23 au 28 septembre 1895 : Fondation de la CGT

dimanche 17 mars 2019.
 

- A) Le mouvement ouvrier en France de 1789 à 1871

- B) Le mouvement syndical en France de 1871 à 1895

- C) Fondation de la CGT : Le congrès de Limoges, convocation, ordre du jour, adhérents

- D) Déroulement du congrès

- E) Vendredi 27 septembre 1895 : Fondation de la Confédération Générale du Travail

A) Le mouvement ouvrier et syndical en France de 1789 à 1871

Le mouvement ouvrier français naît, se développe et lutte conjointement avec le courant républicain montagnard, particulièrement durant les périodes révolutionnaires :

5 mai 1790 Les Canuts de Lyon (ouvriers de la soie) décident de "se régir et gouverner eux-mêmes"

Le mouvement ouvrier et républicain de 1830 à 1834

25 février 1848 : Première proclamation du droit au travail

Du 24 février au 26 juin 1848 : la Révolution et la république, du lyrisme à la répression sauvage du mouvement ouvrier

Il est évident que la Révolution française et ses répliques du 19ème siècle a marqué le mouvement ouvrier dans sa radicalité révolutionnaire alors que le mouvement ouvrier anglais, plus puissant est resté bien plus revendicatif.

Angleterre : le premier mouvement ouvrier et socialiste de masse

Ceci dit, l’héritage de la révolution française s’avère fort contradictoire. En effet, la loi La loi Le Chapelier (14 juin 1791) interdisant les organisations ouvrières les grèves, les rassemblements paysans et ouvriers, les entreprises non lucratives... va rester en vigueur jusqu’en 1864 (loi Ollivier moins répressive) et servir à casser par l’institution judiciaire d’innombrables cadres organisateurs des luttes. Notons que la loi Le Chapelier n’est plus appliquée à partir de 1864, année de nombreuses luttes et, en particulier de naissance de la 1ère Internationale.

28 septembre 1864 Fondation de la Première internationale ouvrière

Lors de la fondation de la CGT en 1895, le mouvement ouvrier français bénéficie déjà d’une longue expérience de lutte et même d’organisation. Parmi les articles mis en ligne sur notre site, concernant le prolétariat avant 1871, signalons :

Les conditions de vie des ouvriers en France (par Ange Guérin, 1835)

Les canuts de Lyon, première grande insurrection ouvrière, du 21 novembre au 3 décembre 1831

La grève d’Aubin (6 octobre 1869) qui inspira l’Ode à la misère de Victor Hugo

Le Creusot en grève 21 mars 1870

Avant de clore cette période antérieure à 1871, notons la date du 14 novembre 1869 qui marque la fondation par Eugène Varlin, délégué de l’AIT de la Fédération Parisienne des Sociétés Ouvrières autour d’une Société de Solidarité des Ouvriers Relieurs de Paris préexistante. C’est le noyau parisien de la future CGT nationale.

B) Le mouvement syndical en France de 1871 à 1895

1871 : Les Parisiens se révoltent contre le pouvoir disposé à livrer la capitale aux armées prussiennes ; ils élisent une assemblée qui prend le nom de Commune. En deux mois, son oeuvre est immense en faveur des ouvriers (abolition du travail de nuit dans les boulangeries, gestion démocratique des entreprises fermées par le patronat ou travaillant pour la Commune...) comme sur bien d’autres sujets : Séparation de l’Eglise et de l’Etat ; apparition du premier mouvement féminin de masse ; instauration de l’école gratuite et laïque...

26 mars 1871 Elections à La Commune de Paris. La démocratie dans toutes ses dimensions

28 mai 1871, Eugène Varlin, l’honneur du prolétariat, battu, éborgné, fusillé, crie sous les balles "Vive la république ! Vive la Commune !"

Léo Frankel (1844-1896) Ministre du Travail 
du premier pouvoir ouvrier

La Commune de Paris (1871) et les débats qu’elle a suscités

La Commune est finalement exterminée par dans le sang fin mai 1871.

