Pietro Pomponazzi, rationaliste de la Renaissance

dimanche 10 février 2019.
 

Mort le 18 mai 1525 à Bologne, Pomponace a largement contribué à ouvrir la voie d’une compréhension rationaliste et matérialiste du monde.

http://scholasticon.ish-lyon.cnrs.f...

https://www.persee.fr/doc/rhmc_0996...

https://fr.wikipedia.org/wiki/Pomponazzi

Pomponazzi a joué à la Renaissance le rôle qu’occupera Voltaire au 18ème : celui du combattant contre les thèses et les pratiques arriérées de l’Eglise

Pomponazzi, la mort et l’âme

Du 4ème au 20ème siècle, la puissance de l’Eglise a reposé principalement sur la crainte du devenir personnel après la mort, peur de l’enfer qui hantait la vie terrestre des humains. Son dogme séparait le corps qui se décompose et l’âme qui reste éternelle. En refusant de séparer l’âme (lieu de réflexion) du corps, Pomponazzi réfute ce point central de l’idéologie dominante de son temps. Aussi, l’Eglise catholique réagit très tôt contre lui. En 1512, son oeuvre est brûlée à Venise et le pape charge deux grands métaphysiciens de le réfuter (Contarini et Nifo).

Pomponazzi et Aristote

Au Moyen Age et encore au 16ème siècle, Aristote passait pour un philosophe de l’Eglise. Or, ce philosophe de l’Antiquité grecque niait la destinée éternelle de l’homme, en tout cas absolument pas sous forme d’une rétribution des mérites terrestres par les clefs du paradis ou le bûcher permanent de l’Enfer.

En revenant au textes initiaux d’Aristote et de son exégète Alexandre d’Aphrodisias, Pomponazzi touché encore le coeur de l’idéologie chrétienne du Moyen Age.

Pomponazzi parmi les premiers vrais matérialistes

Dans son Traité de l’immortalité de l’âme publié à Bologne en 1516, Pomponazzi affirme que l’homme décédé se dissout à terme dans la matière universelle.

Le coeur de l’article proposé par Wikipedia est donc juste :

Pomponazzi développe sa pensée dans le sens du matérialisme, défendant l’idée qu’un certain nombre de faits qui peuvent sembler miraculeux ne sont en fait que des réalisations d’un ordre naturel encore mal connu des hommes (magnétisme, etc).

Il subit les polémiques et persécutions de l’Église pour soutenir que, si l’âme humaine était individuellement immortelle selon l’Évangile et selon l’Église, elle était mortelle d’après les doctrines d’Aristote. Son Traité de l’immortalité de l’âme est brûlé en place publique par les inquisiteurs à Venise et fait partie du nombre des ouvrages proscrits par le Concile de Trente.

Pomponazzi contre les miracles

Il les considère comme des fruits de l’imagination et de l’espoir et les réinscrit dans un ordre général de l’univers dont nous ne connaissons pas toute la perfection.

Influence des écrits de Pomponazzi

En 1930, dans sa présentation de la traduction de son oeuvre maîtresse, Henri Busson écrivait Telles ironies de Rabelais, tels doutes de Montaigne, telles affirmations d’auteurs moins célèbres se comprendraient difficilement si l’on ne tenait compte des pages audacieuses de Pomponazzi


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