Les conceptions de Nation et de citoyenneté pour LFI.

dimanche 15 mars 2026.
 

Dans un contexte de perte de repères idéologiques et d’instabilité politique chronique remettant en cause les bases mêmes de la république et de la démocratie, il est nécessaire de rappeler les fondements de la philosophie politique de LFI concernant la Nation, la citoyenneté et la souveraineté. On trouvera ici aussi des armes idéologiques concrètes pour le combat intellectuel contre l’extrême droite.

Introduction

La notion d’identité nationale ne peut être traitée dans n’importe quel cadre sous peine d’être assujetti à une instrumentalisation par celui ou ceux qui décident de définir le cadre. C’est la raison pour laquelle les responsables de LFI se sont opposés en février 2025 à ce que ce sujet soit remis sur la table sous le gouvernement Bayrou. Le débat sur l’« identité nationale » est piégé et sert surtout à déplacer la discussion vers l’immigration et les thèmes de la droite et de l’extrême droite. Cette thématique peut alors servir à diviser le peuple et être utilisée par le pouvoir comme une diversion pour faire oublier sa politique catastrophique.

Cette ligne consiste moins à discuter du contenu de l’identité nationale qu’à refuser la légitimité du cadre du débat lui-même. Il n’en reste pas moins vrai qu’un militant de LFI, lors d’un porte à porte, peut se confronter à ce genre de questions : « pour vous, être français, ça veut dire quoi ? » ; « Pour vous, la langue française, la littérature française ne fait pas partie de notre identité nationale ? » ; « Pour vous, l’immigration ne constitue pas un danger pour notre culture, notre manière de vivre ? » ; Etc.

Les militants de LFI sont dans l’incapacité de pouvoir répondre aisément à ces questions sauf si leur niveau d’information et de formation est suffisant et en accord avec la philosophie politique du mouvement La France Insoumise. Nous apportons ici des références issues du programme l’Avenir en commun, livret thématique pour pouvoir répondre au questionnement de nos concitoyens et en particulier pour combattre les idées de droite et d’extrême droite qui relèvent d’une conception ethnoculturelle de la nation et de l’identité nationale. Cette conception n’est pas inclusive mais exclusive contrairement à la conception civique de LFI qui s’intègre dans la tradition républicaine progressiste française.

A – Nation, république, citoyenneté, souveraineté dans l’univers politique de LFI : l’environnement philosophico – politique de la notion d’identité nationale pour le mouvement La France Insoumise : références textuelles.

1. Programme L’Avenir en commun

a) Conception politique de la nation

« La nation française n’est pas définie par l’origine, la religion ou la couleur de peau. Elle est une construction politique issue de l’histoire et fondée sur l’adhésion à un projet commun : la République. » — L’Avenir en commun, Paris, Seuil, 2016, p. 12. Proposition d’inscrire le droit du sol dans la Constitution, afin de faciliter l’accès à la nationalité française. Cela s’inscrit dans une conception de la nation fondée davantage sur la citoyenneté et les droits que sur une identité culturelle ou ethnique.

b) la souveraineté.

« La souveraineté appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par le référendum. Cette souveraineté populaire est le fondement même de la République. » — L’Avenir en commun, 2016, p. 10-11.

c) Citoyenneté

Définition civique de la citoyenneté « La citoyenneté républicaine ne dépend ni de l’origine ni de la religion. Elle repose sur l’égalité politique de tous devant la loi et sur la participation à la communauté civique. » — L’Avenir en commun, 2016, p. 13. Pour LFI, la citoyenneté ne doit pas rester aux portes de l’entreprise qu’elle soit privée ou publique. Voir le livret thématique : Citoyenneté dans l’entreprise Livret. Droit du travail et ubérisation : pour la citoyenneté dans l’entreprise. https://programme.lafranceinsoumise...

d) Peuple et communauté nationale

« Le peuple français est le sujet politique de la souveraineté. C’est lui qui décide de son avenir collectif et des règles de la vie commune. » — L’Avenir en commun, 2016, p. 12.

