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Une nouvelle affaire de violences policières éclate en Seine-Saint-Denis. Selon les révélations de L’Humanité, un jeune de 15 ans aurait été frappé, humilié et traîné menotté par des agents de la CSI 93 le 12 septembre dernier. Sa mère affirme l’avoir retrouvé « complètement défiguré », avec plusieurs points de suture à l’hôpital.
Le jeune mineur rapporte aussi que des policiers lui auraient demandé de « faire des bruits d’animaux ».
Des actes de torture et de barbarie contre lesquels une plainte a été déposée mais dont l’IGPN, la « police de la Police », n’a même pas été saisie. Plus que jamais, la police doit être refondée, de la cave au grenier. Notre article.
« Fais attention quand tu sortiras de chez toi la prochaine fois » : dissoudre la CSR 93 et mettre fin aux violences policières
En 2020, le préfet de police de Paris annonçait la dissolution de la CSI 93 (Compagnie de sécurisation et d’intervention de Seine-Saint-Denis) face aux dix-sept enquêtes judiciaires lancées à son encontre rien qu’à l’été 2020. Mais en novembre 2025, la CSR 93 est toujours sur pieds.
Les nombreuses violences et humiliations largement documentées par la presse dont les membres de la CSI 93 se sont rendus coupables depuis l’annonce de sa prétendue dissolution ont pourtant sonné comme autant de signaux d’urgence à son démantèlement.
Au-delà même du cas de la CSR 93, l’affaire des violences et humiliations du jeune Bilal révélée par L’Humanité cette semaine illustre une fois de plus un racisme absolument décomplexé et un système policier qui échappe trop souvent au contrôle citoyen.
La victime rapporte que les policiers ont commencé par le frapper dans un local poubelles, en utilisant notamment leurs gants coqués ; il a ensuite été menotté, puis traîné à cloche-pied derrière une moto sur une centaine de mètres, après avoir perdu l’une de ses baskets ; dans le fourgon de police, il aurait reçu des coups de poing à la tête, des coups de genou et des coups de matraque ; il aurait été insulté et humilié, les policiers lui demandant de faire des bruits d’animaux ; il aurait été menacé, les agents lui disant : « Fais attention quand tu sortiras de chez toi la prochaine fois ».
Le jour même, un autre jeune homme, âgé de 24 ans, aurait lui aussi subi des violences de la part du même équipage de la CSI 93, suffisamment graves pour qu’une confrontation ait été organisée entre ce dernier et les policiers.
Face à la gravité des faits, le député de la France insoumise Aly Diouara a saisi le procureur de la République de Bobigny. Son courrier pointe des violences potentiellement constitutives d’actes de torture, de traitements inhumains, de menaces et de graves manquements déontologiques.
ÇA SUFFIT. PLUS RIEN NE DOIT PASSER.
Les “policiers” qui se livrent à des passages à tabac visant des jeunes noirs ou arabes, et transforment leur quotidien en véritable chasse à l’homme, n’ont pas leur place dans la police nationale.
Je saisis le Procureur de la République.
Remplacement de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) et de l’Inspection générale de la Gendarmerie nationale (IGGN) par une autorité indépendante rattachée au Défenseur des droits ; dépaysement des enquêtes judiciaires concernant des faits de violences policières ; mise en place d’un récépissé de contrôle d’identité par les forces de l’ordre ; établissement d’une commission « Vérité et Justice » sur les violences policières ayant entraîné la mort ou la mutilation de citoyens pour rétablir les injustices ; imposition réelle du port du numéro d’identification administrative obligatoire pour les policiers (numéro RIO, article R343-15 du Code de la sécurité intérieure, dont le Conseil d’État a réaffirmé le caractère obligatoire en 2023)…
Telles sont autant de propositions de la France insoumise pour refonder une police républicaine et mettre fin à l’impunité de celle qui tue, mutile, humilie.
Plus que jamais, une réforme profonde de la police, de la cave au grenier, est indispensable pour garantir l’égalité, la dignité et la protection de toutes et tous.
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