Élevage et viande Pour un retour à la raison

mercredi 20 février 2019.
 

Plusieurs ONG environnementales, dont le Réseau Action Climat, Greenpeace France, la Fondation pour la Nature et l’homme ou WWF, ont publié une tribune pour défendre l’élevage durable français.

Si les ONG réaffirment, à juste titre, la nécessité d’une diminution globale de notre consommation de viande, elles insistent sur un point essentiel : il s’agit aussi de soutenir les modes d’élevage durable. La diminution de la consommation de viande se fera au profit des élevages paysans et d’une alimentation de meilleure qualité. Les ONG résument : manger de la viande oui, mais en « manger moins pour mieux ».

Car ce n’est pas l’élevage ni la consommation de produits animaux qui sont en soi mauvais pour la planète, mais bien la surconsommation d’une viande « industrielle », de moindre qualité, et dont les conditions de production ne sont pas acceptables, que ce soit socialement, écologiquement ou en termes de bien-être animal.

Mais cela ne saurait faire oublier les nombreux avantages de l’élevage paysan pour l’environnement, les territoires et notre alimentation. Les élevages paysans, intégrés à l’agriculture, valorisent des ressources pastorales ou prairiales non consommables par l’Homme et permettent de boucler les cycles du carbone et de l’azote pour entretenir voire améliorer la fertilité des sols. Il en va de même pour la préservation des ressources en eau, le maintien de la biodiversité et des paysages, la valorisation de coproduits agricoles, la production d’énergie par la méthanisation, la lutte contre le changement climatique… Enfin, manger de la viande en quantité raisonnable améliore globalement la qualité de nos régimes alimentaires.

Pour ne préciser que cet aspect, l’élevage paysan est tout à fait compatible avec la lutte contre le changement climatique. Il est souvent admis que l’élevage est responsable de 18% des émissions de gaz à effet de serre. Cependant, seul un quart de ces émissions est lié à la digestion des ruminants. Le reste est imputable au mode d’élevage : changement d’occupation des sols (déforestation…), production d’aliments (engrais…) et gestion du fumier. Un changement global des pratiques d’élevage, valorisant des ressources locales et l’autonomie protéique des fermes, permettrait de réduire fortement les émissions liées à l’élevage, si bien qu’en considérant le stockage de carbone par les prairies, les élevages paysans sont équilibrés en termes d’émission de gaz à effet de serre.

Romain Dureau


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