2. Livrets thématiques du programme

Ces livrets développent certains thèmes du programme principal.

a) Migrations et formations du peuple français.

Livret : Migrations – Pour une politique migratoire humaniste et réaliste « La France est le résultat d’un long processus historique d’intégration et de métissage. Les migrations successives ont contribué à la formation du peuple français tel qu’il existe aujourd’hui. » — Livret Migrations, programme LFI, p. 3.

« Le repli sur une prétendue identité “française de souche” repose sur une vision fantasmée de l’histoire nationale. La France s’est toujours construite par l’intégration de nouvelles populations. » — Livret Migrations, p. 3-4.

b) Être français

« Être français en République ne signifie pas partager une origine ou une religion commune. Cela signifie adhérer aux principes politiques qui fondent la République : liberté, égalité, fraternité. » — Livret Antiracisme, p. 6.

C Identité commune « L’identité commune se construit par la rencontre des cultures et par l’égalité des droits entre tous les citoyens. » — Livret Antiracisme, p. 7.

d) République : forme de la nation française.

« La République est le cadre politique qui garantit l’égalité entre les citoyens. Elle constitue la forme politique de la nation française. » — Livret République et citoyenneté, p. 4.

3. Écrits de Jean-Luc Mélenchon et figures intellectuelles associées

Dans L’Ère du peuple « La nation demeure le cadre politique dans lequel peut s’exercer la souveraineté populaire. Elle est l’espace où le peuple se constitue comme acteur de son propre destin historique. » — L’Ère du peuple, Fayard, 2014, p. 62.

« Le peuple n’est pas une donnée ethnique. C’est une construction historique et politique qui se forme à travers les luttes et les institutions. » — L’Ère du peuple, p. 58.

Dans Le Choix de l’insoumission « La France n’est pas une ethnie ni une communauté de sang. Elle est une communauté politique fondée sur un projet républicain et sur l’égalité des citoyens. » — Seuil, 2016, p. 45.

« La nation française est une construction historique ouverte, qui s’est formée par l’intégration successive de populations diverses. » — Le Choix de l’insoumission, p. 47.

4. Études universitaires sur la conception de la nation chez LFI

Analyse du programme « Le programme L’Avenir en commun propose une conception civique de la nation, héritée de la tradition républicaine française, dans laquelle la citoyenneté prime sur l’origine. » — étude de science politique sur la campagne présidentielle de 2017.

Analyse lexicale du programme « La référence au peuple constitue l’axe central du programme, défini comme le sujet politique de la souveraineté démocratique. » — étude lexicométrique du programme (revue de science politique).

5. Référence théorique mobilisée dans ce cadre

La conception civique de la nation mobilisée dans ces textes s’inscrit dans la tradition de Ernest Renan.. « L’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours » Une nation n’est pas définie par la race, la langue ou la religion, elle repose sur un héritage commun.

Et surtout la volonté actuelle de continuer à vivre ensemble — d’où l’idée du plébiscite quotidien. « Le plébiscite de tous les jours. » Voici, pour le lecteur intéressé et aux étudiants en droit constitutionnel, le passage où s’inscrit cette phrase célèbre.

Or La formule célèbre d’Ernest Renan se trouve dans la conférence Qu’est‑ce qu’une nation ?, prononcée à la Sorbonne le 11 mars 1882. « L’existence d’une nation est un plébiscite de tous les jours. »

