraient survenir entre 2015 et 2020.

Une question reste toutefois en suspens : ces décès supplémentaires sont-ils uniquement imputables à l’austérité budgétaire ? Dans leur étude, les chercheurs ne prennent par exemple pas en compte le baby-boom survenu entre les années 1945 et 1950. Un « excès » de naissances qui pourrait expliquer en partie cet « excès » de décès.

Fin de l’article

Un commentaire intéressant (Toubib 44)

■ C’est la démonstration avérée de la conséquence prévisible des soins dits "ambulatoires" : quand on renvoie prématurément les patients à domicile et qu’on diminue leurs soins, la morbidité et la mortalité augmentent (cf les chiffres du NHS).

■ Et en plus, en France, les litiges augmentent (cf les chiffres de la MACSF).

Mon Commentaire :

La réserve qui est avancée par la journaliste concernant le baby-boom n’affaiblit pas mes renforce les conclusions de l’étude. En effet, le nombre de malades dans une population augmente avec l’âge. Ainsi mécaniquement, le nombre de personnes nécessitant des soins devrait impliquer non pas une diminution mais une augmentation des moyens médicaux. La pénurie de ses moyens et donc encore aggravés lorsque la population malade augmente.

Un bon nombre d’élus locaux de droite, macroniens et socialistes, face à la multitude des protestations du corps médical sont contraints de reconnaître l’État très dégradé des conditions de soins notamment dans les hôpitaux et en particulier dans les services d’urgence. À coups de déclarations larmoyantes et de lettres envoyées individuellement aux électeurs (des milliers d’euros de frais postaux payés par les contribuables), ils dénoncent insuffisance des moyens investis par l’État pour le bon fonctionnement des hôpitaux et de la médecine de ville ou rurale. L’État serait-il neutre ? Il est nécessaire de rappeler que les différents ministères de l’appareil d’État sont sous la direction de ministre ayant adopté la politique gouvernementale notamment sur le plan budgétaire.

Ils oublient de dire que depuis 20 ans leur camp politique a voté des lois et des budgets concernant la santé publique ne permettant pas de faire face aux besoins.

Ce genre de procédé est utilisé dans d’autres domaines. Les mêmes dénoncent une pénurie dans tel ou tel domaine en s’abstenant de rappeler que ce sont eux ou leurs amis qui ont voté pour une restriction dans les dotations budgétaires de l’État vers les collectivités territoriales sachant que le budget de l’État est voté par ces mêmes quand politique.

Il appartient au ligne x militants de LF I de dénoncer ce type d’escroquerie intellectuelle qui spécule sur l’ignorance et la naïveté d’un bon nombre d’électeurs.

Annexe

Vidéo sur la santé publique France Insoumise https://avenirencommun.fr/2016/10/1...

vidéo sur le contre budget de la France insoumise https://melenchon.fr/2017/11/02/pre...

Réponse de LF I aux associations et aux professionnels de la santé avec l’Avenir en commun. https://avenirencommun.fr/france-in... Livret thématique sur la santé de LF I https://avenirencommun.fr/le-livret...

Groupe de la France Insoumise à l’Assemblée nationale. http://www2.assemblee-nationale.fr/...)/42317

En cliquant sur chaque photo vous accédez aussi aux interventions de chaque député de LF I.

Hervé Debonrivage


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