« Justice pour Adama et George Floyd » : grand succès du rassemblement antiraciste du 2 juin que Macron n’a pas pu interdire (articles et video)

jeudi 2 juillet 2020.
 

Hier soir à Paris s’est tenu un rassemblement massif, calme et déterminé. Pour demander justice pour Adama Traoré. En solidarité avec le mouvement Black Lives Matter (« les vies noires comptent ») devenu international depuis la mort de George Floyd et qui secoue les États-Unis depuis le lundi 25 mai. Retour en images.

Pour visionner la vidéo du Média lors de cette manifestation, cliquer sur l’adresse URL portée en source (haut de page, couleur rouge).

1) Rassemblement historique et massif pour dire stop à l’impunité policière

Une marée humaine a convergé ce mardi vers le tribunal de grande instance de Paris, à l’appel du comité vérité et justice pour Adama. Les proches d’Adama Traoré, mort pendant son interpellation en 2016, contestent la nouvelle expertise qui dédouane les gendarmes de toutes responsabilité dans la mort du jeune homme. Alors que les Etats-Unis s’embrasent depuis la mort en direct de George Floyd, tué par la police, la foule était venue dire qu’en France aussi les noirs souffrent du racisme et de la violence policière. Devant une foule compacte Assa Traoré et ses soutiens égrènent les noms de ceux qui sont morts parce qu’ils ont eu affaire à la police.

Prompts à dénoncer la situation américaine, pouvoir et médias nient celle qui se trouve sous leurs yeux en France. La préfecture de Paris avait d’ailleurs interdit le rassemblement au nom de l’état d’urgence sanitaire. Au final plus de 20 000 personnes étaient présentes dans ce rassemblement historique. De nombreuses personnalités comme Aïssa Maïga, Abd al Malik ou Camélia Jordana sont venues apporter leur soutien. Des heurts ont éclaté à la fin du rassemblement lorsque la police a commencé à disperser la foule. Une partie des manifestants a dû fuir sur le périphérique pour échapper aux gazs lacrymogènes.

par Antoine Etcheto

2) « Justice pour Adama et George Floyd » : grand succès du rassemblement antiraciste que Macron n’a pas pu interdire

https://linsoumission.fr/2020/06/03...

Retour en images sur le rassemblement « Justice pour Adama Traoré » qui se tenait ce mardi 2 juin à Paris. L’Insoumission était sur place. Rarement rassemblement anti-raciste aura rassemblé autant de monde. Aussi jeune. Aussi mélangé. Aussi déterminé. À demander justice. Justice pour George Floyd. Justice pour Adama. Justice pour tous les autres.

Un rassemblement dans le calme en dépit de la provocation du préfet de Paris Didier Lallement, qui avait interdit le rassemblement. Réputé pour son inhumanité dans le maintien de l’ordre pendant le mouvement des gilets jaunes ou plus récemment de la marche des droits des femmes réprimée férocement, il voulait effrayer par cette interdiction. En vain. On ne confine pas la colère.

Des milliers de personnes ont commencé à affluer en fin d’après-midi descendant l’Avenue de Clichy menant au Tribunal de Grande Instance (TGI) de Paris, lieu du rassemblement. 20 000 personnes selon la police, 40 000 personnes selon les organisateurs. Calmes. Déterminées. Réclamant Justice pour Adama. Abordant des pancartes rendant hommage à George Floyd. Reprenant ses derniers mots devenus célèbre : « I can’t breathe« , « Je ne peux plus respirer ». Slogan entamé par cette foule jeune, mixte, et déterminé à de nombreuses reprises. On y a chanté la Marseillaise, aussi. Puis la police a envoyé des gaz lacrymogènes, une fois de plus, sans raison.

Les violences policières : une réalité en France

Les violences policières en France ont été mises en lumière par le mouvement des gilets jaunes. Par les 23 yeux crevés, les 5 mains arrachées. Par l’affaire Zineb Redouane. Par l’affaire Steve Maia Caniço. Mais elles sont le quotidien des quartiers populaires depuis longtemps. Les contrôles au faciès sont documentés en France depuis 2009 et l’enquête des sociologues Fabien Jobard et René Levy « Les contrôles au faciès à Paris ». Des contrôles pouvant déboucher sur des fins tragiques. La liste des morts suite à l’utilisation d’une technique d’immobilisation létale par la Police est bien trop longue : Abdelhakim Ajimi, Abou Bakari Tandia, Ricardo Barrientos, Mohamed Boukrourou, Abdelilah El Jabri, Lamine Dieng, Wissam El Yamni, Mariame Getu Hagos, Abdelhak Goradia, Amadou Koumé, Allan Lambin, Mamadou Marega, Serge Partouche, Mohamed Saoud, Adama Traoré… La France insoumise a récemment déposé une proposition de loi visant l’interdiction de ces techniques d’immobilisations létales.

Au début de l’année, Cédric Chouviat est venu s’ajouter à cette liste macabre. Et puis, ce 25 mai, George Floyd est mort étouffé par un policier aux États-Unis, enflammant le pays. Et le reste du monde. Des manifestations ont en effet eu lieu depuis aux quatre coins de la planète pour dénoncer le racisme et les violences policières. Le célèbre réalisateur Spike Lee, en a fait un court métrage glaçant, mettant en parallèle la mort de George Floyd avec celle de Radio Raheem, personnage central de son chef d’oeuvre Do The Right Thing. Hier à Paris, beaucoup de pancartes en hommage à George Floyd ont fleuri dans le cortège. Retour en image sur ce rassemblement inédit. Les familles et les proches des victimes ont déjà trop pleuré. Elles demandent simplement la justice et rappellent un principe simple : la police est là pour protéger les citoyens, non pour les menacer. Plus jamais ça.

Par Pierre Joigneaux.


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