Sens de la formule Pour Renan une nation n’est pas définie par la race, la langue ou la religion, elle repose sur un héritage commun (souvenirs, sacrifices) et surtout la volonté actuelle de continuer à vivre ensemble — d’où l’idée du plébiscite quotidien. Voici le passage dans son environnement immédiat, tel qu’il apparaît dans la conférence de Ernest Renan intitulée Qu’est‑ce qu’une nation ?, prononcée à la Sorbonne le 11 mars 1882. Passage du texte (extrait avec texte immédiat) « Dans le passé, un héritage de gloire et de regrets à partager ; dans l’avenir, un même programme à réaliser ; avoir souffert, joui, espéré ensemble, voilà ce qui vaut mieux que des douanes communes et des frontières conformes aux idées stratégiques ; voilà ce que l’on comprend malgré les diversités de race et de langue. Je disais tout à l’heure : “avoir souffert ensemble” ; oui, la souffrance en commun unit plus que la joie. En fait de souvenirs nationaux, les deuils valent mieux que les triomphes ; car ils imposent des devoirs ; ils commandent l’effort en commun. Une nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu’on a faits et de ceux qu’on est disposé à faire encore. Elle suppose un passé ; elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune.

L’existence d’une nation est (pardonnez-moi cette métaphore) un plébiscite de tous les jours, comme l’existence de l’individu est une affirmation perpétuelle de vie. Oh ! je le sais, cela est moins métaphysique que le droit divin, moins brutal que le droit prétendu historique. Dans l’ordre d’idées que je vous soumets, une nation n’a pas plus qu’un roi le droit de dire à une province : “Tu m’appartiens, je te prends.” » Référence bibliographique classique Ernest Renan, Qu’est‑ce qu’une nation ?, conférence prononcée à la Sorbonne, 11 mars 1882. Publiée dans : Ernest Renan, Discours et conférences, Paris, Calmann-Lévy, 1887 (repris dans de nombreuses éditions et anthologies).

**

B– La créolisation

L’origine intellectuelle de la notion de créolisation,

L’interprétation politique par LFI,

Les citations précises provenant de L’Avenir en commun ou des livrets thématiques.

1. Origine de la notion de créolisation

La notion de créolisation vient d’abord de l’histoire coloniale et linguistique. Le mot dérive de « créole », lui-même issu du portugais crioulo, qui désignait initialement les personnes nées dans les colonies plutôt que celles venues d’Europe.

Ensuite, le terme est utilisé en linguistique pour décrire la formation de langues créoles, issues du contact entre différentes langues dans les sociétés coloniales.

Théorisation par Édouard Glissant

La notion prend un sens philosophique et culturel grâce à Édouard Glissant (1928-2011), écrivain martiniquais.

Il étend la créolisation au domaine des cultures :

C’est un processus de rencontre entre cultures qui produit quelque chose de nouveau et imprévisible.

Une définition souvent citée de Glissant est :

« J’appelle créolisation la rencontre, l’interférence, le choc, les harmonies et les disharmonies entre les cultures. »

Dans cette perspective, la créolisation ne se réduit pas au métissage : elle décrit un processus ouvert et imprévisible de transformation culturelle.

Le concept est également lié aux sociétés caribéennes issues de l’esclavage et des migrations, où différentes cultures (africaines, européennes, indiennes…) ont produit de nouvelles formes culturelles communes.

2. L’explication et l’usage de la notion par LFI

La notion est reprise politiquement par Jean‑Luc Mélenchon et le mouvement La France insoumise.

Chez LFI, la créolisation sert à décrire la transformation historique des sociétés modernes par les migrations, les échanges culturels et la mondialisation.

Selon Mélenchon :

« Notre peuple s’est créolisé. »

L’idée est généralement présentée comme une alternative à deux modèles :

L’assimilation (tout le monde doit devenir culturellement identique)

Le multiculturalisme séparé (communautés vivant côte à côte sans mélange)

La créolisation, dans ce discours, décrit le mélange des cultures produisant une culture commune nouvelle.

Dans les textes de LFI, il est souvent précisé que la créolisation n’est pas un projet politique à imposer, mais un phénomène historique et social déjà à l’œuvre.

3. Citations de L’Avenir en commun et des livrets thématiques

La notion apparaît surtout dans les livrets thématiques liés au programme L’Avenir en commun.

