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À l’occasion de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté samedi à Paris et dans d’autres capitales européennes pour apporter leur soutien aux Palestiniens de la bande de Gaza. Plus de 70 000 personnes ont été tuées dans l’enclave palestinienne depuis le début de la guerre, il y a deux ans, entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas.
"Gaza, Gaza, Paris est avec toi". À l’occasion de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, plusieurs dizaines de milliers de personnes, selon les organisateurs, ont manifesté samedi 29 novembre à Paris pour apporter leur soutien aux Palestiniens de la bande de Gaza, ravagée par plus de deux ans de guerre entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas.
Alors que l’ONU célèbre le même jour la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien, son secrétaire général Antonio Guterres a estimé que "le meurtre de tant de civils, le déplacement répété d’une population entière et l’obstruction (à l’acheminement) de l’aide humanitaire ne devraient jamais être acceptables".
"Le récent cessez-le-feu offre une lueur d’espoir. Il est désormais essentiel que toutes les parties le respectent pleinement et travaillent de bonne foi à des solutions qui rétablissent et soutiennent le droit international", a-t-il ajouté dans un communiqué.
Une foule dense a défilé entre les places de la République et de la Nation, aux cris notamment de "Gaza, Gaza, Paris est avec toi", "De Paris a Gaza, résistance !", et brandissant drapeaux palestiniens et pancartes "Palestine, on ne nous fera pas taire" ou encore "Gaza, silence on tue. Stop génocide".
Quelques personnalités politiques de gauche, dont le chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon, faisait partie du cortège.
Sept semaines après un cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre, "il faut rappeler que rien n’est réglé", déclare à l’AFP Anne Tuaillon, présidente de l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), une des 80 ONG (Amnesty, Cimade, Attac...), partis (LFI, Écologistes, PCF...), syndicats (CGT, Solidaires, FSU...) qui avaient appelé à manifester.
"Le cessez-le-feu est un écran de fumée (...). Israël le viole tous les jours, Israël continue d’empêcher l’aide humanitaire de rentrer à Gaza et continue de détruire les infrastructures et les maisons à Gaza. Nous demandons un cessez-le-feu définitif et la fin du génocide", ajoute-t-elle.
Aux termes du cessez-le-feu obtenu par les États-Unis, l’armée israélienne s’est repliée à l’intérieur de la bande de Gaza, au-delà d’une "ligne jaune" qui lui confère encore le contrôle de plus de 50 % du territoire. Mais la trêve dans cette guerre déclenchée par l’attaque sanglante du Hamas sur Israël le 7 octobre 2023 reste très fragile, les deux belligérants s’accusant mutuellement de la violer quotidiennement.
"Il faut des sanctions, c’est le seul moyen pour qu’Israël applique le droit international", exhorte Anne Tuaillon, en dénonçant "l’accélération invraisemblable de la colonisation" en Cisjordanie, ainsi que la violence des colons qui "atteint des proportions jamais atteintes".
Béret sur la tête et drapeau palestinien sur le dos, Saleha, 72 ans, qui a souhaité garder l’anonymat, défile contre le "génocide" à Gaza.
Bertrand, technicien informatique de 42 ans qui souhaite également rester anonyme, estime lui aussi que "le massacre et le génocide continuent", comme en témoigne selon lui les vidéos de deux hommes abattus jeudi lors d’une opération conjointe de la police et l’armée israéliennes à Jénine. L’ONU a demandé une enquête après cette "apparente exécution sommaire".
Au total, 301 personnes ont été ajoutées au bilan depuis jeudi, ce qui porte le total des décès à 70 100, a précisé le ministère dans un communiqué.
Deux d’entre elles sont mortes lors de récentes frappes israéliennes, les autres ont été identifiées à partir de restes enterrés depuis un certain temps sous des décombres.
L’armée israélienne, qui nie cibler des civils depuis le début du conflit il y a plus de deux ans, n’a pas fait de commentaire dans l’immédiat.
Le bombardement de Gaza par Israël a laissé une grande partie de l’enclave en ruines, ce qui rend la collecte d’informations précises sur les victimes difficile.
Au cours des premiers mois de la guerre, les autorités ont compté les corps qui arrivaient dans les hôpitaux et les a identifiés par leur nom et leur numéro d’identité.
Le calme relatif dans l’enclave depuis l’entrée en vigueur d’un fragile cessez-le-feu le 10 octobre a permis aux autorités de rechercher des corps dans les décombres et par conséquent, le nombre de morts n’a cessé de grimper. Gaza disposait avant la guerre de solides statistiques démographiques et de meilleurs systèmes d’information sanitaire que la plupart des pays du Moyen-Orient, ont déclaré des experts en santé publique à Reuters.
Les Nations unies citent régulièrement les chiffres du ministère gazaoui de la Santé et les jugent crédibles.
Avec AFP
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