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Encore et toujours, le Parti socialiste français (PS) excelle dans l’art du mensonge. Olivier Faure va demander, pour la énième fois, à ses députés de ne pas voter la motion de censure portée par la France insoumise ce mercredi 21 janvier, à l’occasion du trentième usage de l’article 49 alinéa 3 des macronistes ! Il ne s’agit plus d’appeler cela de la trahison, mais seulement d’une volonté de gouverner avec la majorité présidentielle. Un article chéri des socialistes, qui n’en ont guère à cirer de la démocratie, au détriment des plus précaires et d’une véritable bifurcation écologique.
Sur tous les plateaux, les socialistes répètent des éléments de langage à propos de soi-disant « victoires arrachées de haute lutte ». Fonds vert, repas à 1 euro pour les étudiants, postes d’enseignants, l’Insoumission vous livre la liste des fausses victoires avancées par le Parti socialiste, qui valide un budget de 20 milliards d’euros de coupes à la tronçonneuse. Le niveau de propagande du Parti socialiste sur ces soi-disant victoires a atteint un tel niveau que Philippe Juvin, homme de droite et rapporteur du budget, les a ridiculisé ce matin, déclarant « Les socialistes font du tambour et de la trompette (…) La vérité est qu’ils n’ont rien obtenu. »
C’est ce dont ils souhaitent depuis le départ. Le parti à la rose n’attendait que la venue de l’usage de l’article 49 alinéa 3 – qui engage la responsabilité du Gouvernement sur un texte, en l’occurrence le projet de loi de finance 2026 – pour n’avoir pas à le voter, et se tirer de la séquence électorale. Rappelons qu’à Blois cet été, les « socialistes » proposaient des réductions budgétaires de l’ordre de 21,7 milliards d’euros. Des coupes à tout va dans l’éducation nationale, la justice, ou encore dans la bifurcation écologique. Un budget tellement honteux qu’il n’est même plus disponible sur le site Internet du parti !
N’oublions pas non plus que la politique de François Bayrou – un Premier ministre dont la responsabilité aurait simplement dû être engagée pour l’affaire Bétharam – avait pu continuer grâce à la non-censure du PS, qui avait décidé d’accorder à l’ex-Premier ministre « le bénéfice du jour » selon Patrick Kanner, président des sénateurs du PS. Entendons-nous : il ne s’agit pas là d’une grande propension au débat dont nous accorderait la grâce d’un Boris Vallaud ou d’un Jérôme Guedj – où sont les femmes dans ce parti ?! – mais simplement d’un accord de principe : quand la noblesse d’État a pris le pouvoir du parti, la bourgeoisie s’est emparée de l’appareil. Rien d’étonnant à ce que ces « socialistes » soient en réalité tout à fait d’accord avec les macronistes, dont ils souhaitent simplement absorber l’électorat.
Enfin, n’oublions pas la fumisterie qu’ils souhaitent nous faire avaler, celle de la prétendue « suspension » de la réforme des retraites. Macron lui-même l’avait bien affirmé devant les institutions européennes, afin de les rassurer : il ne s’agit là que d’un « décalage ». Par ailleurs, Sébastien Lecornu n’a pu tenir aujourd’hui que grâce à la veulerie des socialistes. Les conseillers du ministre ont pu affirmer, tout au long de la séquence politique ayant débuté en septembre 2025, que la seule stratégie était de faire plier le PS.
Avec pour dernière menace celle de la dissolution ! Élisabeth Borne le disait elle-même : « Lecornu dit aux socialistes : ‘Si vous n’êtes pas sages, vous aurez la dissolution’ ». Des « concessions réciproques » avec le gouvernement Barnier, à la tentative d’absorber un prétendu « électorat composite » faisant obstacle au RN, le PS ne souhaite désormais qu’une chose : récupérer les voix des macronistes déçus. Ils auront pour cela leur premier soldat – qui n’est par ailleurs même pas encarté dans le parti ! – en la qualité de Raphaël Glucksmann après cette primaire ratée de laquelle ils ne respecteront certainement pas l’issue, comme à chacun de leurs engagements !