Livret thématique : « Pour une République antiraciste »

Plusieurs passages explicitent la notion :

« Nous pensons au contraire que la créolisation, la rencontre des cultures qui se mélangent pour produire de l’inattendu, font la richesse, la force et la beauté de notre patrie républicaine. »

Le texte précise ensuite la conception insoumise :

« La créolisation n’est ni un projet ni un programme : c’est un fait qui se produit de lui-même. »

Autre passage expliquant la notion :

« C’est le résultat de notre histoire : un processus de création permanent d’une identité commune par la rencontre de populations différentes. »

Le lien avec l’universalisme :

« Créolisation et universalisme sont les deux états d’une même réalité dans la condition humaine. »

Enfin, le texte insiste sur l’opposition au racisme :

« Là où le racisme décrit les êtres humains comme enfermés dans des caractéristiques immuables, la créolisation les décrit comme des êtres de culture capables d’invention et de création. »

En résumé

Origine : concept anthropologique et culturel élaboré par Édouard Glissant pour décrire la création de cultures nouvelles par le contact entre peuples.

Chez LFI : notion utilisée pour interpréter la transformation culturelle de la société française et défendre une vision universaliste ouverte.

Dans les textes du programme : la créolisation est décrite comme un fait historique de mélange culturel produisant une identité commune nouvelle, et non comme une politique imposée.

C – L’urbanité et le peuple

1. Urbanisation et formation d’un « peuple nouveau »

« Sur trois générations, un peuple nouveau s’est constitué en France. Il y a trois générations, la majorité du peuple français ne vivait pas en ville. Aujourd’hui, de quoi sont peuplées les villes ? D’immigrés… Ils vivent. Ils se créolisent. » — Jean-Luc Mélenchon, L’Insoumission, 18 juin 2024. Idée illustrée Cette citation lie explicitement urbanisation et transformation du peuple. Mélenchon affirme que la migration interne et externe vers les villes produit un nouveau peuple caractérisé par la « créolisation » sociale et culturelle.

2. La ville et les grands ensembles comme matrice de la « nouvelle France »

La “nouvelle France”… ce sont les citoyens dont les parents émigrés […] se sont rassemblés dans ces grands ensembles urbains que l’on voit partout. » — analyse d’un discours de Jean-Luc Mélenchon après les élections européennes. Idée illustrée Ici l’urbanisation apparaît comme le lieu où se constitue un nouveau sujet politique. Les grands ensembles urbains deviennent un espace de formation d’un peuple politique nouveau.

3. Urbanisation et brassage socio-territorial

« La ruralité qu’on nous jette à la figure n’existe pas […] la ruralité est brassée, et arrivent […] des gens des quartiers populaires. » — Jean-Luc Mélenchon, réunion publique à Toulouse (Rencontres nationales des quartiers populaires). Idée illustrée Mélenchon souligne que les flux entre ville et campagne transforment les identités territoriales. Le peuple français ne serait plus structuré par une opposition stable ville/campagne.

4. Urbanité et transformation sociologique du peuple

« La Nouvelle France […] est aussi ce que le mode de vie urbain a fait de notre peuple : un ensemble très interconnecté et aussi très individué. » — Jean-Luc Mélenchon, billet de blog Pourquoi veulent-ils salir la “Nouvelle France” ? (2026). Idée illustrée Mélenchon explique que l’urbanisation modifie les formes de sociabilité, produisant un peuple caractérisé par l’interconnexion et l’individualisation.

5. Le peuple comme catégorie sociologique (perspective LFI)

Le peuple est défini par « sa relation sociale aux réseaux collectifs dont il dépend pour reproduire son existence matérielle ». — analyse de la conception du peuple chez Jean-Luc Mélenchon. Idée illustrée Cette conception sociologique permet d’inclure les nouvelles catégories urbaines (précaires, étudiants, travailleurs des services) dans la définition du peuple politique.

