La pollution fait son grand retour dans les villes européennes

samedi 4 juillet 2020.
 

Les taux de dioxyde d’azote dans des métropoles comme Paris, Bruxelles ou Milan augmentent à toute vitesse après des mois de dégringolade pendant les confinements. La faute du trafic automobile, qui a repris de plus belle.

Il fallait s’y attendre. Après des mois durant lesquels la qualité de l’air s’est améliorée dans les grandes villes européennes, à la faveur des mesures de confinement, les concentrations de dioxyde d’azote (NO2) repartent à la hausse, d’après le rapport publié le 24 juin par le Centre de recherche sur l’énergie et la qualité de l’air (Crea).

“Les données soulignent que les bienfaits environnementaux du confinement seront peut-être de courte durée, car un plus grand nombre de personnes évitent les transports en commun et privilégient leur véhicule individuel en raison du virus”, analyse le Financial Times. Et c’est dans la capitale française que ce rebond est le plus important : les niveaux de NO2 ont plus que doublé par rapport à la moyenne des trente jours durant lesquels ils étaient au plus bas lors du confinement.

Il faut dire que l’interdiction de circuler à plus d’un kilomètre de son domicile, notamment, avait entraîné une chute drastique du trafic routier et, par conséquent, des concentrations de NO2. Parmi les grandes villes, “Paris a enregistré la deuxième baisse la plus forte liée au confinement (et la plus forte en termes relatifs), soit une diminution de 60 % par rapport aux niveaux de pollution d’avant le Covid-19. Ces chiffres révèlent ce qu’il y aurait à gagner en appliquant des politiques plus ambitieuses en matière de transports”, peut-on lire dans le rapport.

Alors que dans la capitale française on est passé de 13,6 microgrammes de NO2 par mètre cubed’air, le niveau le plus bas, à 29,7 μg/m3 récemment, Bruxelles est passé de 16 μg/m3 à 30,2 μg/m3 et Milan de 19 μg/m3 à 32,9 μg/m3. “À Londres, la pollution de l’air a brièvement dépassé le niveau du préconfinement à la fin mai, quand un week-end prolongé et ensoleillé a entraîné un pic du trafic automobile”, rapporte le quotidien britannique.

Cela dit, les niveaux de pollution actuels, même s’ils sont repartis à la hausse par rapport aux confinements, restent au-dessous de ceux de l’année dernière à la même période dans la plupart des villes d’Europe, selon les données de l’Agence européenne de l’environnement (EEA) sur lesquelles s’est appuyé le Crea. D’autant que de nombreuses villes ont mis en place des mesures temporaires pour favoriser la marche et le vélo, ce que William Todts, directeur de la Fédération européenne pour le transport et l’environnement (une organisation regroupant une cinquantaine d’ONG), voit d’un bon œil.

Cité par le Financial Times, il estime que “la pérennisation ou non des mesures temporaires sera une étape cruciale”, avant d’ajouter qu’il existe “un risque à court terme” que la circulation automobile augmente, en raison de la crainte que suscitent les transports en commun.

Courrier International


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