Presque toute l’avant-garde ouvrière parisienne est exterminée lors de la répression de la Commune. Pourtant, la combativité reste forte dans les entreprises avec de nombreuses grèves et un progrès important de la syndicalisation. Un rapport de police dénombre 182 syndicats rassemblant 31 700 adhérents en 1876. Quatre ans plus tard, les chiffres sont respectivement de 478 et 64 000.

Le Congrès de la salle de la rue d’Arras (20 21 octobre 1876) Histoire du mouvement ouvrier

21 février 1884 - La grève des mineurs d’Anzin

La loi Waldeck-Rousseau du 21 mars 1884 marque une étape très importante dans la reconnaissance du mouvement ouvrier avec la légalisation des syndicats professionnels ouvriers et patronaux.

1886 : Création de la Fédération nationale des syndicats (FNS)

Firmi et sa mine ; la vie des mineurs à la veille de la grande grève de 1886

26 janvier 1886 Grande grève des mineurs de Decazeville, Aubin, Firmi et percée du socialisme en France

1887 : Création de la Bourse du Travail de Paris.

1891 : La première journée d’action pour la journée de 8 heures le 1er mai s’achève dans le sang à Fourmies ; elle se prolonge par des grèves tout au long du mois ; la revendication n’est pas satisfaite, mais cette première action concertée au niveau national a un grand écho.

1er mai 1891 à Fourmies ! L’armée tire sans raison et sans sommation sur les manifestants

1892 : Création de la Fédération des Bourses du travail, marquée par le syndicalisme révolutionnaire de Fernand Pelloutier.

Le rôle des Bourses du Travail sur la fin du 19ème siècle en France

Grève des mineurs de Carmaux.

1895 : Congrès constitutif de la confédération générale du travail CGT à Limoges du 23 au 28 septembre2. Les principaux piliers en sont la fédération du livre et celle des cheminots, mais de nombreux métiers restent hors de la CGT. Jusqu’en 1902, l’échelon confédéral reste mal organisé.

C) Fondation de la CGT : Le congrès de Limoges, convocation, ordre du jour, adhérents

Appel lancé par le Conseil national ouvrier pour le 7ème congrès national des Chambres sydicales, Groupes corporatifs, Fédérations de métiers, Unions et Bourses du Travail

Camarades,

Mille six cent soixante deux organisations ouvrières, représentées au congrès de Nantes 1894, ont donné mandat à la Fédération des Syndicats Ouvriers de Limoges et du Centre d’organiser le VIIème congrès corporatif.

La Commission d’organisation... a décidé que le congrès aurait lieu du 23 au 28 septembre inclus.

Travailleurs,

Vous viendrez à ces assises du travail, étudier et discuter les questions qui intéressent à un si haut degré le présent et l’avenir du prolétariat français.

Par l’étude sereine et approfondie de ces questions, vous montrerez aux classes dirigeantes que les ouvriers sont dignes et capables de prendre en mains la direction des affaires qui sont gérées depuis si longtemps par la classe bourgeoise au détriment de la classe laborieuse.

Camarades syndiqués,

En face de l’union du capital, et devant les mesures de réaction qui se préparent, il faut à tout prix, que le Syndicat auquel vous appartenez soit représenté.

Par votre présence au congrès de Limoges, vous montrerez que les travailleurs français sont décidés, plus que jamais, à lutter sans trêve ni merci pour faire aboutir leurs justes revendications.

Tous au Congrès de Limoges !

Vive l’Union des Travailleurs !

Syndicats déclarés adhérents au congrès de Limoges

Parmi les organisations ouvrières adhérentes au congrès, notons :

- la Fédération départementale des syndicats de Seine-Inférieure, la Fédération des syndicats de Saint Etienne, le Syndicat national des Employés de chemin de fer...