Synthèse Dans les textes et discours de Mélenchon / LFI, on observe plusieurs axes reliant urbanisation et notion de peuple :

1. Transformation historique : l’urbanisation massive depuis l’après-guerre produit un « peuple nouveau ».

2. Ville comme lieu de brassage : les grands ensembles urbains concentrent migrations et recompositions sociales.

3. Mobilité territoriale : circulation entre quartiers populaires et zones rurales modifie la géographie sociale du peuple.

4. Mode de vie urbain : il transforme les formes de sociabilité et d’identité collective. **

L’opposition ville – campagne : une perspective à reconsidérer.

L’Avenir en commun et surtout dans le livret thématique Ruralité : garantir l’égalité républicaine, on trouve plusieurs passages qui vont dans le sens de votre idée : l’interdépendance entre villes et campagnes via les réseaux, les services et les flux (eau, alimentation, transports, etc.), et la critique de l’opposition simpliste entre ruralité et urbanité.

Voici quelques citations précises avec références.

Opposition ville campagne : un débat dépassé

1. Complémentarité villes–campagnes (ressources, interdépendance)

« La diversité des territoires permet une complémentarité dont nous devons tirer parti […] avec les villes qui ont besoin des ressources rurales, comme l’eau ou l’alimentation, pour fonctionner. » — Livret thématique « Ruralité : garantir l’égalité républicaine », programme L’Avenir en commun, 2022. Cette citation exprime explicitement la communauté de destin entre villes et campagnes par les flux matériels (eau, alimentation).

2. L’égalité territoriale via l’accès aux réseaux et services

« Pour que ces coopérations puissent se mettre en place, l’égalité entre les citoyen·nes doit être assurée, notamment par une égalité d’accès aux services publics. » — Livret « Ruralité : garantir l’égalité républicaine », L’Avenir en commun, 2022.

Le texte insiste sur le maillage territorial (transports, numérique, santé, écoles, etc.) comme condition de cette égalité.

3. Le rôle des réseaux et infrastructures dans l’intégration territoriale

« Il est indispensable de connecter nos territoires ruraux au reste du monde […] en finir avec les zones blanches et les connexions capricieuses. » — Livret « Ruralité : garantir l’égalité républicaine », L’Avenir en commun, 2022.

Cela renvoie directement à l’accès aux réseaux de communication et de transport (internet, rail, etc.).

4. Réseaux et maillage des services publics

« Nous reconstruirons un maillage territorial des services afin que chacun puisse accéder à chaque service public essentiel en 15 à 30 minutes maximum. » — Livret « Ruralité : garantir l’égalité républicaine », L’Avenir en commun, 2022.

Cette idée correspond exactement à la notion de réseau territorial structurant les conditions de vie communes.

5. Citation de Mélenchon sur la transformation de la ruralité Dans un discours public :

« La ruralité qu’on nous jette à la figure n’existe pas […] la ruralité est brassée. » — Jean‑Luc Mélenchon, réunion publique à Toulouse (2025).

Ici, Mélenchon souligne que la ruralité contemporaine est socialement et spatialement connectée au reste du pays.

• Idée centrale du programme "La question territoriale n’est pas une opposition ville/campagne mais une organisation coopérative des territoires, rendue possible par : Réseaux de transport Réseaux numériques Services publics Circuits alimentaires Complémentarité des ressources territoriales

**

D – La modification de la condition féminine comme agent de transformation du peuple.

1. L’amélioration du statut des femmes et la transformation du « peuple »

Dans la pensée de LFI, l’émancipation des femmes depuis 1945 (droit de vote, travail salarié massif, droits reproductifs, etc.) modifie la composition sociale et politique du peuple.

Dans L’Avenir en commun (édition 2021), le peuple est défini comme le sujet de la souveraineté populaire, qui doit reprendre le pouvoir par une Assemblée constituante.

