22 avril 1860 Nice et la Savoie rattachés à la France au nom du Droit des peuples à disposer d’eux-mêmes

mercredi 26 avril 2017.
 

Sous l’impulsion de la grande Révolution française, un courant républicain parcourt l’Europe tout au long du 19ème siècle. En Belgique, au Pays bas et en Italie où les révolutionnaires doivent faire face aux puissances impériales. L’Autriche et l’Italie naissante s’affrontent pour la possession de la Lombardie, la Vénétie et le Piémont-Sardaigne.

La France de Napoléon III s’inquiète elle aussi des visées expansionnistes de l’Autriche, rejoint récemment par la Prusse. Aussi le 21 juillet 1858, dans la station thermale de Plombières, dans les Vosges, Napoléon III rencontre en secret Cavour, 1er ministre du Piémont-Sardaigne. Les deux hommes conviennent qu’en cas « d’un acte agressif de l’Autriche » la France viendrait au secours du Piémont et libérerait la Lombardie et la Vénétie. Elle aiderait aussi à la libération des principautés de Parme et Modène et de la Toscane. En échange du rattachement de ces terres au royaume de Piémont-Sardaigne, elle recevrait la Savoie et Nice. Un traité secret est signé en ce sens le 26 janvier 1859.

En avril 1859, l’Autriche déclare la guerre au royaume de Piémont-Sardaigne. La France et les italiens, unis, sont vainqueurs à Magenta et à Solferino et remportent la victoire face à l’Autriche.

Le 24 mars 1860, les termes du traité secret entre la France et le Piémont sont enfin révélés par la signature du traité de Turin. Le comté de Nice et la Savoie reviennent à la France mais pour la première fois au monde, en vertu du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », l’exécution du traité est subordonnée à son approbation par les populations concernées. Un referendum est organisé le 22 avril 1860.

Les habitants approuvent à une écrasante majorité leur réunion à la France. A Nice, sur 26 000 votants, il y a 30 « non » ; dans le Duché de Savoie, sur 131 000 votants, 235 « non » seulement.

L’intangibilité des frontières, principe essentiel du droit international des nations, reste subordonnée aux droits des citoyens à disposer d’eux-mêmes comme l’histoire nous l’a montré récemment en Crimée.

Aigline de Causans


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