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Aurélie Delwarte ou une nouvelle affaire embarrassante pour la galaxie de l’extrême droite. Après plusieurs scandales impliquant des candidats du Rassemblement national, c’est au tour d’Identité-Libertés, le parti de Marion Maréchal Le Pen, de voir ses cadres pris la main dans le sac.
Aurélie Delwarte, responsable locale du parti et suppléante du député Rassemblement national Pierre Meurin, s’illustre par ses publications racistes et son admiration pour Philippe Pétain. Une affaire qui démontre, une fois de plus, que la prétendue normalisation de l’extrême droite n’est qu’un vernis qui craque à la moindre enquête journalistique. Notre article.
Aurélie Delwarte se présente à la tête d’une liste « d’union » aux municipales de Pont-Saint-Esprit, dans le Gard. Bien qu’encartée à Identité-Libertés (IDL), elle n’hésite pas à s’afficher aux côtés du RN : la deuxième place de sa liste est occupée par un membre du parti de Jordan Bardella. Cette alliance illustre parfaitement la porosité entre ces formations qui prétendent se distinguer tout en partageant les mêmes cadres et les mêmes obsessions politiques.
Sur Facebook, Aurélie Delwarte ne se contente pas de publications racistes. En mai dernier, elle a « aimé » une publication de Thomas Joly (=/= Thomas Jolly, directeur artistique de la cérémonie d’ouverture des JO de Paris), figure de l’ultranationalisme français, rendant hommage à Philippe Pétain. Pour rappel, ce dernier était le dirigeant du régime de Vichy et demeure le symbole de la collaboration avec l’occupant nazi et de la déportation de milliers de Juifs français vers les camps de la mort.
À la Libération, Pétain a été reconnu coupable de haute trahison et d’intelligence avec l’ennemi. Il a été condamné à l’indignité nationale. Que la suppléante d’un député de la République manifeste publiquement son admiration pour ce collaborationniste en dit long sur l’idéologie qui traverse ces formations politiques.
L’activité numérique d’Aurélie Delwarte ne s’arrête pas là. Sur les réseaux sociaux, elle « aime » également les pages des groupuscules identitaires tels que Jeunes d’Oc ou Némésis. Ces mouvements, ancrés dans une idéologie raciste et xénophobe, constituent l’aile la plus radicale de l’extrême droite française. Cette activité en ligne d’une candidate aux municipales et responsable locale d’IDL n’a rien d’anodin : elle révèle les véritables références intellectuelles et politiques de ces partis qui tentent de se faire passer pour respectables.
Interrogé par Libération, Philippe Vardon, délégué général d’IDL, se défausse avec une facilité déconcertante. Selon lui, Aurélie Delwarte « n’a reçu aucune investiture dans le cadre des élections municipales » et le parti « investigue » sur son cas. Cette réponse pose question : comment expliquer qu’une responsable locale du parti, suppléante d’un député RN, puisse afficher publiquement son admiration pour Pétain et fréquenter des groupuscules identitaires sans que cela n’interroge sa direction ? Ces positions ne semblent poser problème qu’au moment où la presse s’en empare.
Identité-Libertés, qui se présente comme une formation distincte du RN tout en s’alliant systématiquement avec lui sur le terrain, ne peut prétendre ignorer les positions de ses responsables locaux. La présence de cadres aux convictions pétainistes au sein d’un parti démontre les limites de la stratégie de normalisation du parti des Le Pen. Il s’agit d’une imposture politique destinée à masquer la réalité d’une idéologie inchangée : Jean-Marie Le Pen a bien fondé le Front national avec des anciens collaborationnistes et des membres de la Waffen SS.
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