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Depuis 11h31 ce 10 novembre 2025, les femmes travaillent gratuitement jusqu’à la fin de l’année. Cette date est le fruit d’un calcul réalisé par le collectif Les Glorieuses pour dénoncer les inégalités salariales.
Ce mouvement réclame notamment trois mesures clés : l’application du principe d’éga-conditionnalité (les entreprises qui bénéficient d’argent public doivent prouver qu’elles respectent l’égalité), la revalorisation des salaires dans les métiers à prédominance féminine, et l’instauration d’un congé parental égalitaire pour les deux parents. Notre article.
Le 10 novembre 2025, à 11h31, le travail non rémunéré débute pour les femmes en France Le constat émis par le collectif féministe Les Glorieuses se base sur les statistiques d’écart de rémunération entre les hommes et les femmes en France. La date du 10 novembre à 11h31 symbolise l’instant où, compte tenu de cet écart, les femmes cessent d’être payées. Si l’on compare cette date à celle de l’année précédente (le 8 novembre à 16h48), le décalage montre que les progrès vers l’égalité sont lents, nécessitant plus d’un siècle pour résorber entièrement ces disparités.
L’article met en garde contre l’arrivée au pouvoir de figures ultra-libérales comme Emmanuel Macron, dont la politique de laisser-faire et le manque de fermeté dans l’encadrement des entreprises ont contribué à l’aggravation de ces inégalités depuis 2016.
Par ailleurs, le risque d’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen est également présentée comme un facteur aggravant. Son programme présidentiel de 2022 n’aborde les femmes que sous l’angle de la « politique familiale » et de la « sécurité », ignorant les discriminations salariales.
Les emplois essentiels, majoritairement occupés par des femmes, sont les moins valorisés Les femmes sont surreprésentées dans les professions de « corvée », cruciales pour la société (aides-soignantes, caissières, agentes d’entretien, etc.). Ces métiers du soin et de l’aide sont pourtant dévalorisés, tant sur le plan économique que social.
Cette précarité est accentuée par l’organisation sociale, qui pousse les femmes à endosser le rôle de « parent pilier », entraînant souvent une réduction de leur temps de travail à l’arrivée des enfants. En conséquence, l’écart de masse salariale totale atteint 24 % dans le secteur privé et 22 % tous secteurs confondus (chiffres 2021).
Les emplois féminisés se trouvent en bas de l’échelle des salaires, avec deux tiers des travailleurs au SMIC étant des femmes. Ces métiers sont souvent pénibles (charges lourdes, longues distances parcourues) et leurs compétences sont sous-estimées. Une revalorisation de ces professions est jugée nécessaire et urgente.
L’Avenir en commun (LFI), le programme en faveur de l’égalité femmes-hommes La France insoumise propose de porter immédiatement le SMIC mensuel à 1 600 euros nets. 60% des smicards sont des smicardes. Une mesure plébiscitée par une large majorité dans le pays : 76 % des Français sont pour l’augmentation du SMIC.
Le programme des insoumis prévoit de punir sévèrement le non-respect de l’égalité de rémunération entre toutes et tous, de créer dans l’entreprise une commission de contrôle salarié sur l’égalité entre les femmes et les hommes, d’organiser une conférence sociale pour revaloriser en matière de salaires, de conditions de travail et de parcours professionnels les métiers occupés majoritairement par des femmes dans les secteurs du soin, du lien et du contact, et d’augmenter les sanctions financières et pénales à l’encontre des entreprises qui ne respectent pas l’égalité salariale femmes/hommes (amendes et refus d’attribution de marchés publics).
Ces mesures rejoignent les revendications du collectif Les Glorieuses : éga-conditionnalité, revalorisation des métiers féminins et congé parental équivalent pour les deux parents.
L’origine du combat pour l’égalité salariale peut être retracée au 24 novembre 1975 en Islande, lors de la première grève des femmes, suivie par plus de 90 % d’entre elles. Le principe est de cesser toute tâche – travail rémunéré et tâches domestiques – pour rendre visible et dénoncer la quantité de travail invisible accompli par les femmes.
Cette grève fut surnommée le « Long Vendredi » par les hommes qui prirent conscience de l’immense travail habituellement fourni par les femmes dans toutes les sphères de la vie quotidienne.
L’Islande a réitéré cette grève le 24 octobre 2023, où la moitié des personnes s’identifiant comme femmes et non-binaires a cessé le travail. Les résultats sont éloquents : l’Islande est aujourd’hui le pays où l’égalité salariale est la plus avancée.
Par Ulysse
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