- Plusieurs syndicats de Limoges (terrassiers, polisseurs, menuisiers, tisserands, maçons, porcelainiers, ébénistes, relieurs, mouffletiers, zingueurs, corsetières, peintres en bâtiment, sabotiers, typographes, coupeurs et tailleurs d’habit, mécaniciens et serruriers, imprimeurs lithographes, tonneliers, boulangers, peintres céramistes, carrossiers, plombiers, tailleurs de pierre, plâtriers)

- plusieurs syndicats de métallurgistes, par exemple du département des Ardennes ( Mohon, Bourg-Fidèle, Braux, Charleville, Fédération des travailleurs socialistes des Ardennes, Mazures...)

- plusieurs Bourses du travail (Bordeaux, Nîmes, Le Mans, Montpellier, Saint Nazaire, Rennes, Toulouse, Dijon, Nantes, Paris, Angers, Béziers, Tours, Boulogne sur Mer...)

- plusieurs syndicats de mineurs (Carmaux, Decazeville...)

- plusieurs syndicats parisiens (cochers, chapeliers, coupeurs de poil, cuirs et peaux, selliers et articles de chasse, mouleurs en fonte, mouleurs en métaux, coquilleurs, acheveurs, baguetteurs, tourneurs en optique...)

- au hasard de la liste des adhérents : les limonadiers d’Alger, les ouvriers en limes d’Arnay-le-Duc...

Ordre du jour

- 1) Plan d’organisation ouvrière

- 3) Création de caisses de retraite

- 5) Elaboration d’un programme économique minima à soumettre aux candidats des élections municipales de 1896

- 6) Organisation d’un congrès international corporatif

- 7) ... Renouvellement du Comité d’organisation de la grès générale

D) Déroulement du congrès

D1) Premières interventions

Il poursuit ses travaux alors que les corsetières de Limoges sont en pleine grève, d’où réunions publiques, collectes... Une place d’honneur est réservée aux animateurs de luttes ouvrières ; ainsi, le lundi après-midi préside le citoyen Calvignac, animateur des grandes grèves des mineurs de Carmaux assisté de Mademoiselle Salerne, corsetière de Limoges.

Le compte-rendu rédigé par les congressistes fait apparaître l’importance du poids historique de la Révolution française : " Lundi 23 septembre (matin) : Sur la proposition du citoyen Girard, le congrès décide d’admettre la presse à assister aux séances. Le citoyen Treich propose d’admettre les camarades syndiqués dans l’enceinte réservée (adopté)..."

Le citoyen Pergay, délégué des cochers de fiacre de Paris, propose qu’aucun orateur ne garde la parole plus de 7 minutes, qu’aucun orateur ne puisse prendre la parole plus de deux fois sur un même sujet... (adopté)

Le citoyen Girard communique « Citoyens camarades... le Conseil des conseillers prud’hommes ouvriers des Chambres syndicales des métaux et industries diverses du département de la Seine envoie son salut fraternel aux camarades réunis au congrès de Limoges pour prendre des décisions pour préparer l’avènement de la République du Travail contre la rapacité capitaliste. »

D2) Débat du mardi 24 septembre en matinée sur les retraites

Cette discussion met aux prises :

- une orientation de type syndical revendicatif en la personne du rapporteur sur la question, le citoyen Pergay « La Commission émet le voeu qu’une retraite soit servie obligatoirement par l’Etat à tous les ouvriers et employés des deux sexes ayant 50 ans d’âge ou 25 ans de service. »

- une proposition contraire du citoyen Louvigny « Il demande que les retraites soient fournies par les exploiteurs avec la garantie de l’Etat et que les frais soient à la charge du capital. »

- une orientation révolutionnaire de type anarchiste portée par le citoyen Majot « De la Révolution seule naîtra le bonheur pour tous ; croire encore aujourd’hui à la possibilité d’améliorations quelconques en faveur des déshérités par la conquête des pouvoirs publics, c’est vouloir faire acte de faiblesse et d’indécision... Nous n’avons rien à attendre du parlementarisme, rouage à jamais nuisible qui doit disparaître avec le régime capitaliste. »

D3) Autres débats durant la semaine de congrès

- Organisations pouvant être acceptées au sein de la Confédération

- Siège de la CGT à Paris mais pouvant être déplacé au gré des décisions des congrès suivants

- Question de la grève générale prolétarienne (pages 72 et suivantes)

- position de la Confédération vis à vis des élections municipales de 1896 et revendications à avancer dans le cadre communal

- grandes revendications de la CGT (journée de 8 heures...)

