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L’opinion des Français envers l’union européenne
1 – les Français veulent-ils que la France sorte de l’union européenne, oui ou non ?
a) Sondages récents sur le souhait de quitter ou rester dans l’UE Baromètre d’opinion publique européenne (déc. 2025) Question : Voulez-vous que votre pays reste membre de l’Union européenne ou la quitte ? 61 % des Français souhaitent que la France reste dans l’Union européenne. 27 % souhaitent que la France quitte l’Union européenne. 12 % ne savent pas / pas d’avis. Source : enquête publiée dans le Baromètre de l’Opinion publique européenne – Vague 4 (Décembre 2025)
b) Sondage Odoxa – Challenges / BFM Business (mai 2024) Si on demande aux Français s’ils sont pour ou contre la sortie de la France de l’UE : 62 % sont opposés à une sortie de l’Union européenne. 65 % sont opposés à une sortie de l’euro (étroitement lié à l’appartenance à l’UE). ➡Source : sondage Odoxa pour AGIPI, Challenges et BFM Business
** 1. 2 – Les Français ont-ils une image positive ou négative du fonctionnement de l’union européenne ? Sondages mesurant l’image de l’Union européenne auprès des Français
a) Sondages Eurobaromètre (institut officiel de l’UE) Ces enquêtes sont régulièrement publiées et permettent de mesurer l’opinion publique dans tous les États membres sur l’UE en général : Dans une version récente, seulement environ 34 % des Français déclarent avoir une image positive de l’UE, ce qui place la France parmi les pays les plus sceptiques au sein de l’Union. Une autre itération de l’Eurobaromètre montre qu’environ 48 % des Français ont une image positive de l’appartenance à l’UE dans un contexte particulier (par exemple lié à la guerre en Ukraine). b) Dans l’enquête d’automne 2024, 35 % des Français déclaraient une image positive, 39 % neutre et 17 % négative.
c) Enquêtes médias / instituts français Des médias ou instituts comme TF1 Info ou Europe 1 publient aussi des sondages qui mettent en lumière des perceptions nationales : 44 % des Français ont déclaré avoir une image positive de l’UE dans un sondage récent, contre 52 % en moyenne européenne.
d)Une enquête plus ancienne montrait une image positive pour environ 32 % des Français, notamment marquée par une perception négative liée à la gestion de certaines crises ou politiques européennes. Résumé, entre 32 et 44 pour cent ont une image positive de l’union européenne.
Synthèse globale : Environ deux tiers des Français sont contre la sortie de l’union européenne mais seulement un tiers ont une image positive de son fonctionnement. Une explication probable de cette contradiction : la peur s’appuyant sur différentes raisons. On peut se reporter à un sondage et un article intéressant de France-Soir.fr 2 juillet 2025 : Une France plus que jamais en proie à la défiance envers ses des dirigeants européens. https://www.francesoir.fr/politique...
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1.3 – Les partis politiques préconisant la sortie de la France de l’union européenne : des forces marginalisées et marginales.
en raison 1) de la dégradation considérable de la situation économique, commerciale, financière et écologique ; 2) d’une détérioration de la situation sociale et des services publics ; 3) d’un neuro dévalué par rapport au dollar alors que l’on nous promettait une autonomie monétaire européenne ; 4) une politique extérieure subordonnée à celle des États-Unis alors que l’on nous promettait une souveraineté politique européenne ; 5) des atteintes multiples à la souveraineté nationale notamment sur le plan budgétaire ; 6) un engagement dans un conflit armé contre la fédération de Russie alors que l’on nous a promis une Europe de la paix, un nombre croissant de citoyens se pose la question : pourquoi la France ne sortirait-elle pas de l’union européenne ? Quels intérêts avons-nous de rester dans cette galère ? Je n’énumère pas ici la totalité des arguments comme celui de la dérive de plus en plus autoritaire voir totalitaire du fonctionnement institutionnel européen par exemple. Remarquons que différentes formations politiques préconisent cette option politique : Nicolas Dupont Aignan avec son parti « Debout la France » ; Florian Philippot avec son parti « les patriotes » ; François Asselineau avec l’UPR. On constate qu’aucun de ces parties n’a obtenu un score électoral significatif inférieur à 2 %). Remarquons que Philippe de Villiers qui avait fondé le parti « Mouvement pour la France » (MPF) la dissout en 2018 et bien que se rattachant aux parties « Reconquêtes » ce parti ne se prononce pas pour la sortie de l’union européenne, pas plus que le RN d’ailleurs. Les scores électoraux des partis de droite préconisant la sortie de l’UE ont donc été très faibles et confirme les sondages précédents. Mais ces partis de droite qui se réclame du « souverainisme » souffre d’une carence importante : l’absence d’un programme économique et social cohérent et de bon niveau même si leurs arguments concernant la politique extérieure de la France et de l’union européenne et leur critique du fonctionnement des institutions de l’UE sont fondés et légitimes.