Cette conception implique que le peuple n’est pas une entité ethnique ou culturelle mais un collectif politique en transformation, intégrant les luttes sociales (dont celles des femmes).

Dans ce cadre, les progrès du statut féminin transforment le peuple de deux manières :

a) féminisation du monde du travail et de la citoyenneté

Les femmes deviennent une composante centrale des classes populaires et du salariat.

Mélenchon insiste sur le fait que la question féministe est une question sociale :

L’égalité salariale est « avant tout une question sociale ».

Cela signifie que l’émancipation des femmes modifie la structure même du conflit social et donc la composition du peuple.

b) universalisation de l’égalité

Dans la tradition républicaine revendiquée par LFI, l’égalité femmes-hommes est une condition pour que le peuple soit réellement souverain.

Dans le programme :

Généralisation de la parité dans les institutions

Égalité salariale.

L’argument implicite : un peuple dominé en son sein ne peut être souverain.

2. Le féminisme comme principe d’émancipation dans LFI

La France insoumise revendique explicitement un projet féministe.

Dans le livret thématique :

Vers une société féministe et émancipatrice

L’introduction affirme que l’égalité femmes-hommes est une condition de l’émancipation collective.

Une formulation typique (début du livret) explique que l’objectif est :

Construire « une société féministe et émancipatrice ».

Dans ce document, l’idée centrale est que :

Les inégalités de genre sont structurelles (travail, politique, violences)

Elles doivent être combattues par l’action publique.

Référence utile Livret n°31, Égalité femmes-hommes : vers une société féministe et émancipatrice :

p. 3-4 : diagnostic sur les inégalités

p. 6-8 : autonomie économique

p. 10-12 : lutte contre les violences

(Ces pages sont dans la version PDF officielle.)

3. Les droits des femmes dans la conception de la nation

Contrairement aux conceptions identitaires de la nation, LFI défend une nation civique et républicaine.

Dans cette perspective :

La nation est le cadre de la souveraineté populaire et de l’égalité des citoyens.

Ainsi :

L’égalité femmes-hommes est une condition de la République

Les droits des femmes sont donc un principe constitutif de la nation politique.

Dans L’Avenir en commun :

Chapitre « Pour l’égalité entre les femmes et les hommes » → version abrégée p. 21 du programme.

Les mesures incluent :

Égalité salariale obligatoire

Parité dans toutes les institutions

Protection renforcée contre les violences

Garantie constitutionnelle de l’IVG.

Ces mesures sont intégrées dans un chapitre consacré à l’égalité réelle, ce qui montre que LFI considère le féminisme comme un élément du projet républicain global.

4. La logique théorique derrière cette position

Dans la pensée de Mélenchon (inspirée du républicanisme social)

Le peuple est un sujet politique en construction Il se constitue par les luttes d’émancipation Le féminisme est l’une de ces luttes structurantes. Ainsi, l’amélioration du statut des femmes depuis 1945 élargit la citoyenneté réelle

**

E– La culture, la citoyenneté et la nation

Il existe plusieurs textes et passages explicites dans les publications programmatiques de La France insoumise qui relient directement la culture, l’éducation, les moyens accordés à l’école et la formation du citoyen et de la nation. Ces idées apparaissent surtout dans le programme « L’Avenir en commun » et dans ses livrets thématiques sur l’éducation et la culture.

1. L’école comme « pilier de la République » formant les citoyens

Dans le livret programmatique consacré à l’éducation, la France insoumise établit un lien direct entre école, nation et citoyenneté :

« L’école est le pilier de la République : elle forme des citoyen·nes libres. Elle prépare le futur de la nation. »

Le texte ajoute que l’école doit être :

Un « creuset du peuple en formation »,

Un lieu où l’on prépare « l’exercice d’une citoyenneté enrichie de nouveaux droits ».

L’idée centrale est que la nation démocratique repose sur l’éducation publique, qui forme des citoyens capables de participer à la vie politique et sociale.

