Quand M le Magazine du Monde veut tuer (politiquement) Jean-Luc Mélenchon

lundi 29 mai 2017.
 

Le Magazine du Monde s’adresse aux bobos bien friqués qui s’évadent le week-end entre maison de campagne et piscine chauffée. Des réacs comme des écologistes ou sociaux-libéraux de même catégorie sociale peuvent s’identifier dans son discours aseptisé.

Cette revue du week-end se complaît dans le monde Bon Chic Bon Genre des puissants et de la culture dominante, faisant sa Une sur Vincent Bolloré, Sofia Coppola, Phoebe Philo, Jeff Bezos, Gérard de Villiers, Joey Starr, le Prince Charles, Boris Johnson, Gérard Depardieu, Dominique de Villepin, Quentin Tarantino, Benoît XVI, Jacques et Bernadette Chirac, Alain Orsoni, Richard Descoings, Philip Roth, Marc Jacobs, Barack Obama, Tilda Swinton, Nicolas et Carla Sarkozy, Nicole kidman, Steven Soderbergh, Franz-Olivier Giesbert, Cecilia Attias ex-Sarkozy, François Hollande, Cécile Duflot, Margarita-Louis Dreyfus, Manuel valls, Willem dafoe, Helmut Newton, Karl Lagerfeld, Zinedine Zidane, Françoise Bettencourt-Meyers, Angelina Jolie, Nathalie Kosciusko-Morizet, Meryl Srtreep en Thatcher...

Ces personnages sont tous présentés sous un bon jour, souriants ou réfléchis, calmes ou attentifs... par une photo de couverture travaillée donnant une image positive d’eux.

Depuis la création du magazine, une seule personnalité a été présentée de façon vraiment négative : il s’agit de Jean-Luc Mélenchon dans le numéro du 4 mai 2013... Onze photos bien choisies pour le montrer agressif et violent. Onze photos pour suggérer qu’il menace la société française.

Rien de vraiment nouveau puisque le quotidien Le Monde comme L’Express, Le Nouvel Obs et autres ne présentent jamais ses idées, ne contredisent jamais ses idées mais se limitent à caricaturer ses attitudes ou ses choix.

Sur le site Mediapart, André Gunthert a bien analysé cette couverture « Le dernier dossier en date, publié par M, le magazine du Monde la veille de la manifestation du Front de gauche (édition du 4 mai 2013), fait carton plein dans l’art de la caricature qui ne dit pas son nom. Sous le titre "Le grand méchant Mélenchon", un festival d’allusions tribuniciennes renvoie directement à l’imagerie hitlérienne : la célèbre série des poses par Heinrich Hoffmann ou les extraits des discours du Triomphe de la Volonté de Leni Riefensthal. »

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Le dossier intérieur du Magazine est signé par une journaliste reconnue, y compris dans la gauche radicale, Raphaëlle Besse Desmoulières. Elle conforte l’iconographie de couverture en titrant « La stratégie du coup de gueule », en contant une anecdote désagréable, en le présentant à tort comme riche, en le comparant à une "starlette lambda", en tombant dans le psycho bon marché "Jean-Luc Mélenchon est un susceptible". Est-elle personnellement attachée à la perte de Jean-Luc Mélenchon ? Est-ce un article de commande ???

Tout cela "faisait beaucoup" pour un seul magazine. Voici que fin octobre 2013, le billet "Marc Beaugé rhabille..." s’en prend à nouveau à Jean-Luc Mélenchon limitant son identité politique à sa cravate « Le jour où le patron du Front de Gauche cessera... d’aboyer sur la presse et, plus généralement, de prophétiser la chute du système médiatique, politique et économique dans lequel nous évoluons joyeusement, il ne deviendra pas automatiquement un homme politique comme les autres... une sempiternelle cravate rouge... » L’histoire de cette cravate rouge depuis 40 ans donne l’impression d’un article documenté depuis son "adolescence". En fait, ayant souvent été présent avec Jean-Luc dans des réunions du PS, de la GS puis de PRS, dans des meetings et repas militants, je crois que cette histoire de cravate permet effectivement à ses adversaires de limiter son identité politique à ce gadget qu’il n’arbore pas toujours depuis l’adolescence... loin de là.

Pour en terminer avec cette nouvelle page de dénonciation hypocrite, notons :

- que l’iconographie reste dans le ton du Mélenchon agressif et aboyeur

- que son ton ironique ne suscite guère le rire et dénote une méconnaisance totale du personnage, par exemple dans la conclusion « Pour marquer sa fidélité à gauche, Jean-Luc Mélenchon aurait pu s’enticher d’un tee-shirt à slogan libertaire, d’un sac à dos orné d’un patch anarchiste, voire d’un bouc de gauchiste. Bien pire qu’une cravate rouge »

Je conclurai sur le problème suivant : Une petite enquête parmi des abonnés du Monde et de son magazine m’a permis de constater une influence certaine des articles ci-dessus auprès des lecteurs, y compris lorsque leurs idées sont clairement à gauche du PS. Vu la diffusion large de cette presse, rien ne peut remplacer le travail de décontamination que seuls les militants et sympathisants du Front de Gauche peuvent mener à bien.

Diabolisation de Mélenchon et nombrilisme journalistique : les errements du magazine du « Monde »


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