Et à gauche ? Georges Kuzmanovic (né Djordje Kuzmanović), ancien militant du Parti de gauche puis de La France insoumise, où il avait été conseiller de Jean-Luc Mélenchon sur les questions internationales a quitté LFI à la fin de 2018 en raison de divergences marquées avec la direction du mouvement, notamment sur la stratégie, l’orientation et la place accordée au souverainisme et à l’Union européenne. Il a fondé en 2019 un nouveau parti : « République souveraine » et anime le site « Fréquence populaire » souverainiste de gauche. Il a voulu se présenter aux élections présidentielles de 2022 mais n’a pas obtenu les parrainages. (Comme François Asselineau. ) Son programme précise que la France doit sortir de l’union européenne. Le parti Lutte Ouvrière et pour la sortie de la France de l’union européenne n’ont pas pour des raisons de souverainisme mais de rupture avec une structure d’exploitation capitaliste. En revanche le NPA a globalement une position proche de celle de La France Insoumise mais il existe en son sein un courant préconisant la sortie. Là encore, ce sont des parties dont les scores électoraux sont très faibles. Il nous a paru intéressant de rappeler ces différentes positions pour mieux apprécier le réalisme et la cohérence de la politique de La France Insoumise sur la question européenne.
2 – La France Insoumise et l’union européenne.
Source : La France Insoumise https://programme.lafranceinsoumise... On se réfère ici au chapitre 17 du programme. Table des matières Ordonner le monde Chapitre 17 : Europe En 2027, l’Union européenne sera à la croisée des tournants. C’est l’année durant laquelle le nouveau budget pluriannuel de l’Union européenne et la nouvelle Politique agricole commune devront être adoptés et le marché carbone étendu aux particuliers pour le logement et le transport. 2027 sera l’année pour remettre en cause des politiques qui nuisent aux peuples européens et à la planète.
En effet, certaines règles européennes sont aujourd’hui incompatibles avec la mise en œuvre de notre programme :
Les traités de libre-échange s’opposent au protectionnisme écologique La concurrence libre et non-faussée empêche la constitution de pôles publics et la sortie des biens communs du marché Le carcan budgétaire nous enferme dans l’austérité et réduit notre capacité à investir dans la bifurcation écologique et sociale La libre-circulation des capitaux nous empêche de reprendre le pouvoir sur le secteur financier La politique agricole commune promeut un modèle contraire à une agriculture paysanne, biologique et respectueuse du bien-être animal L’absence d’harmonisation sociale et la directive sur le travail détaché mettent en concurrence les travailleurs L’impunité des paradis fiscaux européens menace nos recettes fiscales et le consentement à l’impôt L’Europe de la défense nous enferme dans les velléités belliqueuses de l’OTAN Le statut de la Banque centrale européenne (BCE) nous oblige à mettre l’État dans la main des marchés financiers pour nous financer Nous avons une stratégie complète pour lever ces blocages avec une méthode de gouvernement fondée sur le respect de la volonté populaire et l’esprit de coopération internationale.
D’une part, nous proposons aux États et aux peuples européens la rupture concertée avec les traités actuels (plan A). Cela passera par la négociation de nouveaux textes compatibles avec les urgences climatiques et sociales et soumis à un référendum du peuple français pour approbation. Nous proposerons notamment :
– la récupération par les États de leur souveraineté budgétaire ;
– la modification du statut de la BCE ;
– la mise en place de règles d’harmonisation sociale et écologique à l’intérieur de l’Union ;
– la mise en place d’un protectionnisme écologique ;
– le droit pour les États de venir en aide à des entreprises ou à créer des monopoles publics dans des secteurs stratégiques ;
– le droit à l’eau comme droit fondamental pour tous les Européens.
