La meute médiatique, le retour ? Rima Hassan publie ses réponses à Belaich et Pérou

vendredi 5 décembre 2025.
 

Rima Hassan publie les questions reçues et ses réponses

J’ai été contacté par Olivier Pérou (« Le Monde ») et Charlotte Belaïch (« Libération ») pour répondre à leurs questions dans le cadre de la préparation de La Meute 2. Ayant déjà démontré leur mépris des règles déontologiques, diffamations, atteintes à la vie privée, citations inventées, j’ai exigé des questions écrites. Sans surprise, celles-ci étaient dignes des plateaux de CNEWS ou du JDD et je refuse donc de les rencontrer. Pour protéger les lecteurs de leurs méthodes et garantir la transparence, je publie donc l’intégralité des questions qu’ils m’ont adressées le 24 novembre ainsi que mes réponses, afin que chacun puisse juger par lui-même de leurs procédés et de la manière dont ils déformeront les faits dans leur second ouvrage.

Question : Pourquoi avoir défendu le vote contre la résolution appelant à la libération de Boualem Sansal en janvier 2025 ? Avez-vous demandé à vos collègues insoumis de voter contre ?

Le texte dont il est question a été mis à l’agenda par une coalition de la droite et de l’extrême droite ; il a notamment été signé par Marion Le Pen. Le cas de Sansal a été instrumentalisé à des fins d’ingérence et d’escalade diplomatique avec un pays voisin de l’UE. Par exemple, des amendements ont été déposés pour y introduire la question de l’immigration algérienne, le cas des influenceurs algériens ou encore la remise en cause de l’accord UE–Algérie. Je défendais évidemment le respect des droits fondamentaux de M. Sansal et j’ai moi-même déposé des amendements pour améliorer ce texte, qui n’ont pas été adoptés : https://europarl.europa.eu/doceo/do...

La version finale de la résolution telle que proposée ne relève pas d’une réelle volonté de défendre les droits humains. J’ai assisté à toutes les prises de parole du débat sur le sujet, dont l’essentiel des prises de position était monopolisé par des députés français issus de la droite et de l’extrême droite, surtout pour critiquer l’Algérie. Voter contre cette résolution ne signifiait pas être défavorable à la libération de Sansal, mais bien s’opposer à la manière dont son cas était instrumentalisé et se désolidariser de la manière dont il était porté politiquement par l’extrême droite. Boualem Sansal lui-même a rejeté ce soutien de l’extrême droite.

Dans cette histoire, il est important de souligner la responsabilité de l’État français, qui n’a pas utilisé l’ensemble des moyens diplomatiques apaisés à sa portée pour obtenir la libération de Boualem Sansal. Enfin, il faut noter que mon vote au Parlement européen a donné lieu à plus de 50 000 mentions sur X et à 62 articles en 48 h. La plupart de ces articles titraient avec mon nom et ma position.

Pourtant, lorsque les écologistes et les socialistes de l’Assemblée nationale se sont largement abstenus lors du vote d’une résolution appelant à la libération de Boualem Sansal en commission des affaires étrangères, et que même François Hollande et Olivier Faure n’étaient pas présents pour le vote, il n’y a eu aucun emballement ni médiatique ni politique. Cela révèle à quel point ce sujet a été instrumentalisé politiquement avec un biais raciste. Dans le cadre de mon poste de coordinatrice de la sous-commission Droits de l’homme pour The Left, je fais des recommandations de vote qui sont alignées avec mon travail et mes convictions, mais chaque député est ensuite libre de voter ce qu’il souhaite.

Question : Le 18 décembre 2024, vous avez rencontré l’ambassadeur d’Algérie à Bruxelles. Quel était l’objet de ce rendez-vous ? Cette rencontre a été déclarée, conformément au règlement du Parlement européen.

Il s’agissait d’une rencontre parfaitement habituelle dans les commissions Affaires étrangères et la sous-commission Droits humains dans lesquelles je siège. Dans le cadre de ce travail, je ne rencontre pas que des acteurs étatiques mais également des défenseurs des droits humains en Algérie, comme le 5 novembre, où j’ai rencontré des représentants d’EuroMed Rights afin de discuter de la situation des droits humains en Algérie.

Question : Le 16 août 2024, vous avez participé à une manifestation à Amman, en Jordanie. Quel était l’objet de cette manifestation ?

Il s’agissait d’une manifestation hebdomadaire organisée à Amman tous les vendredis en soutien à Gaza.

Question : Qu’avez vous pensé des pancartes brandies en hommage au chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh ?

Il ne s’agissait pas d’une manifestation organisée en soutien au Hamas, mais dans cette région et lors de ces manifestations, il y a des manifestants avec différentes sensibilités politiques et des soutiens à différentes forces palestiniennes que je ne peux pas prévoir ou contrôler.

Question : Début 2024, avant la chute de Bachar al Assad, vous vous êtes rendue en Syrie. Comment avez-vous organisé ce voyage ?

Bien que le régime ai changé depuis, j’invite ces journalistes à rentrer en contact avec les services diplomatiques syriens pour qu’ils expliquent, qu’au moment où je m’y suis rendue, une réfugiée palestinienne qui détient ses documents et qui a un passeport français pouvait parfaitement rentrer en Syrie pour se rendre dans les camps de réfugiés palestiniens. Pour se rendre dans les camps, il fallait passer par un bureau de taxi habilité, qui avait des autorisations pour faire ces trajets. Ce sont surtout les hommes appelés au service militaire pour lesquels il y avait des risques à se rendre en Syrie. Par ailleurs, laisser sous-entendre que je serais privilégiée en Syrie est indécent : ma famille a vécu de nombreux sièges imposés par le régime ces dernières années. Les entrées et sorties des camps étaient contrôlées par le régime syrien, qui n’hésitait pas à venir chercher des hommes palestiniens directement dans leur foyer. J’ai pris des risques pour y aller en passant plus d’une vingtaine de checkpoints, mais j’y suis surtout allée pour voir mon père, très affaibli par la maladie, après 20 ans d’exil. Aucun de mes frères ne peut s’y rendre précisément parce qu’ils sont appelés au service militaire et qu’ils pourraient être arrêtés par le régime.

Question : Le 20 octobre 2025, vous avez relayé un article rapportant les exécutions menées par le Hamas à Gaza contre des Palestiniens accusés de collaboration avec Israël, avec le commentaire “one by one”. Que vouliez-vous dire avec ces trois mots ?

La traduction exacte de l’article portait sur la « traque, un par un, des groupes qui ont collaboré avec l’armée israélienne à Gaza ». L’article portait sur la réponse globale des Palestiniens à Gaza à la collaboration de certaines milices et gangs affiliés à l’État islamique, soutenus et financés par Israël. La glorification des exécutions que l’on cherche à m’imputer ne relève que des tentatives de manipulations grossières et habituelles de la droite et de l’extrême droite. Oui, tous ceux qui ont collaboré avec le régime génocidaire devront répondre de leurs actes.


Signatures: 0
Répondre à cet article

Forum

Date Nom Message