À celles et ceux qui auraient encore un doute sur la sincérité des socialistes – en existent-il encore vraiment ? –, voici un léger rappel de ce que la séquence politique actuelle nous donne à voir. Alors selon le PS, leur bilan serait honorable, et ils auraient réussi à « augmenter le fonds vert », « gagner le financement des repas à 1€ pour les étudiants » ou encore « dégeler les bourses « étudiantes ». Voici véritablement ce qu’il résulte de la ruine idéologique d’un parti n’ayant plus que ses éléphants pour avancer :
Le montant du fonds vert était de 2,5 milliards en 2024. Le budget Lecornu prévoit de l’abaisser à 850 millions d’euros. C’est 300 millions de coupes supplémentaires par rapport au budget proposé par François Bayrou. Concernant le repas étudiant à 1€, c’est heureux, il a été voté l’année dernière par l’Assemblée nationale ! On se rappelle par ailleurs de la lutte du député Louis Boyard pour faire advenir la mesure. Avait-on alors entendu parler d’un « socialiste » particulièrement enclin à défendre la mesure ? Pas à notre connaissance ! Pour le montant des bourses, elles sont bel et bien « maintenues ». Encore heureux, non ?! Mais quid de leur revalorisation ? Il n’en est pas question. Les bourses de l’année en cours sont en effet gelées, par le budget voté l’année dernière, y compris par les… « socialistes » !
Par ailleurs, le PS se félicite que l’État compense les faibles salaires payés par les entreprises, mais n’exige pas une hausse du SMIC, alors même que ses députés ont été élus sur un programme, celui du Nouveau Front Populaire, exigeant une hausse du salaire minimum. Le PS se targue par ailleurs de l’indexation des retraites sur l’inflation, qui n’est en réalité pas une mesure qui lui aurait été « concédée », mais simplement résultant d’un vote à l’Assemblée nationale. Les mêmes défendent également l’indexation du barème de l’impôt sur le revenu sur l’inflation. Une mesure qui avait été proposée en première lecture par… la France insoumise, que les « socialistes » avaient alors conspué !
Enfin, et parce que c’est une mesure phare, Lecornu aurait concédé la création de « 2 000 postes supplémentaires de l’Éducation nationale » aux socialistes à l’occasion de ce 49.3. Observons-là d’abord la visée clientéliste des socialistes : les profs ont longtemps concerné une part non-négligeable de leur électorat. En 2017, nombre d’entre eux avaient voté Macron. La mesure, qui sera abondamment vendue comme une extraordinaire victoire résultant d’une lutte acharnée de cette avant-garde bourgeoise et capitaliste se révèle en fait inexistante. En effet, le budget 2026 prévoit 4 000 suppressions de postes d’enseignants et 3 000 suppressions de postes d’assistants d’éducation, au prétexte de la « baisse démographique ».
Les « 2 000 » postes supplémentaires s’ajoutent aux suppression de postes. Un calcul d’un enfant de primaire nous éclairera : 7 000 – 2 000, ça fait bien 5 000 suppressions de postes restantes ! Plus encore, le PLF 2026 prévoyait en réalité déjà 1 200 créations de postes d’AESH. En réalité, le PS n’aurait, au termes de ces âpres négociations, réussi qu’à garder 800 postes supplémentaires dans l’éducation nationale. C’est deux fois moins qu’en 2022, comme le note le député Paul Vannier.
Leur contre-budget prévoyait 7 mesures de recettes fiscales (taxe Zucman, contribution Gafam, refonte de la fiscalité sur les dividendes et plus-values, …). Aucune n’est dans la copie finale présentée en 49.3. Parmi les mesures d’économie prévues dans le contre budget, une seule a été adoptée sur les huit. Pas de réforme du Crédit impôt recherche, pas de suppression de la niche armateurs, …
Enfin, concernant les investissements, aucune des mesures du contre-budget socialiste (suspension de la réforme des retraites, baisse de la CSG, plan d’urgence pour le logement, etc.) n’a été adoptée dans le budget final ! Mais les Olivier Faure, Patrick Kanner, Boris Vallaud, Jérôme Guedj et consorts vous parlerons d’une victoire ! Les mêmes se disent « responsables », d’un « parti de gouvernement ». Pour conclure, la citation du premier parmi les derniers, Olivier Faure : « Jamais nous ne voterons favorablement au budget parce que nous sommes dans l’opposition et que voter un budget de l’État, c’est appartenir à la majorité », il y a un mois à l’Humanité. Qui pourrait encore voter pour ces hypocrites ?
Alain Bloyé
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