D’autre part, nous appliquerons dans tous les cas immédiatement notre programme au niveau national en assumant la confrontation avec les institutions européennes (plan B). Nous utiliserons pour cela tous les leviers pour faire valoir notre position au Conseil européen et désobéirons aux règles bloquantes à chaque fois que c’est nécessaire.
Ces deux stratégies s’alimentent mutuellement : c’est en agissant en éclaireur que nous pourrons entraîner les autres peuples européens !
Utiliser tous les leviers d’action face aux institutions européennes Désobéir à chaque fois que c’est nécessaire pour mettre en œuvre notre programme Lire La suite en utilisant le lien suivant : https://programme.lafranceinsoumise...
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On peut avoir des informations supplémentaires en consultant le plan : notre stratégie pour l’Europe. Ouvrir le lien : https://programme.lafranceinsoumise...
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Pourquoi La France Insoumise préconise-t-elle plutôt la désobéissance aux traités plutôt qu’une sortie de l’UE ? En voici les raisons : 1) les Français sont majoritairement hostiles à cette sortie comme nous l’avons vu précédemment. 2) Avec sortie ou sans sortie, de toutes façons, les responsables de La France Insoumise vont se heurter à des obstructions et du sabotage économique et financiers pour la mise en œuvre de leur programme : les forces du Capital et leurs valets médiatiques ne resteront pas passifs pour défendre leurs intérêts. La sortie de l’UE aggraverait encore ses difficultés. En restant dans l’UE La France Insoumise peut plus facilement organiser des alliances avec d’autres pays pour résister. 3) En sortant unitaire allemand de l’UE et en cas de difficultés économiques suite à cette sortie, l’opinion publique se retournerait immédiatement contre La France Insoumise en l’accusant de dogmatisme idéologique en refusant toute négociation. 4) La France peut-elle exercer des pressions significatives sur la gouvernance de l’UE ? Oui. Rappelons que la France est la deuxième puissance économique européenne avec un PIB égal à 16,4 % du PIB de l’UE après l’Allemagne, 23,7 % et devant l’Italie 12,2 % et l’Espagne 8,9 %. Quand on menace de sanctions, jusqu’à présent elles ont été plus théoriques qu’effectives car l’application de l’article 7 demandes un vote à l’unanimité pour ne citer qu’un exemple.
3 – Quelle stratégie de La France Insoumise face à une reconfiguration géopolitique mondiale ? La crise financière de 2008, la guerre en l’Ukraine opposant les pays de l’OTAN à la fédération de Russie, l’élection de Donald Trump ont précipité un mouvement en cours : la perte de l’hégémonie économique, financière, militaire et culturelle des États-Unis sur le monde et l’apparition d’un monde multipolaire s’incarnant notamment dans les Brics et l’OCS. Dans ce contexte instable, l’UE sans potentiel industriel et énergétique importants, se trouve en situation de rupture avec la fédération de Russie, en situation de dépendance et de conflit avec les USA, en situation de tension avec la Chine sur le plan commercial. Comment un gouvernement dirigé par des insoumis fera-t-il face à cette situation complexe ? Et quelles nouvelles relations devrait-on construire avec les pays d’Amérique du Sud et d’Afrique ? Quelles mesures devra-t-on proposer pour restaurer et améliorer le droit international et le fonctionnement de l’ONU ? La France Insoumise a déjà abordé avec son programme l’Avenir en commun et ses livrets thématiques ces questions. On peut se reporter notamment ou livrets thématiques : « Pour une France indépendante, souveraine et non alignée ». Ouvrir le lien : https://programme.lafranceinsoumise... Rappelons que le programme l’Avenir en commun et le livret indiquent que la France devrait sortir de l’OTAN. Ironie de l’histoire : l’OTAN va devoir faire face à une crise pouvant conduire à sa dislocation en raison d’une part d’une défaite probable face à la puissance militaire et économique de la fédération de Russie et d’autre part face à des contradictions internes comme en témoigne la décision de Trump d’annexer le Groenland et de mettre sous tutelle américaine le Canada.
Hervé Debonrivage
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