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Ces élections municipales ont démontré que les discours médiatiques sur La France Insoumise et sa soi-disant « brutalisation » de la politique ne prennent pas au sein du peuple.
Les éditocrates et responsables de la gauche d’accompagnement auraient pu s’en rendre compte dès 2024, lorsque la liste insoumise aux élections européennes a gagné 1 million de voix par rapport à 2019.
Ils auraient aussi pu le voir lors de la percée historique des insoumis aux municipales, bousculant des décennies de baronnies PS ou LR, à Saint-Denis, Roubaix…
Ce serait LFI qui brutaliserait le débat public, LFI qui ferait perdre la gauche. Et rien sur les violences de groupuscules d’extrême droite qui se déchaînent dans le pays. Ceux-ci ont connu un regain d’activité depuis la mort du néonazi Quentin Deranque, avec la bénédiction du système médiatique et de la caste politique, et ces élections les ont aussi fait sortir du bois.
Dans plusieurs villes lors du second tour on a assisté à de véritables descentes néonazies, tabassages, affichages nostalgiques de l’Allemagne nazie. Là où la gauche a gagné, il s’agit pour ces chemises brunes en herbe de contester un résultat démocratique qui leur déplaît par la violence, pour semer la terreur parmi leurs opposants. Mais là où l’extrême droite a gagné, il s’agit au contraire d’affirmer le cap politique dans ces villes, d’accompagner les élus d’extrême droite, du RN et de ses alliés. Notre article.
Jour 1 après la victoire d’Eric Ciotti, allié du RN, à la mairie de Nice : un rassemblement antifasciste pacifique prend place au cœur de la ville. Après la manifestation, ce sont pas moins de 20 militants d’extrême droite cagoulés qui fondent sur deux groupes de militants de gauche. Un tabassage dans les règles : coups à la tête donnés à des personnes au sol, rossages à coups de chaise dans un fast-food… Le parquet a ouvert une enquête dans les jours suivants, il pourra s’appuyer sur les nombreuses preuves diffusées, notamment par le militant LFI local Olivier Salerno.
Deux jours après, plusieurs stickers ouvertement nazis ont été retrouvés collés dans les rues de Nice. Le nouveau maire n’a évidemment pas réagi à ces portraits d’Adolf Hitler et d’emblème de la division SS Charlemagne.
Même son de cloche à Nîmes : cette fois, c’est un candidat communiste qui a remporté le scrutin local, ce sont carrément des équipes du candidat de droite, finalement battu, qui ont passé à tabac trois militants du Parti Communiste Français. Finalement, deux d’entre eux recevront des Incapacités Totales de Travail tant les coups reçus ont été violents. Comme le relève le média Contre-Attaque, c’est « aussi la droite classique qui se radicalise et passe à l’acte ». Des cas similaires ont été relevés ailleurs, comme à Besançon, où des colleurs du futur maire LR Ludovic Fagaut avaient agressé, quelques jours avant le second tour, des étudiants : la presse locale mainstream n’en avait pas fait grand cas.
A Toulon, où le RN, sans prendre la ville, a réalisé de hauts scores, des militants LFI ont été menacés, insultés, frappés jusque dans leur appartement, à dix contre un. Les faits sont signés : vêtements aux couleurs de groupes d’extrême droite, floqués de croix celtiques, insultes racistes, autocollants ornés de saluts nazis sur des boîtes aux lettres… Plus stupéfiant encore : la dangereuse passivité policière. Barricadé chez lui, l’un des insoumis doit attendre une demi-heure, sans succès, alors que des néonazis tentent de forcer sa porte.
Jusqu’à Paris, l’extrême droite, des médiocres scribouillards de Frontières, se sont permis d’agresser physiquement un étudiant racisé devant Sciences Po, suite à de nombreuses insultes de la part des équipes du média d’extrême droite.
Plus que jamais, la formation d’un front antifasciste, porteur d’une rupture avec le système capitaliste, raciste, sexiste, est nécessaire. La percée historique de LFI aux municipales, à rebours des prophéties de malheur rabâchées à longueur de temps sur les plateaux télé, permet d’entrevoir cette Nouvelle France, comme modèle de société alternatif à celui des droites extrémisées.
Pour aller plus loin : Municipales 2026 – À Roubaix, David Guiraud et LFI délogent la droite et soulèvent l’espoir d’une vie meilleure
Par Alexis Poyard
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