Trump/Venezuela : en France et partout dans le monde, des rassemblements massifs contre l’agression américaine et le retour de la doctrine Monroe

samedi 10 janvier 2026.
 

Sous prétexte de lutte contre le narcotrafic, le coup d’État américain vise le contrôle du pétrole du Venezuela et c’est désormais pleinement assumé par Trump et ses ministres.

Dans la nuit du 2 au 3 janvier, les États-Unis ont déclenché une guerre illégale et illégitime au Venezuela. Son Président, Nicolas Maduro, a été kidnappé avec son épouse par les forces spéciales de l’empire Nord-américain. Sous prétexte de lutte contre le narcotrafic, le coup d’État américain vise le contrôle du pétrole du Venezuela et c’est désormais pleinement assumé par Trump et ses ministres.

Immédiatement après l’agression, la France insoumise a apporté son plein soutien au peuple vénézuélien et appelé à des rassemblements partout dans le pays comme à chaque fois que de telles violations du droit international se produisent. Ainsi hier soir, en France comme dans le monde entier dont aux Etats-Unis dans plus de 75 villes, des rassemblements se sont organisés pour dénoncer l’impérialisme américain qui menace désormais Cuba et la Colombie. Notre article.

Agression américaine au Venezuela : la doctrine Monroe et la diplomatie du gourdin sont de retour

Dans le courant des années 1820, le Président américain James Monroe défend l’idée selon laquelle les sphères d’influence et de contrôle diplomatique, économique, militaire et colonial des États-Unis et de l’Europe doivent rester distinctes. En fait, Monroe met en garde les européens et leurs velléités sur le « Nouveau monde » : le continent américain – appelé « hémisphère occidental – est la chasse-gardée des États-Unis. Toute intervention extérieure sur le continent sera considérée comme une mise en danger de la sécurité des USA.

Bientôt appelée « Doctrine Monroe », ce corpus explicitement impérialiste sera complété en 1904 par le « corollaire Roosevelt – parfois appelée « diplomatie du gourdin » – qui dispose que les États-Unis sont légitimes à intervenir en Amérique latine, y compris militairement, s’ils considèrent qu’un de ses États met en danger, directement ou indirectement par le biais d’une influence extérieure, la sécurité et la sphère d’influence propres des États-Unis.

Durant le XXème siècle qui suivit, la doctrine Monroe et son corollaire Roosevelt justifieraient la déstabilisation et les coups d’États dans la quasi-totalité des pays d’Amérique latine au prétexte d’une défense de la sécurité des USA, c’est-à-dire, dans le langage de la Maison Blanche, pour les intérêts économiques du capitalisme étasunien.

Si les coups d’État en Amérique latine directement orchestrés par les USA se font plus rares au XXIème siècle, cela n’empêche pas les ingérences, sanctions, opérations de déstabilisation, embargos et interventions extraterritoriales des États-Unis. Ainsi l’Argentine, la Bolivie, le Chili, le Costa Rica, l’Équateur, le Guatemala, le Guyana, le Honduras, le Panamá, le Paraguay, la République dominicaine et le Salvador sont gouvernés par des dirigeants réactionnaires à la botte des États-Unis qui ont largement contribué à les mettre au pouvoir.

Brésil, Cuba, Colombie : Trump les menace désormais de subir le même sort que le Venezuela. Les embargos, sanctions et tentatives de déstabilisation américaines sont assumés par Washington.

L’agression du Venezuela et la capture illégale de son Président s’inscrivent dans la longue tradition impérialiste des États-Unis sur les continent Américain. Et là encore, contrairement à ce que vous trouverez rabâché en France sur les plateau de la presse de l’oligarchie, point de risque pour la sécurité des USA liés au narcotrafic – la crise des opioïdes aux États-Unis est d’abord le fait de la cupidité des industries pharmaceutiques – ni d’intervention du chevalier libérateur américain pour la démocratie au Venezuela.

Et c’est Donald Trump lui-même, dont on peut au moins reconnaître la transparence, qui le dit. Ainsi, quelques heures à peine après l’agression, le Président américain avouait : « Le Venezuela ne pompait presque rien de son pétrole par rapport à ce qu’il aurait pu faire. […] Nos très grandes compagnies pétrolières américaines vont intervenir, investir des milliards de dollars, réparer les infrastructures gravement endommagées et commencer à générer des profits pour le pays ». Explicite.

En France et partout dans le monde, des rassemblements en soutien au peuple vénézuélien

Hier, après avoir dévolu le sale boulot à son ministre des Affaires étrangères, Emmanuel Macron a fini par s’exprimer sur l’agression illégale de Donald Trump au Venezuela. Comme attendu, le Président français a confirmé sa place de vassal de l’empire saluant le coup d’État des États-Unis. Donald Trump l’a d’ailleurs remercié publiquement par le biais de son réseau social.

« La prise de position de Macron n’est pas la voix de la France. Il nous fait honte. Il abandonne le droit international. Jour sombre pour notre pays. » a notamment réagit Jean-Luc Mélenchon.

Car pendant ce temps, de Paris à Montpellier, de Marseille à Auxerre, de Caen à Mulhouse et dans de nombreuses villes du pays, les insoumises et les insoumis se tenaient aux côtés de dizaines de milliers de personnes pour dénoncer l’agression américaine et apporter leur soutien au peuple vénézuélien.

De la même manière ce samedi 3 janvier se tenaient dans plus de 75 villes étatsuniennes des rassemblements contre cette nouvelle violation assumée du droit international par les USA. Partout en Europe et dans le monde, des centaines de milliers de personnes se mobilisaient contre l’agression et l’impérialisme américains, mais plus largement pour le respect du droit international de Gaza au Venezuela.

L’invasion américaine met en cause la paix dans toute l’Amérique latine et dans le monde. La France insoumise a appellé le gouvernement français à condamner sans ambiguïté cette guerre, à exiger un cessez-le-feu immédiat et à défendre la souveraineté du Venezuela. Dans l’immédiat, La France doit demander une réunion du conseil de sécurité de l’ONU et exiger la libération immédiate de Nicolás Maduro et de son épouse, la garantie pleine et entière de leur sécurité, ainsi que leur retour immédiat et sans condition sur le sol vénézuélien, conformément au droit international.


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