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Retraite. Ce jeudi 27 novembre se tiendra la journée d’initiative parlementaire du groupe de la France insoumise – aussi dite « journée de niche parlementaire » – seul jour de l’année où les député·es LFI seront libres d’inscrire leurs propositions à l’ordre du jour de l’Assemblée.
Au programme de cette journée, neuf textes, dont voici la liste, seront défendus par le groupe insoumis : Résolution sur l’accord Mercosur-UE ; L’égalité d’accès au service public postal en Outre-mer ; Nationalisation d’ArcelorMittal ; Défiscalisation des pensions alimentaires perçues ; Gratuité totale des parkings des établissements publics de santé ; Résolution pour faire respecter le droit international à Gaza ; Exonération des apprentis de la CSG ; Abrogation de la retraite à 64 ans.
Parmi eux, cinq ont d’ores et déjà été adoptés en commission sans aucune concession du groupe insoumis, et ce malgré les oppositions de la droite et de l’extrême droite et l’abstention souvent opportune du Parti socialiste. Aussi, à l’approche de ce jeudi 27 novembre, L’Insoumission vous propose de revenir sur chacun des textes qui seront défendus par le groupe parlementaire insoumis lors de sa niche parlementaire.
Comme lors de sa niche parlementaire précédente, la France insoumise défendra l’abrogation de la retraite à 64 ans. Un texte porté par le député Ugo Bernalicis. La proposition de loi présente un danger pour le Gouvernement : il existe bel et bien une majorité contre cette inique réforme. Pour rappel, elle a été passée en force, contre l’avis de l’ensemble des syndicats et de 93 % des actifs.
Aujourd’hui, près de trois quarts des Français (71 %) sont pour l’abrogation de la réforme des retraites. Une nécessité, d’autant plus que la « suspension » (un décalage de 3 mois en réalité) de cette réforme, défendue par Sébastien Lecornu, s’est révélée être une vaste fumisterie. Elle a été votée par une partie de l’Assemblée nationale, notamment par le Parti socialiste. Notre article.
Le 16 mars 2023, la Première ministre d’alors, Élisabeth Borne, engage la responsabilité de son gouvernement par un 49.3 sur la réforme des retraites. Avant cela, l’âge légal de départ à la retraite était de 62 ans (depuis 2018 suite à la réforme de 2010 du gouvernement Fillon) avec l’âge pour partir à la retraite sans décote fixé à 67 ans. Jusqu’à 2014, une personne de 62 ans et ayant commencé à travailler après ses 25 ans devait encore travailler 5 ans pour pouvoir avoir accès à la totalité de sa retraite.
En 2014, sous le gouvernement Ayrault, l’âge légal de départ n’avait pas augmenté, mais la durée de cotisation avait commencé à augmenter, pour atteindre les 43 années d’ici à 2035. Le Gouvernement Borne, décidera de mettre en place les 43 années de cotisations directement et d’augmenter l’âge légal de départ progressivement pour passer de 62 ans à 64 ans en 2030, ainsi que la suppression de la plupart des régimes spéciaux des retraites.
L’Assemblée nationale aurait voté en faveur d’une « suspension » de la réforme des retraites ? Le mot « suspension » est trompeur. En effet, l’Assemblée nationale a voté pour un report de la retraite à 64 ans, en assurant néanmoins un départ à 62 ans et 9 mois jusqu’au 1ᵉʳ janvier 2028, puis le rythme de 3 mois par an reprendra à partir de cette date jusqu’à atteindre 64 ans. En quoi est-ce une fausse avancée ? Du fait de cet accord entre le PS et le camp présidentiel, l’Assemblée nationale a voté, pour la première fois, en faveur de la retraite à 64 ans. Cela instaure un précédent dangereux dans la bataille pour l’abrogation.
De plus, le gouvernement n’a pas prévu de le faire gratuitement. Il compte faire payer aux retraités eux-mêmes cet accord. Le gouvernement a ainsi prévu de ne pas revaloriser les retraites en 2026, une réduction des revalorisations de 90 % en 2027 et une réduction de 40 % à partir de 2028. Dans les faits, si l’inflation est de 1 %, cela veut dire qu’en 2026 les retraites ne bougeront pas, en 2027 elles augmenteront de 0.1 % et en 2028 de 0.4 %.
Le Gouvernement a ajouté que si l’inflation est inférieure à 1 %, alors il n’y aura pas de revalorisation. Cet accord démontre la volonté assumée de baisser le pouvoir d’achat des retraités alors qu’un retraité sur douze vit sous le seuil de pauvreté (source : INSEE 2018).
Lors de sa niche parlementaire, le groupe parlementaire insoumis a prévu de mettre au vote l’abrogation de la réforme des retraites de 2023. Cette proposition de loi, portée par le député Ugo Bernalicis, est approuvée par 71 % de la population, en plus de nombreuses propositions comme l’abrogation de l’exonération de la CSG apprentis ou encore la gratuité des parkings d’hôpitaux. Une date est donc décisive pour voir si les nouveaux alliés socialistes la macronie vont, cette-fois-ci, respecter le programme sur lequel ils ont été élus ? Une occasion de plus pour LFI de défendre l’une de ses mesures : la retraite à 60 ans, avec 40 annuités.
Par Bryan Heuzé-Touré
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