2. Culture et éducation comme moyens d’émancipation collective

Dans le livret consacré aux arts et à la culture, LFI affirme que la culture participe directement à la formation des citoyens :

Le service public des arts et de la culture doit permettre à la France d’être « une nation phare de l’émancipation collective ».

Le programme insiste sur le rôle de l’éducation artistique et culturelle :

Renforcer la place des arts à l’école

Former les enseignants à la culture

Développer la médiation culturelle dans les territoires

La culture est pensée comme un outil de formation du citoyen et de cohésion nationale.

3. Une « culture commune » pour former le peuple

Le programme éducatif insiste aussi sur la construction d’une culture commune nationale, transmise par l’école.

Mesures proposées :

Développement de projets artistiques dans les établissements

Résidences d’artistes dans les écoles

Création d’associations culturelles scolaires

Accès gratuit à des activités culturelles pour les élèves

Ici encore, l’idée est que l’accès à la culture est un moyen de fabriquer une citoyenneté partagée.

4. Le lien entre moyens de l’éducation et démocratie

Dans la logique du programme de LFI, les moyens matériels (recrutements, financement, gratuité culturelle) ne sont pas seulement techniques : ils sont justifiés politiquement par la formation du citoyen.

Le raisonnement est :

La démocratie suppose des citoyens éclairés

L’école et la culture sont les institutions qui les forment

Donc l’État doit leur donner des moyens importants

C’est une conception classique issue de la tradition républicaine et de l’éducation populaire. Pour plus de détails, voir le livret sur l’école républicaine : https://melenchon2022.fr/livrets-th...

En résumé

Dans les textes de la France insoumise on trouve clairement l’idée que :

L’école forme les citoyens

La culture émancipe et construit une culture commune

L’investissement public dans l’éducation et la culture est nécessaire à la nation démocratique.

**

F – La francophonie

Ainsi, pour LFI, si la culture et la langue ne constituent pas une manière de définir l’identité française, il n’en reste pas moins vrai que la culture et la langue française doive être accessibles à tous les citoyens. On peut se reporter pour avoir des détails sur ce sujet ou livrets thématiques sur la francophonie : Francophonie https://melenchon2022.fr/livrets-th...

G – La laïcité

Dans l’avenir en commun, la république est une, indivisible et laïque. Il affirme la séparation entre le politique et le religieux et entre autres, la liberté de conscience. Voir le livret thématique sur la laïcité : https://programme.lafranceinsoumise...

H – pour une France indépendante, souveraine et non alignée

LFI applique ici en fait le principe de souveraineté des États défini dans la charte des Nations unies. (Article 2) LFI préconise la sortie de l’OTAN. Voir le livret thématique : Paix (relations internationales.) https://programme.lafranceinsoumise...

I – la souveraineté économique

Voir le livret thématique : Produire en France https://melenchon2022.fr/livrets-th...

**

J – les bases programmatiques de LFI pour combattre l’extrême droite en France.

Les arguments à connaître pour contrer l’extrême droite.

Insécurité : livrets thématiques Sécurité et sûreté : Refonder le service public de la police https://programme.lafranceinsoumise...

Justice : Une justice au nom du peuple : garantir le service public de la justice et les libertés https://programme.lafranceinsoumise...

Migration (et immigration) https://programme.lafranceinsoumise... Racisme et discrimination (pour ne république contre le racisme et les discriminations) https://programme.lafranceinsoumise...

Femmes-hommes : Vers une société féministe et émancipatrice. https://programme.lafranceinsoumise...

Homophobie et transphobie Livret. Droits nouveaux et LGBTI De nouvelles conquêtes pour l’égalité. https://programme.lafranceinsoumise...

Modifie la structure sociale du peuple Renforce l’universalité de la République.

Hervé Debonrivage


Signatures: 0
Répondre à cet article

Forum

Date Nom Message