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Que devient le peuple cubain face au durcissement du blocus décidé par Donald Trump ? Depuis la fin janvier, la situation sur l’île s’est brutalement dégradée. Un décret américain interdit désormais toute livraison d’hydrocarbures à Cuba par des pays tiers, sous peine de sanctions commerciales. Résultat : un choc énergétique majeur, dans un pays déjà fragilisé par des décennies d’embargo.
Les conséquences sont immédiates et massives. Coupures d’électricité quotidiennes, flambée des prix du carburant, transports à l’arrêt, pénuries alimentaires : toute la vie sociale est désorganisée. Mais c’est surtout le système de santé, historiquement l’un des piliers du modèle cubain, qui vacille.
L’Organisation mondiale de la santé alerte sur des reports massifs d’interventions chirurgicales et des risques sanitaires graves, notamment pour les patients atteints de cancer ou les femmes enceintes, faute d’électricité et de matériel.
Invitée sur notre plateau, Emma Fourreau, de retour d’une mission humanitaire à Cuba, décrit une situation « sans précédent ». Selon elle, le pays fait face à une véritable crise humanitaire, avec un risque d’effondrement.
Dans les hôpitaux, les médecins doivent désormais trier les patients, faute de médicaments et d’équipements. « On passe d’un système exemplaire à une médecine de pénurie », alerte-t-elle.
Cette crise s’explique aussi par l’isolement croissant de Cuba. Longtemps soutenue par le Venezuela, l’île subit aujourd’hui de plein fouet la rupture de cet approvisionnement stratégique. L’absence de carburant bloque non seulement les infrastructures, mais aussi la vie quotidienne : enseignants et soignants ne peuvent plus se rendre sur leur lieu de travail, aggravant encore la situation.
Sur le plan politique, Emma Fourreau dénonce une « asphyxie organisée », qu’elle juge contraire au droit international. Elle pointe également le silence des institutions européennes, incapables selon elle de s’opposer à la politique américaine. « L’Union européenne ne joue pas son rôle de contrepoids », regrette-t-elle.
Malgré tout, des signes ponctuels d’espoir subsistent, comme l’arrivée récente d’un pétrolier russe, susceptible d’atténuer temporairement la crise. Mais pour beaucoup, cela ne suffira pas. À Cuba, la population continue de résister, mais jusqu’à quand ?
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