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Le socialiste Zohran Mamdani a remporté, mardi 4 novembre, la mairie de New York, devançant largement avec 50,4 % des voix Andrew Cuomo, perdant de la primaire démocrate et figure d’un establishment repoussoir, et le républicain Curtis Sliwa. Deux gouverneurs démocrates ont également été élus dans des États importants.
Après une intense campagne de terrain, l’élu socialiste Zohran Mamdani – comme il se définit lui-même – a remporté, mardi 4 novembre, la mairie de New York. Avec 50,4 %, le nouvel édile devance largement l’ancien gouverneur de l’État, le centriste Andrew Cuomo, perdant de la primaire démocrate et figure d’un establishment repoussoir, et le républicain Curtis Sliwa. À 34 ans à peine, il deviendra, le 1er janvier, le maire de la plus grande ville des États-Unis.
Face à l’establishment libéral de son parti, l’élu du Queens a toujours assumé sa radicalité. Et de fait, son programme est résolument de gauche : taxer les plus riches pour financer trois mesures phares, le gel des loyers, la gratuité des transports et l’ouverture de crèches gratuites. En somme, lutter concrètement contre la vie chère.
Cette victoire représente « l’espoir sur la tyrannie », a réagi dans la foulée de son élection Zohran Mamdani ajoutant qu’« en cette période d’obscurité politique, New York sera la lumière ». Il a estimé que, la ville, dont est originaire le président des États-Unis, pouvait « montrer à une nation trahie par Donald Trump comment le vaincre ». Interpellant directement le président nationaliste sur sa politique anti-immigration marquée par des rafles d’étrangers, Zohran Mandani a lancé : « New York restera une ville d’immigrants (…) Pour atteindre l’un d’entre nous, vous devrez d’abord passer à travers nous tous ».
Signe de l’engouement pour le scrutin, avant la fermeture des bureaux de vote à 21 heures, plus de deux millions d’électeurs s’étaient rendus aux urnes, la plus importante participation depuis des décennies. « J’ai vraiment adhéré au message que Zohran Mamdani portait dans le cadre de sa campagne. Je pense sincèrement qu’il peut changer la ville pour le mieux », rapporte Alan Ismaiel, ingénieur informatique de 25 ans rencontré par l’AFP après avoir voté dans le Queens.
Vainqueur surprise de la primaire démocrate en juin, Zohran Mamdani n’a jamais, depuis, quitté la tête des sondages, même après le retrait de la course du maire sortant Eric Adams, qui a également appelé à le battre en ralliant Andrew Cuomo.
Défenseur de Gaza et des Palestiniens, fermement ancré à gauche, naturalisé en 2018, musulman… Zohran Mamdani est l’une des nouvelles bêtes noires du président nationaliste des États-Unis. « Trump n’était pas sur les bulletins de vote, et la paralysie budgétaire, (sont) les deux raisons pour lesquelles les républicains ont perdu les élections ce soir, selon les sondeurs », a réagi le locataire de la Maison Blanche sur son réseau Truth Social.
Ce dernier avait promis à plusieurs reprises de mettre des bâtons dans les roues à Zohran Mamdani s’il était élu, en s’opposant au besoin au versement de certaines subventions fédérales à la ville. La veille du scrutin, il a également appelé à voter pour Andrew Cuomo… Sans succès.
Par ailleurs, l’État du New Jersey a choisi la démocrate Mikie Sherrill contre l’homme d’affaires républicain Jack Ciattarelli. L’État a longtemps été considéré comme un bastion démocrate. Mais à la dernière présidentielle, Donald Trump y avait considérablement réduit l’écart. Plus au sud sur la côte est, la Virginie a élu la première femme à sa tête, la démocrate Abigail Spanberger, battant la républicaine Winsome Earle-Sears. De plus, les Californiens ont eux voté en faveur d’un redécoupage de la carte électorale de l’État qui favorisera le Parti démocrate, en réponse à une initiative trumpiste similaire au Texas.
Clémentine Eveno, L’Humanité
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