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« Le Gouvernement français doit renoncer à sa demande de démission et rectifier publiquement les propos inexacts qui ont été attribués à Madame Albanese ». Ces mots sont ceux de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) dans une lettre transmise au ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot
Francesca Albanese. « Le Gouvernement français doit renoncer à sa demande de démission et rectifier publiquement les propos inexacts qui ont été attribués à Madame Albanese ». Ces mots sont ceux de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH) dans une lettre transmise au ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, ce samedi 14 février.
Ils portent sur la réappropriation par Jean-Noël Barrot d’un montage vidéo visant à faire porter à Francesca Albanese, Rapporteure spéciale des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, des propos qu’elle n’a jamais tenus.
Impulsée en particulier par des députés macronistes, cette opération de désinformation grossière s’est donc frayée un chemin jusqu’au Quai d’Orsay. Elle a pour but, une fois n’est pas coutume, d’assimiler toute critique du génocide de Netanyahu à de l’antisémitisme. Pour les génocidaires et leurs soutiens, de l’Assemblée nationale ou du gouvernement, tous les coups, tous les mensonges sont permis.
De nombreuses organisations et responsables politiques se sont mobilisés pour soutenir Francesca Albanese et défendre la vérité. C’est le cas notamment de la députée de la France insoumise Gabrielle Cathala qui a saisi la Procureure de la République de Paris dès la première prise de parole du ministre Barrot. Notre article.
Le 7 février 2026, Francesca Albanese intervient au forum du média Al Jazeera à Doha. Une prise de parole accessible à tous. Dès le lendemain, un montage vidéo grossier commence à circuler sur les réseaux sociaux, et les génocidaires s’emballent : la Rapporteure spéciale des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés aurait tenu des propos antisémites en déclarant qu’Israël « est l’ennemi commun de l’humanité ».
En France, c’est la députée macroniste Caroline Yadan, porte-parole zélée du génocide des Palestiniens qui défend depuis plusieurs semaines une loi visant à rendre impossible toute critique d’Israël, qui se charge immédiatement du sale boulot. Le jour même, elle annonce qu’elle demandera officiellement au ministre de l’intérieur « la révocation immédiate d’Albanese de ses fonctions officielles à l’ONU ».
Trois jours plus tard, le 11 février dernier, ayant eu tout le loisir de vérifier la réalité des propos tenus, le Ministre des Affaires étrangères choisit de publiquement demander la démission de Francesca Albanese. Il a récidivé ce mercredi 18 février. Ce faisant, Jean-Noël Barrot a délibérément choisi de fonder non seulement ses prises de parole devant la représentation nationale, mais sa position internationale officielle sur un mensonge qu’il ne peut ignorer. Car les propos exacts réellement tenus par Francesca Albanese, les voici :
« Le fait qu’au lieu d’arrêter Israël, la plupart des pays du monde l’ont armé, lui fournissant des excuses politiques, un appui politique, un soutien financier et économique, c’est un défi. Le fait que la plupart des médias dans le monde occidental amplifient le discours pro-apartheid, le narratif génocidaire, c’est un défi. Et en même temps c’est aussi une opportunité. Car si le droit international a été poignardé en plein cœur, il est également vrai que jamais auparavant la communauté internationale n’a connu les défis auxquels nous sommes confrontés, nous qui ne contrôlons pas d’importants capitaux financiers, ni d’algorithme, ni d’armes. Nous voyons maintenant que l’humanité a un ennemi commun […] »
De manière on ne peut plus claire, Francesca Albanese désigne donc comme « ennemi commun de l’humanité », non pas Israël, mais le système médiatico-politique qui rend possible le génocide et les violations du droit international en cours en Palestine.
La grossière opération de désinformation menée en France jusqu’au plus haut sommet de l’État serait risible si elle n’était pas tragique. Car si Francesca Albanese est une nouvelle fois la cible d’une propagande mensongère, c’est parce que depuis 2023, elle tente avec la plus grande détermination de faire la lumière aux yeux du monde sur les atrocités commises depuis plus de deux ans à Gaza et en Cisjordanie occupée.
À mesure que son travail d’investigation sur les crimes de l’armée génocidaire israélienne a progressé, de nombreux responsables politiques et parlementaires du monde entier se sont joints à la meute pour tenter de discréditer son indépendance et son expertise. Aujourd’hui, en France, c’est le ministre des Affaires étrangères lui-même qui se permet les manipulations les plus visibles, sachant pertinemment que dans le climat actuel, mentir pour couvrir un génocide ne lui causera aucun tort.
Heureusement, de nombreuses organisations et responsables politiques se sont mobilisés pour soutenir Francesca Albanese et défendre la vérité. C’est le cas notamment de la députée de la France insoumise Gabrielle Cathala qui a saisi la Procureure de la République de Paris dès la première prise de parole du ministre Barrot.
C’est le cas également de la CNCDH, autorité administrative indépendante qui a dénoncé ce 14 février dans un courrier directement adressé au ministre de l’Intérieur la « déformation manifeste » des propos de Francesca Albanese, rappelant que « la critique des politiques d’un gouvernement, y compris celui d’Israël, relève de la liberté d’expression et ne saurait être assimilée à de l’antisémitisme ». La CNCDH note également que si la demande de démission de Francesca Albanese appelée par Jean-Noël Barrot venait à aboutir, « la France porterait ainsi une responsabilité historique dans l’affaiblissement des mécanismes onusiens de protection des droits de l’Homme. »
Le Comité de Coordination des procédures spéciales de l’ONU en charge de vérifier, entre autres, le respect du code de conduite par les Rapporteurs spéciaux a apporté son soutien à Francesca Albanese face à la cabale dont elle fait l’objet. Dans le même temps, plus de 100 élus et responsables politiques européens ont dénoncé l’opération manifeste de manipulation du ministre des Affaires étrangères. Plus de 150 anciens ministres, ambassadeurs et diplomates du monde entier ont quant à eux accusé Jean-Noël Barrot de « disséminer la désinformation en faisant une référence publique à un montage sur les propos tenus par Francesca Albanese ».
L’ONG Amnesty International a également dénoncé les attaques de Jean-Noël Barrot sur la base « d’une vidéo délibérément tronquée pour déformer et gravement mal interpréter les messages de Francesca Albanese – comme il est clair en regardant son discours original dans son intégralité ».
L’opération de manipulation destinée à discréditer Francesca Albanese, et avec elle tout le travail accompli par les plus grands experts de la planète pour documenter le génocide en Palestine, est abjecte. Le fait qu’elle pénètre avec autant de facilité jusqu’au ministère des Affaires étrangères sur la base d’un montage vidéo aussi grossier est tristement révélateur. Révélateur de la complicité des gouvernements européens et du gouvernement français avec le projet génocidaire de Netanyahu, ce même Netanyahu qui, ce 10 février, traversait une nouvelle fois l’espace aérien français en dépit du mandat d’arrêt international émis à son encontre.
Vente d’armes, coopération économique et culturelle, suspension des évacuations humanitaires, silence, inaction et persécution d’une rapporteur spéciale des Nations Unies : voilà ce qui se cache derrière les grands discours d’Emmanuel Macron et la reconnaissance fantoche de l’État palestinien par la France, voilà la complicité.
La France insoumise, pendant ce temps, lutte sans relâche pour la fin du génocide en Palestine. Dans cette lutte, combattre contre la manipulation des propos de Francesca Albanese est indispensable non seulement pour continuer à visibiliser le génocide, mais pour exposer la complicité du gouvernement français et la faillite des institutions.
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