7 juin De l’OAS à ses nostalgiques du FN

samedi 8 juin 2019.
 

Polop, une commune de la province d’Alicante qui n’avait jusqu’à ce jour pas beaucoup fait parler d’elle, s’apprête à ériger dans son cimetière une stèle honorant l’OAS, formation responsable de la mort de plus de 2 700 personnes, créée… en Espagne le 11 février 1961 avec l’aide de Ramón Serrano Súñer, organisateur de la rencontre entre Hitler et Franco le 23 octobre 1940 à Hendaye, puis entre Franco et Mussolini le 12 février 1941 à Bordighera.

A) Inauguration d’une stèle à Polop (Espagne)

L’inauguration de la stèle est prévue pour le 7 juin. Seront ainsi « gravés dans le bronze », comme l’annonce un document interne de l’Adimad, Association amicale pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus et exilés politiques de l’Algérie française, bien connue pour ses liens étroits avec l’extrême droite, les noms de :

– Jean Bastien-Thiry, ingénieur militaire, lieutenant-colonel de l’armée de l’air, organisateur de plusieurs attentats contre le général de Gaulle, dont celui du Petit-Clamart le 22 août 1962 ;

– Roger Degueldre, lieutenant du 1er régiment de parachutistes de la Légion étrangère, déserteur en décembre 1960, cofondateur avec Jean-Claude Perez des commandos Delta de l’OAS, responsables d’une centaine d’attentats à l’explosif et de nombreux assassinats, dont celui de six inspecteurs des Centres sociaux créés en Algérie par Germaine Tillion, parmi lesquels l’écrivain Mouloud Feraoun ;

– Albert Dovecar, sergent au 1er régiment de parachutistes de la Légion étrangère ayant participé au putsch d’avril 1961 puis déserté pour rejoindre Degueldre, devenu chef du commando Delta 1, responsable en particulier de la mort le 31 mai 1961 du commissaire Roger Gavoury, poignardé à son domicile algérois alors qu’il venait d’être nommé commissaire central à la suite du putsch ;

– Claude Piegts, ancien légionnaire au 1er régiment de parachutistes, membre du commando Delta 1, également responsable de l’assassinat du commissaire Gavoury, première action d’éclat avec laquelle se manifeste l’OAS.

Quatre hommes qui ont été jugés, condamnés à mort et fusillés, le 7 juin 1962 (Dovecar et Piegts), le 6 juillet 1962 (Degueldre) et le 13 mars 1963 (Bastien-Thiry). Où l’on voit que le choix de la date du 7 juin pour l’inauguration de la stèle de Polop ne doit rien au hasard… Il faut dire que, pour les membres de l’Adimad tout autant que pour Louis Aliot, compagnon de Marine Le Pen et nouvel élu du Parlement européen, les membres de l’OAS « sont des héros », des « résistants de l’Algérie française » comparables à ceux qui combattirent pendant l’Occupation. Que dire alors des 4 condamnés à mort et fusillés ? Des martyrs !

B) Béziers : une stèle à la gloire de l’OAS

Source : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2...

Une stèle dans le sud de la France glorifiant des membres de l’Organisation de l’Armée Secrète (OAS), qui s’était opposée par la terreur à l’indépendance de l’Algérie, suscite l’indignation de responsables politiques locaux et de la Ligue des droits de l’Homme (LDH).

Sur la stèle érigée au cimetière de Béziers peu après la guerre d’Algérie (1954/1962) à la mémoire des morts civils et militaires en outre-mer, ont été ajoutées fin 2003 les photos de quatre membres de l’OAS.

"N’oubliez jamais leur sacrifice", enjoint le monument.

"Cette stèle valorise les quatre tueurs de l’OAS condamnés à mort par les tribunaux français et fusillés", dénonce le communiste Jean-Louis Bousquet, conseiller municipal d’opposition, qui vient d’écrire au président Nicolas Sarkozy.

Le conseiller dénonce "la complaisance du maire" et réclame la suppression des ajouts qui ont transformé la stèle en monument pro-OAS.

Les noms ajoutés sont ceux de Jean-Marie Bastien-Thiry, qui organisa en 1962 un attentat contre le général de Gaulle, du créateur des commandos Delta Roger Degueldre, d’Albert Docevar et de Claude Piegts qui ont participé à l’assassinat du commissaire central d’Alger Roger Gavoury en mai 1961.

C) FN, RN et OAS

Front National et OAS

L’osmose est importante dès la création du FN avec un homme comme Roger Holeindre en vice-président.

Jean-Marie Le Pen

Son action en faveur des putschistes d’Alger puis de l’OAS est connue. Il est ainsi arrêté à son domicile en janvier 1960, à l’occasion d’une insurrection des partisans de l’Algérie française à Alger ; il monte à la tribune de l’Assemblée pour défendre son collègue député Pierre Lagaillarde, l’instigateur de la « semaine des barricades », emprisonné à la prison de la Santé ; et il est entendu en novembre 1961 par la police après être intervenu lors d’un meeting à la Maison de la Mutualité où ont été ovationnés l’OAS et Raoul Salan52. Au début des années 1960, il rend visite, à Madrid, à Abel Bonnard, Louis Darquier de Pellepoix, Léon Degrelle et Otto Skorzeny. (Wikipedia)

Louis Alliot

Le sociologue Sylvain Crépon relève qu’« il n’a par ailleurs pas hésité à faire ovationner Bastien-Thiry en meeting, membre de l’OAS et organisateur de l’attentat du Petit-Clamart contre le général de Gaulle »


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