USA Des inégalités comme pendant les années 1920 : Plus de milliardaires et plus de pauvres

mercredi 16 mai 2018.
Source : Sélection 30
 

La liste des 400 plus riches américains de Forbes n’est pas assez ambitieuse pour accueillir tous les milliardaires.

La liste s’arrête à ceux qui ont engrangé cette année un milliard trois cents millions de dollars.

Grâce aux réductions d’impôts. Grâce à la spéculation. Grâce à l’esclavage.

Pendant ce temps, des millions d’Américains croupissent dans des logements sordides, ou sont obligés de revendre leurs biens, ont des emplois de m... et n’ont droit ni à une couverture sociale, ni à une retraite décentes - quand ils y ont accès.

Pendant ce temps-là aussi, les infrastructures publiques s’effondrent par manque d’entretien et de crédits. Eh, oui, les services publics, tant honnis par les capitalistes, ne font plus recette.

La situation est catastrophique, mais les Républicains, le benêt en tête, et les Démocrates regardent ailleurs et se gargarisent de la belle réussite des entreprises américaines.

Parallèlement, en France, un petit chef teigneux s’apprête à emboîter le pas au big brother américain.

Voici quelques chiffres hallucinants.

Source : http://blog.emceebeulogue.fr/post/2...

Article de Holly Sklar, publié dans Dissident Voice "Billionaires Up, America Down"

Milliardaires en hausse, Amérique en baisse

Quand il s’agit de fabriquer des milliardaires, l’Amérique s’en sort très bien. Jusqu’en 2005, les multimillionnaires figuraient encore sur la liste de Forbes qui recense les 400 premières fortunes en Amérique.

En 2006, la liste ne comportait plus que des milliardaires.

Cette année, il faudrait passer de 400 à 482 entrées pour tous les caser.

Un milliard de dollars, c’est un paquet de thunes. La reine Elizabeth, monarque britannique depuis plus de 50 ans, devrait ajouter 400 millions de dollars aux 600 millions de sa fortune pour parvenir au million de dollars. Et il lui faudrait 300 millions de plus pour atteindre la somme plancher de 1,3 milliards de dollars permettant d’accéder à la "liste des 400" de Forbes. La moyenne des membres de la liste pèse 3,8 milliards de dollars.

A l’heure actuelle, explique Forbes, c’est la bourse qui est reine.

Près de la moitié des 45 nouveaux inscrits, d’après Forbes, "ont fait fortune grâce aux fonds spéculatifs (hedge funds) et aux "’’private equities’’". John Paulson, directeur financier se retrouve sur cette liste après avoir empoché plus d’un milliard de dollars cet été en vendant à découvert des crédits subprime (crédit hypothécaire -mortgage - aux emprunteurs à risque) "

Le vingtième anniversaire de la liste des 400 de Forbes n’est pas un jour de célébration pour l’Amérique.

Nous avons un nombre record de milliardaires - et un nombre record de saisies immobilières.

Nous avons un nombre record de milliardaires : 482 - et un nombre record de personnes sans couverture santé : 47 millions.

Depuis l’an 2000, se sont ajoutés à ceux déjà existant 184 milliardaires et 5 millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté.

En 2006, le seuil de pauvreté officiel pour une personne était fixé à 10.294 dollars par an, atteignant là son niveau le plus bas.

Avec ça, vous ne pourrez même pas vous payer 1 kg de caviar (($9.800) et 25 cigares ($730), d’après l’"indice Forbes du coût d’une vie de luxe".

Le seuil de pauvreté de 20.614 dollars pour une famille de quatre personnes est inférieur au prix de trois mois de décoration florale ($24.525).

La redistribution des richesses s’opère des pauvres vers les riches.

Selon l’étude réalisée par Edward Wolff, professeur d’économie à l’Université de New York, entre 1983 et 2004, la fortune moyenne du 1% des ménages les plus riches a augmenté de 78%. Parallèlement, le revenu des 40% les plus pauvres a diminué de 59%.

En 2004, la valeur nette d’un ménage sur six était nulle ou négative. Pour près d’un sur trois elle représentait moins de $10.000 dollars, y compris la valeur résiduelle de leur habitation.

Et ça, c’était avant la crise du crédit immobilier. En 1982, quand il n’y avait "que" 13 milliardaires sur la liste de Forbes, le PDG le mieux payé touchait 108 millions de dollars par an et le travailleur moyen à plein temps 34.199 dollars, en calculant avec le taux d’inflation en 2006. L’an dernier, le gestionnaire de fonds spéculatifs le mieux payé a empoché 1,7 milliards de dollars, le PDG le mieux rémunéré a perçu 647 millions de dollars, et le travailleur moyen 34.861, avec une couverture santé et une assurance vieillesse en voie de disparition.

La liste des 400 de Forbes est bien plus qu’à l’origine un club huppé réservé aux hommes. Le nombre de femmes qui y figurent est tombé de 75 en 1982 à 39 aujourd’hui.

Les 400 Américains les plus riches représentent une fortune estimée au minimum à 1,54 billions (= milliards de 1000 milliards !) de dollars. Cette somme représente plus de 1% 11% de notre PIB qui s’élève à 13,8 billions de dollars - ce qui correspond à la valeur annuelle de l’ensemble des marchandises et des services du pays pour une population de 303 millions de personnes.

En 1982, la fortune des 400 de Forbes représentait moins de 3% du PIB des Etats-Unis.

Et les riches, fait remarquer Forbes, versent une part moins importante de leur revenu que le reste de la population.

Grâce à des réductions d’impôts massives, les riches peuvent se payer davantage de yachts géants, accompagnés de gadgets comme des hélicoptères et des minis sous-marins.

Et pendant ce temps, les infrastructures des ponts, des digues, des réseaux de transports, des parcs et autres équipements publics hérités des générations de contribuables précédentes tombent en ruine par manque d’entretien et les trous dans les filets sociaux de sécurité s’élargissent de plus en plus.

D’après "les citoyens pour une justice fiscale" (Citizens for Tax Justice), les 1% des ménages les plus riches (revenu moyen 1,5 millions de dollars par an) vont économiser à eux tous 79,5 milliards de dollars sur leurs impôts de 2008.

C’est plus que les budgets du Ministère des Transports, du Ministère des PME, de L’Agence de Protection de l’Environnement et de la Commission de Sécurité des produits de consommation réunis.

On estime à 715 milliards de dollars les économies réalisées par le 1% les plus riches entre 2001 et 2010 grâce aux réductions d’impôts. Ce qui a aggravé la dette publique de 715 milliards de dollars supplémentaires, plus les intérêts. Les enfants et petits enfants des travailleurs sous-payés d’aujourd’hui vont payer l’addition des dépenses somptuaires des ploutocrates actuels et de leur escorte de lobbyistes.

Il est grand temps que le Congrès américain revienne sur les réductions d’impôts des riches et s’attaque aux lacunes des lois fiscales qui font que les spéculateurs de fonds ont un taux d’imposition inférieur à celui de leurs secrétaires.

Les inégalités sont revenues comme pendant les années 1920.

C’était mauvais pour le pays à l’époque. C’est mauvais pour le pays aujourd’hui.

Holly Sklar

http://blog.emceebeulogue.fr/post/2...


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