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« Les équipes artistiques sont dans une situation absolument alarmante et de désespoir », met en garde Joris Mathieu, directeur du Théâtre Nouvelle Génération et coprésident du syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac), face à la situation de ses adhérents qui subissent les baisses des budgets dédiés à la culture dans les régions et les départements.
« L’effet de ces coupes sur l’activité artistique pourrait, dans les prochains mois, être comparable à ce qui se serait passé pendant le covid s’il n’y avait pas eu de soutien à cette époque, ajoute le metteur en scène. C’est-à-dire qu’il y a des compagnies sans perspective de financement à l’horizon des deux prochains mois et des prévisionnels d’activités pour la prochaine saison en baisse d’un tiers en moyenne. »
Depuis le début de l’année et le bouclage de la plupart des budgets régionaux et départementaux, les couperets tombent à un rythme effréné sur les scènes locales. Une situation qui a même poussé la ministre de la Culture à signer le 11 mars une convention avec le président de l’association des Départements de France, François Sauvadet pour s’assurer d’un « engagement commun en faveur de la culture ». Une signature sans enveloppe pour l’accompagner…
Au-delà de la récente baisse des subventions, les difficultés s’accumulent depuis quelques années pour le secteur : coûts sécuritaires en hausse depuis les attentats, covid, inflation et explosion des coûts énergétiques – « avec parfois des factures à plus de 100 000 euros », précise Aurélie Hannedouche, directrice du Syndicat des musiques actuelles (SMA) –, fragilisaient déjà un grand nombre de structures. « On nous dit toujours qu’il faut nous réinventer, mais la crise est systémique », regrette la directrice.
Le Nouveau Pavillon, une scène nantaise de musiques actuelles traditionnelles à l’origine du festival Eurofonik, en fait les frais. « Sans qu’il y ait de désaveu spécifique de notre projet, nous nous retrouvons embarqués dans une charrette de coupes successives, de la municipalité puis de la région des Pays de la Loire, qui nous mettent dans une situation impossible », explique Maël Hougron, le directeur, contraint d’annuler la saison 2024/2025 de la structure, la création de contenus éditoriaux autour des musiques traditionnelles ainsi que les résidences d’artistes, dans le but de conserver a minima la tenue de leur festival.
« Nous sommes moins de dix à faire ce que nous faisons en France, souligne Maël Hougron. Si nous disparaissons, cela se verra immédiatement car nous servons de révélateurs à certains artistes qui sont ensuite programmés dans des festivals plus généralistes. »
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