"Il faut se battre ensemble, en réclamant justice" ( témoignage envoyé par une lectrice sur un de nos forums)

vendredi 5 octobre 2012.
 

Nous avons reçu le message suivant. Il nous a paru indispensable de le mettre en ligne.

Véronique, 4O ans, deux enfants dont un à charge...

Je souhaitais réagir à votre article et notamment sur la précarité des femmes devant le peu d’aide accordée par l’Etat face à ma situation (demandeuse d’emploi sans BTS... juste Bac technique et quelques années d’expérience)...

Voilà, après des mois de lutte et de galères, et bien que touchant de près au but pour créer mon propre emploi... je me vois contrainte de déposer un dossier de surendettement... parce que ma banque ne m’a rien épargné... et que fin de mois difficile après fin de mois difficile, j’ai eu recours comme tant d’autres à des formes de crédits accessibles mais tellement cher payées...

Tout ça parce que je me suis consacrée des années, plus à ma famille qu’à ma carrière personnelle... et n’en ai tiré aucune gratitude ni aucune valorisation personnelle... tout en me débrouillant toujours pour être à la fois disponible pour ma famille, et faire rentrer quelques ressources indispensables à la famille, j’ai eu recours à de nombreux emplois précaires apportant un revenu complémentaire...

Mais le jour où je me suis rebellée contre le mépris, la violence psychologique au quotidien... et où j’ai eu envie d’une autre vie, j’ai eu le courage de partir pour vivre seule, démarrer une nouvelle activité professionnelle plus épanouissante... mais mon projet, sur lequel j’ai travaillé dur pendant des mois, n’a pas eu le temps de voir le jour avant que ma situation précaire ne me rattrape pour saccager ma vie... mettre en péril la scolarité de mon fils aîné...

J’ai honte de me retrouver dans ce type de situation... Il est injuste de penser que les hommes s’en tirent toujours mieux financièrement en cas de séparation, parce qu’ils se sont toujours consacrés entièrement à leur carrière plus qu’à leur famille sans que personne ne le leur reproche...

Je me sens révoltée... et j’aimerais savoir comment agir, avec d’autres personnes dans mon cas, pour faire pression sur les banques... clouer le bec à certains organismes de crédits bien connus et peu scrupuleux... parce lorsqu’on en arrive à passer son temps dans des démarches interminables pour obtenir quelques aides du secteur social qui nous permettraient de refaire surface... on doit se justifier sur tout comme si on était coupable de tout.... et lorsque ces aides sont refusées (on ne prête qu’aux riches) : le flingue n’est pas fourni avec le refus pour abréger nos souffrances...

Je ne pense pas que les femmes veuillent toutes devenir des carriéristes pures et dures que les hommes ne peuvent supporter... certaines voudraient pouvoir rester des femmes, simplement reconnues dans le rôle qu’elles conservent concernant l’éducation des enfants... qui les oblige souvent à accepter des situations précaires dont les hommes savent jouer pour imposer leur "dictature"... Je trouve cela profondément injuste..

En somme, sans être féministe, j’ai comme l’impression qu’à l’heure actuelle, on en demande un peu trop aux femmes : assurer l’intendance, l’éducation des enfants, être indépendantes financièrement parce que les hommes n’assument plus les besoins de leur famille, tout en restant toujours prêtes et féminines... pour satisfaire les besoins de ces messieurs (et les leurs, car elles en ont aussi et c’est bien légitime)... autant dire qu’il faudrait qu’on soit partout à la fois... quitte à devenir des "machines" capables de faire les 3/8 sans dormir...

Les femmes n’ont plus de vie... moi j’ai voulu changer tout ça et vivre enfin une vie moins lourde de contraintes et de mépris... et me retrouve dans une piètre situation... rançon d’une liberté chère payée... Alors devant vos textes... j’ai réagi...

Je voudrais savoir s’il existe des associations luttant contre les abus des banques, des sociétés de crédits, face à la situation que j’endure (et je sais que je ne suis pas la seule et que cela se généralise un peu trop)... Car je suis prête à me battre, en utilisant les forces qu’il me reste pour "pousser un énorme coup de gueule" et lancer un méga "pavé dans la marre" : bref, médiatiser tout cela s’il le faut (ces choses que la société étouffe hypocritement)... en m’alliant avec d’autres personnes, hommes et femmes dans mon cas...

Ensemble, nous pouvons agir, avoir un poids et faire savoir haut et fort à la société ce qu’elle refuse de voir et d’entendre !!! Si vous avez une idée, une piste... moi je rejoins vos idées... et reste ouverte à toute proposition, parce que c’est bien de parler... mais arrive un moment où il faut agir et faire pression pour faire évoluer les tendances...

Mais y a t’il des organismes financiers prêts à faire confiance à des personnes comme nous... des organismes faits pour nous ? Qu’avons-nous comme recours en dehors de l’aide de la Banque de France, qui peut certes nous "sortir la tête de l’eau pour un temps"... mais pas sans que cela ait d’énormes incidences : les banques font pression pour éviter les dépôts de dossiers de surendettement : prêtes à tout, y compris à nous retirer chéquier et carte de crédit et à refuser le moindre découvert bancaire... et ceci même si on a su se débrouiller pour ne jamais faire le moindre chèque sans provision et qu’on ne mérite pas ce genre de sanction...

Je trouve cela profondément injuste et j’espère que ce courrier trouvera quelques échos... auprès de vous et de personnes dans ma situation... Il faut se battre, ensemble !!! J’ai des idées... mais seule, je ne peux pas grand chose... Ensemble, nous pouvons beaucoup... et sans faire de politique... en réclamant justice, tout simplement... pour vivre en paix...

J’ai quelques facilités pour écrire : et chacun de nous peut apporter ses facilités, dans divers domaines... Je ne veux cesser d’y croire ! Puisse ce coup de gueule trouver quelques oreilles et neurones attentifs à des situations désespérantes et intolérables...

Véronique, 63...


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