Le 18 décembre 1943 : Le Résistant Addi Bâ est fusillé après plusieurs mois de tortures par la gestapo

vendredi 21 décembre 2018.
 

L’histoire de Mamadou Hady Bah dit Addi Bâ ne vous est probablement pas familière. Pourtant ce tirailleur devenu résistant est le courage et la dignité incarnés. Né vers 1916 dans l’actuelle Guinée il rejoint la France à la fin des années 30. Il est notamment employé en tant que cuisinier à Paris.

En 1939, ce jeune musulman s’engage volontairement et incorpore le 12e Régiment de tirailleurs sénégalais. Mais après quelques mois de combats, notamment dans les Ardennes, c’est la débâcle.

L’armée française est défaite. Des milliers de soldats noirs sont massacrés par les nazis. Addi Bâ est fait prisonnier dans les Vosges avant finalement de parvenir à s’évader.

Il se réfugie alors dans une forêt avec plusieurs dizaines de tirailleurs. Ceux-ci parviennent à tenir grâce à la solidarité d’habitants des villages alentours qui prennent notamment le risque de leur fournir des soins, de la nourriture et cachent leur présence aux Allemands.

Après plusieurs semaines, les soldats africains réussissent à rejoindre la Suisse. Mais Addi Bâ décide, lui, de rester en France. Installé dans le village de Tollaincourt, il s’affaire officiellement à des taches agricoles.

Mais en réalité, il participe à ses premières actions en tant que résistant : missions de renseignement, d’évacuations…

C’est ainsi qu’il fait la rencontre de Marcel Arburger avec qui il fonde en 1943 le maquis de la Délivrance. Destiné à accueillir les jeunes réfractaires au STO (Service du Travail Obligatoire), le camp se forme et se développe en forêt. Grâce à ses solides et précieuses relations nouées avec les habitants de la région Addi Bâ s’occupe du ravitaillement. Il encadre aussi les jeunes recrues.

Le premier maquis du département regroupe bientôt plus d’une centaine de membres. L’inexpérience et le manque de logistique des résistants vosgiens finissent cependant par leur joueur des tours. Victimes d’indiscrétions ou de dénonciations ils sont débusqués.

Le 15 juillet 1943, celui que les nazis surnomment le « terroriste noir » est arrêté. Emprisonné à Épinal, il est torturé pendant plusieurs mois par la Gestapo mais restera silencieux jusqu’à sa mort. Le 18 décembre 1943 il est fusillé.

Tombé dans l’oubli son histoire resurgit sur le devant de la scène en 2012 grâce au romancier Tierno Monénembo. « On fleurit les tombes, on réchauffe le Soldat Inconnu. Vous, mes frères obscurs, personne ne vous nomme », Léopold Sédar Senghor.

Matthieu Lépine


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