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La commission des Finances a adopté, ce mercredi, une proposition de loi déposée par LFI visant à nationaliser ArcelorMittal en France, rapporte l’AFP. Objectif affiché : sauver la sidérurgie et financer la décarbonation.
Porté par Aurélie Trouvé, le texte a rallié l’ensemble de la gauche, tandis que la droite et le centre s’y sont opposés. L’abstention du RN a, quant à elle, fait pencher la balance. Le projet doit désormais être examiné dans l’hémicycle le 27 novembre, lors de la journée parlementaire réservée aux Insoumis. Une proposition similaire, défendue par les communistes, avait été discutée fin octobre au Sénat, où elle avait été rejetée.
« Depuis 40 ans, la France laisse dépérir sa production d’acier », a lancé Aurélie Trouvé, accusant ArcelorMittal d’avoir, depuis sa reprise en 2006, accéléré les délocalisations et réduit les investissements malgré le soutien financier de l’État. Selon elle, la nationalisation constitue la seule voie pour mener rapidement la décarbonation des hauts-fourneaux, sans quoi la filière pourrait être condamnée par les futures normes européennes. Elle évalue par ailleurs le coût de cette opération à 3 milliards d’euros.
« Mettre une entreprise sous perfusion publique ne réglera pas la concurrence de l’acier chinois », a rétorqué Philippe Juvin, rapporteur général du budget, en appelant plutôt à des initiatives européennes sur les droits de douane. De son côté, la députée Renaissance Marie Lebec a affirmé que « nationaliser un secteur en crise ne résout rien mais déplace le problème sur le contribuable ».
Le RN, qui a choisi l’abstention, défend pour sa part l’instauration d’une « golden share », c’est-à-dire un droit de veto de l’État sur les décisions stratégiques, sans prise de contrôle directe. Jean-Philippe Tanguy a mis en garde contre « l’effet déceptif » qu’aurait, selon lui, une nationalisation conduite par l’actuel gouvernement, laquelle « risquerait de laisser pourrir l’entreprise » et de décrédibiliser cet outil.
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