Etats-Unis « Je vais gouverner comme un démocrate socialiste » : Zohran Mamdani lance son mandat à la tête de New York par une fête très politique

vendredi 9 janvier 2026.
 

Bernie Sanders superstar, hommages aux immigrants traqués par l’administration Trump, promesse d’augmenter les impôts : la cérémonie d’investiture du nouveau maire de New York était truffée de symboles et de sous-entendus.

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The Fugees, Stevie Wonder, Taylor Swift, Jay-Z mais aussi du rap aux sonorités indiennes et des rythmes ougandais pour saluer ses origines familiales. Brièvement connu sous le nom de Mister Cardamom, quand il rêvait de percer dans la musique en 2015, le premier maire « millenial » de New York, Zohran Mamdani, a fait composer une bande-son tout en symboles pour la cérémonie officielle de sa prise de fonction, jeudi 1er janvier.

Il fallait ça pour faire patienter et réchauffer les 4 000 invités installés sur les marches de City Hall par des températures polaires avant une « fête de quartier » bloquant sept blocs d’immeubles le long de l’artère de Broadway coupée à la circulation pour l’occasion. Loin de sa moue boudeuse et de ses moufles devenues stars des réseaux sociaux pendant l’investiture de Joe Biden, en janvier 2021, Bernie Sanders, sénateur du Vermont, héraut de l’aile gauche des démocrates et parrain politique de Mamdani, battait ses gants noirs tout sourire sur de la puissante disco.

Avant la cérémonie en plein jour, Zohran Mamdani avait prêté serment sur les coups de minuit lors d’une brève prestation de serment privée sous les voûtes majestueuses, les faïences rouge, vert, crème et les verrières gilded age – l’âge doré américain – de la station de métro désaffectée Old City Hall, d’où est partie en 1904 la première ligne de la ville. L’investiture avait été confiée à Letitia James et c’était là encore tout sauf anodin. La procureure générale de New York est à la fois une intime de Mamdani et l’ennemie personnelle de Donald Trump, qu’elle a poursuivi en justice avant qu’il ne tente de la faire inculper en retour.

« Nous avons choisi le courage et pas la peur » Devant City Hall, l’investiture a commencé avec plus de 30 minutes de retard avec l’arrivée de Zohran Mamdani, 34 ans, et de son épouse, l’artiste Rama Duwaji, 28 ans tout sourire emmitouflés dans leurs gros manteaux de laine, juste avant le discours d’introduction d’Alexandria Ocasio-Cortez, élue de New York à la Chambre des représentants et elle aussi membre de l’aile gauche du parti démocrate.

En élisant Zohran Mamdani, tenant d’une ligne à gauche toute, musulman, premier « maire immigrant d’une ville d’immigrants », inconnu des médias début 2025 devenu la principale figure de l’opposition à Donald Trump, « nous avons choisi le courage et pas la peur. Nous avons choisi la prospérité pour le plus grand nombre et non l’accumulation pour quelques-uns » , a-t-elle insisté. Sans jamais citer le nom du président américain mais citant le standard de Frank Sinatra, « AOC » a élargi la focale et projeté le combat politique au niveau supérieur : « Et si on peut réussir ici, on peut réussir partout » aux Etats-Unis.

Un à un, les hauts fonctionnaires choisis par Zohran Mamdani ont prêté serment et tous ont évoqué les vagues d’arrestations à l’aveugle de la police de l’immigration (ICE) et la peur de ceux « qui ont bâti leur vie depuis des décennies à New York et ne savent pas s’ils reverront leurs enfants après leur journée de travail » à cause de l’obsession migratoire de Donald Trump. « Nous protégerons les immigrants de cette ville », a promis Mark Levine, le nouveau contrôleur budgétaire de la ville.

Avant-dernière star du jour, Bernie Sanders, a été accueilli à la tribune par une standing-ovation. « New York, merci d’inspirer notre nation tout entière ! Merci de nous avoir donnés d’une côte à l’autre, l’espoir et la vision que nous pouvons créer un gouvernement pour tous et pas juste pour quelques-uns », a lancé l’inventeur de la tournée « Fighting the oligarchy » au printemps dernier.

« Les bus gratuits, ce n’est pas radical » « Nous avons tous entendu les adversaires de Z rebaptiser son programme comme radical, communiste et irréalisable. Vraiment ? […] Des crèches à des prix abordables, ce n’est pas radical ! Les bus gratuits, ce n’est pas radical ! Les supermarchés à prix abordables, ce n’est pas radical ! Exiger que les grosses entreprises paient une part juste d’impôts ce n’est pas radical, c’est exactement ce qu’il faut faire », a insisté le sénateur avant de céder la place à son pupille.

Simple élu du Queens, n’ayant jamais occupé de fonctions exécutives, Mamdani est désormais maire d’une des villes les plus chères du monde, peuplée de 8,5 millions d’habitants et dotée d’un budget municipal de 115 milliards de dollars.

Après avoir assuré les milieux d’affaires qu’ils pourraient s’entendre et travailler de façon pragmatique, le nouvel édile a prévenu qu’il ne renoncerait pas à son programme : « Je ne vais pas m’excuser. J’ai été élu en tant que démocrate socialiste et je vais gouverner comme un démocrate socialiste. »

« Nous ne réussirons peut-être pas tout tout le temps mais nous ne pourrons jamais être accusés de manquer de courage en tentant », a souligné Mamdani, rappelant la ligne directrice de sa campagne et de son projet : « rendre la ville abordable », honorer cette « magnifique mosaïque » qu’est New York, composée de centaines de nationalités, et protéger les plus vulnérables. « Mes amis, n’ayez crainte : on va continuer le boulot. En fait, le boulot vient tout juste de commencer. »


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