E) Vendredi 27 septembre : Fondation de la Confédération Générale du Travail

Chaque article est discuté et voté, l’un après l’autre.

Article premier : Entre les divers syndicats et groupements professionnels de syndicats d’ouvriers et d’employés des deux sexes existant en France et aux colonies, il est créé une organisation unitaire et collective qui prend pour titre Confédération Générale du travail.

Article 2 proposé : La Confédération générale du travail a exclusivement pour objet d’unir, sur le terrain économique et dans des liens d’étroite solidarité, les travailleurs en lutte pour leur émancipation intégrale.

Des critiques fusent parmi les congressistes sur le fait que cette formulation ne ferme pas suffisamment la porte aux menées politiques au sein des syndicats qui les divisent et les utilisent. Aussi, c’est la proposition du citoyen Majot (syndicaliste révolutionnaire opposé à la formation de partis politiques dans l’objectif de révolution prolétarienne) déjà signalé plus haut, qui est votée par 124 oui, 14 non, 6 abstentions, 5 non présents :

Les éléments constituant la Confédération générale du travail devront se tenir à l’écart de toutes les écoles politiques.

voir http://www.ihs.cgt.fr/IMG/pdf_01_-_...

(pages 53, 54, 55)

Le citoyen Auguste Keufer, fondateur et secrétaire général de la fédération des travailleurs du livre demande même l’exclusion des groupes qui adhérent à un parti politique « Garder ces groupes qui auront un pied dans deux camps à la fois, ce sera chasser la politique et les politiciens par la porte pour les laisser revenir par la fenêtre. »

Statuts adoptés au congrès constitutif de Limoges de la C.G.T.

Paragraphe I

Entre les divers syndicats et groupements professionnels de Syndicats ouvriers et d’employés des deux sexes existant en France et aux colonies, il est créé une organisation unitaire et collective qui prend pour titre : Confédération générale du travail. Les éléments constituant la Confédération générale du travail devront se tenir en dehors de toutes les écoles politiques.

La Confédération générale du travail a exclusivement pour objet d’unir, sur le terrain économique et dans des liens d’étroite solidarité, les travailleurs en lutte pour leur émancipation intégrale.

La Confédération générale du travail admet dans ses rangs :
- Les Syndicats ;
- Les Bourses du travail ;
- Les Unions ou Fédérations locales de syndicats de diverses professions ou de métiers similaires ;
- Les Unions ou Fédérations nationales de métiers et les syndicats nationaux ;
- Les Fédérations nationales de syndicats de diverses professions ;
- Les Unions ou Fédérations nationales de métiers et les syndicats nationaux ;
- Les Fédérations d’industries unissant diverses branches de métiers similaires ;
- La Fédération nationale des Bourses du travail.

Ces organisations, pour être admises, devront avoir six mois d’existence.

Le siège de la Confédération nationale du travail est à Paris. Les congrès corporatifs pourront toujours changer le siège de la Confédération générale.

La Confédération nationale du travail est administrée par un Conseil national.

Ce Conseil est composé comme il va être dit ci-après, de délégués élus et choisis directement par les organisations confédérées.

Aucun délégué ne pourra représenter plus de cinq organisations confédérées. Dans les délibérations du Conseil national chaque délégué ne pourra avoir qu’une seule voix.

Pour composer le Conseil national, les Unions ou Fédération locales, départementales ou régionales des syndicats de diverses professions ou de métiers similaires, désigneront chacune un délégué.

La Fédération des Bourses du travail, les Syndicats nationaux, les Fédérations nationales de syndicats de diverses professions, ou de même métiers, ou de métiers similaires, concourant à la même industrie, éliront chacune trois délégués.

Paragraphe II

Pour assurer le fonctionnement administratif du Conseil national et des institutions créées par le Conseil national ou ordonnées par le Congrès corporatif annuel, chaque organisation confédérée devra verser directement et sous sa responsabilité, le 1er de chaque mois, au trésorier désigné par le Conseil national, une cotisation mensuelle.

Cette cotisation mensuelle sera proportionnelle au nombre de membres de chaque organisation confédérée ; elle est fixée sur une graduation ainsi déterminée : Pour toute organisation comprenant :

- 200 membres et au dessous : 1 franc

- de 201 à 500 : 2 francs

- de 501 à 1000 : 3 francs

- de 1001 à 2000 : 4 francs

- de 2001 à 3000 : 5 francs

- de 3001 à 4000 : 6 francs

- de 4001 à 5000 : 7 fracs

- de 5001 à 6000 : 8 francs

- de 6001 à 7000 : 9 francs

- de 7001 et au dessus : 10 francs

L’adhésion de toute organisation confédérée ne sera définitive, et ses délégués ne pourront être admis à siéger au Conseil national, qu’après le versement de la première cotisation mensuelle.

Tout retard de paiement de trois cotisations mensuelle entraîne de plein droit la suspension de l’adhésion de l’organisation débitrice. Ses délégués au Conseil national ne pourront, dès lors, être entendus qu’à titre consultatif.

La radiation ou l’exclusion de toute organisation adhérente à la Confédération ne pourra être ordonnée que par les Congrès corporatifs annuels, après audition des délégués des organisations intéressées.

Paragraphe III

Les attributions du Conseil national sont ainsi établies, sans que l’énumération suivante ait un caractère limitatif :

Administration et correspondance intérieure de la Confédération ;

Secrétariat du Conseil fédéral, archives ;

Rapports extérieurs, correspondance étrangère ;

Trésorerie et comptabilité ;

Statistique du travail ;

Organisation des congrès corporatifs annuels et exécution de leurs délibérations ;

Propagande syndicale et fédérale industrielle ;

Unification de l’action corporative ;

Propagande syndicale et fédérale agricole ;

Extension et généralisation de l’institution des Conseils de prud’hommes ;

Lutte contre la concurrence du travail dans les prisons e les couvents ;

Lutte pour l’abolition et a répression du marchandage ;

Lutte pour l’obtention d’une législation sur le travail comportant, avec un minimum de salaires, la fixation à 8 heures de la durée minimum du travail et le repos hebdomadaire.

Grèves partielles, organisation de caisse de secours, arbitrage en cas de conflit entre patrons et ouvriers.

Grève générale

Le Conseil national fixe l’ordre du jour de chaque Congrès ; il soumet un rapport sur sa gestion.

Les statuts de la présente constitution sont révisables, s’il y a lieu, chaque année, par le Congrès national corporatif.

Le Congrès fixe la ville où aura lieu le Congrès suivant.

Les associations confédérées auront seules qualité pour statuer sur les questions administratives, statutaires ou financières de la Confédération.

Dispositions complémentaires

Toutes les organisations confédérées qui tiennent les congrès annuels sont invitées dans l’intérêt général, à tenir ces Congrès dans la ville même où se tiendra le Congrès national corporatif annuel, à proximité de la date fixée pour la tenue de ce Congrès.

Dans toutes les villes où la même profession est subdivisée en plusieurs associations syndicales, il est recommandé à tous les confédérés d’user de leur influence et de leurs efforts pour aboutir à l’unification de l’organisation professionnelle.

Les Unions locales ou corporatives pourront en ce cas, constituer des jurys d’arbitrage qu’auront à statuer sur les litiges entre les divers syndicats.

La CGT d’avant 1914 incarne un "syndicalisme d’action directe", militant de la grève générale, fier de son indépendance vis-à-vis des partis. Et loin des modèles anglais ou allemand d’un syndicat de masse proche de la social-démocratie.

C’est aux cris de "Vive la République sociale ! Vive l’émancipation des travailleurs !" que se termine le congrès

Une nouvelle organisation syndicale vient de naître : la Confédération générale du travail (CGT), qui se veut unitaire, révolutionnaire et indépendante des partis politiques.

Jacques Serieys


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